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  • il y a 2 mois

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00:00Bonjour à tous, ravis de vous retrouver pour Elliot de Valais-Vous, 11h, 13h, en direct sur Europe 1, chers auditeurs, vous avez la parole.
00:10Faites justement de cette émission la vôtre, une parole libre, une parole plurielle, et à la une ce samedi, c'est la colère agricole.
00:19Quel sera le seuil de tolérance ? Puisqu'on a entendu la porte-parole du gouvernement hier matin nous dire
00:25nous ne tolèrerons plus de nouveaux blocages alors que la mobilisation se poursuit.
00:32Et puis les français ne sont pas tolérants, ils sont en soutien des agriculteurs.
00:3676% des français soutiennent la mobilisation agricole quand quasiment 80% des français désavouent la politique menée depuis 10 jours
00:47du gouvernement sur la gestion de cette crise agricole qui va bien au-delà de la dermatose nodulaire contagieuse.
00:56Car notre agriculture française est en train de mourir, c'est ce que disent depuis plusieurs mois les agriculteurs qui sont sur le terrain
01:04et qui sont sur certaines autoroutes aujourd'hui, notamment des points de blocage dans le sud de la France.
01:10On va passer plus d'une heure à donner la parole aux agriculteurs, mais donner aussi la parole à des chefs,
01:17des chefs étoilés, des chefs cuisiniers qui apportent leur soutien eux aussi sur le terrain aux agriculteurs.
01:24On est avec Estelle Laffont ce samedi, bonjour Estelle.
01:26Bonjour Eliane, bonjour à tous.
01:27Un numéro si vous souhaitez réagir en direct ?
01:2901-82-39-21 si vous souhaitez réagir en direct c'est possible jusqu'à 13h, c'est un appel non surtaxé, 01-82-39-21.
01:38Le duo du samedi, Georges Fenech, bonjour.
01:41Bonjour.
01:42Alexandre Devecchio, bonjour.
01:43Bonjour Eliane.
01:44Est-ce que vous êtes en soutien des agriculteurs tous les deux ?
01:47Ce n'est pas une question de militantisme, est-ce que comme 76% des Français, vous considérez que cette colère agricole,
01:55c'est une colère saine et noble ?
01:59Oui, tout à fait.
02:01Effectivement, on peut s'y identifier.
02:05Alors, pas tout à fait parce qu'on se lève moins tôt que les agriculteurs, mais enfin, on comprend que ce sont quand même des gens qui nous nourrissent,
02:13qui travaillent nos paysages, qui s'occupent de notre patrimoine, je dirais, d'une certaine manière.
02:20Donc, effectivement, il y a cette solidarité spontanée envers des gens qui travaillent dur pour le bien de la France
02:29et qui ne sont pas toujours récompensés à la mesure de leur travail.
02:32Monsieur Georges Fenech, est-ce que vous comprenez la colère des agriculteurs ?
02:38Je la comprends depuis de nombreuses années, puisque tant qu'ancien parlementaire, j'avais ma circonscription après les dominances rurales,
02:45où j'ai vu les difficultés de toutes les professions, de toutes les filières aboricoles, maraîchage, élevage.
02:53Je sais quelle est leur difficulté, et moi, je les défends aussi parce que j'aime nos terroirs, j'aime nos produits, j'aime notre agriculture,
03:02j'aime l'art de vivre à la française, finalement, et c'est ce que je défends en prenant la défense des agriculteurs.
03:08François Valerette est avec nous dans le studio d'Europe 1, vous êtes secrétaire général de la coordination rurale.
03:13Vous avez pu rencontrer hier matin, hier après-midi, le Premier ministre Sébastien Lecornu.
03:20On n'a jamais autant parlé de Noël et des agriculteurs.
03:23C'est intéressant de voir ça, c'est-à-dire que tous les Français se posent la question, y aura-t-il une trêve pour Noël ?
03:29François Valerette, est-ce que vous répondez aux injonctions du gouvernement, du moins de la porte-parole, Maude Brejon,
03:37qui dit « nous ne tolérerons plus de nouveaux blocages ».
03:41Oui, bonjour Elliot, bonjour à tous.
03:46Ça m'a un peu surpris que d'un coup, ils se réveillent en se disant « mince, on a des blocages,
03:52peut-être que les Français ne vont pas pouvoir, dans ce phrasé toujours un peu curieux,
03:56ne vont pas pouvoir partir en vacances ».
03:58Ça n'a jamais été l'intention des agriculteurs que de gêner les Français,
04:03que de les empêcher de partir en vacances.
04:05On a un message à faire passer.
04:08Le gouvernement commence enfin à comprendre un peu quel est le souci.
04:14Et même si on n'a pas été complètement rassurés suite à notre visite à Matignon,
04:20bon, il y a des points de blocage qui vont se lever, il y en a qui vont rester.
04:24Parce que vous l'avez dit, la population, elle nous comprend, elle nous soutient.
04:29Si ces points de blocage y restent, c'est que ça se fait en accord aussi avec la population,
04:33avec la population locale, qui nous connaît,
04:35mais même avec ceux qui sont beaucoup plus loin de l'agriculture,
04:38comme le disait Alexandre, qui est à Paris,
04:40qui est peut-être moins connecté avec l'agriculture,
04:43mais qui soutient malgré tout ce mouvement.
04:45Et puis avec les gens qu'on rencontre quand je suis venu là à Paris,
04:48qui nous disent « mais allez-y, on vous soutient, on est avec nous ».
04:51C'est un vrai choix de société, c'est un vrai choix de l'agriculture que l'on veut demain,
04:55de ce que l'on veut avoir dans nos assiettes, nous, Français.
04:58C'est ça qui se joue, j'allais dire aujourd'hui,
05:00mais qui se joue déjà depuis plusieurs années,
05:02un combat qu'on essaie de mener,
05:04et pour lesquels, malheureusement, on est peu entendus
05:07et peu soutenus par nos gouvernements,
05:09qu'on sent quand même relativement impuissants pour nous défendre.
05:13Justement, les assiettes, on va en parler avec quelqu'un
05:16qui sait à quel point le terroir français est essentiel
05:20pour produire une gastronomie de qualité
05:24et faire rêver les Français à travers la cuisine.
05:27On est avec le chef Régis Marcon.
05:30Merci d'être en direct avec nous, vous êtes vice-président
05:33de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie,
05:36vous êtes également commandeur du Mérite Agricole,
05:40vous faites actuellement la cuisine dans la cantine du village,
05:43vous êtes en train de construire la première école de cuisine collective,
05:47les auditeurs d'Europe 1 connaissent peut-être
05:51les maisons Marcon à Saint-Bonnet-le-Frois, en Haute-Loire,
05:55et votre fils Jacques Mardi, chef triplement étoilé,
06:00est parti soutenir les agriculteurs au Puy-en-Velay.
06:03Et on voit de plus en plus des chefs cuistots,
06:08qui aujourd'hui, des chefs cuisinés,
06:10qui viennent en soutien des agriculteurs sur le terrain
06:14et qui commencent à prendre la parole en disant
06:16vous attaquez à l'agriculture, vous attaquez au terroir français,
06:20vous êtes en train d'attaquer tout un secteur,
06:22c'est vraiment le poumon de la France qui est aujourd'hui en grande difficulté.
06:26– Oui, bien sûr.
06:29Alors, je ne suis pas dans…
06:33J'étais bien sûr à cette manifestation pour soutenir mon fils,
06:37mais avant tout, j'étais à cette manifestation pour soutenir les paysans.
06:42C'est tout à fait normal dans notre rôle,
06:44parce que pour nous, les produits, c'est important,
06:47il y a un besoin de se soutenir.
06:49Par contre, moi, je crois que c'est important que nous,
06:53on ait une position un peu neutre,
06:55nous ne sommes pas paysans nous-mêmes,
06:58mais on a besoin vraiment de les soutenir.
07:01Parce qu'entre les positions responsables du gouvernement
07:04et les protestations des paysans qui ont l'impression de ne pas être entendus,
07:09je pense qu'ils ont besoin,
07:11ils ont réellement besoin de ce soutien, forcément.
07:14– Évidemment, l'idée n'est pas de faire de la politique,
07:18on l'a bien compris, c'est un soutien charnel, patriote,
07:22quand vous allez vous mobiliser au plus près des agriculteurs.
07:26Pour l'auditeur d'Europe 1 qui nous écoute à 11h10,
07:30c'est quoi le terroir français ?
07:32C'est quoi la gastronomie française ?
07:34En quoi elle est indissociable de, finalement,
07:38la puissance agricole française ?
07:41– La gastronomie française, je pense qu'elle est un peu dans la même problématique
07:46que le monde paysan, elle a évolué au fil des années.
07:50Forcément, il y a 30, 40 ans, il y a 50 ans, quand j'ai commencé,
07:54on n'utilisait que les produits bruts, pratiquement,
07:57dans la restauration, je parle en général,
07:59et on s'aperçoit malheureusement maintenant
08:01qu'on atteint plus de 50% de restaurants qui ne font plus de maison.
08:06Et ça, c'est une réelle crise.
08:08On a besoin de travailler sur ces sujets-là, bien entendu.
08:12Et l'agriculture est un peu dans cette même logique
08:14où, après la guerre, il a fallu nourrir la France.
08:17Il y a eu des décisions, des positions qui ont été prises
08:19pour une agriculture un petit peu plus intensive.
08:23Alors, je ne suis pas là à dire je suis pour ou je suis contre.
08:25Simplement, maintenant, on est dans une position
08:28où, entre la dermatose musulaire contagieuse
08:32et l'accord du Mercosur, c'est toute une partie de l'économie agricole
08:37qui a l'impression qu'il vacille.
08:38On peut comprendre ces protestations.
08:40Le chef Régis Marcon est en direct avec nous sur Europe 1.
08:45Et si vous souhaitez réagir, prenez votre téléphone.
08:4801 80 20 39 21.
08:52Si vous aviez un message à adresser aux agriculteurs
08:55qui nous écoutent, peut-être attentivement,
08:57depuis des ronds-points, depuis des autoroutes,
08:59vous leur diriez quoi, chef ?
09:04Je leur dirais trois mots.
09:06Soutien, soutien, soutien d'une profession
09:09qui cuisine vos produits tous les jours.
09:12On a besoin de vous pour l'avenir de cette cuisine française,
09:16mais je dirais même à l'international,
09:18puisque nous avons la chance d'être des ambassadeurs
09:22aussi des produits à l'étranger.
09:23On sait comment la France...
09:25On aimerait que ça continue.
09:26Donc on a besoin de vous soutenir.
09:28Et nous, à notre niveau, on peut faire des choses aussi.
09:32Je vois, nous, on le fait...
09:34Vous parliez tout à l'heure de l'école du village.
09:36C'est déjà éduquer les enfants.
09:38Je ne dis pas au bon goût, mais à connaître les produits.
09:41Déjà, les enfants, c'est notre soutien.
09:43Les enfants, c'est notre avenir, bien entendu.
09:45Et pareil avec les cuisiniers,
09:48parce qu'on parle toujours de nous,
09:50des cuisiniers étoilés.
09:52Mais moi, je pense à tous ces cuisiniers
09:54qui travaillent dans la collective,
09:56dans les hôpitaux, dans les cantines,
09:58dans les EHPAD,
09:59qui ont leurs problématiques aussi.
10:02Et il y a un travail fantastique qui est fait avec eux.
10:04Ils doivent s'adapter aussi à la loi Légalime.
10:07Et ça, c'est plutôt...
10:09Il y a des choses intéressantes dans cette loi Légalime,
10:11parce qu'elle demande à ce qu'on travaille
10:12le plus possible des produits locaux.
10:14Vous voyez, c'est ensemble
10:15qu'on peut sortir un peu de cette panade.
10:18Nous, on sera là pour vous soutenir.
10:20Pas pour dire, il faut faire ci, faire ça.
10:22Nous, on ne va pas s'incurgiter
10:23dans vos problématiques que vous êtes à même.
10:25Vous-même, je pense,
10:26en vous écoutant de résoudre.
10:28Mais nous, on peut vous aider à notre niveau,
10:30au niveau des enfants,
10:32au niveau de nos clients,
10:33au niveau de nos restaurants tous les jours,
10:35en utilisant les produits
10:36le plus local possible.
10:38Ça, c'est notre combat.
10:39On va vous aider.
10:40Mais il faut qu'on s'écoute bien là-dessus.
10:42François Valrette,
10:43secrétaire général de la coordination rurale,
10:45a un échange, du moins,
10:47souhaite vous interpeller, chef Régis Marcon.
10:50Non, mais moi, je suis effectivement très content
10:52que les chefs, que les cuisiniers,
10:54que le monde de la cuisine nous soutiennent.
10:57Ce n'est pas le seul chef, d'ailleurs.
10:59Il y en a plusieurs qui se sont exprimés
11:00ces dernières heures ou ces derniers jours
11:03sur le mouvement agricole
11:05et qui nous soutiennent.
11:07Et ce qui me fait plaisir,
11:08c'est que ces chefs, effectivement,
11:10ils sont là pour prendre,
11:11pour utiliser les produits
11:12que les agriculteurs font,
11:14pour les sublimer,
11:16pour en ressortir vraiment le bon goût
11:18de ce que l'agriculture française
11:20est capable de produire
11:22en termes de produits de qualité et traçables.
11:26Et si on abandonne tout ça,
11:27si on détruit notre agriculture,
11:29si on la livre à l'Ukraine,
11:31au Mercosur,
11:32ou je ne sais quelle agriculture
11:34du bout du monde,
11:35qui est à mille lieues
11:37de ce que nous, on veut faire
11:39en France et en Europe
11:40en termes de production,
11:42tout ça, ça disparaîtra aussi.
11:43C'est tout ce savoir-faire,
11:45tout ce terroir,
11:46toute cette qualité,
11:47tout ce bon goût
11:47qui ne sera plus là.
11:48Et donc, c'est absolument indispensable
11:51de se battre aujourd'hui
11:52et d'avoir des soutiens
11:54autour de l'agriculture,
11:56c'est essentiel.
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