00:00 Gabriel Attal vendredi soir il a dit quoi ? Il dit l'agriculture elle doit être au-dessus de tout.
00:03 Prenons le homo, on donne un coup au libéralisme, on donne un coup au libre-échange,
00:07 on protège les productions françaises et on tord le bras à l'agro-industrie,
00:11 à la grande distribution pour qu'enfin on ait un revenu décent de nos productions.
00:15 Les mobilisations elles ont commencé depuis quelques jours sur le sujet principal qui est le revenu.
00:21 Il faut bien se rendre compte que la profession agricole elle est dans une situation
00:25 qui est absolument pas normale depuis vraiment des années et des années.
00:30 Il faut savoir que c'est très courant de rencontrer des paysans et des paysannes
00:33 qui sont en dessous d'un demi-smic horaire, voire un quart du smic horaire.
00:38 Le système du libre-échange étrangle notre profession depuis vraiment beaucoup d'années.
00:42 Les principaux concurrents des agriculteurs français au final c'est le système libéral dans sa globalité
00:47 qui n'a en fait de logique que la rentabilité économique.
00:50 Alors que au final la société a besoin de cohérence agronomique, sociale et environnementale.
00:55 On arrive à des aberrations comme signer des traités de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande
00:59 et donc qui vont inonder le marché français de production qui vient de l'autre bout de la terre.
01:02 Mais ça n'a aucune logique.
01:03 Pour nous il y a trois propositions pour répondre à cette question du revenu.
01:10 Un, l'arrêt immédiat de l'ensemble des traités de libre-échange.
01:12 Gabriel Attal avait fait des annonces vendredi le fait de ne pas signer le traité du Mercosur.
01:17 Et ça n'a absolument pas empêché les négociations autour de ce traité de libre-échange de continuer
01:21 voire elles sont en phase terminale d'ici quelques semaines.
01:24 Deuxièmement, on pense qu'il faut des outils de régulation du marché.
01:26 Nous notre proposition c'est clair, c'est très simple à mettre en place.
01:30 Aucune production ne rentre sur le territoire en dessous du coût de production.
01:33 C'est ce qu'on appelle les prix minimum d'entrée.
01:35 Elle est en solidarité avec les paysans et les paysannes des pays au niveau international.
01:39 Et elle permet en même temps d'éviter que nos productions soient en concurrence avec les productions des autres pays.
01:44 Il faut absolument tordre le bras à l'agro-industrie et à la grande distribution
01:47 pour les obliger par la contrainte, on contraint l'agro-industrie et la grande distribution
01:52 à acheter nos productions au-dessus du coût de production.
01:54 Ça paraît assez logique mais c'est absolument pas le cas aujourd'hui.
01:57 Si on réussit à obtenir un prix décent pour nos productions,
02:00 il faut que ce prix soit accessible pour les citoyens et les citoyennes.
02:04 Il y a 10 millions de Français qui sont en précarité alimentaire.
02:06 Il faut qu'on lance une des grandes réflexions sur l'ouverture d'un cinquième volet de la sécurité sociale
02:12 pour la mise en place d'une sécurité sociale de l'alimentation.
02:15 Depuis le 18 janvier, partout en France, il y a des barrages pour bloquer des autoroutes, des ronds-points.
02:20 Comme les Gilets jaunes, il y a eu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
02:24 Il y a eu cette taxation du GNR qui a exprimé là, c'est de la colère qui est justifiée.
02:28 C'est une précarité qui est criante.
02:29 L'alimentation c'est l'affaire de tous et toutes.
02:31 On a besoin de faire convergence pour réussir à lutter contre toute cette problématique.
02:36 Ce mouvement a permis de faire émerger la question agricole qui était pourtant là
02:40 et qui est absolument centrale dans l'organisation de notre société.
02:43 Il faut savoir quand même que la biodiversité, des émissions de gaz à effet de serre,
02:47 c'est une problématique essentielle puisque c'est aussi la solution.
02:51 Les conditions de travail des paysans et des paysannes aujourd'hui,
02:54 c'est énormément de travail pour très peu de revenus.
02:56 C'est vraiment un manque de considération de la société, il faut bien comprendre ça.
02:59 Une profession qui est absolument nécessaire à la société,
03:01 et la société, qu'est-ce qu'elle nous renvoie en face ?
03:04 Un manque de reconnaissance criant.
03:06 Ce n'est pas la société qui nous le renvoie parce qu'on a très bonne presse auprès de la société.
03:10 En revanche, c'est le système économique dans lequel on est qui nous écrase.
03:13 Dans les années 80, on était encore 1 million de paysans et de paysannes.
03:16 Aujourd'hui, on n'est plus que 380 000.
03:18 Ça, ça a des répercussions énormes dans les campagnes.
03:20 On est de moins en moins nombreux pour défendre nos intérêts.
03:23 Aujourd'hui, il y a un ras-le-bol qui est généralisé,
03:26 et qui est généralisé également au niveau européen.
03:28 On a prévu de faire une mobilisation européenne à Bruxelles ce jeudi
03:32 pour justement mettre en avant ces questions de libre-échange
03:35 qui est extrêmement problématique pour les paysans et les paysannes de partout en Europe.
03:38 [BIP]
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