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  • il y a 8 mois

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00:00Et avec moi pour animer cette deuxième heure d'Europe 1 sur week-end, Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant.
00:06Bonsoir Jean-Michel.
00:07Bonsoir.
00:07Et Michel Fayad, analyste politique et géopolitique. Bonsoir Michel.
00:12A tous les trois, nous recevons Annie Gennevar, ministre de l'agriculture. Bonsoir Madame la Ministre.
00:16Bonsoir.
00:17Merci d'être présents dans le studio d'Europe 1, dans le conflit qui oppose les agriculteurs au gouvernement,
00:23notamment la gestion de la crise sanitaire avec l'abattage de tout le cheptel lorsqu'un bovin est touché par la dermatose.
00:28Annie Gennevar, vous appelez à la désescalade avant les rendez-vous à Matignon prévus demain et mardi avec les syndicats.
00:35Alors avant de parler d'un arrêté que vous allez prendre face aux importations en provenance d'Amérique du Sud,
00:40Madame la Ministre de l'agriculture, est-ce que vous demandez toujours aux agriculteurs d'en finir avec leur blocage ?
00:46Alors moi je n'appelle pas les agriculteurs à abandonner l'expression de leur colère.
00:51Cette colère, je la connais, je la comprends.
00:54Donc ils peuvent continuer de bloquer.
00:55Ça fait plus d'un an que je travaille avec eux et pour eux,
00:59et je dois dire que depuis un an, j'ai toujours essayé de coller au plus près de leurs attentes,
01:05parce que je suis la ministre de l'agriculture, mais je suis d'abord la ministre des agriculteurs.
01:10Et je suis auprès d'eux une à trois fois par semaine, je vais dans tous les territoires,
01:16et j'ai essayé véritablement d'être au plus près de leurs demandes.
01:19Vous voyez, ils demandent à corps et à cri de la simplification, et ça je le comprends.
01:25J'ai mis en place le contrôle unique, ils ont des trésoreries qui souffrent,
01:31j'ai mis en place tout un tas de dispositifs budgétaires et financiers.
01:35J'ai fait adopter deux lois très importantes, la loi du plomb,
01:40dans laquelle il n'y avait pas que cette thermipride, il y avait beaucoup d'autres sujets,
01:44les bâtiments d'élevage, l'eau.
01:47Donc voilà, tous ces éléments sont des éléments de réponse à cette colère puissante qui s'exprime.
01:54Alors bloquer, moi je pense que le blocage,
01:58comme le déversement de déchets ou les dégradations, ne sont pas souhaitables.
02:02Je pense qu'on entre dans une phase très importante.
02:05Cette semaine va être agricole, on ne peut plus agricole.
02:08On va engager, prolonger le dialogue que nous avons commencé d'avoir avec le Premier ministre
02:13et les syndicats agricoles en décembre, juste avant Noël.
02:17C'est le temps de la négociation, de l'échange.
02:20Quelle est la nature de leurs attentes ?
02:22Comment on peut au mieux y répondre ?
02:24Donc voilà, c'est ce temps-là qui s'ouvre maintenant.
02:27Alors justement, le temps de la discussion, de la négociation.
02:30Demain, Sébastien Lacornu va recevoir, demain et mardi, différents syndicats.
02:35Et je vous demandais si vous appelez à la désescalade,
02:37puisque vous le dites, vous entendez leur colère, leurs problèmes.
02:41Mais c'est aussi peut-être un atout d'avoir nos agriculteurs dans les rues
02:45pour pouvoir discuter, négocier, non pas avec eux, mais avec l'Europe,
02:49pour pouvoir passer certains arrêtés.
02:51L'Europe n'ignore rien.
02:53Quand on voit par exemple les Grecs, ça fait six semaines qu'ils sont en train de manifester,
02:56ça permet de faire du poids.
02:57Je considère qu'ils sont un élément déterminant dans la stratégie de résistance
03:03que nous avons à certaines dispositions européennes.
03:06Bien entendu, la présidente de la Commission ne peut pas ignorer
03:11que les peuples agricoles se rebellent contre une politique européenne
03:17qui n'est pas toujours comprise.
03:18Et que parfois, moi-même, je dois le dire, je ne comprends pas.
03:22Ou je n'accepte pas.
03:24Sur la PAC, ça fait maintenant un an que je me bats pour que nous ayons une PAC
03:28qui reste commune, avec un budget qui soit indépendant.
03:31Mais ça va baisser a priori.
03:33Écoutez, aujourd'hui, j'ai annoncé...
03:34Pour la France, du moins, parce que pour l'Italie, ça devrait augmenter.
03:37J'ai annoncé aujourd'hui que le gouvernement s'engageait à ce que les agriculteurs
03:42ne perdent pas un centime de budget sur la PAC.
03:46Donc, c'est un engagement très, très, très ferme.
03:50De même, sur le Mercosur, ça fait un an maintenant que je vais voir mes homologues
03:56pour obtenir de la Commission qu'elle ne signe pas les yeux fermés,
04:00qu'elle ne donne pas un chèque en blanc au pays du Mercosur
04:04sur un accord d'un outrage que j'estime mauvais.
04:08Ça fait un an que je demande à la Commission d'interdire l'importation de denrées
04:14qui contiennent des substances qui sont interdites sur le sol européen.
04:18Comme elle ne le fait pas, j'ai décidé de le faire.
04:21Madame la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard,
04:24est notre invitée ce soir dans Europe 1 Soir Week-end.
04:27Jean-Michel Salvatore, vous avez une question pour notre ministre ?
04:29Je vais justement revenir sur le Mercosur,
04:31parce que l'accord va être signé, selon toute vraisemblance, le 12 janvier.
04:36Et j'ai bien lu ce matin dans la tribune une interview de vous
04:39où vous considérez que ce traité est ni juste ni équitable.
04:44Comment un ministre français peut-il dire ça
04:46alors que le traité est en discussion depuis 30 ans
04:50et qu'on va le signer la semaine prochaine ?
04:53Est-ce qu'il n'est pas trop tard ?
04:54Et est-ce que ça n'est pas le signe finalement
04:56d'une certaine impuissance française
04:58à la fois face à l'Allemagne et face à la Commission européenne ?
05:03Moi, je vous répondrai qu'il n'y a de combats perdus
05:06que ceux qui ne sont pas menés.
05:08Moi, je suis ministre depuis maintenant un peu plus d'un an.
05:11Je n'ai pas varié dans ma position.
05:13Je considère que ce projet d'accord,
05:15il expose des filières sensibles.
05:18Les filières poulet, bœuf, sucre, éthanol, miel.
05:23Et que les compensations qu'on pourrait en attendre
05:26pour d'autres filières ne justifient pas.
05:29Ça ne peut pas être volaille contre voiture.
05:31Ce n'est pas possible.
05:32Alors, c'est ce qui se passe.
05:35Écoutez, d'abord, vous ne pouvez pas préjuger.
05:39Vous dites, l'accord sera signé.
05:42Bon, nous verrons bien.
05:43Nous, nous avons mené avec Sébastien Lecornu,
05:47avec le président de la République,
05:49une action très résolue pour corriger,
05:51à tout le moins,
05:53corriger les effets négatifs de cet accord.
05:56Clause de sauvegarde,
05:57réciprocité des normes, contrôle.
06:00Bon, le compte n'y est pas.
06:02Je l'ai dit et je le redis,
06:04le compte n'y est pas.
06:05Donc, à ce stade...
06:06Les agriculteurs ont le sentiment
06:06qu'en fait, on défend leurs intérêts vitaux
06:08au dernier moment.
06:09Mais c'est depuis 30 ans
06:10qu'il fallait intégrer tous ces intérêts vitaux
06:13pour essayer de défendre l'agriculture française.
06:15En fait, en réalité, cet accord,
06:18il est là depuis 30 ans,
06:19mais il a été laissé en sommeil.
06:22Il a été réanimé, à mon avis,
06:25imprudemment par la présidente de la Commission.
06:28Mais pendant longtemps,
06:29nous n'avons plus parlé du Mercosur.
06:31Donc, pas plus les Français
06:32que d'autres pays européens.
06:35Et là, depuis qu'il est réactivé,
06:38je vous rappelle quand même
06:39que la France s'y est constamment opposée.
06:41Elle l'a fait repousser à plusieurs reprises
06:44depuis 2019, je crois.
06:46Emmanuel Macron, ce n'est pas si clair que ça.
06:48On a eu le sentiment qu'il était plutôt pour.
06:50Moi, je vais vous dire,
06:51je l'ai entendu parler aux agriculteurs à Toulouse
06:54au mois de novembre.
06:55Lorsque nous sommes allés à Toulouse,
06:58il a reçu les représentants des syndicats.
07:00Il leur a dit très clairement
07:01« En l'État, le Mercosur, c'est non. »
07:04Il l'a dit à deux reprises
07:06et de cette façon.
07:08Maintenant, nous sommes 27 pays européens.
07:11Alors, c'est facile de dire que la France,
07:14si toutefois l'accord était signé,
07:16que la France n'a pas réussi à.
07:19Mais, enfin, soyons réalistes,
07:2127 pays dont certains ont un intérêt objectif
07:24à cet accord.
07:25J'ajoute que la partie n'est pas finie
07:27parce que le Conseil va se prononcer
07:30le 12 janvier prochain,
07:33mais après, le texte part au Parlement européen.
07:37Et là, la partie n'est pas gagnée
07:38puisque deux amendements ont été déposés
07:40par des groupes divers
07:41s'opposant au Mercosur
07:44et qui ont été adoptés de justesse.
07:46Ça veut dire que,
07:48ne croyez pas,
07:49moi, je ne suis pas fataliste,
07:51je ne me résous pas.
07:53Tant que l'affaire n'est pas faite,
07:54on ne peut pas dire que, voilà,
07:57tout est perdu.
07:57Madame la ministre,
07:59vous êtes donc ministre de l'agriculture,
08:00de l'agroalimentaire
08:01et de la souveraineté alimentaire de France,
08:03justement, face aux décisions européennes.
08:05La France doit-elle adopter, selon vous,
08:07une politique agricole plus souveraine
08:09quitte à s'opposer frontalement à la Commission ?
08:11Est-ce que c'est quelque chose de possible
08:12de taper du poing sur la table
08:13ou alors on doit toujours être dans la nuance ?
08:15C'est précisément ce que je viens de faire.
08:17Vous avez tapé du poing sur la table.
08:18En interdisant l'introduction
08:21sur le sol français
08:22de denrées alimentaires
08:24qui comportent des pesticides
08:25qui sont interdits.
08:26Il faut que ça soit validé encore.
08:27Alors, il faut que ce soit validé.
08:28Juste pour préciser pour nos auditeurs,
08:30c'est un arrêté que vous comptez prendre
08:31dans les prochains jours
08:32pour suspendre l'importation de produits
08:34qui contiendraient des résidus de substances
08:36interdites chez nous en Europe.
08:38Je le dis, un glufosinate,
08:39un carbindazime,
08:40ça parlera à celles et ceux qui connaissent.
08:42Et là, l'Amérique du Sud
08:43est particulièrement ciblée.
08:45Avocats, mangue, agrumes
08:46d'Amérique du Sud,
08:47ou d'ailleurs, d'ailleurs,
08:47mais aussi les melons, fraises
08:49ou pommes de terre
08:50ne pourront plus entrer
08:50ni être commercialisés chez nous.
08:52C'est ce qu'a expliqué Sébastien Lecornu,
08:54le Premier ministre.
08:55L'arrêté va être publié mardi,
08:57normalement, si je ne me trompe pas.
08:58La France devra toutefois obtenir
08:59le feu vert de la Commission européenne
09:01dans les 10 jours
09:01parce que oui, on travaille à 27.
09:04Alors, d'abord,
09:06je pense que c'est un irritant majeur
09:09pour les agriculteurs
09:10qui ne comprennent pas,
09:12alors même qu'on les accable
09:13de normes,
09:15d'interdits de toutes sortes,
09:18on tolérerait sur notre sol
09:20ce qu'on leur interdit d'utiliser,
09:25ce qui crée une forme de déloyauté
09:27dans la concurrence.
09:28Ça, c'est insupportable.
09:29Le bon sens dont parle Sébastien Lecornu,
09:31justement.
09:31Exactement, exactement.
09:33Et ça, c'est vraiment quelque chose
09:34qui est pour eux inadmissible,
09:36inacceptable.
09:37Et puis, pour la santé des consommateurs.
09:39Donc, l'Union européenne manque de bon sens ?
09:41Alors, de ce point de vue-là,
09:42l'Union européenne manque de bon sens.
09:43En tout cas, bon courage à elle
09:45si elle s'oppose à l'interdiction de substance
09:49qu'elle a elle-même interdite sur son sol.
09:51Et quelle serait alors notre marge de manœuvre
09:52pour pouvoir appliquer cette mesure
09:55que vous souhaitez faire ?
09:55Moi, je crois qu'il ne faut jamais hésiter
09:59à dire, y compris dans une instance européenne,
10:02ce qu'on croit bon.
10:03Et vous voyez, je reviens au Mercosur.
10:06Lorsque nous avons commencé à dire,
10:07cet accord, il expose des filières
10:11qui vont être déséquilibrées économiquement.
10:14Donc, il faut les sauvegarder.
10:16Vous n'imaginez pas le nombre de pays
10:18qui se sont ralliés à la position de la France.
10:20Moi, je trouve un peu injuste
10:21de toujours mettre en accusation la France
10:23alors qu'elle porte sur la clause de sauvegarde,
10:27sur la réciprocité des normes,
10:28sur l'interdiction des pesticides
10:30dans les denrées importées,
10:32alors qu'elle est sur la taxe carbone
10:35sur les engrais, qui est un immense problème
10:38pour les grandes cultures,
10:39qui va les mettre dans des difficultés
10:41financières terribles.
10:42C'est la France qui est à la manœuvre
10:44pour demander le report.
10:46Donc, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain
10:49et considérons quand même les choses
10:51à la hauteur de ce qu'elles sont.
10:52Alors, évidemment, on ne gagne pas toujours
10:54parce que l'Union européenne,
10:55c'est une grosse machine.
10:56Et là, vous comptez gagner a priori
10:58ou ça devrait passer ?
10:59En tout cas...
11:01Un pronostic en pourcentage.
11:03Je ne vois pas comment l'Union européenne
11:05peut défendre l'utilisation
11:07de substances phytosanitaires
11:10qu'elle a elle-même jugées
11:11inacceptables sur son sol.
11:14Ça n'aurait aucun sens.
11:17Et là, au fond,
11:19c'est vraiment...
11:20Elle est convoquée à la cohérence
11:22et à la responsabilité.
11:24Vous écoutez Europe 1 soir week-end,
11:2520h23.
11:26Annie Gennevard,
11:27ministre de l'Agriculture,
11:29et notre invitée,
11:29Michel Fayad,
11:30a une question pour vous,
11:31Madame la Ministre.
11:32Oui, en fait, vous savez,
11:33la Slovaquie dernièrement
11:35a voté une loi
11:37disant que le droit national
11:38était au supérieur
11:39au droit européen.
11:40L'Allemagne a suspendu
11:41le regroupement familial.
11:43Il y a des mesures
11:44qui sont en train d'être prises
11:45par plusieurs pays européens
11:47qui montrent que
11:47quand on veut
11:48rétablir notre souveraineté,
11:50eh bien,
11:51on le fait,
11:51on le fait même
11:52avec un coup d'éclat.
11:53Et aujourd'hui,
11:54ce qui manque un peu
11:55dans la position française,
11:56je ne parle pas de la vôtre,
11:57je parle en tant qu'État,
11:58en tant que gouvernement,
11:59c'est justement
12:00une espèce de coup d'éclat
12:02au niveau européen
12:03parce qu'il n'est pas normal
12:05depuis le début
12:06vous expliquer
12:07que oui,
12:07on est en Europe,
12:08on est 27
12:09et c'est compliqué
12:10parce qu'il faut
12:11qu'il y ait un consensus,
12:12etc.
12:13Parce que la promesse européenne
12:14au départ
12:15qui avait été dite aux Français,
12:16c'était que
12:17lorsque la France dira non,
12:19alors ça sera non.
12:19Parce que c'était l'idée
12:20comme quoi chaque pays,
12:22en tout cas les grands pays,
12:23aurait un veto moral,
12:25un veto effectif.
12:27Et aujourd'hui,
12:27on voit que la France
12:28n'a pas ce veto.
12:29l'agriculture française
12:30était la deuxième au monde,
12:31aujourd'hui elle est la cinquième,
12:33elle était exportatrice,
12:34maintenant elle va être importatrice.
12:36En fait,
12:36on vit aujourd'hui
12:37ce que les agriculteurs
12:39eux-mêmes parlent,
12:40un agricide,
12:41c'est-à-dire
12:41ils sont en train de mourir.
12:42Non, non, vraiment,
12:43finalement,
12:44c'est la première fois
12:44qu'ils vont être importateurs
12:46et l'agriculture française
12:48n'est plus la deuxième au monde
12:49et c'est ce qui constitue
12:51la souveraineté de la France
12:52parce qu'en fait,
12:53vous êtes la ministre
12:53de la souveraineté alimentaire,
12:55la souveraineté énergétique,
12:56la souveraineté alimentaire,
12:57c'est ce qui compte
12:58pour qu'un pays pèse
12:59en plus, bien sûr,
13:00du poids diplomatique
13:01et militaire.
13:02Si en France,
13:03on a nos entreprises,
13:04nos usines qui ferment
13:05d'un côté
13:05et notre agriculture qui meurt,
13:07déjà que l'Allemagne
13:08réclame la rotation
13:09de notre siège
13:10au Conseil de sécurité
13:11des Nations Unies
13:12et demande aussi
13:13la rotation
13:14de la dissuasion nucléaire,
13:16alors on n'aura plus rien en fait.
13:17Il est où notre veto
13:18en tant que France ?
13:20Moi, je pense que
13:21la construction européenne,
13:22elle s'est faite,
13:24comme l'avait dit
13:25un politique en son temps
13:28dans l'impensé des nations.
13:30Parce qu'il y avait
13:30cet idéal communautaire,
13:32précisément,
13:33au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale,
13:35et que la donne
13:36était totalement différente.
13:37Aujourd'hui,
13:38on voit bien
13:39que les nations
13:41réclament
13:42qu'on les respecte,
13:44elles sont sensibles
13:47à la notion de souveraineté,
13:49et vous avez raison
13:50de rappeler que
13:50la souveraineté militaire,
13:52se défendre,
13:53la souveraineté alimentaire,
13:55se nourrir,
13:56c'est l'histoire
13:57immémoriale des hommes.
13:59Dans tous les conflits,
14:00et on le voit aujourd'hui,
14:02dans les conflits
14:03les plus modernes,
14:04l'alimentation
14:05est devenue une arme.
14:06C'est la raison
14:07pour laquelle
14:07la souveraineté
14:08n'est pas seulement
14:09un slogan,
14:10c'est pas seulement
14:11se faire plaisir
14:12pour être excédentaire
14:14au niveau du commerce extérieur,
14:17c'est un enjeu
14:18de liberté
14:19pour notre pays.
14:20Et c'est bien
14:22à l'aune de cela,
14:24de cet enjeu-là,
14:24qu'il faut la regarder.
14:26Et je pense que
14:27l'Europe a besoin
14:28de se reconfigurer
14:31dans cette nouvelle donne.
14:33Alors,
14:33en même temps,
14:34on ne peut pas non plus
14:35omettre
14:35l'utilité
14:37d'une approche
14:38communautaire
14:40quand vous avez
14:41d'un côté
14:42la Chine,
14:43l'Inde,
14:43de l'autre
14:44les Etats-Unis,
14:46des Etats-Mondes,
14:48puissants,
14:48l'Europe...
14:50C'est le mot de la France,
14:51en fait.
14:51C'est ça.
14:52Vous avez raison
14:52que l'Europe doit être...
14:53Il faut qu'il y ait une Europe
14:54pour peser face
14:55au grand du monde.
14:56Je ne conteste pas ça.
14:57Mais le mot de la France,
14:58en fait.
14:58Parce que demain,
14:59imaginez que l'Ukraine
15:00rentre dans l'Union Européenne,
15:02ce sera aussi un autre problème
15:03pour les agriculteurs.
15:04Ce sera un immense problème.
15:06Je sais,
15:06mais par exemple,
15:07le président souhaite
15:07l'entrée de l'Ukraine
15:08en l'Union Européenne.
15:09Ce sera un immense problème
15:10et l'affaire n'est pas faite
15:11parce que,
15:12moi,
15:12je vois à quel point
15:13quand je rencontre
15:14mon homologue polonais,
15:15mon homologue hongrois,
15:16c'est-à-dire les pays
15:17qui sont le plus proche
15:18de l'Ukraine.
15:20Tout le monde convient
15:21qu'il faut aider l'Ukraine.
15:22Ça,
15:22ça ne fait pas débat.
15:24Mais aider l'Ukraine
15:26en envisageant
15:28son intégration
15:29dans l'Union Européenne
15:30avec une agriculture
15:32qui est hors de proportion
15:35avec ce qu'est notre agriculture...
15:36On n'a pas les mêmes normes,
15:37c'est le moins qu'on puisse dire.
15:38On n'a pas les mêmes normes
15:39et puis pas la même volumétrie.
15:41La même surface, oui.
15:42et les mêmes modes de production.
15:46Quand je pense qu'on accuse
15:48la France d'être productiviste,
15:50mais qu'ils aillent voir
15:51ce qui se passe
15:52dans certains pays
15:53de l'Union Européenne
15:54ou tout proche de l'Union Européenne,
15:56ça n'a rien à voir.
15:56Nous,
15:57on a une agriculture familiale,
15:58une agriculture
15:59qui est loin d'être industrielle,
16:01comme le prétendent
16:02ses détracteurs.
16:03Donc ça,
16:04c'est vraiment
16:04un énorme sujet
16:06qui est devant nous.
16:07Ça,
16:07je suis d'accord avec vous.
16:08Madame la ministre,
16:09Jean-Michel Salvatore
16:10a une question pour vous.
16:11Oui,
16:12donc vous allez recevoir
16:12à partir de demain
16:13avec le Premier ministre
16:14toutes les organisations
16:15agricoles.
16:18Qu'est-ce que vous allez leur dire
16:19sur le Mercosur ?
16:21Est-ce que vous pouvez
16:21vous engager auprès d'eux
16:23que ce traité
16:26ne soit pas signé
16:26le 12 janvier,
16:28comme vous l'avez suggéré
16:29il y a un instant ?
16:29Est-ce que vous pouvez leur dire
16:31on va se battre
16:32et ne vous inquiétez pas,
16:34le traité du Mercosur
16:35ne sera pas signé
16:36le 12 janvier ?
16:37Alors,
16:38je ne peux pas m'exprimer
16:39au nom des 27,
16:40vous le comprenez bien.
16:41J'aimerais pouvoir vous dire
16:42le traité ne sera pas signé
16:44parce que,
16:45voilà,
16:45mais il faut aussi
16:47être réaliste.
16:50Ce que je veux vous dire,
16:51c'est que le président
16:51de la République
16:52et le Premier ministre,
16:54en ma présence également,
16:56ont reçu
16:56tous les responsables
16:57syndicaux avant Noël
16:59sur cette question spécifique
17:00du Mercosur
17:01et de la PAC.
17:02Donc je pense que demain,
17:04avec les syndicats,
17:05nous serons davantage
17:06dans des sujets
17:08moins internationaux
17:10que nationaux.
17:11Voilà.
17:12En quoi,
17:13en quoi,
17:14le gouvernement
17:15peut-il répondre
17:17aux attentes
17:17des syndicats ?
17:18Ils l'ont déjà exprimé.
17:19Ils veulent tous bloquer Paris
17:20quand même.
17:21Qu'est-ce que vous allez faire ?
17:22Non,
17:22ils ne veulent pas tous bloquer Paris.
17:24D'abord,
17:25je me rappelle
17:25que l'an dernier,
17:26l'un de ces syndicats
17:28voulait déjà bloquer Paris.
17:29on est dans cette phase
17:32de discussion.
17:33Elle est extrêmement importante.
17:34Vous voyez,
17:34moi j'échange avec tous
17:35les syndicats en permanence.
17:37J'ai appelé
17:38tous les dirigeants
17:39des cinq syndicats
17:42le premier de l'an
17:42pour échanger avec eux.
17:44Ils m'ont déjà dit
17:45ce qu'ils attendaient,
17:46les projets
17:47qu'ils allaient mettre en avant.
17:50Voilà,
17:50je pense qu'on va vraiment
17:51entrer dans le cœur des choses,
17:53le concret des projets.
17:55Merci beaucoup,
17:56Annie Gennevard,
17:56d'avoir répondu aux questions
17:58d'Europe 1 soir,
17:58un week-end,
17:59Annie Gennevard,
18:00ministre de l'Agriculture.
18:02Puis je rappelle
18:02que si des mesures comme ça
18:04sont promises
18:04pour les agriculteurs,
18:06faut-il encore adopter
18:06un budget en bonne et due forme ?
18:08Et ça,
18:08ce n'est pas encore forcément fait.
18:10Vous avez tout à fait raison,
18:12il faut un budget.
18:13Vous voyez,
18:13il y a,
18:15par exemple,
18:15pour la viticulture
18:16qui souffre beaucoup,
18:17un plan viticulture
18:19qui dépend de l'adoption rapide
18:20de notre finance.
18:21qui dépend de l'adoption
18:22du budget,
18:23en effet.
18:23Merci beaucoup,
18:24Annie Gennevard.
18:24Merci à vous.
18:25Merci.
18:25Dans un instant,
18:26le journal permanent.
18:27Et puis juste après,
18:28on aura un producteur de lait
18:29et porte-parole de la FNSEA,
18:31Johan Barbe,
18:31avec qui on reviendra justement
18:33sur les propos
18:33de Madame la Ministre.
18:35Merci beaucoup,
18:36Madame la Ministre,
18:36et bonne soirée à vous.
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