00:00Avec la séquence qui a marqué ces 48 dernières heures sur les réseaux sociaux,
00:05peu dans les médias, c'est peu traité, c'est surprenant d'ailleurs,
00:09parce que c'est une séquence qui est absolument bouleversante.
00:12Les agriculteurs ont interpellé les forces de l'ordre sur un point de blocage au niveau de Brive-la-Gaillarde,
00:16ça se passe en Corrèze, et ils vont mettre un genou à terre,
00:20ils vont interpeller les gendarmes et chanter la Marseillaise.
00:25Écoutez, parce qu'il y a tout dans cette séquence, il y a tout le mal-être des agriculteurs,
00:30et il y a aussi cette France que la France soutient, que les Français soutiennent,
00:3476% des Français sont en soutien des agriculteurs et de leur mobilisation depuis dix jours.
00:41Écoutez.
00:41Et les gars, est-ce que vous vous remettente de la gravité que vous avez fait,
00:45que le collègue en arrière, nous on n'ira pas à l'apprentissage.
00:49Et qu'un État commence à taper les gens s'il est nourri,
00:53c'est grâce.
00:55Alors nous, on va se mettre aujourd'hui un genou à terre,
00:58et on va vous chanter la Marseillais,
01:00parce que nous on est tiers de notre pays,
01:02on est tiers de notre France,
01:03on est tiers de notre gendarmerie,
01:05on est tiers de notre poli,
01:06et on est tiers de nos agriculteurs,
01:08et de notre agriculture.
01:10Alors un genou à terre.
01:13Alors, le temps de la patrie,
01:18le jour de gloire est arrivé,
01:21et ils vont donc chanter la Marseillaise
01:24après une semaine de manifestations
01:25contre la politique du gouvernement,
01:27sur la dermatose notamment,
01:28moins d'une dizaine de barrages d'agriculteurs
01:30sont maintenus, nous explique Le Figaro ce matin,
01:34selon la gendarmerie,
01:35essentiellement dans le sud-ouest.
01:37Et on va dans le sud-ouest,
01:39écouter des agriculteurs
01:41qui ont réagi à cette séquence
01:44qui s'est passée à Brive-la-Garriarde,
01:46et là on va direction Carbone,
01:49à côté de Narbonne.
01:52Le symbole est joli.
01:53Voilà, ils se sont retirés,
01:56si j'ai bien compris,
01:58mais avec les honneurs.
01:59Les honneurs,
02:01voilà, c'est les honneurs.
02:02Ils ont chanté à Marseillaise
02:04de genoux à terre,
02:05et puis après, ils se sont retirés.
02:07Moi je trouve que c'est une jolie image.
02:09Déjà, la Marseillaise,
02:10ça fait tout le temps chaud au cœur
02:10quand on est français,
02:11donc voilà,
02:12c'est un hythme,
02:13ça me fait quiller les poils sur les bras
02:14quand je l'entends, on va dire,
02:15qu'on le chante.
02:16Elle m'inspire un peu,
02:17je te le dis franchement,
02:18parce que tu sais que nous ici,
02:19on est un mouvement,
02:20on ne va pas tout casser,
02:21on ne brûle rien,
02:22on ne peut rien dégrader,
02:24donc on y réfléchit un peu à la sortie,
02:27j'espère qu'il y a une sortie favorable
02:29sans avoir besoin de faire ça.
02:30Et Carbone qui est situé sur une commune,
02:34sur la 64,
02:35l'autoroute A64 au sud de Toulouse.
02:38L'accord commercial avec le Mercosur
02:40est reporté de trois semaines,
02:42report qui a été accepté,
02:44toléré par l'Europe,
02:45grâce notamment à la pression exercée
02:47par la France et l'Italie.
02:48Emmanuel Macron qui s'en est d'ailleurs félicité,
02:50mais le jour même,
02:51vous aviez l'Allemagne qui disait,
02:53la question n'est pas de savoir si,
02:54mais quand le Mercosur sera ratifié,
02:58les agriculteurs passeront-ils Noël
03:00sur les ronds-points ?
03:03Voyez le reportage de notre envoyé spécial
03:06sur place dans le sud-ouest,
03:07avec Wilfried de Villers.
03:08Jérôme Bayl et ses compagnons
03:10des Ultras bloquent depuis plus d'une semaine
03:12un tronçon de l'A64 au sud de Toulouse.
03:15L'abandon pur et simple
03:16de l'accord avec le Mercosur,
03:18c'est l'une de leurs revendications,
03:20mais l'éleveur ne se fait guère d'illusions.
03:22Ils veulent simplement le reporter,
03:23ils ont vu que la colère a monté,
03:25donc ils veulent faire croire
03:26qu'ils ne vont pas le signer,
03:26mais c'est qu'ils nous signeront.
03:27On parle de concurrence déloyale,
03:29nous on est presque pas à travailler tout le monde,
03:30mais si on se va à un même niveau...
03:32Si certains agriculteurs tentent de négocier
03:34la mise en place de mesures miroir
03:36dans la future mouture de l'accord,
03:37en clair exiger les mêmes normes de production pour tous,
03:40Jérôme Bayl n'y croit plus.
03:42Entre le sud de la France et le nord de la France,
03:44on n'a déjà pas les mêmes normes.
03:45Alors je ne parle pas en Europe,
03:46et je ne t'imagine même pas dans tout le monde,
03:48et avec cet accord du Mercosur.
03:49De son côté, Guillaume, lui,
03:50espère un blocage de l'accord dans la durée,
03:53ou du moins un nouveau report.
03:54Il va falloir continuer de mettre la pression
03:56sur le gouvernement français,
03:58mais sur aussi les autres gouvernements
03:59qui ont commencé à varier,
04:00donc peut-être l'Italie.
04:01C'est sûr que là, pour le coup,
04:02l'Europe maintient son agenda,
04:04et si elle met une noix de blocage, tant mieux.
04:06Dans cet accord avec le Mercosur,
04:08la France se donne donc trois semaines
04:09pour négocier d'autres mesures de protection.
04:13Et un dernier témoignage,
04:15cette fois-ci, d'un agriculteur
04:17qui nous explique qu'il préférerait,
04:19bien sûr, passer Noël chez lui.
04:21Agnès Genevart, oui, d'accord,
04:22il faut faire une trêve pour Noël,
04:23mais nous, on n'en a jamais de trêve.
04:24Nous, on bosse tous les jours de l'année de ça,
04:26on a des bêtes, un truc.
04:27Et si on doit passer le réveillon sur le rond-point,
04:30moi aussi, je serais content
04:32de passer le réveillon en famille.
04:33Moi, j'ai mes deux enfants qui sont là.
04:34Je serais très content
04:35de passer le réveillon
04:37autour d'une table à la maison.
04:38Mais bon, c'est comme ça.
04:40On est à bout, on ne nous écoute pas.
04:42Il y a des annonces,
04:42mais nous, depuis le début,
04:43ce qu'on demande,
04:43c'est l'arrêt de l'abattage total.
04:45Et le problème, c'est que, pour l'instant,
04:46on n'a pas d'avancée sur ça.
04:47C'est pour ça qu'on se doit
04:48d'être encore ici aujourd'hui.
04:49Voilà pour toutes les déclarations
04:51et les informations
04:52concernant la colère agricole
04:54en ce dimanche midi.
04:56Mobilisation qui, on l'imagine,
04:59sera moins forte les prochains jours,
05:01mais qui pourrait retrouver
05:02une certaine vigueur,
05:04voire une vigueur certaine,
05:05au moment de la ratification
05:06de ce traité du Mercosur.
05:10Mathieu Hock,
05:11je rappelle que vous êtes secrétaire général
05:13du cercle de réflexion
05:15qui s'appelle le Millénaire.
05:16Quand vous regardez ce qui s'est passé
05:18ces dix derniers jours,
05:20quel regard vous portez dessus
05:22et de quoi cette grogne est-elle le nom ?
05:25Cette grogne est le nom, évidemment,
05:26d'une crise structurelle du milieu agricole
05:28qui s'illustre sur énormément de sujets.
05:32Une crise de la production,
05:33une crise d'évocation, etc.
05:35Mais surtout, ce qui s'est passé
05:36il y a dix jours,
05:37moi, me marque énormément.
05:39C'est que le problème,
05:40c'est que les agriculteurs
05:41font face à un gouvernement
05:42qui ne connaît que le rapport de force.
05:45C'est-à-dire que là,
05:46en réduisant l'intensité
05:47de leur mobilisation,
05:49cela aura moins d'effet
05:51pour que le gouvernement
05:52puisse leur donner
05:53ce qu'ils veulent,
05:54c'est-à-dire répondre
05:56aux crises structurelles.
05:58Le problème étant
05:59que quand le gouvernement,
06:01aujourd'hui,
06:01essaie d'adopter,
06:03c'est un peu moins le cas
06:03depuis quelques jours,
06:05depuis notamment
06:05ce qu'a dit Laurent Nunez,
06:06mais le gouvernement
06:07essaie d'adopter
06:08une ligne très ferme
06:09vis-à-vis des agriculteurs.
06:10D'ailleurs, même,
06:11Maude Bréjon,
06:11porte-parole,
06:12disait
06:12qu'on ne tolérera
06:13aucun blocage supplémentaire,
06:16considérant quasiment
06:17que les agriculteurs
06:17étaient comme
06:18les bloqueurs de la SNCF,
06:19par exemple.
06:20Mais les bloqueurs de la SNCF,
06:21ils font des grèves
06:21tous les ans depuis plus de 50 ans.
06:23Depuis 1947.
06:25Ce n'est pas le cas
06:25des agriculteurs.
06:26Le problème étant,
06:27comme je le disais,
06:28que ce gouvernement
06:28ne tolère que le rapport de force.
06:30Il se couche à chaque fois
06:31soit face à la SNCF,
06:32il se couche face aux émeutiers
06:34lorsqu'ils brûlent, etc.
06:36Or, les agriculteurs
06:36disent justement
06:37la chose suivante.
06:38Nous, on ne brûle pas,
06:39nous, on ne casse pas,
06:40nous, on respecte les gendarmes,
06:41on respecte la police,
06:43on respecte notre pays,
06:44on l'aime,
06:44et malheureusement pour eux,
06:46je pense que
06:47cette méthode d'action
06:48ne permettra pas
06:49d'obtenir quelque chose
06:50de ce gouvernement.
06:52Déjà, ils ont le soutien massif
06:53des Français.
06:54Et malgré le soutien massif
06:55des Français.
06:56Ensuite, il faut aussi préciser
06:57que certes,
06:58il y a une présence
06:59de forces de l'ordre
07:01lorsqu'ils sont mobilisés
07:02sur les autoroutes
07:04ou sur les ronds-points,
07:06mais c'est aussi
07:06pour sécuriser
07:07les mobilisations
07:09que le ministre de l'Intérieur,
07:12Laurent Nunez,
07:13a envoyé une note
07:14à tous les préfets
07:15après la polémique
07:17autour de ce face-à-face
07:18entre blindés
07:18et agriculteurs
07:19en Ariège
07:20il y a dix jours.
07:21Et cette note
07:22appelait à la souplesse,
07:24à l'écoute,
07:26à ne pas intervenir
07:27violemment
07:28face aux agriculteurs.
07:30Et à travers
07:31le face-à-face
07:32que vous avez entendu,
07:33ce genou à terre
07:34des agriculteurs
07:36en Corrèze
07:37et des gendarmes
07:38qui étaient présents,
07:40c'est
07:41deux corps de métier
07:43qui ne font qu'un
07:44dans le cœur des Français,
07:45Eric Reuel.
07:46Les gendarmes
07:47sont adorés
07:48par les Français,
07:49les agriculteurs également.
07:50Donc de voir
07:51les gendarmes
07:53présents,
07:53mais surtout
07:54les agriculteurs
07:55avec un genou à terre,
07:56vous avez envie
07:57de pleurer en fait.
07:58Mais comment on en est
07:59arrivé là ?
07:59Et c'est la question
08:00que je vous pose d'ailleurs.
08:02On a même entendu
08:03des agriculteurs
08:04expliquer qu'ils avaient
08:05des cousins
08:05ou des membres
08:05de leur famille
08:06qui faisaient partie
08:07des forces de l'ordre
08:08de la gendarmerie.
08:08Donc vous avez raison,
08:09ce face-à-face
08:10résume tout.
08:11Le fait de voir
08:12nos agriculteurs,
08:13et j'aimerais le dire,
08:14qui affichent une dignité
08:15incroyable,
08:16qui forcent l'admiration,
08:17mettre un genou à terre,
08:19c'est l'image,
08:20Elliot,
08:21de la position
08:22de l'agriculture française
08:23aujourd'hui.
08:24Elle a un genou
08:25à terre.
08:26On sacrifie
08:27nos agriculteurs
08:28dans les campagnes.
08:29Or,
08:29qui s'occupe
08:30des prés,
08:32qui s'occupe
08:33des montagnes,
08:35qui donne,
08:36et on s'en réjouit souvent
08:37à notre gastronomie
08:38française,
08:39des lettres de noblesse,
08:40ce sont les productions
08:41de nos agriculteurs.
08:43Ce ne sera jamais
08:44le bœuf argentin.
08:46En réalité,
08:46je pense qu'on est en train
08:47de sacrifier l'agriculture.
08:49En fait,
08:49on n'a pas tiré
08:50les leçons
08:50de la mondialisation
08:52qu'on nous annonçait
08:53heureuse pour l'industrie.
08:54On a vidé
08:55nos villes
08:56ou les abords
08:58d'une partie
08:59non négligeable
09:00de nos entreprises,
09:01de nos sites
09:01de production.
09:03Ces accords
09:03de libre-échange,
09:04même s'ils sont
09:05parfois bénéfiques,
09:06sont en train
09:06de vider
09:07l'agriculture française
09:09au profit
09:09d'autres agricultures.
09:10Comment on est arrivé là ?
09:11Parce qu'on a
09:12des mondialistes
09:13à la tête
09:13de l'Union Européenne.
09:15Madame von der Leyen
09:16l'a très bien compris,
09:18cette formule de Legault.
09:19Les États
09:20n'ont pas d'amis,
09:21n'ont que des intérêts.
09:22Et si vous regardez
09:23ce qu'on exportera
09:24grâce au Mercosur
09:25s'il est signé
09:26le 12 janvier,
09:27vous verrez
09:27qu'il y a beaucoup
09:28de machines outils.
09:29Vous verrez
09:29qu'il y a beaucoup
09:29de voitures
09:30et quel type
09:32de voiture
09:32à votre avis ?
09:33Sans doute
09:34de la voiture allemande
09:35et des machines
09:35outils allemandes.
09:37Donc en fait,
09:37on vit nos campagnes
09:39mais on ne peut pas
09:40tolérer d'importer
09:41des produits
09:41notamment agroalimentaires
09:43au nom de la souveraineté
09:44qui ne respectent pas
09:45les normes
09:46dont on oblige
09:48nos agriculteurs
09:49de respecter.
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