00:00On va revenir sur ce traité de libre-échange avec vous maintenant, François, entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur,
00:05qui ne sera donc pas signé demain au Brésil comme l'espérait Ursula von der Leyen.
00:10La France et l'Italie ont obtenu un report d'un mois, mais vous nous dites ce matin qu'il aurait finalement mieux fallu un mauvais accord que pas d'accord du tout.
00:19Oui, vous aviez entendu le Président de la République hier lorsqu'il était arrivé au Conseil Européen.
00:23Le compte n'y est pas, pas de passage en force.
00:26Eh bien, il n'y a pas eu de majorité pour voter ce texte.
00:30Il y a donc cette minorité de blocage, France et Italie, qui a fonctionné.
00:34Ursula von der Leyen a reculé.
00:36Pas de vote, pas de voyage au Brésil, pas de signature.
00:39Écoutez-la hier soir.
00:42Avec certains États membres, nous avons besoin d'un léger report.
00:46Mais comme l'a déjà dit mon ami Antonio Costa, après 26 ans de négociations, un délai de trois semaines me paraît acceptable.
00:56Non, ça c'est pas vrai.
00:57Dans le monde dans lequel on vit, le moindre mois de retard sur des dossiers aussi sensibles et considérables est un signal de très grande faiblesse.
01:07On ne recule pas devant un marché de 270 millions de consommateurs potentiels.
01:14On ne recule pas lorsqu'il y a 110 milliards d'euros en jeu de libre-échange dans les traités commerciaux.
01:22C'est une faute.
01:22C'est pour ça que vous dites qu'il valait mieux un mauvais accord ?
01:25Oui, parce que ça fait précisément 26 ans qu'on négocie sur ce traité de libre-échange et qui concerne à 85% des matières non agricoles,
01:36qui sont tout aussi importantes si ce n'est beaucoup plus.
01:39Et je ne prends qu'un seul exemple.
01:41Il se trouve que l'Europe aujourd'hui est en grand déficit de matières rares.
01:46Vous savez, ces matières rares qui sont indispensables pour l'économie de demain, les téléphones portables, les voitures, les batteries, les ordinateurs.
01:53Or, l'Amérique latine sont les deuxièmes réserves mondiales de terres rares derrière la Chine.
01:59Ne pas y avoir accès, c'est se mettre dans les mains de la Chine, c'est-à-dire notre rival stratégique numéro un.
02:06L'accord était valable dans sa globalité.
02:09Ah, évidemment, sur les agriculteurs, c'est terrible.
02:12Mais si on prend l'industrie italienne, l'industrie allemande, l'industrie laitière française, il y avait d'énormes intérêts à signer.
02:20Eh bien oui, si nous, Français, mangeons moins de viande, et si elle est plus chère,
02:26eh bien peut-être qu'il faudra faire ce sacrifice patriotique de payer notre viande un peu plus cher.
02:30Mais en attendant, si l'on veut rester, nous, Européens, première puissance commerciale au monde,
02:35et si on veut acquérir avec ces points de PIB supplémentaires grâce au libre-échange,
02:40de quoi réinvestir dans notre économie de demain,
02:43alors oui, il vaut mieux cet accord-là mauvais que pas du tout,
02:47parce que pour les éleveurs, c'est une question de survie,
02:50pour l'Europe, c'est aussi une question de survie,
02:52si on ne veut pas devenir la viande de la Chine et des États-Unis.
02:55de la Chine et des États-Unis.
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