00:00En fait c'est terrible parce qu'on est en train de passer d'une crise sanitaire, agricole, à une crise politique,
00:04tout simplement parce que le politique est déconnecté du réel.
00:07C'est la guerre entre le pays légal et le pays réel.
00:09Et il est d'autant plus présent cette guerre que je suis étonné de ce soit Annie Gennevar quand même
00:13qui représente aussi bien ce pays légal face à la réalité du pays réel,
00:17parce qu'elle a quand même été mère de mortaux, elle est inscrite dans le doux.
00:22C'est une femme politique qui avait les pieds sur terre, et là elle est complètement déconnectée.
00:25On a l'impression qu'elle a complètement été grisée par les dorures de la République
00:28et qu'elle s'est fait bouffer par la bureaucratie.
00:30Est-ce qu'elle connaît les dossiers ?
00:31Je pense qu'elle ne connaît pas complètement les dossiers, mais qu'elle est tiraillée entre d'une part
00:35sa volonté de rester dans une sorte de légalité gouvernementale,
00:40une sorte de loyauté envers ce gouvernement,
00:42et d'autre part une réalité du terrain où elle se rend compte que ça ne va pas.
00:45Parce qu'effectivement ce qui se passe, mais c'est comme les dossiers de tuberculeuse,
00:49vous avez une exacerbation du principe de précaution qui fait qu'on se dit que ce n'est pas grave.
00:54Parce qu'en fait, une vache c'est quoi ? C'est une valeur numéraire.
00:57Donc on va lui donner 2000 euros.
00:58Moi j'ai souvenir devant le tribunal administratif de Poitiers,
01:00pour un agriculteur, vous avez abattu sa vache.
01:03J'arrive devant le juge administratif, j'ai la DSV,
01:05donc les services sanitaires qui sont l'administration à côté de moi,
01:08et qui disent « mais je ne comprends pas, comme ça, pourquoi monsieur est gêné ?
01:12On va lui donner 1800 euros. »
01:14Mais je dis « mais vous n'avez pas compris que pour un agriculteur,
01:16son cheptel, sa vache, c'est des années de travail, c'est des mois, c'est de l'amour,
01:20c'est qu'on travaille des bêtes pour avoir des animaux qui soient sains,
01:23qu'ils puissent produire, qu'ils puissent… »
01:25C'est comme si vous alliez voir, je ne sais pas, un ébéniste
01:28et que vous lui retirez tout son bois, tout son atelier.
01:31Il y a un moment où il faut une réalité.
01:33Et en fait, on a une déconnexion d'une part entre une bureaucratie
01:36qui est soumise effectivement à des normes qui sont déconnectées de la réalité,
01:40et d'autre part, des agriculteurs comme vous,
01:43comme l'a pu l'être mon client,
01:44qui eux n'attendent que d'une chose,
01:45c'est de la part de l'État un petit peu de compréhension
01:48et tout simplement d'avoir les pieds sur terre.
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