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  • il y a 7 semaines
Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre était l'invité de Marc Fauvelle ce mercredi 26 novembre. 

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00:00Tout de suite, notre invité, il a été Premier ministre, c'est celui qui à l'époque défendait la France d'en bas.
00:06Il est aujourd'hui un observateur attentif de la vie publique française, c'est Jean-Pierre Raffarin qui nous rejoint dans un instant.
00:14Bonsoir à vous, je vous laisse vous installer Jean-Pierre Raffarin sur ce plateau et nous rejoindre.
00:18Bonsoir à vous.
00:19Bonsoir.
00:19On va parler de la crise que traverse aujourd'hui la France.
00:23Vous nous direz si vous voyez un peu de lumière au bout du tunnel.
00:26Restez quand même avec vous.
00:26J'étais venu chercher la lumière ici.
00:28Il y en a beaucoup, vous allez voir. Un mot peut-être si vous le permettez d'abord sur Nicolas Sarkozy.
00:32La Cour de cassation l'a condamné définitivement aujourd'hui dans l'affaire Big Malion.
00:36Il a déjà été condamné définitivement dans l'affaire Bismuth en attendant le procès en appel dans une troisième affaire dans quelques mois.
00:43Est-ce que vous dites que ça fait beaucoup pour un seul homme ou est-ce que vous dites que c'est le cours normal de la justice, qu'il soit un ancien président ou pas ?
00:52Je ne suis pas un juge, je respecte les juges, mais là je suis un ami.
00:55Et je pense que la façon dont il a été traité dans son dernier procès sur cette exécution provisoire est un problème, non pas un problème de magistrat, mais un problème de droit.
01:09On n'a pas besoin de mettre en prison quelqu'un qui n'est pas menaçant quand il est encore innocent.
01:13Donc je pense qu'il a beaucoup souffert et qu'il doit continuer à souffrir.
01:16Et donc je préfère exprimer mon amitié que toute autre chose.
01:20Mais il n'y a pas dans votre bouche le mot complot ou acharnement ?
01:26Je trouve que ça fait beaucoup quand même.
01:27Ça fait beaucoup.
01:28Mais je ne veux pas... Je suis un républicain, je crois au droit.
01:33Et sur l'exécution provisoire, je propose qu'il faut qu'on change le texte, qu'on mette vraiment que cette décision s'applique aux gens qui sont directement menaçants.
01:44Mais obliger le maire de Toulon, Hubert Falco, à démissionner le soir de la première instance.
01:49Et je crois que tout l'opinion publique considère qu'il est sanctionné alors qu'il est prisonné innocent.
01:55Il est sanctionné ou il est prisonné innocent ? Il faut choisir.
01:57Donc là, il y a une clarification à apporter.
01:59Et cette clarification, je comprends qu'on mette en prison les gens qui sont menaçants, ceux qui ne le sont pas.
02:04Donc ceux qui ne sont pas d'accord avec cette décision, je leur demande de changer le droit.
02:08C'est le droit qu'il faut modifier.
02:10Ce n'est pas le magistrat qu'il faut attaquer.
02:12– Vous avez été Premier ministre Jean-Pierre Raffin de Jacques Chirac pendant un peu plus de trois ans.
02:17Quand on regarde aujourd'hui…
02:18– Une éternité.
02:19– Une éternité, c'est ce que j'allais dire.
02:20Aujourd'hui, depuis trois ans, cinq premiers ministres se sont succédés à Matignon.
02:24Question toute simple, est-ce que Sébastien Lecornu peut s'en sortir ? Et si oui, comment ?
02:28– C'est très difficile. Je trouve qu'il a le ton, il a cette forme de simplicité provinciale qui est de bon ton.
02:37Il a cette sincérité qui est aussi un atout considérable.
02:41Et au total, donc, une forme d'humilité.
02:43Ce qui est le ton qu'attendent les Français aujourd'hui des gouvernants.
02:47Ils en ont marre de tout ce qui est arrogant, de tout ce qui est « je sais tout » et « je décide de tout ».
02:52Et donc, il peut réussir. Je crois que c'est très difficile. Nous sommes un peu dans une impasse.
02:59Nous sommes dans une cinquième république qui est fondée sur un principe qui est le principe de la majorité.
03:04Or, il n'y a pas de majorité ni à l'Élysée, ni à Matignon, ni à l'Assemblée.
03:08Et donc, nous sommes dans une situation qui ressemble un peu à une impasse.
03:12Il aurait dû garder la carte du 49-3 qu'il a renoncé à utiliser lors d'une promesse faite aux socialistes.
03:19Il a eu tort de se priver de cette arme-là.
03:23Je pense qu'il est difficile de porter des jugements parce qu'il avait toute une série d'informations.
03:29Il avait des négociations. Donc, il a conclu cette position.
03:31Donc, je respecte cette position.
03:33Mais moi, j'ai toujours été un défenseur du 49-3.
03:36Je défends les outils de la Constitution.
03:38Je suis attaché au droit. Je vous le disais tout à l'heure.
03:40Que le droit, c'est quelque chose d'essentiel.
03:42C'est l'état de droit qui fait la démocratie.
03:44C'est le droit qu'il faut respecter.
03:45Mais c'est le droit qui, aujourd'hui, donne la possibilité à un Premier ministre
03:49de maîtriser sa majorité, à un moment ou à un autre, avec le 49-3.
03:53Donc, je crois que c'est tout à fait possible.
03:55Et c'est d'ailleurs très juste.
03:56Si vous n'êtes pas content du 49-3, vous renvoyez le Premier ministre à ses chères études
04:00puisque vous avez la possibilité de défaire le gouvernement.
04:04Ça veut dire que vous estimez qu'il devrait, aujourd'hui, pour sortir de cette situation,
04:08renoncer à cette promesse ?
04:10Non, enfin, tout dépend.
04:11Si ça peut lui permettre d'en sortir, peut-être qu'il devrait pouvoir l'utiliser.
04:14Mais peut-être qu'il devra l'utiliser, d'ailleurs, parce que les situations changent.
04:17Mais ce que je crois, c'est qu'il faut essayer d'avoir un vote.
04:20Moi, je pense que la dissolution n'arrangera rien.
04:23Parce qu'à un an et quelques de la présidentielle,
04:25ça va être plutôt un champ de compétition et de division plutôt qu'un rassemblement.
04:30Ce qu'il nous faut, c'est un rassemblement, c'est une majorité, c'est une capacité de voter un budget.
04:35Et donc, si chacun veut constituer un groupe politique pour avoir les financements pour l'élection présidentielle,
04:39eh bien, nous aurons, à nouveau, des divisions, des séparations et une forme d'impuissance.
04:44Donc, pas de dissolution, vous dites, ça ne serait pas un bon moment.
04:47Est-ce que vous partagez l'avis de certains, y compris, d'ailleurs,
04:49ex-premier ministre d'Emmanuel Macron, Édouard Philippe, pour ne pas le citer,
04:53qui disent que la seule solution, aujourd'hui, aurait été ou serait qu'Emmanuel Macron pose sa démission,
05:00aujourd'hui ou dans quelques mois, l'entend organiser un scrutin,
05:02pour qu'on remette, finalement, le repartir à zéro ?
05:06Est-ce que ça reste, pour vous, une solution ou pas ?
05:08Si vous voulez, le raisonnement n'est pas faux,
05:10puisque où naît la majorité, le fait majoritaire dans la Ve République ?
05:15Il naît au deuxième tour de l'élection présidentielle.
05:18C'est là qu'un candidat, il ne sont que deux, celui qui a gagné, il a 50%.
05:21Donc, après une élection présidentielle, il y a une majorité présidentielle.
05:25Et on a donné au président de la République un outil qui est la dissolution,
05:30pour, s'il n'a pas de majorité, tout de suite, dans la foulée,
05:33ils demandent aux Français de confirmer leur vote présidentiel par un vote législatif.
05:37Jusqu'à maintenant, c'est ce qu'ils ont fait.
05:38Là, nous avons eu un problème la dernière fois,
05:40c'est-à-dire qu'au lieu de faire ça un jour de victoire,
05:43on a fait ça un jour de défaite.
05:44Et donc, naturellement, les Français ont confirmé la défaite.
05:46Il n'y a pas eu tout à fait l'élan attendu derrière.
05:47Mais parce que c'était un jour de défaite.
05:49C'est fait pour les jours de victoire.
05:51Donc, Emmanuel Macron a la clé s'il démissionne pour redonner un président et une majorité.
05:56Je pense que dans un système républicain,
05:58on ne doit pas demander la démission d'un président.
06:04Seul le président peut décider, comme l'a fait le général de Gaulle,
06:06s'il démissionne ou pas.
06:08C'est clair, c'est pour ça qu'il faut bien interpréter les choses.
06:11Je pense que le propos d'Edouard Philippe n'est pas anti-républicain, bien évidemment.
06:17Mais naturellement, il faut bien mesurer les choses.
06:19Et aujourd'hui, moi, je ne demande pas la démission du président.
06:23Mais je reconnais que le fait majoritaire naît de l'élection présidentielle.
06:27Mais cette démission serait souhaitable.
06:29Vous ne réclamez pas, on l'a entendu.
06:31Non, mais ça, je ne vois pas.
06:33C'est au président de la République de s'exprimer.
06:35Moi, je ne suis pas pour rendre de l'instabilité permanente
06:38et pour ajouter de l'instabilité à l'instabilité.
06:40Nous sommes aujourd'hui dans une impasse.
06:42Il faut que nous gérions le mieux possible, si possible par des coalitions,
06:45le temps que nous avons qui nous sépare de l'élection présidentielle,
06:48c'est-à-dire un peu plus de 15 mois.
06:50Vous regardez les sondages pour l'élection présidentielle ?
06:52Rarement, mais ça m'arrive.
06:53Enfin, on ne peut pas y échapper.
06:55En tout cas, les derniers, je les ai vus forcément.
06:56Les derniers, ou le dernier en l'occurrence,
06:58on en a parlé hier ici même,
07:00Odoxa qui donne Jordan Barthela en tête au premier tour,
07:02gagnant au second tour, quel que soit le cas de figure.
07:06Est-ce que c'est devenu inéluctable, une victoire du RN ?
07:09Je ne le crois pas.
07:10D'abord, je ne crois pas qu'être favori un an à l'avance,
07:12ça soit un gros avantage.
07:14Parce que naturellement, il va concentrer beaucoup d'attaques.
07:16Et je ne suis pas sûr qu'il ait l'épaisseur pour résister
07:19à un an d'exposition politique,
07:22un an plus que ça, même d'ailleurs,
07:2418 mois d'exposition politique,
07:26de difficultés de la première ligne.
07:28C'est très difficile.
07:30C'est quoi l'épaisseur ?
07:31C'est l'âge ? C'est le manque d'expérience ?
07:33C'est l'expérience.
07:34C'est la capacité d'avoir été maire,
07:36c'est la capacité de connaître les souffrances des gens,
07:39de connaître les joies des gens.
07:40C'est cette proximité,
07:42c'est ce que la vie vous apprend.
07:44Et donc, je pense qu'il ne l'a pas encore.
07:46Je pense qu'il n'est pas prêt sur le plan économique.
07:48Je pense aussi que, sur un certain nombre de sujets,
07:51il y aura des divisions au Front National,
07:53au Rassemblement National maintenant.
07:55Regardez l'histoire du Rassemblement National.
07:57Quand il s'est rapproché du pouvoir,
07:58il s'est en général divisé.
08:00Et donc, c'est assez facile de rassembler dans la protestation.
08:03Quand il faut aller au pouvoir,
08:05qu'il faut la compétition des responsabilités,
08:07des postes et des fonctions,
08:09là, on se divise davantage.
08:10Et on est d'une famille politique
08:11qui s'est souvent déchirée à l'approche du pouvoir.
08:15Mais ça veut dire quoi ?
08:17Ça veut dire que la situation est très fragile
08:18quand on est exposé comme M. Bardella.
08:20Et donc, je ne suis pas sûr que tous ces sondages
08:22soient quelque chose qui le favorise vraiment.
08:24– Hier, Jordan Bardella a été enfariné par un jeune homme de 17 ans
08:29lors d'un déplacement à Vesoul.
08:30Vous, il vous est arrivé dans le passé d'être entarté,
08:33c'était en 2012,
08:34au-delà de la condamnation évidente de la violence en politique.
08:37Est-ce que vous considérez que c'est anecdotique
08:39ou que c'est inquiétant ?
08:40Pour la campagne présidentielle qui va débuter.
08:43– Bon, tous les actes de violence sont inquiétants
08:45et je crois qu'il est très, très dangereux
08:47de voir dans nos sociétés
08:48la violence devenir de plus en plus banale.
08:51D'ailleurs, je vois bien que la violence devient banale
08:54et elle entraîne la guerre dans cette banalisation.
08:57Car la guerre devient aussi banale.
08:58On parle de la guerre comme quelque chose d'inéluctable.
09:01Et donc, je crois que c'est assez dangereux.
09:03J'ai toujours pensé que la violence et la guerre
09:04étaient des sœurs jumelles.
09:06Et donc, il faut faire très attention
09:07à jamais adhérer à des propos de violence
09:09et des attitudes de violence.
09:10– Pourquoi vous dites ça sur la guerre ?
09:12C'est une allusion aux propos du général Mandon ?
09:14La France doit être prête à accepter de perdre ses enfants ?
09:16– C'est une des manifestations.
09:18Mais je trouve que dans notre société,
09:19on parle de la guerre inéluctable
09:21comme on parle de la violence inéluctable.
09:23Je pense qu'il y a d'autres formes de vie ensemble.
09:27Et donc, il y a naturellement le dialogue dans la société.
09:31Il y a évidemment la diplomatie dans les relations internationales.
09:34Je ne crois pas que la guerre soit,
09:35en toutes circonstances, inéluctable.
09:36– Mais vous pensez que la scène politique française
09:38dans les 16 mois qui nous séparent l'élection présidentielle
09:41pourrait s'américaniser ?
09:43C'est-à-dire une forme de radicalisme et même de violence
09:46comme on l'a vu avec les tentatives d'assassinat de Donald Trump.
09:49On en est là aujourd'hui ?
09:50On en est à ce point de bascule ?
09:51– Je pense que notre pays souffre d'un manque d'autorité
09:54parce qu'il n'y a pas de majorité.
09:56Le président a de l'autorité, le président a des qualités,
09:58je n'attaque pas le président,
10:00mais il n'a pas le système majoritaire qui donne de la stabilité,
10:04de la force, non seulement, et de l'autorité,
10:08non seulement à l'Assemblée et au Sénat,
10:09mais aussi dans le pays, dans les communes, etc.
10:11Nous avions des systèmes majoritaires
10:13qui tiennent la colonne vertébrale du pays.
10:16Aujourd'hui, tout le monde est maître et compagnon.
10:18Tout le monde annonce sa vie,
10:20tout le monde envoie ses opinions sur les réseaux sociaux.
10:21Donc on est dans une sorte de désordre national
10:24et nous sommes dans une sorte de toboggan de désordre national
10:27où le désordre s'ajoute au désordre.
10:28Et naturellement, le désordre appelle la violence,
10:31l'intolérance, la radicalisation.
10:33Donc tout ceci est très dangereux.
10:34Je crois qu'il va falloir à un moment ou à un autre
10:36revenir à la raison, revenir à la sagesse.
10:38Tout ça nous conduit au pire.
10:40Je le dis vraiment aux Français qui nous écoutent.
10:42Ne soyons pas complices des injures,
10:44ne soyons pas complices de toute forme de violence.
10:47Tout ceci conduit à des tensions,
10:48tout ceci conduit au malheur.
10:50Seule la raison, seul le dialogue,
10:52seule la sagesse, seule la responsabilité
10:54sont des voies d'avenir.
10:55Et la radicalisation qu'on nous propose ici ou là
10:58sont des erreurs.
10:59On ne construit pas un pays en paix
11:01avec la colère au pouvoir.
11:03C'est lorsque vous étiez à Matignon,
11:05Jean-Pierre Raffarin,
11:06qui a été adopté la loi interdisant le voile à l'école.
11:09Absolument.
11:102004, si je ne m'abuse.
11:12Est-ce qu'il faut y toucher aujourd'hui,
11:14comme le souhaite un Laurent Wauquiez
11:16chez les Républicains ?
11:18Un Gabriel Attal au sein du bloc central
11:20qui veut, par exemple, interdire le voile partout
11:22aux adolescentes, notamment au moins de 16 ans
11:25ou au moins de 15 ans ?
11:26Je ne pense pas qu'il faille faire
11:29systématiquement de la question du voile
11:32un étendard dont se servent
11:35les ultra-radicalisés.
11:38C'est extrêmement dangereux
11:41parce que beaucoup de gens
11:42considéraient auparavant le voile
11:44comme quelque chose de banal
11:45et maintenant, c'est devenu un étendard.
11:48C'est devenu, je suis musulman,
11:49donc je porte le voile
11:50et je veux défendre le voile.
11:51Donc, je crois qu'il faut faire attention
11:53à ne pas assimiler l'islam,
11:56les musulmans raisonnables et responsables
11:58avec les radicalisés.
11:59Et donc, faisons très attention
12:00aux amalgames, aux logiques d'amalgames.
12:03La violence commence par l'amalgame.
12:04La loi de 2004 se suffit
12:06et on n'y touche pas.
12:07C'est mon avis.
12:08Mais je pense qu'il faut être
12:08très prudent sur ces sujets.
12:10Nous avons des sujets
12:11contre les radicalisés.
12:13Nous avons des sujets
12:14très préoccupants aujourd'hui
12:15sur l'islamisme radical
12:17et sa manière de s'installer
12:20dans la société.
12:21C'est contre cela qu'il faut lutter
12:22et pas forcément, systématiquement,
12:25lui donner l'occasion
12:25de pouvoir se rassembler,
12:27de rassembler tout le monde
12:27derrière des étendards
12:29qui sont quelquefois
12:30des actes quand même secondaires.
12:32Tout autre chose, Jean-Pierre Raffaim.
12:34Je voudrais vous montrer une image
12:35à vous, l'amoureux de la Chine
12:36qui a longtemps été représentant
12:38spécial du gouvernement français
12:39en Chine.
12:40Vous allez la voir devant vous,
12:41cette image.
12:42Vous la reconnaissez sans doute.
12:43Vous le reconnaissez sans doute.
12:46Vous connaissez son nom ?
12:47Non, je ne connais pas son nom.
12:48Je l'ai oublié,
12:48mais j'étais à son arrivée
12:49avec Mme Macron
12:51au zoo de Beauval,
12:52qui est un zoo magnifique,
12:54qui a fait un accueil formidable
12:57des pandas.
12:57Alors là, ils sont repartis.
12:59Ce fameux couple de pandas
13:00prêtés par la Chine
13:01est reparti sur sa terre natale
13:03en Chine.
13:04On parle souvent
13:05de la diplomatie du panda
13:06pour dire que quand tout va bien
13:07entre Paris et Pékin,
13:09il y a des pandas en France.
13:10Là, ça veut dire que ça va mal
13:11avec la Chine
13:11s'ils sont rentrés au pays ou pas ?
13:13Non, je pense que ça a toujours
13:14été la décision.
13:15Moi, j'étais avec Nicolas Sarkozy
13:16quand Nicolas Sarkozy
13:17a négocié avec le président
13:18Roger Gindao,
13:19les pandas à Beauval.
13:20C'était une vraie négociation.
13:21C'était une vraie négociation,
13:22mais de toute façon,
13:23il n'a jamais été question
13:24que ces pandas soient donnés
13:25à la France.
13:26Ils étaient prêtés.
13:27Et il est clair,
13:28parce qu'en plus,
13:28quand ils vieillissent,
13:29ils deviennent méchants.
13:30Et donc, autant,
13:31ce sont des ours très sympathiques
13:32quand ils sont jeunes,
13:33mais donc, il y a un moment
13:34où il vaut mieux les faire attention.
13:35On a bien fait
13:36de les rendre à la Chine.
13:37Je pense qu'il faut les renouveler.
13:38Je pense qu'il faut une rotation,
13:40mais c'est quelque chose
13:41de formidable.
13:41Je félicite quand même Beauval
13:43parce qu'ils ont fait
13:44plus d'un million de visiteurs
13:45de plus grâce à ça.
13:46Vous avez dit
13:47que j'étais amoureux de la Chine.
13:48Disons que j'ai beaucoup
13:49de considérations
13:49pour le peuple chinois.
13:51Car, je vous le confirme,
13:52je ne suis pas communiste
13:53et je ne serai jamais communiste.
13:54On avait assez peu de doutes là-dessus.
13:55Donc, ce que je respecte,
13:59c'est cette vieille civilisation
14:00multimillénaire
14:01qui est très profondément différente
14:03que la nôtre,
14:04mais qui, comme toutes les grandes civilisations,
14:05doit être respectée.
14:06Vous savez qu'il y a une entreprise chinoise
14:07dont on parle quasiment tous les jours
14:09depuis deux semaines maintenant.
14:11C'est Chine,
14:11la célèbre plateforme.
14:14Le gouvernement français
14:15demande sa suspension
14:16pour plusieurs mois
14:17après la découverte
14:18de poupées pédéopornographiques.
14:20L'Europe s'inquiète aussi.
14:21Les fédérations de commerce
14:23dénoncent des pratiques
14:24anticoncurrentielles.
14:26Et on a entendu cette semaine
14:27un homme un peu
14:28contre le vent actuel
14:30qui s'appelle Michel-Édouard Leclerc
14:31qui a dit
14:31c'est ridicule
14:32de demander aux entreprises françaises
14:34d'aller chercher
14:35des parts de marché en Chine
14:36tout en essayant
14:37de fermer notre marché à Chine.
14:39Il a même dit
14:39que ce débat
14:40avait quelque chose
14:41de raciste
14:41anti-Chinois.
14:43Vous diriez la même chose
14:44que lui ?
14:45Bon, d'abord
14:46il faut bien séparer
14:47dans ce que vous venez de dire
14:48la pédocriminalité
14:50de l'économie
14:51parce qu'on n'est pas
14:52sur le même sujet.
14:53D'un côté c'est du pénal.
14:53Je pense sur le chapitre économique
14:54si vous voulez bien
14:55le reste
14:55il n'y a pas de débat là-dessus.
14:57Ils sont dans le pénal
14:57vendre moins cher
14:58ce n'est pas du pénal.
14:59Donc il faut faire
15:01très attention à ce qu'on dit.
15:02Je ne suis pas surpris
15:03que Michel-Édouard Leclerc
15:04ça fait 50 ans
15:04qu'il défend l'esprit libéral.
15:06Et c'est vrai
15:06que nous avons
15:08par ce type de produit
15:09l'accès à des consommations
15:11peu chères
15:12qui sont tout à fait
15:13intéressantes
15:14mais très peu chères
15:15qu'on peut tolérer
15:15un affaissement
15:16enfin que les consommateurs
15:17tolèrent un affaissement
15:19de la qualité.
15:19Mais je pense que
15:21nous ne devons pas
15:22accepter cette forme
15:23de dumping
15:23parce que c'est aujourd'hui
15:25un dumping
15:26et que nous devons exiger
15:27un certain niveau de qualité.
15:29Donc je comprends
15:30que notre filière textile
15:32ne doit pas être menacée
15:33mais très franchement
15:34faisons très attention.
15:35La Chine est en train
15:36de produire
15:37un certain nombre
15:38de technologies nouvelles
15:39aujourd'hui
15:39qui font que nous sommes menacés
15:41dans beaucoup de domaines.
15:42Et je pense qu'il n'y a
15:43qu'une seule position
15:45possible pour ça
15:46c'est d'exiger
15:47pour un produit
15:48entre en France
15:48qu'il est un composant
15:50de produits français.
15:52Ce qui n'est pas le cas
15:52de ce que Chine envoie en France.
15:54Ça s'appelle
15:54le contenu local
15:55et donc un produit
15:56qui rentre en France
15:57il doit avoir
15:57une part de production.
15:59Il faut négocier.
15:59Est-ce que c'est plus de 50% ?
16:00Est-ce que c'est moins de 50% ?
16:01Il faut souvent
16:02les effets d'or.
16:03La voiture électrique
16:04on va monter
16:05des tarifs douaniers
16:06mais ils vont faire
16:07des usines en Hongrie
16:08ils vont faire des usines
16:09au Maroc
16:09ils vont faire des usines ailleurs
16:10ils rentreront
16:11dans la communauté européenne.
16:12C'est ce que vous voulez dire
16:13que ça ne sert à rien
16:14de vouloir suspendre
16:14c'est que le protectionnisme
16:16n'est jamais une chose.
16:17Donc de ce point de vue-là
16:18Michel-Édouard Leclerc
16:19n'est pas à condamner
16:20systématiquement
16:21parce qu'il a des idées libérales.
16:22Il veut des produits
16:23de moins en moins chers
16:23il veut des frontières
16:24les plus ouvertes possibles.
16:25Donc moi ce que je dis
16:26c'est que ce n'est pas
16:27en fermant les frontières
16:28qu'on fait de la richesse.
16:29On fait de la richesse
16:30par l'ouverture.
16:31Et donc comment faire en sorte
16:32c'est que nous ayons
16:33les produits sur lesquels
16:34nous nous battons
16:35et que nous voulons vendre en Chine
16:36quitte à prendre
16:37une part de production chinoise
16:38mais les produits chinois
16:39qui viennent chez nous
16:40il faut qu'ils aient une part
16:41de production européenne.
16:43Il faut produire en Europe
16:44pour avoir les portes
16:45de l'Europe ouvertes.
16:46Un dernier mot Jean-Pierre
16:47à fin demain
16:47Emmanuel Macron va annoncer
16:48le retour du service militaire
16:50mais en version facultative.
16:5210 000 personnes en 2026
16:53peut-être jusqu'à 50 000 ensuite.
16:5610 mois de service
16:57avec maniement des armes
16:58payé un peu moins de 1000 euros
17:00par mois.
17:02Est-ce que vous pensez
17:03que dans quelques années
17:03ce service militaire
17:04deviendra obligatoire ?
17:06Je ne le crois pas
17:07parce que je pense que maintenant
17:08vous ne le croyez pas
17:09ou vous ne l'espérez pas ?
17:11Je ne le crois pas.
17:12Je ne le crois pas
17:12parce que ce qu'a voulu faire
17:14Jacques Chirac
17:14il a eu raison
17:15c'est de faire une armée professionnelle.
17:17Vous voyez avec les technologies
17:18maintenant
17:18quand vous parlez avec les gens
17:20nos aviateurs
17:21toute l'armée de l'air
17:22ce sont tous des ingénieurs
17:23ce sont tous des gens
17:24qui ça ne peut plus être
17:25la représentation
17:25de toute la jeunesse française
17:27comme auparavant
17:27ce sont des gens qualifiés
17:28formés pour ce métier-là.
17:30Donc qu'on ait besoin
17:31d'un retour un peu
17:31à la guerre conventionnelle
17:32avec ce qu'on voit en Ukraine
17:34aujourd'hui
17:34et les menaces
17:35qui pèsent sur la pente
17:36je le comprends.
17:37Donc on a besoin aussi
17:38en effet
17:38d'une certaine dimension
17:40mais notre armée
17:41sera avant tout
17:42une armée de professionnels.
17:44Donc je crois que c'est bien
17:45d'avoir cette logique
17:47volontaire
17:48de construire
17:49des troupes
17:50formées aussi
17:51au minimum
17:51pour pouvoir agir
17:53et être dans notre rapport
17:54de force
17:55un atout
17:55mais je pense qu'on ne fera pas
17:57le retour
17:58au service militaire
17:59tel qu'il était fait
18:00auparavant
18:00parce qu'il faut vraiment
18:02former des gens
18:03à très haut niveau
18:03et ça coûterait vraiment
18:04des fortunes
18:05que de former
18:06toute une génération
18:07au niveau aujourd'hui
18:08qui est exigé
18:08pour notre défense.
18:10Merci beaucoup
18:10Jean-Pierre Raphaël
18:11d'être venu ce soir
18:11Merci à vous
18:12sur le plateau de 60 minutes
18:14Merci de nous avoir dit
18:14quelques mots sympas
18:15pour les deux pandas
18:16qui sont donc retournés
18:17chez eux
18:18Merci et à bientôt
18:19Merci à tous
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