Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois
La mobilisation des agriculteurs s'est étendue ce jeudi 18 décembre, alors que des milliers d'entre eux se sont réunis à Bruxelles pour protester contre la politique agricole de l'UE, et notamment le Mercosur. Des blocages sont, par ailleurs, toujours en cours en France. Sébastien Lecornu s'est rendu en Ariège ce matin, pour rencontrer des éleveurs.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On va revenir sur ce traité de libre-échange avec vous maintenant, François, entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur,
00:05qui ne sera donc pas signé demain au Brésil comme l'espérait Ursula von der Leyen.
00:10La France et l'Italie ont obtenu un report d'un mois, mais vous nous dites ce matin qu'il aurait finalement mieux fallu un mauvais accord que pas d'accord du tout.
00:19Oui, vous aviez entendu le Président de la République hier lorsqu'il était arrivé au Conseil Européen.
00:23Le compte n'y est pas, pas de passage en force.
00:26Eh bien, il n'y a pas eu de majorité pour voter ce texte.
00:30Il y a donc cette minorité de blocage, France et Italie, qui a fonctionné.
00:34Ursula von der Leyen a reculé.
00:36Pas de vote, pas de voyage au Brésil, pas de signature.
00:39Écoutez-la hier soir.
00:42Avec certains États membres, nous avons besoin d'un léger report.
00:46Mais comme l'a déjà dit mon ami Antonio Costa, après 26 ans de négociations, un délai de trois semaines me paraît acceptable.
00:56Non, ça c'est pas vrai.
00:57Dans le monde dans lequel on vit, le moindre mois de retard sur des dossiers aussi sensibles et considérables est un signal de très grande faiblesse.
01:07On ne recule pas devant un marché de 270 millions de consommateurs potentiels.
01:14On ne recule pas lorsqu'il y a 110 milliards d'euros en jeu de libre-échange dans les traités commerciaux.
01:22C'est une faute.
01:22C'est pour ça que vous dites qu'il valait mieux un mauvais accord ?
01:25Oui, parce que ça fait précisément 26 ans qu'on négocie sur ce traité de libre-échange et qui concerne à 85% des matières non agricoles,
01:36qui sont tout aussi importantes si ce n'est beaucoup plus.
01:39Et je ne prends qu'un seul exemple.
01:41Il se trouve que l'Europe aujourd'hui est en grand déficit de matières rares.
01:46Vous savez, ces matières rares qui sont indispensables pour l'économie de demain, les téléphones portables, les voitures, les batteries, les ordinateurs.
01:53Or, l'Amérique latine sont les deuxièmes réserves mondiales de terres rares derrière la Chine.
01:59Ne pas y avoir accès, c'est se mettre dans les mains de la Chine, c'est-à-dire notre rival stratégique numéro un.
02:06L'accord était valable dans sa globalité.
02:09Ah, évidemment, sur les agriculteurs, c'est terrible.
02:12Mais si on prend l'industrie italienne, l'industrie allemande, l'industrie laitière française, il y avait d'énormes intérêts à signer.
02:20Eh bien oui, si nous, Français, mangeons moins de viande, et si elle est plus chère,
02:26eh bien peut-être qu'il faudra faire ce sacrifice patriotique de payer notre viande un peu plus cher.
02:30Mais en attendant, si l'on veut rester, nous, Européens, première puissance commerciale au monde,
02:35et si on veut acquérir avec ces points de PIB supplémentaires grâce au libre-échange,
02:40de quoi réinvestir dans notre économie de demain,
02:43alors oui, il vaut mieux cet accord-là mauvais que pas du tout,
02:47parce que pour les éleveurs, c'est une question de survie,
02:50pour l'Europe, c'est aussi une question de survie,
02:52si on ne veut pas devenir la viande de la Chine et des États-Unis.
02:55de la Chine et des États-Unis.
Commentaires

Recommandations