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00:00Il est 10h ici à Paris, bonjour à toutes et tous et bienvenue dans Parlons-en, votre rendez-vous avec l'info qui prend son temps.
00:10Voici les titres de ce mardi, l'enquête avance en Australie.
00:13Le gouvernement évoque l'idéologie du groupe Etat islamique des assaillants après l'attentat antisémite de Bondi Beach dimanche.
00:20Pendant ce temps, la cagnotte pour l'homme qui a désarmé l'un des terroristes a dépassé le million de dollars.
00:24Nous sommes plus proches aujourd'hui que nous n'avons jamais hésité d'un accord mettant fin à la guerre avec la Russie.
00:31Donald Trump affiche son optimisme après des discussions entre Américains et Ukrainiens à Berlin.
00:36Il évoque aussi une conversation avec Vladimir Poutine.
00:40A la une aussi de ce mardi, la colère des agriculteurs français toujours mobilisés dans la région de Bordeaux ce matin
00:45avec ces images en direct des agriculteurs inquiets face à la crise de la dermatose
00:50et la politique sanitaire qu'il juge trop radicalement menée par le gouvernement français.
00:56Des agriculteurs échaudés aussi et depuis des mois par les négociations autour de l'accord de libre-échange Union Européenne Mercosur.
01:05Un projet vieux de 25 ans qui entre sans doute ces jours-ci dans sa dernière ligne droite.
01:09Il y a un vote important à Strasbourg aujourd'hui au Parlement européen.
01:13L'occasion de prendre le temps aujourd'hui d'en parlons-en,
01:15de disséquer cet accord et plus spécialement son volet agricole,
01:18d'expliquer pourquoi la France semble seule dans l'opposition au projet
01:22et pourquoi les professionnels de la terre et des animaux sont si inquiets.
01:26C'est avec Caroline de Camaret et Christophe Dansette pour commencer.
01:29On sera rejoint par nos invités dans quelques instants, je l'espère.
01:32Bonjour, vous êtes ici chez vous tous les deux.
01:34On a beaucoup de choses à se dire, c'est Parle-en-en et c'est parti.
01:36Caroline de Camaret, bonjour.
01:49Bonjour.
01:50Chef du service Europe de France 24, Christophe Dansette, rebonjour.
01:53Bonjour Pauline.
01:54Du service Éco de la rédaction.
01:56Ça fait 25 ans qu'on en parle et l'histoire semble s'accélérer cette semaine
02:00autour donc de cet accord de libre-échange entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur.
02:04Alors il y a plusieurs rendez-vous importants d'ici le week-end prochain.
02:08D'abord un vote tout à l'heure au Parlement européen à Strasbourg.
02:11On y reviendra avec vous dans un instant Caroline.
02:14Jeudi et vendredi, il y a un Conseil européen.
02:16Les dirigeants des 27 doivent donner leur réponse finale sur cet accord.
02:21Et puis ce week-end, déplacement de la patronne de la commission Ursula von der Leyen au Brésil
02:26qui voudrait bien signer officiellement cet accord de libre-échange
02:30entre l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, le Paraguay et l'Union Européenne.
02:34Voilà donc pour le programme mais avant d'aller plus loin et pour que tout le monde comprenne bien
02:39ce qui se joue, les explications en images d'Olivier Fesseul, c'est quoi cet accord de libre-échange ?
02:46C'est un accord de libre-échange négocié depuis plus de 25 ans.
02:51D'un côté, le Mercosur, composé de l'Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay,
02:59de l'autre les 27 pays de l'Union Européenne.
03:02L'idée, supprimer plus de 90% des droits de douane entre les deux zones économiques
03:07pour créer un marché de plus de 700 millions de consommateurs.
03:12Une perspective qui ravit l'industrie automobile allemande notamment,
03:15qui y voit des débouchés prometteurs.
03:19Mais du côté du secteur agricole, surtout en France, en Italie ou en Pologne,
03:23les inquiétudes sont nombreuses.
03:26De l'autre côté de l'Atlantique,
03:28éleveurs et cultivateurs ont le droit d'utiliser un bien plus grand nombre de pesticides et d'engrais.
03:33Leurs coûts de production sont donc plus bas et leur rendement plus élevé.
03:36Les agriculteurs du Vieux Continent crient à la concurrence déloyale
03:41et se mobilisent depuis des années.
03:44Des craintes timidement relayées par Emmanuel Macron
03:47lors de la visite du président Lula en juin dernier.
03:50Les pays du Mercosur ne sont pas du tout au même niveau réglementaire.
03:53Donc il y a très clairement une différence majeure.
03:56Ce n'est pas une différence de compétitivité, de spécialité,
03:58mais de normes.
03:59Les contraintes ne sont pas les mêmes.
04:00Oui, nous voulons plus de commerce, mais on doit respecter nos agriculteurs,
04:04respecter aussi la cohérence de nos ambitions.
04:07Paris pousse donc pour le report de la conclusion de l'accord
04:10et que le texte impose des quotas et le respect des normes européennes
04:14aux produits agricoles sud-américains importés.
04:17La Pologne et la Hongrie sont sur la même position.
04:20La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen,
04:24veut elle accélérer pour boucler les termes définitifs de l'accord
04:27avant son déplacement au Brésil ce samedi.
04:30Pour que le traité soit rejeté,
04:32quatre membres représentant au moins 35% de la population de l'Union
04:36doivent s'y opposer.
04:39Et je salue Pierre Benazé, correspondant de la rédaction à Bruxelles,
04:43qui nous a rejoints.
04:45Pierre, puisque vous êtes là, première question pour vous.
04:47On vient de résumer en image 25 ans de négociation.
04:51Je le disais, le sujet est vaste et il ne porte pas que sur l'agriculture.
04:54Précisément, si on met de côté quelques instants le volet agriculture,
04:58qui est celui le plus épineux, est-ce que c'est un accord théoriquement
05:01gagnant-gagnant entre les Européens et les Sud-Américains ?
05:08Ah oui, avec sur deux aspects, un aspect économique et un aspect géopolitique.
05:13L'aspect économique, effectivement, on l'a bien vu,
05:1625 ans de négociation, un peu en dents de scie, il est vrai,
05:19parce qu'il y a des moments où cet accord était quasiment enterré,
05:23des négociations qui ont été longues et ardues pendant très longtemps
05:27et qui ont été finalement relancées il y a environ six ans,
05:31qu'on s'est remis à se mettre dans le dur du sujet, en quelque sorte,
05:35et négocier pied à pied des accords commerciaux,
05:39spécifiquement de libre-échange véritablement,
05:41entre ces deux grands blocs régionaux que sont le Mercosur d'un côté
05:46et l'Union européenne de l'autre.
05:47Et effectivement, pour la Commission européenne,
05:50elle l'a encore répété hier, après les demandes françaises de report,
05:5460 000 entreprises européennes exportent vers le Mercosur.
05:59Ce marché gigantesque sera un débouché nouveau,
06:03ce qui est important d'un point de vue économique,
06:05mais aussi d'un point de vue géopolitique,
06:07puisque, évidemment, on est en train de voir l'effondrement
06:11de l'ancien ordre économique mondial,
06:14totalement remis en cause par les droits de doigts
06:17instaurés par Donald Trump,
06:18les répercussions du manque de débouchés pour la Chine
06:22de produits qui se dirigent vers le marché européen.
06:25Bref, il fallait absolument, selon la Commission européenne,
06:28créer de nouveaux débouchés,
06:30et selon elle, le marché, l'accord avec le Mercosur,
06:34tombe bien.
06:35Et puis, il y a l'aspect, effectivement, géopolitique,
06:37parce que c'est aussi un moyen de montrer
06:39qu'on peut encore, selon la Commission européenne,
06:42négocier des accords,
06:43et qu'un ordre mondial basé sur des règles
06:46est à nouveau possible.
06:48Voilà, il s'agit, effectivement, Caroline De Camaret,
06:50de réduire la dépendance au marché chinois,
06:52compenser les guerres commerciales lancées par Trump,
06:54c'est ça aussi dans ce sujet ?
06:55Oui, c'est ça aussi.
06:56On se dit, oh là là, on a négocié 15%,
06:58c'est pas très très favorable
07:00pour nos importations,
07:02enfin, nos exportations vers les Etats-Unis.
07:04Et là, on serait à des clauses, évidemment,
07:07qui font tomber les droits de douane à 0%.
07:09Donc, on serait meilleur ami de l'Amérique du Sud
07:12et non plus du Nord.
07:13Simplement, c'est vrai que la France,
07:15et vous l'avez souligné,
07:17demande, tout au long de cet exercice,
07:19à demander pour son agriculteur,
07:21ces agriculteurs qui sont très inquiets,
07:24même si, on l'a dit,
07:26finalement, le taux d'âge n'est pas très important.
07:30On parle de 99 millions de dollars.
07:31J'aimerais qu'on n'aille pas trop vite, Caroline,
07:33parce que je voudrais qu'on parle de l'agriculture,
07:34mais juste, dans un premier temps,
07:36si on pouvait voir le global,
07:37de l'intérêt que les Européens voient
07:39dans cet accord du Mercosur,
07:41ou peut-être, avec vous, Christophe,
07:43on sait que les Allemands sont très fans
07:45de cet accord du Mercosur,
07:46notamment pour vendre des voitures.
07:50Oui, parce que, ce qu'on voit,
07:51on a vu les chiffres apparaître derrière Caroline,
07:5491% des taxes du Mercosur
07:57sur les produits européens seraient supprimées,
08:00et 92% des droits européens
08:02sur les produits sud-américains seraient supprimés.
08:04Donc, c'est qu'à quasi une totalité
08:05des droits de douane qui seraient supprimés,
08:09alors qu'aujourd'hui, il y a des droits de douane
08:11très importants.
08:12On parlait des voitures allemandes.
08:13Aujourd'hui, c'est 35%.
08:14Vous imaginez, ça passera à 0%.
08:16Or, si on parle de l'Allemagne encore,
08:18le secteur automobile allemand,
08:20il est en très grande crise maintenant,
08:23depuis plusieurs années.
08:24Depuis un an, c'est plus de 50 000 emplois
08:27qui ont été détruits dans le secteur,
08:28un secteur qui représente quand même 5% du PIB
08:31de l'Allemagne.
08:32Et si on prend l'industrie dans son ensemble,
08:34eh bien, c'est plus de 100 000 emplois
08:36qui ont été détruits en un an,
08:39près de 300 000 emplois depuis 2019.
08:40Donc, c'est absolument énorme.
08:42Et quand on voit la concurrence,
08:43Caroline en parlait, de la Chine,
08:46qui exporte à tout vin en ce moment vers l'Europe,
08:48quand on voit les droits de douane américains,
08:50eh bien, effectivement,
08:50on cherche de nouveau déboucher
08:52et passer de 35% de droits de douane
08:53à 0% pour les voitures allemandes,
08:55eh bien, c'est pas rien.
08:56Voilà, on pourrait parler aussi
08:58de machines, de vins, de spiritueux.
09:00Là, ce sont des domaines
09:02dans lesquels les producteurs européens
09:05voient plutôt d'un très bon oeil cet accord.
09:06Mais effectivement, Caroline,
09:07je vous ai interrompu,
09:08mais on va reprendre le fil du sujet épineux
09:10et celui qui nous intéresse aujourd'hui.
09:12C'est la question de l'agriculture.
09:14Alors, qu'est-ce que prévoit l'accord
09:15sur la question de l'agriculture
09:16et pourquoi est-ce que c'est si difficile
09:18à accepter du point de vue des agriculteurs ?
09:20La Commission européenne,
09:21elle souligne que les volumes sont très petits,
09:23ils ne vont pas changer radicalement le marché.
09:25On parle de 99 000 tonnes de viande de bœuf,
09:28180 000 tonnes de viande de volaille.
09:31C'est un peu plus, ça, volaille, quand même.
09:32180 000 tonnes de sucre,
09:35650 000 tonnes d'éthanol.
09:36Donc, qui seraient exemptés.
09:37Qui seraient exemptés,
09:39qui seraient importés, donc,
09:41de cette Amérique du Sud vers nous.
09:43Ce qui n'est pas de nature
09:45à changer nos niveaux agricoles.
09:50En tout cas, si les Français s'en inquiètent,
09:52puisque c'est exportés vers nous
09:55au niveau de tout le continent européen,
09:56soyons clairs,
09:57parle pour la seule France.
09:58Si les Français s'en inquiètent,
10:00la Commission a tenté de les rassurer
10:01ces derniers mois avec des fameuses clauses
10:03de sauvegarde qui disent que si les marchés
10:05sont déséquilibrés dans un sens,
10:0710%, etc.,
10:08eh bien, on va alors intervenir
10:10et faire stopper la mise en œuvre
10:13de cet accord.
10:14Simplement, ces clauses de sauvegarde,
10:16c'est ce qui fait l'objet, d'ailleurs,
10:17d'un vote, aujourd'hui,
10:18au Parlement européen, à midi et demi.
10:21C'est un vote sur cet ensemble
10:23de clauses de sauvegarde
10:24et peut-être, par amendement,
10:26davantage encore de clauses de sauvegarde.
10:28Il faut voir ce qui va sortir de ce vote.
10:30Et pourquoi ce vote est tellement intéressant ?
10:32Parce qu'elle va donner, d'ailleurs,
10:33le sentiment, déjà, du Parlement européen,
10:36des différents groupes.
10:37Et puis, surtout, finalement,
10:39si les eurodéputés vont au-delà,
10:41vont vers des clauses de sauvegarde
10:42encore plus fortes.
10:43Peut-être que la France, Paris,
10:45qui vraiment traîne des pieds beaucoup,
10:47peut-être que l'Italie aussi,
10:49la Pologne, la Hongrie,
10:50qui ont émis des doutes,
10:52vont se dire,
10:52ah ben, là, ces clauses de sauvegarde
10:54sont suffisantes.
10:55C'est une première hypothèse.
10:56L'autre hypothèse, c'est qu'au contraire,
10:58ils vont changer, modifier tellement
10:59le texte par amendement
11:00que peut-être qu'au contraire,
11:02eh bien, il sera difficile
11:03de l'adopter tel quel.
11:05Il faudra à nouveau repasser
11:06par un rande de discussion,
11:07ce qu'on appelle un trilogue
11:08entre toutes les institutions européennes.
11:10ça va retarder cette mise en œuvre
11:14et surtout,
11:15le grand moment
11:17d'Ursula von der Leyen
11:18qui, vous le disiez,
11:19veut aller samedi au Brésil
11:21avec un accord clé en main.
11:23Mais pour cela,
11:23il faut aussi qu'elle en passe
11:24par les chefs d'État
11:25et de gouvernement jeudi
11:26et qu'elle se trouve
11:27une majorité,
11:2915 États sur 27,
11:3065% qui représentent 65%
11:32de la population européenne.
11:33On va y venir, Caroline,
11:35sur le débat au sein
11:36des dirigeants européens
11:37et notamment sur la position française
11:38qui a quelque peu fluctué
11:39ces derniers mois.
11:40Mathieu Courgeau,
11:41bonjour.
11:43Merci beaucoup
11:43de participer à cette discussion
11:45depuis Bruxelles.
11:46Vous n'êtes pas loin,
11:47je pense,
11:47de Pierre Benazé.
11:48Vous êtes coprésident
11:49du collectif Nourrir,
11:51éleveur de vaches laitières
11:52en Vendée,
11:53membre de la Confédération Paysanne
11:55qui est la troisième
11:55force syndicale agricole,
11:57elle aussi opposée
11:58comme les autres
11:58forces syndicales françaises.
12:00Là-dessus,
12:00vous êtes raccord,
12:01même si les modes d'action
12:02sont différents,
12:03on le verra,
12:03opposés aux accords
12:04de libre-échange.
12:05On le disait
12:05que l'accord du Mercosur
12:07pour le volet viande bovine
12:09concerne des quotas
12:11d'importation
12:11de 99 000 tonnes
12:13de viande
12:14chaque année
12:15qui bénéficieraient
12:17donc de cette exemption
12:18de droits de douane
12:19ou en tout cas
12:20de droits de douane
12:20favorables.
12:2199 000 tonnes
12:23comme ça,
12:23carcasse comprise,
12:24ça paraît beaucoup
12:25mais selon la Commission européenne
12:27c'est 2%
12:28de la production européenne
12:30et c'est moins
12:30que ce que le Mercosur
12:31exporte déjà
12:33chaque année,
12:34je le dis
12:34sous couvert
12:36de votre propos.
12:38Pourquoi est-ce que
12:39une fois qu'on a rappelé
12:40ces chiffres,
12:42il y a cette opposition
12:43de la part
12:44des agriculteurs français ?
12:47Parce qu'en fait,
12:48on conseillerait
12:49à la Commission européenne
12:50de faire
12:51de l'économie agricole
12:52et dans l'économie agricole
12:53ce qu'on voit
12:54c'est que
12:55quelques pourcentages
12:56d'augmentation
12:56des importations
12:57ça peut faire baisser
12:58les prix
12:59de façon drastique.
13:00c'est ce qu'on connaît
13:00depuis de longues années
13:01sur plein de filières
13:02où quelques pourcentages
13:03d'augmentation
13:04ou de diminution
13:05ça fait beaucoup
13:05bouger les prix.
13:06Et donc ce qu'on voit là
13:07c'est qu'effectivement
13:08avec ces tonnages-là
13:10qui s'ajoutent,
13:11il faut le préciser,
13:12aux autres accords
13:13de libre-échange
13:14ça commence à faire
13:15des doses
13:15d'importation importantes
13:17qui risquent
13:18de déstabiliser
13:19les prix en Europe.
13:21Et la réponse
13:22de la Commission européenne
13:23nous dit
13:23mais vous inquiétez pas
13:24on va mettre
13:24une clause de sauvegarde.
13:25Mais le problème
13:26c'est que la clause de sauvegarde
13:27elle va arriver beaucoup trop tard.
13:28Elle arrivera
13:28quand la crise sera là déjà.
13:31On l'a bien vu
13:31avec l'Ukraine par exemple
13:33où il y a eu
13:34des clauses de sauvegarde
13:36qui ont été mises
13:36sur les importations
13:37de céréales ukrainiennes
13:38en Europe
13:38et en fait
13:39ça n'a pas marché.
13:40Il a fallu
13:40ça a été très compliqué
13:42ça n'a pas marché
13:42et ça a suité
13:43beaucoup de colère.
13:44Et cette colère-là
13:45on la retrouve aussi
13:46chez nous en France.
13:47On a en ce moment
13:48dans le sud de la France
13:49et aussi partout en France
13:50des mobilisations
13:51très importantes
13:51sur les questions sanitaires
13:53la dermatose modulaire.
13:54Mais en fait
13:55ça c'est l'étincelle
13:56et c'est un vrai problème
13:57il faut le traiter
13:58mais le fond du problème
13:59il est aussi
14:00sur les questions de prix
14:01les questions de revenus
14:02et là on voit bien
14:03que quand on s'est mobilisé
14:04il y a deux ans
14:05l'hiver
14:05qu'il y a eu
14:06des très fortes mobilisations
14:07sur les questions de revenus
14:09on n'a pas eu de réponse
14:11et la seule réponse qu'on a
14:12c'est
14:12ne vous inquiétez pas
14:13on va vous donner le Mercosur
14:15qui va encore plomber vos revenus.
14:16Donc ça c'est strictement inacceptable
14:17et ça suscite beaucoup de colère
14:19dans les campagnes.
14:19Voilà le contexte effectivement
14:20mais on l'a rappelé dans le journal
14:21c'est celui d'un mal-être
14:23du monde agricole
14:24que l'on suit ici en France
14:25depuis des années
14:26des difficultés
14:27là cette nouvelle crise
14:28de la dermatose
14:29avec ces critiques
14:30de la réponse sanitaire
14:32radicale portée par le gouvernement.
14:34Christophe dans cette
14:35ce que les agriculteurs français disent
14:37enfin il n'y a pas que les français
14:39qui le disent
14:39mais c'est que les produits
14:40vont arriver
14:41des pays du Mercosur
14:43à un niveau de compétitivité
14:44que les producteurs européens
14:46n'arriveront pas à atteindre
14:48c'est ça ?
14:48Alors c'est une possibilité
14:50c'est surtout aussi avec des normes
14:51qui sont très différentes
14:53et un système économique
14:56qui est très différent
14:57avec des fermes d'exploitation
14:59qui sont beaucoup plus grandes
15:00du côté de l'Amérique latine
15:02que ce qu'on a ici en France
15:04et donc des niveaux de prix
15:04qui ne sont pas tout à fait comparables
15:07mais si on regarde
15:09alors j'entends bien l'argument
15:11de dire qu'il y a d'autres accords
15:13mais si on regarde l'accord
15:14avec le Canada
15:15qui a été signé
15:17il n'y a pas si longtemps
15:19le CETA
15:19il y avait eu
15:21une forte opposition
15:22des agriculteurs
15:22et on voit qu'il y a quand même
15:23les éleveurs bovins canadiens
15:26qui n'ont pas inondé
15:27depuis l'entrée en vigueur
15:29de cet accord
15:30le marché français
15:31pour différentes raisons
15:34mais pour l'instant
15:34ce n'est pas le cas
15:34donc est-ce que ce sera
15:35la même chose
15:35pour le Mercosur
15:37on ne sait pas
15:37mais il y a quand même
15:38des raisons
15:39d'être un peu plus optimistes aussi
15:41Là-dessus Mathieu Courgeot
15:42sur la jurisprudence
15:44du CETA
15:44et du fait qu'effectivement
15:45il n'y a pas eu
15:46un déferlement
15:47de viande canadienne
15:49sur le marché européen
15:50vous dites que les proportions
15:50ne sont pas les mêmes ?
15:52Alors je pense que ce ne sera pas
15:54le cas sur le Mercosur
15:54très clairement
15:55et effectivement
15:56les conditions
15:57ne sont pas du tout les mêmes
15:58je rappelle juste
15:59que dans le Mercosur
16:01le SMIC au Brésil
16:02par exemple
16:03ça a un euro le leur
16:04chez nous c'est 10
16:05on a un rapport
16:06de 1 à 10
16:06donc là il n'y a aucune
16:07clause miroir
16:08qui est prévue là-dessus
16:08par exemple
16:09sur les pesticides
16:10c'est la même chose
16:11il y a 3000 pesticides
16:12qui sont autorisés
16:13au Brésil
16:14et il y en a 63%
16:16qui sont interdits chez nous
16:17et là là-dessus
16:17il n'y a rien qui est prévu non plus
16:18et donc voilà
16:19on voit bien que
16:20effectivement
16:20ça ne va pas être la même chose
16:21et encore une fois
16:23on rejette aussi
16:25cette idée du libre-échange
16:26qui se fait uniquement
16:28sur la base
16:28de la compétitivité
16:29des plus grosses fermes
16:31des plus grosses industrielles
16:33et donc nous
16:33ce qu'on demande
16:34c'est une véritable
16:35souveraineté alimentaire
16:37au niveau européen
16:38pour que
16:38les produits agricoles
16:40ne servent pas
16:40de monnaie d'échange
16:41aux voitures
16:42ou aux Airbus
16:43ou je ne sais quoi
16:43on a besoin
16:44de manger trois fois par jour
16:45et donc on a besoin
16:46d'avoir une agriculture
16:47relocalisée
16:48et qui n'est pas soumise
16:49au desiterata
16:50ou aux excès de Trump
16:52ou je ne sais pas qui
16:52il y a une crise de la production
16:54la France aujourd'hui
16:55importe je crois
16:5630% de la viande
16:57qu'elle consomme
16:58alors ça dépend des filières
17:02c'est très variable
17:02alors sur la viande
17:03de bovin
17:03c'est un peu moins que ça
17:04sur la viande
17:05de volaille
17:05c'est un peu plus
17:06mais en fait
17:06c'est beaucoup
17:06des importations
17:08intra-européennes
17:09en France
17:10et en fait
17:10ce qu'on dit nous
17:11c'est qu'au contraire
17:12la situation
17:12avec le Mercosur
17:13enfin cet accord
17:13de libre-échange
17:14elle va encore
17:15aggraver la situation
17:16et donc on dit
17:16oui la France
17:17l'Europe
17:18ont les capacités
17:18de produire
17:19leur propre alimentation
17:20c'est d'ailleurs
17:20Emmanuel Macron
17:21qui a dit
17:21que déléguer notre alimentation
17:23est une folie
17:23c'est pourtant
17:24exactement
17:25ce qu'on est en train
17:25de faire
17:26on va revenir
17:26sur la position
17:27dans la main
17:28des autres puissances
17:30dans le monde
17:30et voilà
17:31nous on dit
17:32mais en fait
17:32c'est pas possible
17:32c'est pas la bonne stratégie
17:33ni pour les agriculteurs
17:34ni pour l'intérêt général
17:36sur la question
17:36des normes
17:37on vous a retrouvé
17:38Pierre Benazé
17:38depuis Bruxelles
17:40Mathieu Courgeau
17:41rappelait à l'instant
17:41que les pays du Mercosur
17:43donc concernés
17:43par cet accord
17:44de libre-échange
17:45produisent
17:45de la viande
17:47des fruits et légumes
17:49traités avec des hormones
17:50et des pesticides
17:51interdits en Europe
17:52s'est établi
17:53est-ce que
17:55le consommateur européen
17:57effectivement
17:57c'est vrai que c'est compliqué
17:58à comprendre
17:58le consommateur européen
18:00va consommer
18:01de la viande
18:02ou des produits végétaux
18:04qui ont subi
18:04des traitements
18:05qui sont interdits
18:06aujourd'hui
18:07aux agriculteurs
18:08et aux éleveurs
18:09de l'Union
18:10alors en théorie
18:14non
18:15ça c'est ce que dit
18:16évidemment
18:16la commission européenne
18:17parce que
18:18en matière
18:19commerciale
18:20l'exécutif européen
18:22c'est à dire
18:22le conseil européen
18:23les 27 états membres
18:24confie à la commission européenne
18:26ce mandat de négociation
18:27la commission
18:29qui négocie
18:29vous l'avez dit
18:30depuis 25 ans
18:31estime aujourd'hui
18:33que
18:33ça ne serait pas possible
18:36à cause
18:36des mesures
18:37de sauvegarde
18:38dont parlait
18:38Caroline de Camaret
18:39tout à l'heure
18:40et des mesures
18:41miroirs
18:41qui ont été apposées
18:42en fait
18:42il y a un moment politique
18:45qui est assez intéressant
18:46sur cette question
18:46spécifiquement
18:47des pesticides
18:48des hormones
18:49des antibiotiques
18:50qui sont
18:50pour beaucoup
18:52interdits
18:52dans l'Union
18:53européenne
18:53la France
18:55en particulier
18:56a été extrêmement active
18:58ici
18:59à Bruxelles
18:59sa représentation permanente
19:01à Bruxelles
19:01a été extrêmement active
19:03pour pousser
19:03à l'introduction
19:05et à l'adoption
19:05de ces mesures
19:06de sauvegarde
19:06qui devraient être
19:08Caroline de Camaret
19:08l'a dit tout à l'heure
19:09renforcées aujourd'hui
19:10par le Parlement européen
19:12et par les mesures
19:13miroirs
19:13le résultat de ça
19:14quand on écoute
19:15la Commission européenne
19:16aujourd'hui
19:16et quand on écoutait
19:18aussi la France
19:19avant le demande
19:20de report de dimanche
19:21c'est que
19:23des mesures
19:24de protection
19:24des consommateurs
19:25européens
19:26et des agriculteurs
19:27européens
19:28ont été mises en place
19:29dans ces protocoles
19:30additionnels
19:31que sont les mesures
19:32de sauvegarde
19:32après toute la question
19:33est évidemment
19:33de savoir
19:34si les pays
19:36du Mercosur
19:36sont à même
19:37d'accepter
19:38tel quel
19:38ce qui ressemble
19:40tout de même fortement
19:41à une modification
19:42du contrat initial
19:43parce qu'il ne convient
19:44pas aux européens
19:45parce qu'on aurait
19:46signé
19:47enfin on n'a pas signé
19:48évidemment pour l'instant
19:48on a juste
19:49Ursula von der Leyen
19:50était à Montevideo
19:51il y a un an
19:52elle a juste
19:52paraffé
19:53elle a mis son nom
19:54sur un papier
19:55ça n'a aucune valeur légale
19:56mais ce texte
19:57qui a été paraffé
19:58par Ursula von der Leyen
19:59ne convenait pas
20:00en réalité aux européens
20:01qu'ils l'ont fortement
20:02modifié
20:03avec ces protocoles
20:05additionnels
20:05que sont les mesures
20:06de sauvegarde
20:06les mesures miroirs
20:07les contrôles aux frontières
20:08qui sont faites
20:09par exemple
20:10pour contrôler
20:10s'il y a des résidus
20:12de pesticides
20:13parce que
20:14par exemple
20:15les pesticides
20:16qui sont interdits
20:17en Europe
20:17ne peuvent pas entrer
20:18sous forme de résidus
20:19dans les produits alimentaires
20:20la commission
20:21vu l'offensive
20:22menée en particulier
20:23par la France
20:24et par l'Italie aussi
20:25a proposé
20:27de mettre en place
20:27des mesures de contrôle
20:28aux frontières
20:29sur les produits
20:29à l'importation
20:30bref
20:31si on écoute
20:31la commission européenne
20:32aujourd'hui
20:33les mesures de protection
20:35sont à un niveau
20:36jamais vu
20:36après
20:37on sait qu'il y a eu
20:38beaucoup d'alertes
20:39au Parlement européen
20:40par exemple
20:41sur le manque de contrôle
20:42dans les exploitations
20:43au Brésil
20:43en particulier
20:44Je vous donne la parole
20:45dans un instant
20:46Mathieu Courgeot
20:46là-dessus
20:47Caroline
20:48est-ce que l'inquiétude
20:49des éleveurs
20:50et des agriculteurs français
20:51est démesurée
20:53par rapport aux garanties
20:55que promet la commission ?
20:56Alors la commission
20:57a fait circuler des chiffres
20:59où elle explique
21:00qu'elle allait contrôler
21:01à la frontière
21:02attention
21:02elle contrôle le contrôleur
21:03elle contrôle que les contrôles
21:04ont bien été faits
21:06elle n'a pas de contrôleur
21:08en tant que tel
21:08genre de la viande
21:09qui est exportée déjà
21:10aujourd'hui
21:11enfin importée
21:11Le contrôle à la frontière
21:12et le contrôle
21:13en effet
21:13dans les exploitations
21:15dans les exploitations
21:17d'origine
21:17effectivement
21:17c'est une demande
21:19de la France
21:20alors la France
21:20je le disais
21:21elle est en train
21:22quand même de
21:22elle est en train
21:23de faire bouger
21:24un peu les lignes
21:24parce qu'Emmanuel Macron
21:26on a longtemps dit
21:26il n'aura pas
21:27de minorité de blocage
21:29on voit quand même
21:29qu'il a demandé
21:30un report
21:31de ce texte
21:32un report
21:33de son agrément
21:34ce qui n'est pas du tout
21:35l'agenda
21:37l'agenda prévu
21:38par Ursula von der Leyen
21:39elle veut que ça passe
21:40au Conseil européen
21:41elle veut que ça
21:42que ce soit
21:43que ce soit bouclé
21:44pour son arrivée
21:46au Brésil
21:46l'Italie dit que
21:48peut-être aussi
21:49elle est sur
21:49sur le report
21:50il y a beaucoup
21:51d'inquiétudes
21:51qui ont été
21:52évoquées en Pologne
21:54et en Hongrie
21:54des pays agricoles
21:56aussi
21:56et un peu
21:57en Irlande
21:59donc la question
22:00maintenant
22:00c'est effectivement
22:01est-ce que
22:02Emmanuel Macron
22:02va être en mesure
22:03si toutes ces clauses
22:05de sauvegarde
22:05qui vont être renforcées
22:06on le disait
22:07dans quelques heures
22:08par le Parlement européen
22:09ne conviennent toujours pas
22:10le compte n'y est toujours pas
22:12et on le disait
22:13dans son dos
22:13il y a aussi
22:14la colère d'agricole
22:15qui monte sur d'autres sujets
22:16à savoir la dermatose
22:17par exemple
22:18et bien s'il va pouvoir
22:19avoir une minorité
22:21de blocage
22:22au Conseil européen
22:23avec d'autres pays
22:24qui s'opposeraient
22:25finalement
22:26à ce que cet accord
22:27tel qu'il est
22:28actuellement
22:28soit mené
22:31à son terme
22:32et ça
22:32ça posera un vrai problème
22:33parce qu'il se peut aussi
22:35qu'il ne soit plus du tout
22:36désirable
22:37de l'autre côté
22:38de l'Atlantique
22:39et qu'il ne soit plus du tout
22:40désiré
22:40s'il est trop modifié
22:42comme on le disait
22:42par les pays
22:43d'Amérique latine
22:44Christophe
22:45donc le
22:46je dirais que
22:49la position française
22:50est quand même
22:51assez faible
22:51parce qu'on parlait
22:52de l'Italie
22:52oui ça reste
22:53un des seuls alliés
22:55qui pourrait se joindre
22:56à la France
22:57mais c'est pas encore sûr
22:58l'Italie
22:58pour l'instant
22:59n'a pas encore donné
22:59sa réponse
23:00elle a soufflé
23:00le chaud et le froid
23:01pour l'instant
23:03on n'a que la Hongrie
23:04et la Pologne
23:04qui ont clairement dit
23:05on votera non
23:06aux côtés de la France
23:06donc ça ne fait que 3 pays
23:07ça ne fait pas 65%
23:08de la population
23:09et ça ne fait pas
23:10un nombre d'États
23:11insuffisant
23:12l'Irlande vous le disiez
23:13apparemment
23:14elle pencherait maintenant
23:15pour le oui
23:15donc c'est pas sûr
23:17et le côté du oui
23:18lui il est beaucoup
23:19plus important
23:19avec des pays importants
23:21qu'on disait
23:22qu'on nommait
23:23l'Allemagne
23:24qui fait le front
23:25comme qui fait le front
23:26qui fait une grosse pression
23:28en ce moment
23:28avec son chancelier
23:29il faut une minorité de blocage
23:30pas une majorité
23:31une minorité
23:31c'est 35%
23:33de la population
23:33tout à fait
23:34et il y a l'Espagne
23:36il y a le Portugal
23:37il y a tous les pays scandinaves
23:39les Pays-Bas
23:39la République Tchèque
23:40ça fait quand même
23:40beaucoup de pays
23:41qui penchent pour le oui
23:44donc c'est quand même
23:45la position française
23:47elle devient assez faible
23:48sur le sujet
23:48on verra
23:49ce que ça va donner
23:50d'ici la fin de la semaine
23:51On a parlé
23:52Mathieu Courgeot
23:54de la viande bovine
23:55mais on pourrait évoquer
23:56également la question
23:57du sucre
23:57celle du riz
23:58celle du miel
23:59celle du soja
24:00est-ce que
24:01alors on reviendra
24:04sur le sujet politique
24:06et des dirigeants
24:07mais est-ce qu'il y a
24:08une unanimité
24:09dans l'inquiétude
24:10chez les agriculteurs
24:11de l'Union Européenne
24:13aujourd'hui ?
24:15Ah oui
24:15ça c'est très clair
24:16et c'est un des rares sujets
24:17sur lesquels
24:17il y a une unanimité
24:19agricole
24:19c'est que sur le Mercosur
24:20il y a un rejet franc
24:21et massif
24:22de l'ensemble
24:23des organisations agricoles
24:23de l'Union Européenne
24:24et donc ça
24:25ça devrait être
24:26en tout cas
24:26un signal majeur
24:28pour Ursula von der Leyen
24:29et les dirigeants européens
24:30pour dire
24:31non mais en fait
24:31cet accord vieux
24:32de 25 ans
24:32il n'a plus aucun sens
24:33aujourd'hui
24:34quand on parlait
24:34des pesticides
24:35pour l'instant
24:35il y a l'interdiction
24:38de pesticides
24:39chez nous
24:40et c'est une très bonne chose
24:41nous on le revendique
24:42parce que ce sont
24:42des molécules dangereuses
24:44mais par contre
24:44il n'y a pas
24:45de close-biroir
24:46pour dire qu'il va y avoir
24:47l'interdiction
24:48d'importer des produits
24:49traités avec ces pesticides
24:51dans le Mercosur
24:52en fait
24:52ça n'existe pas
24:53ça n'existe pas
24:54et j'insiste là-dessus
24:55et il y a
24:56une vague promesse
24:57de peut-être
24:58mettre en place
24:59d'ici l'été prochain
25:00des choses
25:01mais c'est que du papier
25:02pour l'instant
25:02on n'a aucune garantie
25:03là-dessus
25:03c'est la première chose
25:04et deuxième chose
25:05je rappelle encore
25:06que le coût du travail
25:07n'a absolument rien à voir
25:08il y a des rapports
25:09de 1 à 10
25:10entre l'Union Européenne
25:11et le Mercosur
25:12et en fait
25:12le gros facteur
25:13de distorsion de concurrence
25:15il est aussi celui-là
25:16et là
25:17personne n'en parle
25:18les accords de libre-échange
25:19ça justement pour but
25:20de faire baisser
25:21le coût du travail
25:21au niveau international
25:22de prendre les acteurs
25:23les plus compétitifs
25:24et qu'est-ce qu'on dit
25:25du droit des paysans
25:26à avoir un revenu digne
25:27qu'est-ce qu'on dit
25:28du droit des salariés
25:28à avoir un salaire digne
25:29rien
25:30et donc est-ce que
25:31la stratégie
25:33c'est d'aligner
25:33le SMIC français
25:34sur le SMIC brésilien
25:35nous on trouve
25:36que ce n'est pas
25:36une bonne idée
25:37très clairement
25:38et peut-être
25:38juste pour finir
25:39quand même
25:39sur Emmanuel Macron
25:41nous on a un vrai problème
25:42avec la stratégie
25:43d'Emmanuel Macron
25:44il a des revirements
25:46de positionnement
25:47toutes les trois jours
25:49je reprécise
25:49pour ceux qui n'ont pas suivi
25:52Mathieu Courgeot
25:52et je vous redonne la parole
25:53dans un instant
25:54donc il était
25:55plutôt dans le camp
25:56des opposants
25:57au traité du Mercosur
25:59au moment
25:59de la COP
26:01au Brésil
26:02il a évoqué
26:03des signaux positifs
26:04et là
26:04ça a déclenché
26:05toute une volée
26:06de bois vert
26:06contre lui
26:07de la part du milieu agricole
26:08là en début de semaine
26:10il a demandé
26:10ce report
26:11disant que les conditions
26:12françaises
26:13n'étaient pas remplies
26:14voilà pour vous
26:15c'est illisible ?
26:16Oui complètement
26:18effectivement
26:18au début il a dit non
26:19après il a dit non
26:20en l'état
26:21après il a dit oui
26:22mais sous condition
26:23et puis là maintenant
26:23il dit oui
26:24mais plus tard
26:24et donc nous on est vraiment
26:25ça fragilise la France
26:28ce changement de position
26:29récurrent
26:31et donc nous on se demande
26:32on lui demande
26:33depuis des mois et des mois
26:34d'avoir une position claire
26:35sur le sujet
26:35qui est un non
26:36on ne signera pas
26:37cet accord
26:37et que les ministres
26:40aillent faire
26:40du porte-à-porte
26:42dans les différents européens
26:42pour convaincre
26:43leurs homologues
26:44il y a un espace
26:46pour le faire
26:46Il peut Caroline
26:47ne pas signer
26:47Emmanuel Macron ?
26:48Il peut dire non
26:49Il peut dire non
26:50Oui il peut
26:51Théoriquement il peut dire non
26:52mais ça ne sert à rien
26:52Il faut une minorité de blocage
26:55pour le coup
26:55il n'y a pas de veto possible
26:57Donc si l'Italie lâche
26:59si la Hongrie lâche
27:00voilà
27:01est-ce qu'on peut
27:02alors que c'est
27:03le premier pays agricole
27:04se passer complètement
27:06de la voie de la France
27:07politiquement
27:08est-ce qu'il a encore
27:09un poids suffisant
27:10effectivement
27:10il a été affaibli
27:11par le fait
27:13qu'il y a un gouvernement
27:14qui n'a pas adopté
27:16de budget
27:16etc
27:16c'est une vraie question
27:18moi je voudrais quand même
27:19aller dans le sens
27:20de votre invité
27:20c'est vrai que
27:21en fait cette crise agricole
27:23qui va déclencher
27:23des grandes manifs
27:24qui en déclenche
27:25en ce moment en France
27:26énormément
27:26vous avez suivi bien sûr
27:28et à Strasbourg
27:29au moment de ce vote
27:30justement sur les
27:31sur les clauses de sauvegarde
27:32il y en aura une aussi
27:33à Bruxelles
27:34qui est prévenue
27:35au début du sommet
27:36et une alliège
27:37je crois
27:38de la Confédération
27:40le jeudi 18
27:41tout ça c'est aussi
27:42dans une inquiétude
27:43plus globale
27:45autour de la politique
27:46agricole commune
27:47et justement
27:49qui a beaucoup aidé
27:50ce monde agricole
27:51à vivre
27:51survivre en tout cas
27:52et ce budget
27:54de la PAC
27:54il est mis en cause
27:55parce que
27:56la PAC bénéficie
27:58de 386 milliards d'euros
28:00pour la période
28:012021-2027
28:03c'est à dire
28:03qu'elle représente
28:0440%
28:05du budget
28:06de l'Union Européenne
28:07c'est énorme
28:08mais à partir de
28:092028
28:10c'est le premier poste
28:10de dépense
28:10jusqu'à maintenant
28:13et en compétition
28:14avec une politique
28:15de cohésion
28:15entre les régions
28:16mais à partir
28:18de 2028
28:19et bien justement
28:20on va fusionner
28:21ces deux politiques
28:21et donc il y aura
28:22une coupe de près
28:23de 20%
28:24donc les agriculteurs
28:25se disent
28:25non seulement
28:26on laisse un peu
28:28entrer les loups
28:29dans la bergerie
28:30à travers
28:30des accords de commerce
28:31qui ne sont pas forcément
28:32à l'avantage
28:33de l'agriculture
28:34d'ailleurs on sacrifie
28:35l'agriculture
28:35c'est un peu
28:36le discours
28:36qu'on entend
28:37au profit
28:37de l'industrie
28:38parce que ce qu'on exporte
28:40c'est essentiellement
28:40industriel
28:41mais en plus
28:43on ne garantit pas
28:44qu'à l'avenir
28:45cette politique agricole
28:46commune
28:47qui a permis
28:47à des pays
28:48très agricoles
28:49comme la France
28:50la Roumanie
28:50la Pologne
28:51même l'Allemagne
28:52qui en bénéficient
28:53beaucoup
28:54etc.
28:54de maintenir
28:55une vraie agriculture
28:56et une autosuffisance
28:58européenne
28:58et bien
28:59on n'est pas déterminé
29:01à la soutenir
29:02dans le long terme
29:02et dans le prochain budget
29:04on va privilégier
29:05la question
29:06de la compétitivité
29:07donc encore
29:08de l'industrie
29:08etc.
29:09à ce budget
29:11ou cette enveloppe
29:13de l'agriculture
29:14qui sera fusionnée
29:14avec les régions
29:16et la solidarité
29:17Christophe ?
29:18Oui vous avez raison
29:19Caroline
29:20ce jeudi
29:21et ce vendredi
29:22au sommet européen
29:22figurent à l'ordre du jour
29:23ces discussions
29:24budgétaires
29:25pour le prochain
29:26budget pluriannuel
29:28c'est-à-dire
29:28des années
29:292028
29:30à 2033
29:32si je ne me trompe pas
29:32pour les 5 ans suivants
29:34et effectivement
29:35les agriculteurs
29:36pourraient être
29:36les grands perdants
29:37parce que
29:38si on prend la France
29:39aujourd'hui
29:40elle reçoit
29:4065 milliards d'euros
29:42ça pourrait tomber
29:43de la politique
29:44agricole commune
29:46ça pourrait tomber
29:46à 51
29:47donc 14 milliards
29:48d'euros
29:48en moins
29:49alors qu'il y a eu
29:50l'inflation
29:51alors que les prix
29:52ont augmenté
29:53de toutes parts
29:53donc ça fait
29:54quand même
29:55une enveloppe
29:56en moins
29:57et là on comprend
29:58la colère agricole
29:59et pourquoi
29:59ils vont aller manifester
30:00ce jeudi
30:01à Bruxelles
30:01à Bruxelles
30:02mais aussi
30:03à Liège
30:04parce que
30:05je le disais
30:05c'est compliqué
30:06les syndicats agricoles
30:07ici en France
30:08d'ailleurs un peu partout
30:09en Europe
30:10il n'y a pas toujours
30:10enfin ils sont d'accord
30:13ils sont tous opposés
30:14à cet accord
30:15mais pas sur l'endroit
30:16ou manifesté
30:16jeudi
30:17Pierre Benazé
30:17est-ce qu'on vous a retrouvé ?
30:19Vous m'entendez Pierre ?
30:21Je suis là
30:22Comment est-ce qu'à Bruxelles
30:23on lit
30:24les fluctuations
30:25de la présidence française
30:27vis-à-vis
30:28de cet accord
30:28de libre-échange
30:29Mercosur-Union ?
30:32Il y a deux aspects
30:35c'est d'une part
30:37le fait que
30:37cet accord
30:38avec le Mercosur
30:39a été totalement écarté
30:42au moment
30:42où Jair Bolsonaro
30:44était président
30:46au Brésil
30:46ça ça a été
30:47relativement clair
30:48pour tout le monde
30:49c'était un moment politique
30:50où il y avait
30:51une véritable unité
30:53parmi les 27
30:54à savoir
30:55repousser
30:56l'accord
30:56avec le Mercosur
30:57c'était politiquement
30:58forcément
30:59la bonne solution
31:00au vu
31:01par exemple
31:02ne serait-ce que
31:03pour parler de ça
31:04des déforestations
31:05galopantes
31:06qui ont été
31:07entièrement poussées
31:09et activées
31:10au temps
31:10où Bolsonaro
31:11était président
31:12ça a beaucoup changé
31:14à partir du moment
31:15où Lula
31:16est revenu au pouvoir
31:17on a vu d'abord
31:18en particulier
31:19c'est toujours eux
31:20aujourd'hui
31:20qui mènent
31:21l'offensive
31:23en faveur de cet accord
31:24on a vu revenir
31:25à l'époque
31:26Olaf Scholz
31:27chancelier allemand
31:28au Brésil
31:29pour remettre
31:30pour pousser les feux
31:31sous cet accord
31:32du Mercosur
31:33estimant qu'il était temps
31:34de revenir
31:35vers une négociation
31:37alors que l'Allemagne
31:38avait avant même
31:39la France
31:39décidé de tirer
31:41le tapis
31:42sous l'accord
31:43Mercosur
31:43au moment de l'arrivée
31:44de Bolsonaro
31:45au Brésil
31:45bref
31:46on a eu
31:47cette négociation
31:49interne
31:49aux Européens
31:50un peu
31:51en dents de scie
31:52il faut bien le dire
31:52sur cette façon
31:54qu'ils ont eu
31:55de soutenir
31:56ou pas l'accord
31:57avec le Mercosur
31:57la Commission européenne
31:58n'a jamais eu
31:59de modification
32:00de son mandat
32:01en réalité
32:02puisqu'il y a juste eu
32:04un arrêt
32:05des négociations
32:05qui ont repris
32:07sur la même base
32:07par la suite
32:08et après
32:09effectivement
32:10les Français
32:10ont cherché
32:11on en parlait
32:12à l'instant
32:13à créer
32:14ce mouvement diplomatique
32:16au sein
32:17de l'Union européenne
32:18convaincre
32:19le plus grand nombre
32:20de pays membres
32:21possible
32:22de venir
32:23avec la France
32:24contre cet accord
32:25du Mercosur
32:25et très clairement
32:26ça n'a jamais
32:28véritablement fonctionné
32:29et on voit aujourd'hui
32:30que pour la création
32:31de la minorité
32:33de blocage
32:33tout dépend
32:34de la position
32:35de l'Italie
32:36si l'Italie
32:37s'aligne sur la France
32:38ou même
32:39si elle s'abstient
32:40on pourrait parvenir
32:41à la minorité
32:42de blocage
32:42puisqu'il y a apparemment
32:44pour l'instant
32:45quatre pays
32:46dont l'Autriche
32:47et l'Irlande
32:48qui sont défavorables
32:50à l'accord du Mercosur
32:51tel qu'il est
32:51on pourrait
32:52effectivement
32:53arriver à satisfaire
32:54la demande française
32:55d'un report
32:56mais en réalité
32:57on a bien senti
32:58que ce travail diplomatique
33:00il a été compliqué
33:01pour les Français
33:02et qu'ils ont fini
33:02par choisir
33:04le mode de fonctionnement
33:06qui a dominé
33:07jusqu'à dimanche
33:08à savoir
33:09essayer le plus possible
33:10d'imposer
33:11ces mesures de sauvegarde
33:12d'imposer
33:13des contrôles aux frontières
33:15d'imposer
33:15des mesures miroirs
33:16bref
33:17de modifier
33:17les protocoles additionnels
33:19de façon à ce que
33:20l'accord de Mercosur
33:21soit le moins
33:22insatisfaisant possible
33:24puisque l'aspect
33:25diplomatique
33:26de conviction
33:26au sein des 27
33:27ne fonctionnait pas assez bien
33:28c'est l'échec
33:28on sent quand même
33:29que le sommet européen
33:30risque de se prolonger
33:31je suis désolée pour vous
33:32et Pierre
33:33et Caroline
33:33à quelques jours
33:35des fêtes de fin d'année
33:36d'un mot
33:37le risque environnemental
33:38c'était aussi
33:39l'un des sujets
33:40de contestation
33:41on a cet accord
33:41du Mercosur
33:42plus de production
33:43et notamment bovine
33:44ça veut dire
33:44ça peut vouloir dire
33:45plus de destruction
33:46des écosystèmes
33:48qu'est-ce que Caroline
33:49l'agriculture française
33:51et qu'est-ce que
33:51le contexte politique
33:53ici en France
33:54rend plus incompatible
33:56le cas de l'hexagone
33:58avec cet accord
33:59du Mercosur
34:00alors déjà
34:01c'est vrai que
34:02la France
34:04elle est
34:05on le disait
34:06elle est dans cette
34:06crise de la dermatose
34:08et qui
34:10effectivement
34:11peut-être que
34:12c'est aussi une façon
34:13pour Emmanuel Macron
34:14de détourner
34:15un petit peu
34:16le regard
34:16on dit souvent
34:18que les français
34:19et les autres
34:19ont eu tendance
34:20à toujours
34:21regarder vers Bruxelles
34:22quand il y avait des problèmes
34:23et d'ailleurs
34:24essayer de faire tourner
34:25le peuple français
34:26vers Bruxelles
34:27ça marche un peu
34:28là dans ce contexte
34:30où finalement
34:30c'est la gestion
34:32de la crise
34:32de la dermatose
34:33qui est véritablement
34:34un pic de mobilisation
34:36chez les agriculteurs français
34:37mais on va voir
34:38qu'à Bruxelles
34:39et bien il y aura
34:40beaucoup de français
34:41et la délégation française
34:42sera pléthorique
34:43parce que précisément
34:44et bien
34:44cette problématique
34:47elle rejoint
34:47d'autres problématiques
34:48comme la PAC
34:49moins bien fournie
34:51ou encore
34:52la question
34:53importante
34:55du Mercosur
34:56et il faut savoir
34:57que cet accord
34:58du Mercosur
34:59il a été négocié
35:00par la commission
35:01puisqu'elle a
35:01un mandat exclusif
35:02de négociation
35:03avec les pays
35:04du Mercosur
35:05au moment
35:06où la commission
35:07mettait aussi sur pied
35:08des mesures
35:09très contraignantes
35:10des mesures agricoles
35:11écologiques
35:13très contraignantes
35:14pour les agriculteurs
35:15et ça c'est important
35:16à comprendre
35:16parce que c'est ce double
35:17mouvement qui ne convient
35:18pas justement
35:19c'est qu'on a moins
35:20de normes
35:22pour finalement
35:24toute l'agriculture
35:25qui vient de l'étranger
35:26et puis on renforce
35:27les normes
35:28et il y a eu
35:28d'ailleurs une utilisation
35:30politique de cette colère
35:31agricole
35:31pour lutter contre
35:33les mesures
35:34de verdissement
35:35agricole
35:35le parti populaire
35:36européen
35:37qui est le grand parti
35:38en tête
35:39dans l'hémicycle
35:40et qui est nettement
35:41en tête aussi
35:42au niveau des chefs
35:43d'état
35:43et de gouvernement
35:44il a beaucoup voté
35:45avec l'extrême droite
35:46dans l'hémicycle
35:47pour diminuer
35:48finalement
35:50les contraintes
35:51écologiques
35:52pour les agriculteurs
35:53la flexibilité
35:54pour les zones
35:55d'intérêt écologique
35:56supprimer la vigilance
35:58dans toutes les filières
35:59notamment
35:59est-ce qu'on nourrit
36:00ces bêtes
36:01avec des OEMG
36:03qui sont importées
36:04la déforestation
36:05on ne veut plus
36:06de la loi
36:07sur la déforestation
36:08parce que c'est
36:08trop contraignant aussi
36:09à l'intérieur
36:11et à l'extérieur
36:12et bien on la voudrait
36:13en revanche
36:14bref
36:15la création
36:16d'un nouveau type
36:17d'OGM
36:18tout ça
36:18c'est un agenda
36:20qui a été très politique
36:21qui a été finalement
36:22très visible
36:24avec des votes
36:25je le disais
36:26de la droite
36:27contre
36:27de nouvelles contraintes
36:29pour les agriculteurs
36:30qui demandent
36:31de la simplification
36:32alors la PAC
36:33elle a besoin
36:33d'être simplifiée
36:34c'est très difficile
36:35de remplir
36:35les dossiers de la PAC
36:36c'est indéniable
36:37pour les agriculteurs
36:38mais si simplification
36:39ça veut dire
36:40dérégulation
36:41à outrance
36:42façon Donald Trump
36:44j'ai envie de dire
36:44et bien ça
36:46c'est un autre débat
36:47et on voit aussi
36:49cette politisation
36:50et cette utilisation
36:51du monde agricole
36:52dans un combat
36:53très politique
36:54pour ou contre
36:55les mesures environnementales
36:56à l'intérieur
36:57et à l'extérieur
36:58il y a un contexte politique
36:59ici en France
37:00bien sûr Christophe
37:01oui il y a ce contexte politique
37:03il faut se rappeler
37:03de cette crise agricole
37:04qu'on a eu
37:05il y a deux ans
37:06tout juste
37:07au mois de janvier 2024
37:09avec ce salon
37:10de l'agriculture
37:11dont l'ouverture
37:13avait été retardée
37:14de quelques heures
37:15parce qu'Emmanuel Macron
37:17avait du mal à passer
37:18on se rappelle
37:19la négociation
37:19parce qu'il y avait
37:20cette colère
37:21et ce mal-être
37:22agricole
37:23qui existe
37:24qui est clair
37:25parce que
37:25ce secteur de l'agriculture
37:27qui en France
37:29représente un peu plus
37:29de 1%
37:301,4% je crois
37:31du PIB
37:33et bien
37:34il est
37:35depuis quelques années
37:36en perte
37:37on a vu
37:3830%
37:38des exploitations
37:39d'élevage
37:39par exemple
37:40en moins
37:40en 10 ans
37:415 millions de bêtes
37:43en moins
37:44il y avait 20 millions
37:44de bêtes
37:44il y a 10 ans
37:45aujourd'hui
37:46c'est un peu plus
37:47de 15 millions
37:48de bovins
37:48donc c'est
37:50un secteur
37:50où on voit
37:52des fermes
37:52qui ferment
37:54on voit
37:55des jeunes
37:57qui n'ont pas envie
37:57de prendre
37:58la succession
37:59de leurs enfants
38:00la santé mentale
38:00des agriculteurs
38:01aussi qui va déclinante
38:02voilà
38:03et on comprend pourquoi
38:04parce que les revenus
38:05sont en baisse
38:06parce qu'il y a
38:06quand même plus de 20%
38:07des éleveurs
38:09parce qu'on parle
38:09des éleveurs
38:10qui aujourd'hui
38:12vivent dans la pauvreté
38:13qui sont parfois
38:14obligés d'avoir
38:14un deuxième métier
38:16pour pouvoir
38:17faire vivre
38:17cette exploitation
38:18on ne peut pas
38:19prendre de vacances
38:19c'est un métier
38:19extrêmement dur
38:20et qui est
38:21extrêmement difficile
38:23donc on comprend
38:24d'où on vient
38:24et on voit
38:25ce poids
38:26de ces manifestations
38:27qui ont eu lieu
38:27en janvier 2024
38:29aujourd'hui le gouvernement
38:30il a peur
38:31de revivre la même chose
38:32il y a cette crise
38:33sanitaire
38:34mais qui pourrait
38:35déboucher sur autre chose
38:36et on est dans une
38:37situation politique
38:39où on est en train
38:40de voter le budget
38:41d'une part
38:41on est d'autre part
38:43face à des élections
38:44municipales qui vont arriver
38:45et puis bientôt
38:45la présidentielle
38:46donc tout ça
38:47c'est très politique
38:47Je voudrais donner la parole
38:48à Mathieu Courgeot
38:49Caroline
38:49j'imagine bien sûr
38:50que ce que vient dire
38:51Christophe Dansette
38:52et les chiffres
38:53qui l'a rappelé
38:53sur les difficultés
38:54du milieu
38:55les fermetures
38:56d'exploitation
38:57la santé mentale
38:58des agriculteurs également
38:59il y a quelque chose
39:00assez contradictoire
39:01en réalité
39:02ici en France
39:03les difficultés
39:04de ce secteur
39:05et à la fois
39:05l'attachement
39:06à la force
39:07quasi symbolique
39:09que représente
39:09ce monde
39:10de l'agriculture
39:11du point de vue
39:13des français
39:13c'est en ça aussi
39:15que chaque crise agricole
39:16est surveillée
39:18si j'ose dire
39:18comme le lait
39:19sur le feu
39:19par les autorités
39:20Mathieu Courgeot
39:21car les français
39:22sont très attachés
39:23à leurs agriculteurs
39:24et vous
39:25vous avez ces difficultés-là
39:26et donc il y a
39:26cette ligne de crête
39:27sur laquelle il faut
39:28fonctionner en permanence
39:29Oui, effectivement
39:31après moi je crois
39:32qu'il faut faire attention
39:32non plus
39:33à ne pas avoir
39:33une vision
39:34trop misérabiliste
39:35des agriculteurs
39:36je crois qu'effectivement
39:37il y a des conditions
39:37d'exercice du métier
39:38qui sont compliquées
39:39moi je vois sur ma ferme
39:40par exemple
39:40on a eu la fièvre
39:42qui a touché nos vaches
39:44on a eu des crises climatiques
39:45qui s'ajoutent
39:46moi je suis en agriculture
39:47biologique
39:48on a eu la crise du lait bio
39:49qui est encore en cours
39:51et donc effectivement
39:52il y a des difficultés
39:53mais on est quand même
39:54fiers de faire ce métier-là
39:55parce qu'il a du sens
39:55parce qu'il permet
39:56de nourrir les gens
39:57trois fois par jour
39:57parce qu'il permet d'entretenir
39:59nos territoires
39:59parce que c'est un métier
40:00dont on est vraiment très fiers
40:01et c'est un métier
40:04d'intérêt général
40:05on a tous besoin
40:06de manger trois fois par jour
40:07même si malheureusement
40:08il y a une partie de la population
40:09qui n'y parvient pas
40:10pour cause de pauvreté
40:11et donc on a vraiment besoin
40:13de réponses politiques
40:14à la hauteur
40:14et sur le cas du Mercosur
40:15pour venir saisir une pleure
40:16nous on a vraiment l'impression
40:18que la commission européenne
40:19elle est restée bloquée
40:20il y a dix ans en fait
40:20et qu'aujourd'hui
40:21on a eu le Covid
40:22qui a mis sous pression
40:23l'échelle élémentaire
40:24on a eu l'Ukraine
40:25qui a provoqué une grasse crise
40:26on a les taxes Trump
40:27on a la crise climatique
40:28qui s'aggrave
40:29on a les crises sanitaires
40:30et ce dont on a besoin
40:32c'est vraiment
40:33d'avoir une véritable politique
40:35à la fois nationale
40:36et européenne
40:36qui renforce
40:37l'autonomie stratégique
40:38du continent en fait
40:39et ça
40:40on a besoin effectivement
40:41d'arrêter les accords
40:42de libre-échange
40:43parce que clairement
40:43ce n'est pas la solution
40:44on a besoin aussi
40:45d'une politique agricole forte
40:46qui en premier lieu
40:48en premier lieu
40:49on insiste là-dessus
40:50permet de réguler
40:51les marchés agricoles
40:52réguler les marchés agricoles
40:54ça veut dire
40:54faire en sorte
40:55que les agriculteurs
40:56nous nous touchions
40:57des prix qui soient justes
40:58et stables
40:58qui couvrent nos coûts
40:59de production
41:00et ça c'est essentiel
41:01et c'est incompatible
41:02strictement incompatible
41:03avec les accords
41:04de libre-échange
41:04et tout ça
41:05pour faire en sorte
41:06que je me permets
41:07juste de finir là-dessus
41:08j'en ai pas pour longtemps
41:08ça permet en fait
41:10de libérer de l'argent
41:12vous avez parlé
41:12de 388 milliards d'euros
41:14à l'échelon européen
41:16sur 7 ans
41:16c'est vrai
41:17et ça ça permet
41:18de libérer cet argent
41:19pour
41:19avec des prix justes
41:21et stables
41:22pour justement
41:22mettre de l'argent
41:23sur la transition
41:24des systèmes agricoles
41:26vers plus d'environnement
41:27et aussi
41:28vers le renouvellement
41:29des générations agricoles
41:30il y a 200 fermes
41:30qui ferment leurs portes
41:31par semaine en France
41:32et ça c'est inacceptable
41:33et donc
41:34si on veut produire
41:35aujourd'hui
41:35et produire demain
41:36il nous faut réunir
41:37l'ensemble
41:38de ces conditions
41:39pour pouvoir
41:40faire en sorte
41:41que les agriculteurs
41:42retrouvent
41:42sortent la tête de l'eau
41:43et retrouvent
41:43de la fierté
41:44exercer ce métier
41:44Mathieu Courgeot
41:45juste d'un mot
41:46si je comprends bien
41:47quelles que soient
41:47les clauses de sauvegarde
41:49qui seront votées
41:50tout à l'heure
41:51des compromis
41:52d'ici de là
41:53pour vous
41:53c'est tout ou rien
41:55enfin c'est tout rien
41:57et il n'y a pas
41:58une version
41:58de l'accord
41:59de libre-échange
41:59avec le Mercosur
42:00qui pourrait être
42:02faire l'objet
42:03d'un compromis
42:04qui serait acceptable
42:05Non
42:06clairement non
42:07clairement non
42:08ça c'est sûr
42:09c'est pour ça
42:09qu'on sera mobilisés
42:10vous l'avez dit
42:10à Liège
42:11avec les autres syndicats
42:12agricoles européens
42:14qui sont les homologues
42:15de la Confédération paysanne
42:16pour dire à la fois
42:18non à cet accord
42:19du Mercosur
42:20oui à une PAC
42:21qui régule les marchés
42:22et avec du budget
42:23pour nous accompagner
42:24dans la transition
42:25et non aussi
42:26à la dérégulation
42:27on insiste beaucoup
42:28là-dessus
42:28votre collègue l'a rappelé
42:30nous sommes contre
42:31la dérégulation
42:32sur les pesticides
42:33par exemple
42:33parce que ça met
42:34notre santé
42:34à nous agriculteurs
42:35en danger
42:36et ça compromet
42:36notre capacité
42:37à nourrir la population
42:38demain
42:38Caroline
42:39là on est dans
42:39un blocage complet
42:40la commission
42:41ne semble pas
42:42encline à entendre
42:43ce que porte
42:45Mathieu Courgeot
42:46et ses confrères
42:46oui on comprend bien
42:47qu'il y a des manifestations
42:48ensemble
42:50mais il y a aussi
42:50deux types d'agriculture
42:52l'agriculture familiale
42:54qui est un modèle
42:55effectivement
42:56confédération paysanne
42:57le bio
42:58etc
42:58d'un côté
42:59qui au contraire
43:01voudrait que ce plan
43:03de mise en place
43:04quand même
43:04d'une structure
43:07d'une agriculture
43:08plus propre
43:08etc
43:09soit véritablement
43:11prolongé
43:13et non pas arrêté
43:14comme il l'est parfois
43:15au cours de vote
43:17au Parlement européen
43:18et puis
43:18la grande agriculture
43:19plus intensive
43:21type FNSEA
43:22etc
43:22tous les deux
43:23sont d'ailleurs
43:24dans un seul même syndicat
43:25ce qui est compliqué
43:26parce que c'est un peu schizophrène
43:27qui elle dit
43:28on a trop de contraintes
43:29simplifions
43:30dérégulons
43:31etc
43:31et donc
43:33ça c'est important
43:34mais ce que je note
43:35quand même
43:36c'est très important
43:36de comprendre
43:37que les agriculteurs
43:39sont un peu
43:40dans l'obligation
43:41de manifester
43:42parce qu'ils ont
43:42une position de faiblesse
43:44sur 450 millions
43:45d'habitants
43:46que compte l'Union européenne
43:47il y a à peine
43:489 millions
43:49d'agriculteurs
43:50c'est très peu
43:51et donc
43:51ils ont l'impression
43:52que leur voix
43:53ne porte pas
43:54suffisamment
43:55et surtout
43:56ils ont l'impression
43:57que finalement
43:57on est en train
43:58de s'imposer
44:00plein de contraintes
44:01de faire plein d'accords
44:02etc
44:02au moment où
44:03en effet
44:04la guerre en nous craigne
44:05et peut-être même
44:06le Covid
44:06nous ont appris
44:07qu'il fallait être
44:08autosuffisant
44:09coûte que coûte
44:10et que l'autosuffisance
44:11c'était une vraie valeur
44:12et que eux
44:13peuvent d'ailleurs
44:15avoir
44:16la possibilité
44:18de perpétuer
44:19cette autosuffisance
44:20européenne
44:21qui est bien réelle
44:21d'ailleurs
44:22on exporte
44:22après la question
44:24de l'exportation
44:24est un autre débat
44:25mais on est même
44:26un continent exportateur
44:28et donc
44:29voilà
44:31cette voix
44:32qui porte peu
44:33et qui voudrait
44:33souligner aussi
44:34l'importance
44:35dans cet environnement
44:36géopolitique
44:37de l'autosuffisance
44:38il y a une contradiction
44:38apparente là
44:39que la commission
44:40aujourd'hui assume
44:41Pierre Benazet
44:42comment est-ce qu'elle
44:43défend cet accord
44:44sur le volet
44:45de l'agriculture
44:46sur le volet
44:49de l'agriculture
44:50elle affirme
44:51que
44:51les agriculteurs
44:53l'industrie
44:55agroalimentaire
44:55européenne
44:56exporte
44:5760 à 70 milliards
44:59d'excédents
45:00commerciaux
45:00vers le continent
45:02sud-américain
45:03et que donc
45:04l'accord
45:05avec le Mercosur
45:06ne fera que
45:06renforcer
45:07la position
45:07de force
45:08des européens
45:09que les mesures
45:10de sauvegarde
45:11sont prêtes
45:12que l'Europe
45:13est prête
45:14à se défendre
45:15contre des produits
45:15qui ne seraient pas
45:16aux normes
45:17bref
45:17des arguments
45:19et puis aussi
45:20cet argument
45:21géopolitique
45:21dont on parlait
45:22tout à l'heure
45:23économiquement
45:23c'est important
45:24géopolitiquement
45:25c'est important
45:26mais effectivement
45:27la partie agricole
45:28de cet accord
45:29il reflète bien
45:30l'évolution
45:31de l'Union européenne
45:32qui dans les années 80
45:33consacrait plus de 70%
45:35de son budget
45:36à la PAC
45:37aujourd'hui
45:37c'est 24,6%
45:39on sent bien
45:40que ça n'est plus
45:40la priorité première
45:41on a rajouté
45:42un nombre de missions
45:43considérables
45:44à l'Union européenne
45:46et à la commission
45:47en particulier
45:47et finalement
45:48le volet agricole
45:49n'est plus
45:50défendu
45:51autant bec et ongle
45:52que ça a été
45:53par le passé
45:53les dernières grandes
45:54prises d'armes
45:56les dernières grandes
45:57passes d'armes
45:58sur le volet agricole
45:59entre Européens
45:59ça a été essentiellement
46:01à l'époque
46:01où Jacques Chirac
46:02était encore président
46:03de la République
46:03donc ça commence
46:04à remonter
46:05au traité de Nice
46:06donc c'est plus
46:07très récent
46:08Jacques Chirac
46:08était sans doute
46:09plus populaire
46:09auprès des agriculteurs
46:10que ne l'est
46:11Emmanuel Macron
46:11aujourd'hui
46:12merci beaucoup
46:13à tous les quatre
46:14d'avoir participé
46:15à cette discussion
46:15merci Mathieu Courgeot
46:16on a entendu
46:17votre inquiétude
46:17mobilisation
46:18donc à venir jeudi
46:19du côté Liège
46:20il y aura aussi
46:20des grands rassemblements
46:21à Bruxelles
46:22on l'a dit
46:22la fin de semaine
46:23promet d'être
46:23assez tendu
46:25dans la capitale
46:26de l'Union européenne
46:27l'une des capitales
46:28on n'oublie pas
46:28Strasbourg avec le vote
46:29à midi et demi
46:30tout à l'heure
46:30Caroline
46:30vous le commenterez
46:31tout à l'heure
46:31sur l'antenne de France 24
46:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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