- il y a 7 semaines
Après huit saisons à la tête de l'équipe Cofidis, la structure française et Cédric Vasseur ont choisi, d'un commun accord, de se séparer en fin de saison dernière. Durant ses années au sein de la formation française, le manager nordiste aura tout connu, de la joie apportée par deux succès sur le Tour de France 2023, à la relégation en ProTour en fin de saison. Discret depuis, l'ancien coureur français s'est entretenu avec Cyclism'Actu sur ses années au sein de la formation Cofidis, ses projets futurs ou plus globalement sa vision du cyclisme et des jeunes talents qui émergent. Entretien sans polémique avec Cédric Vasseur mais les choses sont tout de même dites, l'ancien manager français ayant quelque peu "une clause de confidentialité" concernant sa mise à l'écart de la formation Team Cofidis fin septembre 2025.
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00:00Cédric Vasseur, bonjour, merci pour cet entretien.
00:06Déjà, comment ça va ? Parce que depuis fin septembre, on n'a plus trop de nouvelles de vous.
00:10Comment va Cédric Vasseur aujourd'hui ?
00:12Eh bien, bonjour, bonjour à Cyclisme Actu, bonjour Manu.
00:16Merci de prendre de mes nouvelles, ça va bien.
00:19Effectivement, depuis fin septembre, j'ai disparu de l'actualité
00:25et vous en connaissez les raisons, d'un commun accord avec Cofidis,
00:30on a décidé de mettre fin à notre collaboration.
00:33Donc évidemment, j'ai un peu disparu des radars,
00:37mais évidemment, je continue de suivre l'actualité.
00:40J'ai un peu plus de temps aujourd'hui à consacrer à ma famille, à mes proches.
00:45J'ai quand même une actualité qui est chargée, je refais un peu plus de vélo.
00:48Vous voyez, j'ai perdu quelques kilos, donc ça fait un peu de bien.
00:52Je monte les escaliers plus facilement.
00:54Et surtout, je garde quand même la passion du vélo.
00:58Oui, parce qu'en plus, vous étiez, si je me permette, au séminaire UCI
01:03sur l'attribution des licences qu'il y a eues.
01:06Ce n'est pas de surprise en fait, au final.
01:08Non, non.
01:09Alors moi, j'y étais plus puisque j'avais quitté mes fonctions au sein de l'équipe Cofidis.
01:14Mais c'est vrai que la semaine dernière, il y a eu le séminaire UCI World Tour en Suisse,
01:20comme chaque année.
01:21Et ça sonne vraiment le départ de la saison, puisque les licences sont attribuées.
01:27L'UCI rassemble tous les stakeholders, c'est-à-dire toutes les familles du cyclisme,
01:32les organisateurs, les représentants des coureurs, les représentants des équipes.
01:36Je pense que ce sont vraiment deux jours importants pour échanger.
01:41Alors les échanges, comme en entreprise, ça ne se passe pas toujours dans, je dirais,
01:47dans la bonne entente.
01:48Chacun défend sa position.
01:50Mais là, on est vraiment aujourd'hui sur un nouveau dessin d'une saison
01:56qui va s'élancer en Australie en 2026, en janvier,
02:00avec 18 équipes UCI World Team, quelques nouvelles équipes,
02:07comme l'équipe UNOX qui a fait quand même un beau parcours cette année.
02:10Et puis des courses au calendrier qui essaient de se maintenir, de nouvelles courses.
02:16On connaît les difficultés économiques mondiales, pas simplement nationales,
02:21mais aussi mondiales.
02:22Et forcément, le monde du sport est toujours impacté.
02:26Je pense que ça ne va pas très bien au niveau économique.
02:29Avant de parler de tout ça, Cédric, si je peux me permettre,
02:32qu'est-ce qu'on retient de huit saisons à la tête en tant que manager général de Cofidis ?
02:38D'abord, beaucoup de fierté.
02:44Quand Thierry Vitum a donné ma chance fin 2017,
02:47parce que ça remonte à fin 2017,
02:50jamais j'aurais imaginé rester en poste pendant huit ans.
02:55Vous imaginez huit ans à la tête d'une équipe.
02:58On a réussi à faire monter, avec mon équipe,
03:01je ne suis pas le seul, je ne me suis entouré de personnes.
03:04On a réussi à faire monter cette équipe en UCI World Team.
03:08UCI World Tour, pardon, c'est la première division, c'est le summum.
03:12C'est la division qui attire les meilleurs coureurs,
03:15les meilleurs partenaires, vous participez aux meilleures courses.
03:17Donc, beaucoup de fierté, parce que je débutais dans le milieu.
03:23J'avais une expérience en tant que coureur cycliste, 15 ans,
03:27des victoires ici et là, modestement,
03:29mais quand même deux victoires d'étape sur les routes du Tour de France,
03:32un maillot jaune.
03:33Donc, j'avais quand même une certaine aura médiatique.
03:37Et puis ensuite, j'ai travaillé pour le CPA.
03:41J'ai été le représentant des coureurs,
03:43donc directement au cœur de l'action,
03:48défendre les intérêts des coureurs face aux équipes,
03:51face aux organisateurs, face à l'UCI.
03:54Et j'ai rapidement compris qu'en fait, ce n'était pas du face-à-face,
03:57mais c'était du pour et pour.
04:00Parce qu'en réalité, les organisateurs, les coureurs, les équipes,
04:04on est tous dans le même bateau qui s'appelle le cyclisme.
04:07Et trop souvent, je pense qu'il y a des tiraillements
04:10qui pénalisent le monde du cyclisme.
04:15Et pendant ces deux années de présidence au CPA,
04:18j'ai vraiment enrichi ma culture à ce niveau-là.
04:22Puis je suis devenu consultant TV, comme vous le savez,
04:24pour la RQBF, pour Be in Sport.
04:28On a vécu une belle aventure avec Florent Ouzo
04:30sur le programme italien notamment.
04:32Et puis pour France Télévisions,
04:33j'ai été au cœur de l'action sur la moto,
04:37là où se trouve aujourd'hui Thomas Vauclair,
04:39avant de rejoindre l'équipe Cofidis.
04:41Donc pour moi, c'était nouveau.
04:46J'ai mis toute mon énergie, tout mon cœur.
04:50Je pense que je me suis entouré des personnes
04:52qui ont vraiment œuvré pour faire grandir Cofidis.
04:57Parce que comme je l'ai dit,
04:58on est revenu en UCI World Tour en 2020.
05:01Et puis, on a réussi à décrocher le titre de championne de France
05:08avec Victor Roberto Acacel chez nous en 2022
05:12pour sa première année d'existence.
05:14L'équipe féminine, il y a eu la création de l'équipe féminine.
05:17Et surtout, ce que l'équipe Cofidis attendait le plus,
05:20c'était de renouer avec le succès sur les routes du Tour de France
05:22puisque ça datait de 2008.
05:25Chaque année, au mois de juillet, on avait la même question.
05:28Quand est-ce que l'équipe Cofidis va regagner sur le Tour de France ?
05:31Eh bien, en 2023, Victor Laffey a été époustouflant.
05:35Il a remporté cette belle victoire à Saint-Sébastien.
05:38S'en est suivie une deuxième avec Yannis Aguirre.
05:42Donc voilà, j'ai vraiment vécu des moments forts en tant que manager.
05:48Alors, je reprends ces deux victoires-là parce qu'elles sont vraiment remarquables.
05:52Mais il y a eu plein de victoires.
05:53Je ne les ai pas comptées en général.
05:55Oui, mais c'était quand même l'objectif, Cédric,
05:57de faire regagner Cofidis sur le Tour de France.
05:59C'est un peu dur quand même.
06:00Vous refaites gagner Cofidis sur le Tour.
06:02Pas une fois, mais deux fois en 2023.
06:04Et bing, ciao, vous avez fait votre boulot.
06:06On passe à autre chose.
06:08Non, mais comme je l'ai dit, ça a été d'un commun accord.
06:11Et je pense qu'il ne faut pas penser que les victoires sur le Tour de France,
06:16elles reviennent chaque année.
06:17Et le cyclisme a beaucoup changé.
06:19Je lisais encore ce matin une interview de Tadej Pogacar,
06:22qui n'est pas n'importe qui quand même,
06:24qui disait qu'entre aujourd'hui et le moment où il est arrivé chez les professionnels,
06:28c'est-à-dire il n'y a pas si longtemps que ça,
06:30l'équipe a complètement changé sa philosophie, sa manière de fonctionner.
06:36Il y a plein de choses qui ont changé.
06:38Le cyclisme est en perpétuel mouvement.
06:41Moi, je parle d'évolution, pas de révolution, pas de changement,
06:44mais ça évolue.
06:46Et ce qui est certain aujourd'hui,
06:49c'est que gagner sur le Tour de France chaque année,
06:53c'est vraiment très difficile.
06:54Gagner sur le Tour de France, c'est compliqué.
06:56Moi, j'ai beaucoup de respect pour les coureurs qui lèvent les bras
06:58sur les routes du Tour de France.
07:01J'ai eu cette chance à deux reprises.
07:03Et je sais à quel point c'est aujourd'hui difficile, ça roule vite.
07:09Il y a une concurrence qui est énorme.
07:11On aimerait bien avoir dix Tours de France dans l'année,
07:14parce que comme ça, ça mettrait un peu moins de pression sur les coureurs
07:16pendant le mois de juillet.
07:18Parce qu'il y a une telle domination du Tour de France
07:24que tous les coureurs veulent gagner une étape sur les routes du Tour de France.
07:28Donc, ça devient compliqué.
07:29Et je ne sais pas combien d'équipes chaque année garantissent une victoire
07:35sur les routes du Tour de France.
07:37Mais en tout cas, ce n'est pas simple.
07:38Et je garde cette fierté d'avoir permis à l'équipe de renouer
07:44avec le succès en 2023.
07:46C'était formidable.
07:47Avoir votre sourire, Cédric.
07:49La page Cofidis est tournée et digérée ?
07:53Oui, je pense que oui.
07:54Vous le savez, la page Cofidis est tournée.
07:59Maintenant, il faut se projeter sur autre chose.
08:03Je vous l'ai dit, j'ai été coureur, j'ai été au CPA, consultant TV, manager d'équipe.
08:09Je ne sais pas où les prochains mois vont me mener.
08:13En tout cas, moi, ce que j'ai souhaité, c'était terminer l'année 2025
08:18en consacrant un peu plus de temps à ma famille, parce que je les ai délaissés pendant 8 ans.
08:24Vous savez, quand vous êtes manager d'une équipe, du 1er janvier au 31-12,
08:28c'est 100% pour l'équipe.
08:30Il y a plus de 100 salariés.
08:32Il faut être disponible les week-ends, les jours fériés, etc.
08:36C'est le boulot et il faut l'accepter.
08:40Quand vous quittez cette mission-là, vous avez envie de souffler un peu.
08:44Je me suis donné jusqu'au 31-12 2025 pour vraiment souffler, pour ne pas me poser de questions.
08:50Tous les jours, je reçois des coups de fil d'anciens collègues, d'anciens partenaires, d'organisateurs.
08:59J'ai tous les jours des gens qui me questionnent, qui m'ont déjà proposé pour certains des missions.
09:07Mais franchement, aujourd'hui, je veux garder un peu de distance.
09:10Et je vous le dis un jour.
09:12Excusez-moi de vous interrompre.
09:14C'est marrant ce que vous dites, parce que quand on a fait Stéphane Lowe, qui quitte la loto,
09:18il nous disait la même chose, et bing !
09:20Il se retrouve à partir du 1er janvier, manager général Total Energy.
09:24Quand on a fait Vincent de l'avenue, j'ai besoin de respirer, et bing !
09:26Il se retrouve à la tête de ma petite entreprise.
09:28C'est-à-dire qu'en fait, peut-être dès le 1er janvier, Cédric Vasseur va se retrouver
09:32à la tête d'une équipe cycliste ou pas ?
09:35Il ne faut jamais dire jamais.
09:37Vous savez, il y a des ministres qui avaient aussi déclaré que jamais dans leur vie,
09:43ils deviendraient ministres.
09:44Et puis, ils sont devenus…
09:45Je pense qu'il ne faut rien s'interdire.
09:49Mais en tout cas, moi, j'ai envie de souffler.
09:52Vous savez, la vie est courte.
09:53Pas besoin de faire un dessin.
09:54On voit tout ce qui se passe autour de nous.
09:56C'est difficile.
09:56Donc, il faut aussi, de temps en temps, s'octroyer des moments de plaisir,
10:03les offrir à ses proches.
10:04Et c'est ce que j'ai envie de faire aujourd'hui.
10:07Mais vous savez, je suis quelqu'un d'hyperactif.
10:10Je ne peux pas rester à rien faire.
10:12Donc, si demain, il y a quelqu'un qui vous appelle avec un bon projet,
10:18vous ne direz pas non.
10:18Vous croyez qu'il y a une nouvelle équipe qui va se monter demain ?
10:22Non, mais on recherche toujours du monde.
10:24Non, on recherche toujours du monde.
10:26Mais vraiment, je veux…
10:29J'ai envie de faire les choses bien.
10:32Enfin, tous ceux qui m'ont côtoyé chez Cofillis,
10:35et Dieu sait s'il y a des personnes qui m'ont côtoyé,
10:38coureurs, mécaniciens, assistants, etc.
10:42savent que j'essaie vraiment de bien faire les choses
10:47ou de ne pas les faire tout simplement.
10:49En fait, j'ai vraiment envie d'élever le niveau du milieu dans lequel je me trouve.
10:56Et je pense que si on me propose une mission
11:00qui me permet d'élever le niveau d'une organisation,
11:04d'une équipe, d'un business quelconque,
11:07pas forcément dans le vélo non plus,
11:09je pense qu'il ne faut pas non plus se restreindre au vélo.
11:11Vous savez, depuis que j'ai quitté l'équipe Cofillis,
11:15j'ai beaucoup bourlingué dans d'autres sports.
11:17J'ai été invité la semaine dernière par Olivier Lettan,
11:20le président du LOSC, au match Lille-Marseille.
11:24On a gagné brillamment 1-0.
11:25Désolé pour tous les Marseillais.
11:27Et j'échange beaucoup avec Olivier sur nos expériences réciproques.
11:32On n'a beaucoup pas à prendre d'autres sports.
11:36J'ai pas mal observé ce qui se passait aussi en Formule 1,
11:38sur Abu Dhabi, notamment la semaine dernière,
11:40avec la finale du circuit.
11:46Je pense qu'on a une marge de progression qui est énorme.
11:50Et je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui,
11:52on patine autant dans le cyclisme.
11:54Parce qu'on a un sport qui est fantastique.
11:58Moi, ce qui me dérange aujourd'hui,
12:00ce sont les gens qui ont bouffé dans la gamelle
12:03et qui crachent au visage du vélo.
12:06En tout cas, quelle que soit votre position,
12:10quand vous avez été dans ce milieu,
12:11vous pouvez à un moment donné avoir une certaine lassitude qui s'installe.
12:14Vous pouvez avoir envie de changer.
12:17Mais quand on se lance dans ce milieu-là,
12:18on aime les coureurs cyclistes.
12:20On aime le public.
12:23On aime participer.
12:26Et je pense qu'aujourd'hui,
12:28on a un super produit à proposer.
12:31Parce que toutes les villes, aujourd'hui,
12:33elles font la promotion aussi du vélo.
12:36Parce qu'on a essayé de pousser les gens à se déplacer en vélo.
12:38Donc, ce qu'il faut, c'est de trouver la bonne formule
12:41et continuer de faire développer notre sport qui est magnifique.
12:45Alors, justement, vous me tournez la perche.
12:48Le cyclisme est en évolution.
12:51Mais pourquoi, en ce moment,
12:52on a compté sur le cyclisme actus,
12:54il y a presque 100 coureurs qui sont encore sans contrat.
12:58On arrive à la fin de l'année 2025.
12:59La saison 2026 s'annonce.
13:01Beaucoup s'inquiètent sur l'aspect et la santé économique du vélo.
13:05Comment redistribuer les problèmes des droits télé ?
13:08C'est notre ami Cyril Guimar qui a amené le sujet.
13:10Jérôme Pinault qui a son idée, etc.
13:12On a l'impression que tout le monde y va de son idée,
13:14de sa pensée,
13:16mais que ça reste un bordel sans nom.
13:19Oui, je pense.
13:20Je n'aurais pas dit mieux.
13:22Après, je pense que chaque sport a ses spécificités.
13:25Le modèle économique du cyclisme,
13:28il n'est pas idéal.
13:29On le sait, on le dit.
13:30Ça fait 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans.
13:32Peut-être qu'en 1995, quand je suis passé professionnel,
13:35on disait déjà que le modèle n'était pas idéal.
13:38Ce qui a changé,
13:38c'est qu'il y a eu une inflation énorme.
13:41Et quand je parle d'inflation,
13:42je ne vous fais même pas remonter aux années 2000.
13:47Je pense qu'entre 2020 et 2025,
13:50si on devait regarder l'inflation qu'il y a eu dans le monde du cyclisme,
13:53elle est énorme.
13:54Donc, faire reposer toute cette inflation sur du sponsoring pur,
13:58ça devient mission impossible.
14:00Honnêtement,
14:01je pense qu'il y a 5, 6 équipes qui sont prospères aujourd'hui.
14:04Elles ont un budget qui est aussi entre 40 et 60 millions d'euros.
14:09Ça va bien.
14:09Elles ont les meilleurs coureurs du monde.
14:11Donc, ce sont elles qui gagnent quasiment toutes les courses.
14:13Parce qu'aujourd'hui,
14:15si on regarde le vélo,
14:17il y a environ 20 coureurs qui pèsent sur le cyclisme mondial.
14:20C'est-à-dire que si vous ne possédez pas un de ces 20 coureurs,
14:24vous avez vraiment beaucoup de difficultés d'exister.
14:26Vous avez beaucoup de difficultés pour aller gagner des courses.
14:29Donc, je pense qu'il faut se mettre…
14:35Et je l'ai dit tout à l'heure,
14:36on est dans le même bateau,
14:38mais j'ai l'impression qu'on se tire dans les pattes en permanence.
14:40C'est-à-dire…
14:41Et les Thérômes Pinot, par exemple, vous en pensez quoi ?
14:43Le problème du cyclisme,
14:45c'est que ça se pratique sur la voie publique.
14:48Il faut aller en préfecture,
14:50il faut discuter avec les mairies.
14:52Vous doutez bien que quand on accepte une course cycliste,
14:55c'est aussi pour offrir un spectacle aux habitants, aux citoyens.
14:59Et on ne va pas commencer à les faire payer.
15:01Le problème du vélo, c'est que, historiquement,
15:03ça a toujours été comme ça.
15:05Et on ne peut pas commencer aujourd'hui à faire payer
15:07pour aller voir la montée de l'Alpe d'Huez.
15:10Parce que vous allez faire payer combien ?
15:13Un euro ?
15:13Ça ne va rien vous ramener.
15:15Vous allez faire payer 50 ou 100 euros
15:17comme pour un match de foot.
15:19Les gens ne vont pas venir.
15:20Donc, au final, je pense que ça ne va pas permettre
15:23de solutionner le problème.
15:26Les droits t'aider, alors ?
15:28Alors, les droits TV, aujourd'hui,
15:30ils appartiennent aux organisateurs.
15:31Je pense qu'il faut se mettre autour d'une table
15:34avec les organisateurs, discuter avec eux
15:36pour valoriser le produit vélo.
15:39Mais on ne va pas leur voler une partie des droits TV
15:41parce que ce sont quand même aussi les organisateurs
15:43qui travaillent et qui œuvrent
15:45pour que le spectacle ait lieu.
15:48Imaginez un seul instant que vous soyez organisateur,
15:51que vous avez travaillé,
15:52que vous avez valorisé un produit
15:54et que votre voisin, il vient vous dire,
15:55mais il va falloir que tu me donnes
15:56une petite pourcentage de ce que tu gagnes.
15:59Ça ne peut pas marcher.
16:01Donc, je pense qu'il y a eu une petite percée
16:06de ce qu'on a appelé one cycling.
16:08Moi, je n'ai plus du tout de nouvelles de one cycling.
16:09Je ne sais pas ce que ça fait.
16:11En tout cas, on sent qu'il faut faire quelque chose.
16:17Mais pour l'instant, on n'a pas trouvé la bonne formule.
16:20Pour revenir aussi au nombre de coureurs
16:23qui sont toujours à la recherche d'un contrat,
16:26je pense que ce qu'il faut prendre en considération,
16:29c'est que désormais, tous les coureurs ont un agent
16:32et le portefeuille des agents ne cesse de grandir chaque année.
16:36Sauf que, face à cette augmentation du portefeuille d'agents,
16:40il n'y a pas d'augmentation du nombre d'équipes.
16:43Au contraire, il y a des équipes qui ont disparu, malheureusement.
16:46Il y a des équipes qui ont des difficultés économiques,
16:48donc qui réduisent un peu la voilure au niveau de l'effectif.
16:51Donc, immanquablement, il y a des coureurs
16:54qui se retrouvent sur le bord de la route.
16:57À un moment donné, on ne peut pas augmenter le nombre de coureurs
17:00en sachant que l'UCI et le cyclisme n'ont à offrir que 400 places.
17:07Si vous avez 400 places et vous avez 500 postulants,
17:10ça va faire 100 personnes qui restent sur le bord de la route.
17:14Et si vous en avez 700, ça va en faire 300.
17:16Et on en est là aujourd'hui.
17:17Je pense qu'aujourd'hui, à un moment donné,
17:19il faut être bien conscient qu'on ne peut pas augmenter éternellement
17:23le nombre de coureurs proposés aux équipes
17:26parce qu'on a les coureurs actuels, les coureurs qualifiés,
17:30mais on a surtout, depuis quelques années,
17:33des coureurs qui sortent de chez les juniors
17:35et qui sont déjà proposés aux équipes.
17:38Donc, tout ça, ça augmente le nombre de coureurs proposés aux équipes.
17:43Alors, il y a une solution, c'était les équipes continentales
17:46puisque chaque grande équipe aujourd'hui a une équipe continentale.
17:49Donc, on peut essayer d'avoir 10, 12 coureurs dans l'équipe continentale,
17:54peut-être monter à 15 pour certaines équipes riches.
17:57Mais au final, c'est un budget qui n'est pas négligeable.
18:00Et je pense que ça reste un souci.
18:05Alors, aujourd'hui, la réalité économique fait qu'on voit que les jeunes coureurs
18:09qui arrivent sont sur le marché, ceux qui coûtent quand même le moins cher
18:12puisqu'ils n'ont pas encore fait leur preuve,
18:14ils n'ont pas encore d'aura médiatique, etc.
18:16Donc, par rapport à un coureur qui est expérimenté,
18:19qui a 5, 10, voire plus d'années de professionnalisme,
18:23c'est logique qu'une équipe, de temps en temps, puisse préférer un jeune
18:26qui sort de désespoir.
18:30Et je vous dis, des juniors, aujourd'hui, on sort des juniors
18:32et on a déjà des profils qui sont proposés.
18:35Sacréchanté, dont Cédric Vasseur pourrait peut-être s'occuper
18:39avec quelques fonctions à l'ECI.
18:42Non mais, voilà, on va revenir au sport.
18:46Parce que là, on va parler aux consultants, Cédric Vasseur,
18:48si je peux me permettre.
18:48Comme vous l'avez vu,
18:51si je puisse m'actuer un petit peu sur tous les fronts en ce moment,
18:54on est avec les équipes en stage et au Média D, etc.
18:58On reste français, Paul Sexens.
19:00Paul Sexens.
19:01Tout le monde en parle, tous les médias se l'arrachent.
19:06Sébastien Joli nous a dit qu'il ne le surprotégeait pas, etc.
19:09Qu'est-ce qu'il en pense, Cédric Vasseur ?
19:10Déjà, il doit faire le Tour de France 2026, oui ou non ?
19:14Je ne peux pas, je n'ai pas de conseils à lui donner.
19:17En tout cas, moi d'abord, je dois vous dire que je suis épaté.
19:20Franchement, je suis épaté par les résultats de Paul,
19:25par sa tranquillité lors des interviews aussi.
19:27Vous savez, ce n'est pas évident.
19:28Quand vous êtes lancé dans le grand bain,
19:30face à des monstres comme Pogacar,
19:32ils gardent un calme qui est incroyable.
19:36C'est la pépite du cyclisme français.
19:40Ça, c'est certain.
19:41Maintenant,
19:41on a tellement envie de voir un coureur succéder à Bernard Hinault
19:51au Tour de France,
19:53comme le tennis a envie de voir un successeur à Yannick Noah.
19:56Je pense que le tennis et le cyclisme,
19:58on est dans la même situation.
19:59C'est-à-dire que Yannick Noah et Bernard Hinault
20:01ont laissé la victoire quasiment en même temps.
20:05Et puis depuis, les Français échouent.
20:08Moi, je pense qu'avant de se focaliser sur le Tour de France,
20:12il faut passer par des étapes intermédiaires.
20:15Je ne vois pas un coureur briller sur le Tour de France
20:17sans avoir au préalable gagné le Criterium du Dauphiné,
20:20Paris-Nice,
20:22montrer des vraies choses sur des courses intermédiaires.
20:27Après, je n'ai pas de conseils à lui donner
20:29et je pense qu'il n'écoutera pas non plus mes conseils.
20:32Mais sincèrement, je pense qu'avec le recul,
20:35le Tour de France…
20:36Je lisais une interview de Cyril Guimard sur votre site.
20:41Je pense que Cyril disait
20:43« Si tu vas sur le Tour de France
20:44et que tu veux devenir un champion,
20:47tu dois y aller pour gagner.
20:48Tu ne dois pas y aller pour faire cinquième, dixième,
20:50pour le découvrir.
20:51Par contre, tu peux découvrir le Giro,
20:53tu peux découvrir la Vuelta,
20:55tu peux découvrir le Tour de Romandie,
20:58le Tour de Suisse,
20:59qui sont des épreuves difficiles,
21:01le Tour de Pologne, etc. »
21:03Donc, je pense que le mettre sur le Tour de France,
21:06c'est peut-être lui faire face à une pression
21:09qui peut être négative.
21:12Pour l'instant, il agère bien.
21:13Moi, j'ai été épaté au championnat du monde.
21:15Franchement, quand on a déjà disputé des championnats du monde,
21:18j'en ai fait sept quand même,
21:19donc je parle en connaissance de cause.
21:22C'est une course de folie,
21:23les championnats du monde.
21:24C'est dingue, du kilomètre zéro,
21:26ça roule à bloc.
21:27Quand on voit son âge,
21:29il vient à peine de passer chez les pros
21:30et il est déjà capable d'aller titiller
21:33les meilleurs mondiaux sur un circuit
21:35comme celui de Kigali.
21:37C'est formidable.
21:38Donc, il a le potentiel pour gagner le Tour de France.
21:40Ça, c'est certain.
21:41Maintenant, peut-être que ça sera dans 4 ou 5 ans.
21:44Donc, il ne faut pas essayer de le déstabiliser.
21:47Vous voyez, Arnaud Delis, cette année,
21:49il a connu une année particulière,
21:51c'est-à-dire qu'il a vraiment galéré.
21:52C'est une pépite, c'est un bon coureur.
21:56Et un bon coureur,
21:57quand il traverse une période difficile,
21:59il arrive toujours, à un moment donné,
22:00à retrouver le chemin de la victoire.
22:03Il a fait une fin de saison qui était époustouflante.
22:05Donc, je pense que Paul doit se préparer
22:08à faire face à des moments difficiles.
22:10C'est surtout ça, en fait.
22:11Son entourage doit le préparer en lui disant
22:14« ça ne va pas être un long fleuve tranquille.
22:17Tu es dans un milieu qui est difficile,
22:19qui est concurrentiel. »
22:21Honnêtement, si voulant,
22:22c'est Paul Seksas sur le Tour de France
22:24en 2026,
22:26il va se faire broyer par Pogacar.
22:28Évidemment.
22:30Évidemment, évidemment.
22:31Parce que Pogacar, aujourd'hui,
22:32il est sur une autre planète.
22:34On peut attendre qu'il soit en retraite, alors ?
22:36Alors, oui,
22:39ça serait bien qu'il parte en retraite.
22:41Mais non, non,
22:42je pense que Tadej Pogacar,
22:44aujourd'hui,
22:45il écrase le cyclisme.
22:48Je l'ai vu encore
22:48sur le Tour de Lombardie,
22:50sa dernière course cette saison.
22:52Bon, on ne peut pas rivaliser.
22:54On ne peut pas rivaliser.
22:55Donc, est-ce que c'est bien
22:56d'aller faire un podium
22:58sur le Tour de France ?
22:59Enfin, quand je parle de podium,
23:00déjà, il faut y aller
23:01parce qu'il y a Pogacar,
23:03il y a Wingegaard,
23:04il y en a plein d'autres
23:05qui poussent,
23:05Lipovic qui arrivent,
23:07etc., etc.
23:08Donc, honnêtement,
23:10je ne sais pas,
23:11mais en tout cas,
23:12c'est une chance
23:12pour l'équipe
23:14Décathlon,
23:15CMA,
23:16CGM,
23:17d'avoir
23:17le meilleur coureur français,
23:20celui qui a le potentiel
23:22le plus important.
23:23À eux de bien le gérer,
23:25je leur fais confiance.
23:26J'ai pas mal échangé
23:27ces dernières années
23:29avec Dominique Sierres.
23:31Je pense qu'il aura
23:33les moyens
23:33de le driver
23:35comme il faut.
23:37Il faut aussi entourer
23:38Paul d'une équipe
23:40capable de l'aider
23:41parce qu'on ne gagne pas
23:42le Tour de France tout seul.
23:43Attention,
23:43vous pouvez être
23:44le meilleur coureur du monde.
23:45C'est peut-être là
23:47que le bas blesse
23:47parce qu'à part Ricci Tello,
23:49il n'est pas beaucoup entouré
23:50quand même,
23:50c'est en montagne
23:51pour un grand tour.
23:52Et c'est le problème
23:54des structures françaises
23:55aujourd'hui,
23:56c'est que les meilleurs coureurs
23:57ont tendance
23:58à favoriser l'étranger.
24:00Aujourd'hui,
24:00malheureusement,
24:01c'est la réalité de terrain.
24:03On a Laporte,
24:04Zinglé
24:05qui sont chez Visma,
24:07Bike Elise,
24:08on a Julien
24:09qui est chez Tudor,
24:11etc.
24:12Et là,
24:12chez Ineos.
24:14Voilà,
24:15Axel Laurent
24:16chez Ineos aussi.
24:18Donc aujourd'hui,
24:19je pense qu'on doit essayer
24:21d'enlever ce complexe
24:23d'infériorité
24:24mais qui reste quand même réel.
24:27Il faut bien avouer
24:27contre un budget
24:28de 60 millions d'euros
24:30chez UAE
24:30et puis des budgets
24:32de 20-25 millions d'euros.
24:34Il n'y a pas match.
24:35Je pense que le mérite
24:37aujourd'hui
24:37de l'équipe
24:38Décathlon,
24:39CMA,
24:39CGM,
24:40c'est de porter
24:40à 40 millions
24:41à peu près
24:41le budget de l'équipe.
24:43c'est-à-dire que c'est
24:44quand même quelque chose
24:44de conséquent,
24:45ça donne des moyens
24:46mais derrière,
24:49il faut être capable
24:50d'attirer des coureurs
24:52comme Rafa Maïka
24:53parce que je pense
24:54que Pogacar
24:56doit une fière chandelle
24:57à Maïka,
24:59à toute son équipe
25:00qui lui prépare le terrain.
25:01C'est-à-dire que
25:02quand ils s'écartent tous,
25:03il n'a plus qu'à mettre
25:04la balle au fond.
25:05C'est facile à dire
25:06mais quand on s'appelle
25:07Pogacar,
25:07on est capable
25:08de le faire.
25:09Et je pense que ça,
25:10aujourd'hui,
25:11c'est la mission
25:12numéro une
25:12des structures
25:14qui veulent gagner
25:14le Tour de France.
25:15C'est-à-dire d'abord
25:16avoir le coureur
25:18capable de le faire
25:19et aujourd'hui,
25:20bon, face à Pogacar,
25:21ce n'est pas évident
25:22mais surtout
25:23d'avoir une équipe
25:24aguerrie
25:25et capable
25:27de supporter
25:28la pression
25:29pendant trois semaines.
25:30Ce n'est pas rien
25:31et la pression
25:32pendant trois semaines
25:33sur les routes du Giro,
25:34sur les routes de la Vuelta,
25:36ce n'est pas la pression
25:37pendant trois semaines
25:37sur les routes
25:38du Tour de France.
25:39Là, c'est vraiment
25:40quelque chose d'autre.
25:41Alors, on parle
25:42de Paul Sexas
25:42mais si je vous dis,
25:44Cédric,
25:45que quand on regarde
25:46sur le papier
25:47le niveau
25:49et le cyclisme français
25:50des coureurs,
25:51donc Paul Sexas,
25:52OK,
25:53Paul Magny en sprint,
25:54Leni Martinez en montagne,
25:55Romain Grégoire,
25:57ça pousse,
25:58en fait,
25:58on a l'impression
25:59qu'il y a une nouvelle mayonnaise
26:00qui est en train
26:01de se prendre,
26:01qui est en train de monter
26:02où tout pourrait exploser
26:04en 2026, non ?
26:05Absolument,
26:06et je pense que
26:07tous ces coureurs
26:08que vous citez
26:10sont jeunes.
26:11J'en ai oublié.
26:12Ouais,
26:13allez-y,
26:14moi,
26:14je n'ai pas fait ma liste.
26:15Kevin Vauclin,
26:16enfin,
26:16etc.
26:17Kevin Vauclin,
26:17oui.
26:18Dorian Vaudon,
26:19qui est champion de France,
26:19il ne faut pas oublier tout ça.
26:21On a des...
26:22Alors,
26:22le problème dans tous ces coureurs,
26:24c'est qu'ils sont pratiquement
26:25tous partis à l'étranger.
26:26Il n'y en a plus beaucoup en France.
26:27Romain Grégoire,
26:28ça doit être le dernier,
26:29je pense.
26:29Nicolas Prodom aussi,
26:30qui a marqué les esprits.
26:31Nicolas Prodom,
26:32qui a fait un bon en avant
26:34impressionnant cette année.
26:35Il m'a vraiment impressionné
26:37sur pas mal de courses,
26:39dont le Tour de l'un,
26:40même si je pense
26:41qu'il a perdu l'un
26:42face au duo
26:44Heutebrook
26:44et un autre coureur
26:46de Visma.
26:48Mais effectivement,
26:49on a un réservoir
26:52qui est énorme.
26:54Maintenant,
26:55il faut,
26:56je pense,
26:57se réjouir
26:58de cette richesse
27:00de noyaux,
27:02mais pas se dire
27:03si on ne gagne pas
27:04le Tour de France,
27:05on n'est pas bon
27:05parce que le Tour de France,
27:07ça appartient
27:07à une autre catégorie.
27:09On aura un vainqueur
27:11français du Tour,
27:12j'espère,
27:13dans les années qui viennent.
27:15Peut-être 2 ans,
27:165 ans,
27:1610 ans,
27:1720 ans,
27:17je ne sais pas.
27:18En tout cas,
27:18j'espère qu'on a
27:19encore un malin maintenant.
27:20J'espère,
27:21oui,
27:21mais ça va bien finir
27:21par arriver,
27:22tout finit par arriver.
27:25je pense quand même
27:26que,
27:27alors sur le papier,
27:28évidemment,
27:29on est d'accord,
27:29celui qui donne
27:30le plus de garanties
27:31aujourd'hui
27:32par rapport
27:32à ce qu'il vient de faire,
27:34par rapport au potentiel
27:35dont il dispose encore,
27:36c'est Paul Sexas,
27:37bien sûr.
27:38Mais le problème,
27:38c'est,
27:40il n'y a pas que nous
27:40qui voyons Paul Sexas.
27:42UAE voit Paul Sexas,
27:44Bora voit Paul Sexas,
27:45Ineos voit Paul Sexas,
27:47donc ça ne va pas être facile
27:48de le garder en France,
27:49il va falloir se battre,
27:51mais en tout cas,
27:53qu'il soit dans une équipe française
27:54ou étrangère,
27:55si un Français
27:55gagne le Tour de France,
27:56on est preneur,
27:57ça serait formidable,
27:58parce que ce qui est aussi important
28:00pour notre sport,
28:00on parlait de difficultés
28:01tout à l'heure,
28:02c'est d'avoir justement
28:03un Français
28:04qui renoue avec la victoire.
28:07C'est toujours plus valorisant
28:09pour les écoles de cyclisme,
28:10pour les clubs amateurs,
28:12d'avoir un Français
28:13sur la plus haute marche
28:15du podium
28:16sur les Champs-Elysées
28:17que d'avoir un coureur
28:18d'une autre nationalité.
28:19On est chauvins en France
28:21et on aimerait bien
28:22quand même
28:22avoir un Français
28:25qui aille chercher
28:26ce maillot jaune.
28:27Ça serait beau,
28:29mais la tâche
28:30est de plus en plus difficile,
28:31ça c'est certain.
28:32Au niveau de la fin,
28:34Cédric,
28:34merci pour cet entretien.
28:36Je me trompe,
28:36mais nous avons en face de nous,
28:40de moi,
28:41un Cédric Vasseur,
28:42je ne sais pas,
28:42soulagé, allégé,
28:43l'impression qu'une chape de plomb
28:46s'est enlevée.
28:46Je ne me trompe ou pas ?
28:47Je n'avais pas de chape de plomb,
28:49j'avais la pression du résultat.
28:51Vous savez,
28:51moi je suis un compétiteur
28:52en tant que coureur,
28:54en tant que consultant,
28:55en tant que manager,
28:56j'ai envie de le faire,
28:58j'avais envie
28:58de voir les coureurs briller,
29:01prendre du plaisir,
29:01parce que quand vous ne prenez pas de plaisir,
29:05quand vous ne gagnez pas,
29:06vous ne prenez pas de plaisir,
29:07enfin quand vous prenez des raclées
29:08sur toutes les courses,
29:09ce n'est pas malin,
29:10ce n'est pas marrant,
29:10vous arrivez dans le bus,
29:11tout le monde tire la gueule,
29:12ce n'est pas top.
29:14Donc non,
29:15je suis,
29:18comme je vous l'ai dit,
29:19je suis fier de ce qui s'est passé.
29:20Il reste des choses
29:22qui m'ont quand même blessé cette année,
29:24notamment le harcèlement médiatique
29:27dont j'ai été la victime
29:28à plusieurs reprises
29:30par certains titres,
29:31vous le savez,
29:31je pense qu'il y a eu
29:33une véritable campagne
29:34de dénigrement,
29:36de déstabilisation,
29:37bien orchestrée,
29:38je dois l'avouer,
29:38bien orchestrée,
29:40parce qu'en réalité,
29:41quand on est manager d'équipe,
29:42notre rôle,
29:43c'est d'essayer
29:44de pousser le coureur
29:45à avoir le meilleur résultat possible,
29:47et dans toutes les équipes,
29:48et je dis bien
29:48toutes les équipes,
29:50il y a des coureurs
29:51en fin de saison
29:51qui ne sont pas renouvelés,
29:52qui quittent le bateau,
29:53qui repartent,
29:55et on se focalise,
29:56on s'est focalisé
29:57sur Cédric Vasseur
29:58et sur Cofidis,
29:59donc ça,
30:00ça ne m'a pas vraiment...
30:01C'est qu'on voulait
30:02votre tête ou quoi ?
30:03Comment ?
30:04On voulait votre tête ou quoi ?
30:05Je ne sais pas,
30:06c'est à vous de juger,
30:08mais en tout cas,
30:08aujourd'hui,
30:09je n'ai plus à faire face
30:10à ce genre de choses,
30:11et effectivement,
30:13c'est quand même
30:14bien plus agréable
30:15pour moi,
30:16pour ma famille,
30:16surtout pour mes proches,
30:18parce que quand vous êtes
30:19victime de harcèlement
30:21de cette façon,
30:23ce n'est quand même
30:23pas facile à gérer,
30:26et ça ne vous donne pas
30:28envie non plus
30:29de continuer.
30:30Je veux dire,
30:30comme je vous l'ai dit
30:31tout à l'heure,
30:32la vie est courte,
30:33il faut en profiter,
30:34et il vaut mieux passer
30:35son temps avec des personnes
30:37agréables qui vous aiment
30:39plutôt que des personnes
30:40désagréables qui n'ont
30:41qu'une envie,
30:41c'est de vous mettre
30:42des pots de bananes
30:43sur votre chemin.
30:45Merci Cédric.
30:46Par contre,
30:47si vous reprenez du service,
30:48vous nous tenez au cours
30:48en 2026.
30:49Oui,
30:50alors ça ne sera pas
30:50la semaine prochaine.
30:51Je ne ferai pas comme
30:53Stéphane Lelot.
30:54Non,
30:54mais bien sûr,
30:55vous aurez une place
30:57privilégiée.
30:59On le sait,
31:00on garde de bons contacts.
31:01En tout cas,
31:02je vous souhaite
31:02de joyeuses fêtes
31:04de fin d'année
31:04ainsi qu'à tous les amoureux
31:06de vélo et de Cyclisme Actu.
31:08Merci Cédric,
31:09c'est très gentil.
31:09A très vite.
31:10A très vite.
31:11Bye bye.
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