- il y a 3 mois
Vainqueur d'étape sur le Tour de France, Cyril Saugrain est ensuite devenu commentateur sur la RTBF avant de se lancer dans un nouveau défi cette année et de devenir manager général de l'équipe Van Rysel-Roubaix. Si les résultats sportifs de cette saison n'ont pas été à la hauteur des espérances, le patron de l'équipe française a une vision à long terme et des rêves de Paris-Roubaix plein la tête. Au micro de Cyclism'Actu, il partage son projet et sa vision du cyclisme mondial.
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00:00Bonjour Cyril, bienvenue sur Cyclisme Actu, ça fait presque un an je crois, si je dis
00:09pas de bêtises, qu'on ne vous a pas eu.
00:11Bon déjà, on va prendre de vos nouvelles, comment ça va et quelles sont un peu les
00:17news de votre côté ?
00:18Ça va bien, comme tu le dis, ça fait à peu près un an qu'on ne s'est pas eu, je
00:24pense qu'à ce moment-là de l'année, on était dans des prémices, des discussions
00:29que je pouvais avoir pour arriver sur ce poste de manager général du Véloclub de Roubaix
00:34et de l'équipe Van Riesel Roubaix et voilà, les choses se sont concrétisées, tout a
00:39évolué dans le bon sens, donc depuis le 1er mars 2025, je suis sur ce poste de manager
00:44général du Véloclub de Roubaix et de l'équipe Van Riesel Roubaix et j'en apprends tous
00:51les jours, ça faisait 20 ans que j'avais quitté le monde du cyclisme professionnel au
00:57sein d'une équipe et 22 ans même exactement et j'ai pu découvrir une grande boîte quand
01:04j'ai bossé chez Decathlon, plus de 20 ans et là, je vis une nouvelle expérience et
01:10à 52 ans, c'était peut-être la belle opportunité et je suis juste hyper ravi de vivre ce moment,
01:18ce nouveau projet dans une carrière, c'est chouette, enrichissant puisque le Véloclub de Roubaix
01:24reste une association et au sein de cette association, il y a aussi une équipe cycliste
01:29professionnelle, donc c'est juste extra.
01:33Justement, cette première année en tant que patron de ce Véloclub de Roubaix et de l'équipe
01:40Van Riesel Roubaix, comment c'était en termes sportifs ? Est-ce que c'était une année réussie ?
01:48Non, il faut être transparent, on a su débriefer avec Daniel, Daniel Verbrakel qui était
01:54au commande du poste, il était manager général, on s'est répartis les rôles cette saison
02:00puisque moi je suis arrivé, je découvre un métier, je découvre un nouvel emploi, donc on
02:04a travaillé ce qu'on va appeler dans un mode de passation, donc j'étais, si on reprend
02:09des termes cyclistes dans la route, Daniel, pour apprendre.
02:13Et puis, bien évidemment, moi sportivant, je suis allé un petit peu à la rencontre
02:19de l'équipe et de Arnaud Molny qui gère cette équipe de bien belle manière.
02:25On n'a pas eu l'année avec les résultats sportifs que l'on pouvait espérer, on est
02:31sortis d'une année 2024 qui était extraordinaire, c'est toujours difficile de recouper une très
02:35belle année, avec les résultats de Samuel Leroux, une belle présence de l'équipe sur
02:40les différents objectifs.
02:42Cette année, ça n'a pas forcément souri, il faut relater qu'on a quand même eu pas
02:45mal de pépins qui sont des pépins auxquels on ne s'attendait pas.
02:49On avait quand même un Valentin Taveillon qui arrivait très fort, qui a fait deuxième
02:54au Grand Prix de Villers et puis tout s'est arrêté d'un seul coup avec Valentin, avec ce
02:58problème de flébite, problème de rencontrer au niveau de la jambe.
03:01On a récupéré Valentin courant en fin août, début septembre.
03:07Après, on a des coureurs d'expérience comme Emmanuel Borin qui ont rencontré aussi
03:11beaucoup de soucis et du coup, forcément, c'est toujours compliqué.
03:16On salue toujours l'attitude très offensive de l'équipe avec Kevin Abouane, avec bien
03:21évidemment Maximilian Jarmé et surtout Kenny Moly qui a marqué de son empreinte une fois
03:27de plus aux avant-postes. Je crois que même qu'il finit dans les cinq premiers des coureurs
03:33ayant réalisé le plus de kilomètres en échappé.
03:37Alors, ça ne peut pas être un objectif en soi, mais il faut relater que c'est de la visibilité
03:42et ça se prend. Et je félicite Kenny pour ça, puisque outre ça, il a même remporté
03:46un maillot de meilleur grimpeur en fin de saison.
03:49Donc, voilà. Donc, bien évidemment, on en attend toujours plus, mais ça nous permet
03:53d'appréhender là où on a pensé avoir des faiblesses l'année passée pour construire
03:58au mieux l'effectif 2026.
04:02Et justement, là, vous faites une passe décisive 2026.
04:06Qu'est-ce qu'on attend de cette année 2026, de côté de Van Riesel Roubaix ?
04:12On attend déjà de donner, commencer à donner forme à ce projet, puisqu'on a un projet
04:18qui est parti jusque 2029 maintenant avec notre partenaire Van Riesel.
04:24On structure des choses et bien évidemment, avec ce nouveau recrutement, on a renforcé
04:29la partie qui doit nous permettre d'être présents dans les arrivées massives, ce qui est
04:34quand même une grande majorité du cas, des arrivées chez les pros.
04:38Donc, on avait perdu des hommes qui allaient vite.
04:40Donc, on est allé chercher des hommes qui vont vite.
04:42On va garder cette identité offensive.
04:46On va marteler cette identité flandrienne, homme du Nord.
04:51Dans nos recrutements, on n'est pas allé chercher de grimpeur.
04:54Alors, on sera certes peut-être en difficulté sur certaines épreuves, mais on veut être
04:58en mesure de briller dans toutes les épreuves flandriennes, nordistes, auxquelles
05:01on va prendre part.
05:02Et on espère avoir fait le bon recrutement.
05:04Donc, comme toutes les équipes, on a des objectifs.
05:07On veut gagner des courses.
05:08On veut briller sur les Coupes de France parce que ça va être notre objectif.
05:12On veut briller sur les courses du Nord et en l'occurrence les quatre jours de Dunkerque
05:16qui reste l'objectif majeur de la saison.
05:19Et puis, commencer à cranter vers l'objectif qui c'est de pouvoir passer en Conti Pro la
05:26saison prochaine.
05:27Vous le direz, Cyril, ça ne dépend pas que des résultats.
05:29Vous avez bien raison, ça dépend aussi et surtout du budget.
05:32Donc, ça, c'est mon boulot.
05:34C'est le boulot qu'on va s'atteler à faire du côté du staff et du côté de toute la
05:38partie marketing.
05:41Et justement, ce passage en Pro Team ou en Conti Pro, vous m'avez compris.
05:46Oui, Conti Pro, exactement.
05:47Justement, par quoi ça passe d'un point de vue administratif ? Parce que les gens qui
05:54regardent forcément le vélo ne le savent pas forcément.
06:00Quels sont un peu les prérequis pour accéder à cette deuxième division mondiale ?
06:05Je dirais que le prérequis numéro un, c'est d'écrire un projet.
06:07On ne monte pas pour le plaisir de monter, on doit monter pour atteindre un objectif.
06:12Nous, on s'est donné un objectif à 4 ans et pour atteindre cet objectif à 4 ans, il
06:17faut absolument qu'on aille dans ce projet Conti Pro parce que ça va nous ouvrir les
06:21droits à l'atteinte de notre objectif qui va être de participer au Paris-Roubaix
06:25d'ici 4 ans avec bien évidemment l'objectif, quand on prend le départ d'une course, ça
06:29doit rester notre seul objectif, c'est de le gagner.
06:32Vous me direz, gagner Paris-Roubaix, ce n'est pas simple.
06:34Non, c'est loin d'être simple, mais si on ne se met pas d'objectif, on a encore plus
06:38de chances de ne pas réussir.
06:40Donc, on a un objectif, c'est de prendre le départ de Paris-Roubaix dans les 4 ans
06:43et une fois qu'on sera au départ de Paris-Roubaix, je dirai à mes coureurs, et ils le savent
06:48déjà, quand on prend le départ d'une course, on a la chance de pouvoir la gagner.
06:54Est-ce qu'on va la gagner ? C'est une autre question, mais bien évidemment, quand on
06:57est au départ, on a au moins une opportunité de prendre le départ et peut-être la gagner.
07:00Donc ça, c'est notre objectif.
07:01Donc, une fois qu'on a tissé cet objectif qui est orienté, qui est cadré autour de
07:10ce projet, l'idée maintenant, c'est de construire l'avenir avec le staff qu'on a fait grandir
07:16cette année.
07:17J'ai le plaisir d'accueillir en tant qu'entraîneur Maxime Frémeau.
07:21On n'avait pas d'entraîneur au sein du Vélo-Club de Roubaix, on va avoir un entraîneur
07:24qui va chapeauter tous les entraînements, pas forcément tous les coureurs, puisque Maxime
07:29va avoir cette responsabilité de chapeauter le pôle performance.
07:32Et donc, les entraîneurs qui ont souhaité continuer avec leur entraîneur, on ne casse
07:36pas un binôme qui fonctionne.
07:38Donc, on va garder cette fonction de travailler.
07:40Maxime aura le devoir de faire et de chapeauter.
07:45Lui, il travaillera en triptyque, alors qu'avec d'autres coureurs, il va travailler en duo.
07:49Je dirais même toujours à trois, puisque Arnaud Molmy, qui est le manager sportif du projet,
07:54lui, Arnaud, va continuer d'avoir un œil très précis sur ce que font les coureurs
07:59et comment on les emmène à atteindre nos objectifs.
08:04Alors, je te dis que…
08:06Oui, j'allais dire, je te précise, c'est qu'on parle d'un projet et le projet ne concerne
08:10pas que les coureurs.
08:11Puisqu'on est sur un projet à quatre ans, il faut toujours voir au-delà des quatre
08:15ans et se dire qu'on construit ce projet pour qu'il continue de durer.
08:19Et l'objectif, un des objectifs second qu'on s'est mis dans le projet, c'est que demain,
08:2450% de notre structure, ça sera peut-être 35, mais l'objectif serait que 50% de notre
08:28structure, on puisse la nourrir avec des jeunes qui sont issus des Hauts-de-France et d'autres
08:33qui sont issus du projet académique.
08:36Je dis ça, ça veut dire quoi, projet académique ? Ça veut dire que demain, on pourrait
08:39très bien avoir un jeune qui est issu d'une autre région, mais qui, pour des raisons
08:42de projet, qui aime les classiques, rejoigne un jour un club des Hauts-de-France, pas forcément
08:47le vélo club de Roubaix.
08:48Et comme on veut monter une structure, demain, UCI, dans l'esprit de ce qui est fait aujourd'hui
08:53par le Groupama LDJ, un regroupement de coureurs, sauf que nous, on s'interdit d'aller
08:58chercher ailleurs que dans les coureurs qui sont dans un club des Hauts-de-France.
09:02Et on veut commencer à devenir une équipe qui va être référente pour préparer
09:06les classiques et ce qui fait qu'on va nourrir notre bivier pour les
09:09années futures pour ces projets autour des classiques.
09:12Et bien évidemment, tu l'as compris, du Paris-Roubaix.
09:15Bonne précision à apporter.
09:18Maintenant, on va un peu dézoomer de votre équipe Van Riesel-Roubaix, parler un peu
09:22du cyclisme mondial.
09:24On sait que vous avez été coureur, que vous avez été consultant pour nos confrères
09:27de la RTBF.
09:28Je reste consultant, d'ailleurs.
09:30Oui, c'est vrai.
09:31Donc, vous avez aussi une vision globale du cyclisme.
09:39Un petit récap sur la saison 2025, qui a été archi-dominée par Tadej Pogacar et
09:46même plus en général par son équipe Ultimate Emirates.
09:51Quelle est un peu votre analyse de cette saison globale, cette saison 2025 ?
09:55Je dirais, si on regarde le côté positif, et c'est comme ça qu'il faut déjà le
10:00voir, c'est qu'on a la chance aussi d'avoir un cyclisme qui a changé.
10:04C'est-à-dire qu'on a un cyclisme offensif alors qu'on sort de quelques années.
10:08Mais ça fait quelques années qu'on est arrivé sur ce cyclisme offensif.
10:11Moi, je me réjouis de voir ça.
10:12Mais on a eu des quelques années auparavant, pour avoir commenté quelques tours et autres,
10:17d'un cyclisme qui était, je ne vais pas dire défensif, mais où on travaillait,
10:21on emmenait les leaders, on essayait tout cadenasser pour avoir une course qui était
10:27à peu près contrôlée.
10:28Là, elle l'est, mais on a quand même la chance d'avoir des Mathieu Van Der Poel,
10:32des Bernhardt, des Pogacar, des Pitcock et autres qui sont des dynamiteurs de peloton
10:37et qui n'hésitent pas à prendre des initiatives.
10:39Donc ça, c'est quand même le vrai côté positif.
10:42Et on a, je pense que je parle pour les plus anciens, c'est de se dire qu'on a aussi
10:47la chance de vivre à l'émergence, en tous les cas maintenant l'éclosion est au plus
10:53haut niveau, d'un champion intergénérationnel.
10:57C'est-à-dire qu'on a des champions qui ont marqué leur époque, leurs 5 ans, 10 ans,
11:0115 ans, des coureurs qui ont été très forts.
11:03Mais là, on est quand même en train de vivre avec ce Pogacar, un mec qui est en train
11:07de se dire, OK, est-ce que je postule aux meilleurs cyclistes du monde ?
11:12Parce qu'on arrive quand même avec des palmarès qui commencent à ne plus être égalés
11:17que par celui qui reste le maître ou ceux qui s'en rapprochent, des Inno ou des Merckx.
11:24Donc, je dis, il faut quand même se voir ce bon côté qui est fort.
11:31C'est qu'on vit quand même un truc extraordinaire avec Pogacar.
11:36Justement, on a eu Thomas Vauclair il y a quelques jours qui nous disait,
11:39oui, alors Pogacar, c'est exceptionnel, c'est magnifique ce qu'il fait.
11:45Mais d'un autre côté, c'est ennuyant parce que les coups sont pliés à 80 km de l'arrivée.
11:51Est-ce que vous rejoignez un peu son analyse ?
11:53Je rejoins à 100 % l'analyse de Thomas sur ce point-là parce que ce qui est dommage,
11:59c'est qu'on vit des grands moments, mais rappelez-vous, des épopées où Merckx partait
12:03tout seul à 100 km, il y en a eu un paquet aussi.
12:05Il n'y avait pas autant de télé, on ne s'en rendait pas compte.
12:07Donc, c'était retranscrit par la radio.
12:09Attention, la radio, des fois, amène aussi plus de force dans les propos
12:13parce qu'on n'a pas l'image.
12:15Donc, l'époque de Merckx était extraordinaire.
12:17Hino a fait aussi des longues chevauchées.
12:19Là, on a quelqu'un qui fait des chevauchées, mais je rejoins Thomas.
12:22Forcément, quand on regarde les championnats du monde,
12:24quand on regarde les championnats d'Europe, des fois, ça tue un peu la course.
12:27Il y avait, en tous les cas, même pour ma part, parce que je suis français
12:30et que derrière, il n'y avait pas le sexas,
12:32mais le duel post-sexas derrière, il était juste extraordinaire.
12:36On était dans des moments forts de vélo.
12:38C'est vrai que devant, il y avait une autre course avec ce mec
12:40qui était devant, qui se baladait tout seul devant,
12:42qui a un petit peu dominé.
12:43Donc ça, c'est vraiment dommageable,
12:47mais on a un mec qui domine.
12:51On ne va pas non plus se dire que ce n'est pas bien.
12:56Je pense qu'il faut trouver le bon côté des choses.
12:59Après, il y a des réflexions, à mon avis, qui se doivent peut-être mener.
13:01Et ça fait quelques années qu'on a évoqué ce sujet-là à la RTBF,
13:06comme vous l'évoquiez.
13:08Le cyclisme a changé.
13:10Est-ce qu'on doit encore garder des équipes aussi et aussi fortement constituées ?
13:15C'est-à-dire qu'est-ce qu'on doit rester encore à 8, 7 ou 8,
13:18je ne sais plus exactement, je l'ai oublié, dans un grand tour ?
13:21Est-ce qu'on ne doit malheureusement pas, pour le bien du vélo,
13:24pour le bien du vélo, pas pour empêcher quelqu'un de gagner,
13:26et pour le bien du vélo, avoir des courses qui sont moins cadenassées
13:31parce que les équipes sont tellement fortes aujourd'hui.
13:33Donc, il faut réduire le nombre de coureurs
13:35pour redonner un petit peu de mobilité et un petit peu de spectacle.
13:38Preuve en est, quand on fait des Jeux Olympiques,
13:40quand on fait des courses comme ça,
13:41où on a des équipes qui sont constituées qu'avec 3, 4, 5 coureurs,
13:45on a forcément plus de mouvements,
13:46ce qui n'empêche pas les meilleurs de gagner.
13:48Alors, on dirait, quand Pogacar met un sac,
13:51ils peuvent être 5 ou 6 derrière, c'est la même chose.
13:53Donc, quand on a un bon, on ne va pas non plus l'empêcher,
13:57on ne va pas lui freiner le vélo,
13:58on ne va pas lui dire, écoute, Titi, toi, tu vas rouler avec un 52-11,
14:02quand les Jeunes vont rouler 54-11,
14:03et puis on va voir si ça marche.
14:05Non, ça fait partie du jeu.
14:07Oui.
14:08Justement, on a beaucoup évoqué ce sujet
14:10dans les dernières semaines,
14:13les derniers mois en général.
14:15Une santé, la santé du cyclisme mondial
14:18qui interroge, on a deux équipes,
14:21enfin, une équipe Arkea-BNB Hôtel qui disparaît,
14:23on a l'équipe Loto et l'équipe Intermarché
14:27qui, bon, alors, il n'y a encore rien d'officiel,
14:30c'est très,
14:31enfin, il y a beaucoup de mouvements en coulisses
14:33de ce qu'on comprend,
14:34mais qui devraient fusionner.
14:36Donc, ça fait deux équipes de top niveau
14:37qui disparaissent,
14:38donc 60 coureurs sur le carreau,
14:40le staff et compagnie.
14:42Donc, ça pose énormément de problèmes,
14:44on va dire,
14:45dans ce cyclisme mondial d'aujourd'hui.
14:47Est-ce que vous êtes un peu inquiet
14:49pour la santé du cyclisme mondial en général
14:52quand on voit qu'il y a deux grosses équipes
14:53comme ça qui disparaissent ?
14:55Moi, je suis inquiet pour la santé du cyclisme
14:57chez les amateurs et chez les jeunes.
15:00Je ne suis pas inquiet du cyclisme chez les pros.
15:02Le budget du AE,
15:03il n'est jamais à challenger.
15:05Moi, tous les matins,
15:06quand on arrive ici au club
15:07et le travail qu'a pu faire
15:08Denis Verbrakel pendant des années,
15:10c'est de boucler des budgets.
15:11Et en fait, c'est problématique
15:12pour les petites équipes comme nous.
15:15Boucler des budgets, c'est compliqué.
15:16Boucler des budgets pour les N1,
15:18c'est compliqué.
15:19On est en train de restructurer
15:20le cyclisme chez les juniors.
15:21On est en train de dupliquer
15:23ce qu'on a fait il y a quelques années
15:24qui a mis à défaut et mis en difficulté
15:27le cyclisme amateur des nationaux,
15:29le National 1 par exemple.
15:30On est en train de se dire
15:31OK, on va voir si ça marche mieux
15:33si on le fait chez les juniors.
15:34Mais en fait, en faisant la même action
15:36qu'il y a X années chez les amateurs
15:37et qui a mis le cyclisme amateur
15:39des fois en difficulté,
15:41j'imagine bien que si on le descend
15:42chez les juniors,
15:43on va mettre en difficulté ce projet.
15:46Les juniors, ça doit être encore des jeunes
15:47qui sont certes à l'école.
15:49Je pense qu'il ne faut pas les mener trop vite
15:50vers un monde professionnel
15:51parce que le problème,
15:54c'est qu'à un moment,
15:55on va avoir des jeunes
15:57qui vont avoir 19, 20, 21 ans.
16:01C'est donc espoir 1, espoir 2.
16:0319, c'est espoir 1, espoir 2.
16:07Il y a des gamins qui en fait se disent
16:10je ne passe pas dans la World Tour,
16:12je suis dans la Conti,
16:13mais je ne passe pas dans la World Tour.
16:14Ma carrière est terminée.
16:1619, 21 ans.
16:18Pas normal.
16:19Pas normal cette affaire.
16:21Ce n'est pas parce que tu ne passes pas pro
16:23à 19 ans dans une World Tour
16:25que ta carrière est terminée.
16:27Tu peux très bien passer par une Conti,
16:29tu peux passer par une Conti pro,
16:31mais tu peux passer par une Conti,
16:32puis une Conti pro,
16:33puis à 25 ans être encore plus mature
16:35et passer dans une nouvelle World Tour.
16:37Une carrière, ce n'est pas à 19 ans
16:38qu'elle se fait.
16:39Et moi, j'entends trop de jeunes
16:40qui aujourd'hui se disent
16:42que s'ils ne sont pas dans une Conti,
16:43c'est terminé.
16:44Mais dans leur esprit,
16:45c'est la réalité,
16:46parce que le cyclisme,
16:47on est en train de le structurer comme ça.
16:49Mais dans leur évolution,
16:50un bon junior qui sort des juniors,
16:54il peut aller dans une N1.
16:56Idéalement, c'est là qu'il devrait aller
16:57pour apprendre son métier.
16:59S'il est super excellent,
17:00si c'est un pur champion,
17:02comme on en a quelques-uns quand même,
17:04qu'il aille dans une Conti pro
17:05pour apprendre son métier, oui.
17:07Mais je pense qu'il y a trop de personnes
17:09à qui on dit à 21 ans,
17:10écoute, désolé,
17:11tu ne passeras pas dans la World Tour.
17:12Et le gamin, en fait,
17:13il n'imagine même pas
17:14qu'il peut retourner dans une Conti
17:15et qu'en fait,
17:17il est dans la suite logique de sa carrière.
17:19Non, retourner dans une Conti,
17:21je vais prendre un exemple,
17:23un jeune qui serait chez Decathlon AG2R
17:25aujourd'hui dans la Dévo.
17:27Fin de sa deuxième année,
17:29tu lui dis, écoute,
17:29tu ne vas pas passer dans la World Tour.
17:32Dans son esprit,
17:33venir à Van Riesel Roubaix,
17:36alors qu'on est sur le même statut,
17:38le même niveau,
17:39c'est une régression.
17:42Et comme je n'ai pas le même budget,
17:44je ne vais pas lui donner
17:45la même prestation.
17:46Prestation visuelle.
17:48Pour autant, l'accompagnement,
17:49on va avoir les entraîneurs,
17:50on va lui mettre un pôle performance à dispo.
17:53Et dans l'esprit de ces jeunes,
17:55il y a une sorte de retour en arrière,
17:57alors qu'on n'est pas du tout
17:58dans du retour en arrière,
18:00on est dans du transversal
18:02vers une nouvelle équipe
18:03qui doit peut-être lui donner
18:05même plus d'opportunités
18:07de montrer son talent
18:09dans des Coupes de France,
18:11dans des ceci,
18:12dans des cela,
18:12pour demain repasser
18:14dans une Conti Pro,
18:15puis peut-être après revenir
18:17dans une World Tour
18:17avec un vrai projet.
18:19On va mener un projet,
18:22moi je fais confiance
18:23et on a décidé de faire confiance
18:24à Antoine Rogel,
18:27un coureur qui a expérimenté,
18:29qui a vécu la malchance
18:31avec deux opérations
18:32d'Arpère Iliac,
18:33qui a réchandu chez les amateurs,
18:35qui a fait une superbe année
18:36à Beaujolais,
18:38l'année dernière,
18:39à Villefranche-Sous-Beaujolais.
18:42Et du coup,
18:43Antoine,
18:44pour l'avoir connu
18:44dans la Between U19 Racing Team
18:46en junior,
18:47quand il était devenu
18:48champion de France,
18:49on était resté
18:50pas en contact régulier,
18:52mais je suivais son évolution.
18:54Et c'est vrai que je me suis dit
18:55mais ce n'est pas normal
18:55que ce gamin,
18:56avec les qualités qu'il a,
18:58on ne lui redonne pas sa chance.
18:59Il a refait une belle saison,
19:00revenir après deux Arpère Iliac,
19:02ce n'est pas évident.
19:03Et donc,
19:04une carrière,
19:05ça ne peut pas s'arrêter
19:06à 21-22 ans.
19:08Ça ne peut pas,
19:08j'ai un coup lu
19:09une interview
19:10d'un jeune coureur
19:11qui était dans une
19:12Dévo Junior,
19:14dans une équipe Junior UCI,
19:15connue,
19:18qui disait
19:18« mes meilleures années
19:20sont peut-être derrière moi ».
19:22En junior,
19:23ce n'est pas possible
19:24de dire ça.
19:26Il a un des coureurs
19:28les plus talentueux
19:29de sa génération.
19:30On ne peut pas entendre
19:31ces propos-là
19:31dans la bouche
19:32d'un gamin comme ça.
19:33C'est un gamin
19:34qui doit encore évoluer.
19:35Peut-être que ça doit
19:36prendre un peu de temps.
19:37Peut-être qu'il est arrivé
19:37très vite
19:38à du très haut niveau
19:38et on lui a vendu du rêve.
19:41Mais outre les qualités physiques,
19:43il faut faire grandir
19:44en maturité
19:45ces coureurs.
19:46Il faut les accompagner.
19:47On ne peut pas dire
19:47à 21 ans un gamin
19:48« mais écoute,
19:49je ne te prends pas
19:49dans la Dévo parce que ça… »
19:51Et lui,
19:52dans son esprit,
19:53c'est quasi terminé.
19:54Il faut qu'on rassure
19:55les gamins
19:55pour leur dire
19:55qu'à 21, 22, 23, 24 ans,
19:57ce n'est pas grave.
19:59On peut encore passer pro
20:00et faire de belles choses.
20:02Et heureusement
20:03qu'il y a des équipes,
20:04je vais prendre l'exemple
20:05de Van Riesel-Roubaix,
20:06qui sont là
20:07pour abréhender
20:07ces projets-là
20:08parce que sans
20:09des projets comme ça,
20:11on aurait probablement
20:12loupé des coureurs.
20:13Et n'oubliez pas
20:14qu'un coureur
20:16comme Samuel Leroux,
20:19qui a quand même
20:20gagné le poids
20:20tout cette année,
20:21qui réalise
20:21de très belles choses,
20:23si on avait été
20:24dans le monde actuel
20:27du vélo,
20:28n'étant peut-être pas
20:29parmi les meilleurs
20:30juniors français,
20:31n'aurait peut-être pas
20:31été dans une dévot,
20:33n'aurait peut-être pas
20:33eu ce cursus-là
20:34et ne serait peut-être
20:35pas aujourd'hui
20:35en train de nourrir
20:36les belles années
20:37aussi de Total
20:37parce qu'ils réalisent
20:38de belles choses
20:39et c'est des coureurs
20:39qui ont du talent,
20:40qui ont des choses
20:41à apporter au vélo.
20:42Donc en fait,
20:42quand tu me demandes
20:43est-ce que la santé
20:44du vélo est bonne,
20:45en fait,
20:45je n'ai pas d'inquiétude
20:46pour tout ce qui se passe
20:47là-haut,
20:48les budgets,
20:48on parlait de 20 millions
20:50il y a quelques années,
20:51maintenant,
20:52pour une bonne peau de tour,
20:53c'est 45, 50, 60 millions,
20:55on ne sait même pas
20:56le budget du AE,
20:56en fait,
20:57le budget du AE,
20:57il n'existe pas,
20:59le budget,
20:59ils écrivent ce qu'ils ont,
21:01il est sans plafond.
21:04Donc,
21:05pour eux,
21:07et c'est bien
21:07qu'il y ait de l'argent
21:08dans le vélo,
21:08je ne dis pas le contraire,
21:09c'est bien qu'il y ait
21:10de l'argent dans le vélo,
21:11mais il faut aussi se dire
21:12comment cet argent-là
21:13peut nourrir la base
21:14pour que tout le monde
21:15puisse vivre
21:16et les premiers
21:17qui doivent vivre
21:18ce sont les clubs.
21:20Sans les clubs,
21:21les gamins ne commencent pas
21:22le vélo.
21:23Le constat que je vais faire,
21:25là,
21:25maintenant,
21:25ça va faire un an,
21:27on m'a toujours parlé
21:28d'un sport populaire,
21:30c'est le vélo,
21:31c'est un sport populaire,
21:33mais il n'est pas accessible.
21:34Commencer le vélo,
21:35ça coûte une blinde.
21:36Vous pouvez le savoir,
21:37je m'en rends encore plus compte
21:38aujourd'hui,
21:39c'est 70 enfants
21:40dans l'école de vélo
21:41du Vélo Club de Roubaix.
21:43Eh bien,
21:44il faut rendre accessible le vélo,
21:46donc on va essayer
21:46d'accompagner tout ça,
21:47il faut qu'on continue
21:48d'avoir 70 gamins
21:49dans les écoles de vélo
21:50et je veux qu'il y ait
21:51des gamins
21:52dans toutes les écoles de vélo.
21:53On va remettre,
21:54nous,
21:54sur pied,
21:54ce qu'on appelle
21:55des esprits
21:56de mercredi populaire.
21:57On a un outil extraordinaire,
21:59on a le Vélodrome de Roubaix,
22:00tous les mercredis
22:01qui est à disposition des coureurs.
22:03Les tout petits,
22:04aller sur la route,
22:04c'est compliqué.
22:05On les fait travailler
22:05ici au Vélodrome de Roubaix,
22:07mais en fait,
22:07on doit ouvrir ça
22:08à tous les clubs
22:09qui sont frontaliers,
22:10tous les clubs
22:11qui sont à côté de nous,
22:12qui ont des enfants,
22:135,
22:146,
22:14voire 10 gamins
22:14et qui des fois
22:15ont des difficultés
22:16de les emmener sur la route.
22:17Venez au Véloclub de Roubaix,
22:19pas dans le club,
22:20venez sur la structure,
22:21vous allez travailler
22:22avec vos enfants,
22:23avec vos écoles de vélo
22:24dans un endroit
22:25qui est sécurisé.
22:26En fait,
22:26c'est ça qu'il faut
22:27qu'on arrive à construire,
22:28c'est sécuriser la base,
22:29faire grandir
22:29les écoles de vélo,
22:31permettre aux juniors
22:31de grandir dans leur club,
22:33arrêter de vouloir
22:34tous les délocaliser
22:35dans des structures de dingue
22:36parce qu'en fait,
22:38les clubs ont besoin de ça.
22:39Quand tu as un bon junior,
22:40tu as envie de devoir grandir
22:43et pour le coup,
22:45c'est quand même,
22:45nous on a la chance
22:46d'avoir au Véloclub de Roubaix
22:47Jules Lefebvre,
22:49c'est quand même super
22:50d'avoir un gamin comme ça
22:51parce que ce gamin-là,
22:52il va grandir,
22:53il va peut nous apporter des choses.
22:54N'oublions pas
22:55que le Véloclub de Roubaix
22:56a formé Antoine Lotte.
22:58Donc,
22:58il y a des choses
22:59qu'il faut ne pas oublier
23:01et que ce sont bien
23:02les structures de base,
23:03les clubs,
23:04les départements
23:05et les régions
23:06qui font grandir les coureurs.
23:07Il ne faut pas les emmener
23:07trop vite dans le monde pro
23:08et c'est là que moi,
23:09je trouve qu'il y a un danger.
23:11Pour là-haut,
23:12ne vous inquiétez pas,
23:12les budgets sont tellement
23:13assez grands
23:13qu'ils trouvent toujours
23:14des arrangements,
23:15des solutions
23:16et on doit arriver
23:17à bien cadenasser ça
23:19pour que les coureurs
23:20aient le temps d'évoluer
23:21et le temps de grandir.
23:22Alors,
23:22vous me direz,
23:23ouais,
23:23mais les équipes,
23:24les détectent aujourd'hui,
23:25les équipes,
23:25les détectent à la sortie de Calais.
23:27En Calais,
23:28on vient déjà chercher des gamins
23:29et on leur propose des projets.
23:31Quand c'est un projet
23:32qui permet de grandir,
23:33j'y crois,
23:34mais deux fois,
23:35j'ai plutôt l'impression
23:35que c'est des projets
23:36qui leur permettent
23:36de mettre la main
23:37sur des bons coureurs
23:38pour être sûrs
23:38que les autres ne les aient pas
23:39et puis on verra bien
23:40ce que ça va donner
23:41et ils ne vont pas forcément
23:42les accompagner
23:42comme ils devraient être accompagnés.
23:46On a aussi un débat
23:48qui fait beaucoup de bruit
23:50ces derniers jours.
23:51On a parlé de droits télé
23:53dans le vélo
23:54que les organisateurs,
23:56notamment les grands organisateurs,
23:58ne faisaient pas profiter
24:01des droits télé
24:04aux équipes,
24:06aux coureurs.
24:08On a aussi parlé
24:08de faire passer
24:10quelques endroits de cours.
24:11On a parlé notamment
24:11de l'Alpe d'Huez
24:12payant pour le public.
24:16Ça a fait beaucoup de bruit.
24:17ASO a un peu dit
24:20que les courses payantes,
24:22on pouvait oublier,
24:22en tout cas pas sur le Tour de France.
24:24Les droits télé,
24:25c'est un peu l'omerta
24:27que personne ne veut en parler.
24:29Quel est un peu
24:30votre avis là-dessus ?
24:32L'omerta
24:33que personne ne veut parler
24:34sur les droits télé
24:35que personne ne veut solutionner.
24:38Parce que quand j'étais coureur,
24:39on en parlait déjà.
24:41Quand j'étais coureur,
24:41on en parlait déjà.
24:44Maintenant,
24:45oui, ça peut être bien.
24:47Ce qui serait bien,
24:47c'est comment on arrive
24:49à faire.
24:50Moi, je trouve que j'aime bien,
24:51c'est quand l'argent,
24:52s'il arrive au sein des équipes,
24:54si demain,
24:54vous dites qu'il y a
24:54des droits télé
24:55et il y a X millions d'euros
24:56qui sont reversés,
24:57vous reversez X millions d'euros
24:58à UAE,
24:59ça ne changera pas leur projet.
25:02Donc, en fait,
25:02il faut trouver aussi
25:03comment cet argent-là,
25:04certes,
25:04il arrive peut-être
25:05dans les équipes,
25:06mais surtout,
25:06comment il arrive
25:06à redescendre
25:07dans les échelons inférieurs
25:08qui ont des besoins
25:09réellement pour faire vivre
25:10des éducateurs,
25:12pour faire vivre des choses.
25:13Donc,
25:14les droits télé,
25:15c'est un sujet,
25:16je n'ai pas la solution
25:17parce qu'il y a tellement
25:18de juridiques derrière,
25:19mais je pense qu'on est peut-être
25:20un des rares sports
25:21télévisuels
25:22où les droits télé
25:23ne sont pas reversés.
25:25Mais je me dis,
25:26est-ce que si elles doivent
25:27être reversées,
25:28puisque finalement,
25:29quand on le reverse,
25:30c'est qu'on le reverse
25:30parce que les cyclistes
25:31sont les acteurs du film
25:33que vous regardez.
25:34Mais est-ce que si on le reverse,
25:36c'est bien de le reverser
25:37aux équipes
25:37ou est-ce que c'est bien
25:38de le reverser aux équipes
25:39pour que les équipes
25:40les reversent
25:41dans ce qui va vous permettre
25:43de faire vivre le cyclisme,
25:44le cyclisme amateur
25:45et ainsi de suite.
25:46C'est une réflexion.
25:47Sachez bien que si E.A.E.
25:48vous lui donnez de l'argent,
25:49il ne va pas le reverser
25:50au cyclisme amateur,
25:51peut-être dans sa région,
25:52mais au moins en France,
25:54est-ce que c'est quelque chose
25:54qui pourrait arriver ?
25:55Ça nourrit aussi
25:56les équipes françaises
25:57qui, attention,
25:59ne sont pas au budget
26:00dû à eux
26:00et qui ont besoin
26:01d'un petit peu de ressources.
26:03Ensuite,
26:04le sujet,
26:05il y avait cette histoire
26:06de droits télé,
26:08je dirais que je n'ai pas
26:08la solution,
26:09mais c'est vrai que
26:09si on peut récupérer
26:10les droits télé,
26:11c'est toujours bien,
26:12mais on a aussi besoin
26:13des organisateurs.
26:14Et en l'occurrence,
26:15les droits télé,
26:16seuls les grands ordinateurs,
26:17et tu l'as dit tout à l'heure,
26:18à juste titre,
26:19il n'y a que les grands ordinateurs
26:21qui sont en mesure
26:21de reverser les gros droits télé.
26:23Il y a beaucoup
26:23d'organisateurs
26:24qui font énormément d'efforts
26:27juste pour faire vivre
26:28leurs courses.
26:29Et nous,
26:29équipes professionnelles,
26:30en l'occurrence,
26:31Van Riesel Roubaix,
26:32courons sur le territoire français,
26:33avons besoin
26:34de toutes ces courses.
26:35Donc, en fait,
26:35nous,
26:36on doit être aux côtés
26:36des organisateurs.
26:37On ne doit pas les mettre
26:38sous pression,
26:39les organisateurs.
26:39On doit se dire
26:40que c'est grâce aussi
26:41aux organisateurs
26:42qu'on vit.
26:43Alors, la question,
26:43elle se pose, oui,
26:44sur les grands organisateurs
26:45qui gagnent de l'argent
26:46et autres.
26:48Dans ce cas-là,
26:50pour être précis,
26:51on parle de ASO,
26:52de RCS,
26:53qui est donc
26:53l'organisateur
26:55de quasiment
26:55toutes les courses
26:56italiennes de haut niveau.
26:57On parle de Flanders Classics
26:58qui est l'organisatrice
26:59de Tour des Flandres,
27:02toutes les classiques
27:02flandriennes.
27:03Voilà,
27:03c'est vraiment
27:04ces quelques organisations.
27:06Oui,
27:06c'est les grands organisateurs
27:08qui ont la clé en main.
27:10Après,
27:11je pense qu'une fois de plus,
27:12je parlais de projet
27:12tout à l'heure,
27:13c'est quel est le projet.
27:14C'est-à-dire que
27:14si on doit reverser
27:15des droits télé,
27:16il ne faudrait pas non plus
27:17que ça tombe n'importe où.
27:18Donc, je peux comprendre
27:19qu'eux,
27:19ces droits-là,
27:20ils les ont.
27:20s'ils le réinvestissent
27:21intelligemment
27:22et qu'aujourd'hui,
27:23ça sert le vélo,
27:24quand même,
27:25à SO,
27:25il ne faut pas se voiler la face,
27:26aide aussi beaucoup de monde
27:27et fait du bien au vélo.
27:29Donc,
27:29certes,
27:29il y a de l'argent,
27:30mais il fait du bien.
27:31C'est toujours un petit peu
27:31la même histoire.
27:33Mais je pense que c'est un sujet
27:35qui est très,
27:36très complexe.
27:37Mais si cet argent-là
27:38pouvait revenir
27:39vers les plus petites structures
27:41et vers le cyclisme amateur,
27:43ça pourrait être forcément
27:44une bonne chose.
27:45Mais là,
27:45ça peut paraître
27:46peut-être un petit peu
27:47utopiste,
27:48ce que je dis.
27:49Je ne sais plus
27:51ce que tu m'avais dit,
27:52le deuxième sujet,
27:52c'était là.
27:53Pour les passages
27:53des courses payantes.
27:55Oui,
27:56au public.
27:56Honnêtement,
27:58j'ai du mal
27:59à le voir.
28:01On est sur
28:01le cyclisme
28:03qui vit
28:03sur le territoire
28:05public,
28:05on va dire.
28:07Utilise les routes.
28:09Demander à des gens
28:09qui viennent
28:11sur les routes
28:11de payer,
28:13je n'y crois pas,
28:15je peux me tromper,
28:16mais j'ai du mal
28:17à y croire.
28:17Et on sortirait
28:18de ce qui est
28:19de l'ADN
28:20du cyclisme.
28:21Alors,
28:21bien évidemment,
28:22la question,
28:23est-ce que pouvait
28:23soulever Jérôme
28:24quand il a évoqué ça,
28:26c'est de se dire
28:27comment dans
28:28un nouveau business model,
28:30le cyclisme
28:31peut trouver
28:32des rétributions
28:33ou des retours
28:34financiers
28:35autres
28:36que
28:37le sponsoring,
28:39puisqu'en fait,
28:39le cyclisme
28:40ne vit que de sponsoring
28:41et n'a pas de billetterie.
28:43Donc ça,
28:43c'est une vraie question.
28:44Tu peux faire payer
28:45quand tu vas
28:45dans un vélo de Rome,
28:46tu peux faire payer,
28:47c'est le cas
28:48quand tu vas
28:48sur un cyclocross
28:49en Belgique,
28:51en l'occurrence,
28:52tu as des stars
28:53qui viennent,
28:54l'entrée est payante
28:54et il y a quand même
28:55du remonte qui rentre,
28:56mais il y a aussi
28:57toute une éducation,
28:59tout un apprentissage
29:00de ça.
29:00faire payer sur un circuit
29:02en France,
29:03ça arrive,
29:04ça fonctionne,
29:05mais on sait
29:07qu'on n'a pas
29:08la même ADN
29:10que les cohorts.
29:12Les zones payantes,
29:14aujourd'hui,
29:15sur le bord des routes,
29:16je vous l'ai dit,
29:17on est sur un sport
29:18qui a une vocation populaire.
29:21Les gens viennent profiter
29:22d'un bon moment,
29:23que demain,
29:23on identifie des zones
29:24qui appartiennent
29:25à l'organisateur
29:26et qui sont des zones payantes.
29:29Il y a déjà des zones payantes.
29:30Je pense que
29:31sur le Tour de France,
29:32il y a le village étape,
29:34il y a les espaces privés
29:36qui sont sur les lignes d'arrivée.
29:38Si on commence
29:38à en rajouter
29:39un petit peu partout,
29:41ça devient dommage.
29:42En revanche,
29:43poursuivre tous les ans
29:44le Tour de France à la télé,
29:45le commenter tous les ans
29:46à la télé,
29:48je pense qu'il faut
29:48qu'on arrive
29:49à avoir un cadre
29:52qui nous permet
29:52de se dire
29:53qu'on ne met pas en danger
29:54les coureurs cyclistes.
29:55Parce que des fois,
29:56on a des zones
29:57où le coureur,
29:57il passe dans un mètre.
29:58La route,
29:59elle fait 10 mètres
30:00et il passe dans un mètre.
30:02Donc,
30:03trouver le moyen,
30:04ce ne sera pas le payant
30:05parce que les spectateurs
30:07vont aller autrement.
30:08Donc,
30:09ça,
30:09je pense que
30:10ça devient
30:12quasi impensable,
30:15inimaginable
30:15sur le bord des routes,
30:16dans des zones
30:16bien évidemment privées.
30:18Mais je pense
30:18que le cyclisme
30:20doit garder son ADN
30:21de sport populaire
30:22et d'accès gratuit
30:23ou autre.
30:25Mais bien évidemment,
30:26il faut aussi réfléchir
30:27au business model
30:28qui doit permettre
30:28de nourrir le cyclisme
30:29et comment on fait
30:31pour trouver des revenus.
30:32Mais il y a moyen
30:32de trouver d'autres revenus,
30:34mais en tous les cas,
30:34pas de faire payer
30:34sur le bord des routes.
30:37Allez,
30:37petite dernière question
30:39avant de vous laisser.
30:412026,
30:42la saison approche
30:43à grands pas d'ailleurs.
30:45On est déjà lancés même.
30:46Mais oui,
30:47c'est ça.
30:47Qu'est-ce que vous attendez
30:51de cette saison
30:52de 2026 ?
30:54Plus de suspense ?
30:56Plus de champions ?
30:57Des nouveaux
30:58qui se révèlent ?
30:59J'allais dire
31:02le mot que tu as utilisé,
31:03plus de suspense.
31:05Des champions
31:05qui se révèlent,
31:06on en attend toujours.
31:07Je dirais la confirmation
31:08du talent français
31:09qu'on attend tous,
31:10ce n'est pas le sexas,
31:11bien évidemment.
31:12Mais il y en a d'autres.
31:13On a plein de bons coureurs.
31:14et surtout,
31:16oui,
31:16se dire qu'on arrive
31:18sur des grands tours
31:20comme sur les classiques
31:22dans les moments forts
31:23à avoir quelqu'un
31:24et un coureur
31:25qui ne part pas tout seul
31:27à 100 km de l'arrivée
31:28ou à 60 km de l'arrivée
31:30à avoir de la rivalité.
31:33Je me dis que c'est possible.
31:35On a souvent été privé.
31:36Je vais prendre l'exemple
31:37de Paris-Roubaix.
31:38On a souvent été privé
31:39du duel mythique
31:40ou de choses mythiques
31:40par des faits de course.
31:42Il y a quelques années,
31:44on est à la sortie
31:44du carrefour de l'Arme
31:45et on a une accélération
31:47de Watt Van Aert
31:47qui est finalement
31:48contrée par Mathieu Van Der Poel
31:50mais on s'aperçoit
31:50qu'en fait,
31:51contrée,
31:52certes,
31:52mais Watt Van Aert
31:53est crevé à l'arrière.
31:54Il doit changer de roue.
31:55Finalement,
31:56il nous reste 14 km de course
31:57et en fait,
31:58on n'a plus de course
31:58parce que Mathieu est parti.
32:00Watt ne va jamais pouvoir
32:01être en mesure de rentrer
32:02et ça s'arrête là.
32:03Cette année,
32:04on est à l'approche
32:04d'un duel historique
32:05dans le final de Paris-Roubaix.
32:07Pogacar,
32:08Van Der Poel,
32:09Pogacar loupe un virage.
32:14Il n'est plus qu'à 5-6 secondes
32:16quand il reparle
32:16mais le temps qu'il remette
32:17sa chaîne ou autre,
32:18il est trop loin.
32:19Il fait un peu l'effort.
32:20Il se rapproche,
32:20on y croit un peu
32:21puis finalement,
32:21à un moment,
32:22il coince.
32:22On est quand même tous
32:24à la limite à ce moment-là
32:26et du coup,
32:27il n'y a pas.
32:27Donc,
32:28j'aimerais qu'on ait
32:29un final tonitruant.
32:31Si chacune des arrivées
32:32peut ressembler
32:33à une arrivée
32:33aussi palpitante
32:35que celle qu'on a eue
32:35sur Milan Saint-Rémo
32:36où finalement,
32:36dans le final,
32:37ils sont encore 3,
32:382 puis 3
32:39puis finalement,
32:40derrière,
32:44on peut espérer
32:45pour le cyclisme
32:462026,
32:48des belles courses
32:49et du suspense
32:50dans chacun des grands
32:52rendez-vous du cyclisme.
32:54Très bien.
32:55Merci Cyril
32:55d'avoir accordé
32:56cette longue interview
32:58parce que je crois
32:58qu'on est pas mal
32:59niveau temps là.
33:00Je suis désolé
33:01parce que
33:02j'ai peut-être été bavard.
33:04Non,
33:04mais c'est très bien.
33:05C'est parfait comme ça
33:06et en tout cas,
33:07on vous souhaite
33:07une belle saison 2026
33:09en tant que consultant
33:10et surtout en tant que manager
33:13de votre équipe
33:14van Riesel Roubaix.
33:15Et voilà,
33:15merci.
33:17Merci beaucoup.
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