Skip to playerSkip to main content
  • 7 weeks ago

Category

🗞
News
Transcript
00:00Bonjour, soyez les bienvenus dans la semaine de l'écho.
00:07On démarre avec ce chiffre, plus de 1000 milliards de dollars, c'est le montant de l'excédent commercial de la Chine.
00:13Malgré les droits de douane de Donald Trump, le Made in China inonde la planète à un niveau inégalé.
00:18Comment expliquer de telles performances face à ce rouleau compresseur ?
00:22Comment l'Europe peut-elle résister ?
00:24Les droits de douane et autres transferts de technologies demandés par Emmanuel Macron sont-ils la solution ?
00:29Dix ans après l'accord de Paris, faut-il en finir avec le pacte vert et autres réglementations européennes ?
00:36Pour répondre à toutes ces questions, j'ai le plaisir d'accueillir sur ce plateau Pierre Boulet, bonjour.
00:41Bonjour.
00:42Vous êtes investisseur auprès de petites et moyennes entreprises et ancien PDG de l'équipementier automobile Novarez.
00:49Elvire Fabry, bonjour.
00:51Bonjour.
00:51Chercheux seigneur à l'Institut Jacques Delors.
00:54Et Anthony Morley, la vie d'Ali, bonjour.
00:56Vous êtes économiste chez Rex & Code.
00:59Jusqu'où ira le Made in China ?
01:03Pékin affiche donc plus de 1000 milliards de dollars d'excédent commercial,
01:07dont 300 milliards rien qu'avec l'Union Européenne en 2024.
01:11S'il y a bien un produit qui illustre cette montée en puissance de la Chine,
01:16c'est la voiture électrique.
01:17Pour la première fois cette année, l'UE a importé plus de voitures chinoises qu'elle n'en a exportées.
01:22Le reportage de nos confrères de France 2.
01:28Le véhicule hybride parti pour recharger les bus.
01:33Pour sa nouvelle voiture de fonction, Laurent Pombette a choisi chinois.
01:36Ce commercial récupère aujourd'hui sa nouvelle voiture de la marque BYD,
01:40pas encore très connue en France mais déjà un géant mondial.
01:42Un modèle hybride rechargeable, 870 km d'autonomie, 44 500 euros.
01:48Je n'ai pas trouvé d'équivalent, à la fois au niveau du look et à la fois de l'autonomie.
01:53Je reparle encore mais c'est vraiment ce qui m'a poussé à prendre ce véhicule.
01:58Acheter chinois, de plus en plus de Français font ce choix et la marque ne cache pas son ambition.
02:02On est passé de 50 à 70 concessions et l'année prochaine, nous ambitionnons les 200 sites en France.
02:08Donc on a une très très forte demande.
02:10Aujourd'hui, des marques chinoises comme BYD, MG ou Xpeng partent à la conquête de l'Europe.
02:16Car en Chine, le secteur explose et cherche de nouveaux débouchés.
02:20200 marques qui rivalisent d'innovations technologiques dont les conducteurs chinois raffolent.
02:25Je suis chinois, pourquoi j'achèterais une voiture étrangère ?
02:28Les nôtres sont aujourd'hui de très bonne qualité.
02:30Des modèles vendus 20 à 30% moins cher que leur équivalente fabriquée en Europe selon les experts.
02:36Des voitures, mais aussi de plus en plus de pièces détachées, pneus, freins ou boîtes de vitesse.
02:42Plus 67% d'importations depuis 2021.
02:45Pour la première fois cette année, l'Europe a importé plus de voitures de Chine qu'elle ne lui en a vendues.
02:49Notamment parce que des constructeurs européens aussi en fabriquent sur place.
02:54Il y a deux gros tiers des importations de Chine qui sont le fait des constructeurs chinois.
02:58Et puis il y a un tiers qui est le fait des BMW, des Mercedes, éventuellement des Dacia,
03:04pour lesquels on va choisir de développer des véhicules là-bas parce que les coûts étaient moires.
03:10Pour protéger l'industrie occidentale, des équipementiers demandent aujourd'hui la création d'un label
03:15pour préserver les voitures et les pièces fabriquées dans l'Union Européenne.
03:18Pierre Boulay, vous avez travaillé longtemps avec la Chine.
03:22Cette montée en puissance de l'automobile chinoise, vous l'aviez vue venir ?
03:27Il est un fait qu'il y a de nombreuses années, l'industrie chinoise produisait peu de voitures.
03:32Et puis les fabricants de batteries, qui viennent de là, ont commencé à faire des voitures,
03:37alors qu'en Europe c'est des fabricants de voitures qui ont fait des voitures électriques.
03:40Et donc une marque comme BYD a au moins 20 ans d'âge.
03:44A l'époque c'était plutôt build your drama, parce qu'il y en avait plein sur le bord des routes.
03:47Oui, parce que BYD ça veut dire build your dream, construisez votre rêve.
03:52Et donc à l'époque vous nous dites que c'était plutôt construisez votre drame.
03:56Tout à fait. Alors aujourd'hui c'est tout à fait build your dream,
03:58parce que ce sont des voitures qui sont très bien finies, très développées,
04:03et il y a tout un tas d'innovations technologiques alléchantes.
04:05Ça c'est vrai que ça s'est développé, et on l'a vu déjà depuis 5-6 ans, cette évolution.
04:12Et les voitures allemandes qui étaient très haut de gamme se sont vues rattrapées par les voitures chinoises.
04:18Ce que nous dit aussi le reportage, c'est que les pièces automobiles, les équipementiers sont aussi concernées.
04:24Oui, les équipementiers ont suivi, plus pour des questions de coût, d'abord pour livrer les clients chinois,
04:30puisque quand même en Chine on produit une voiture sur trois sur la planète,
04:33donc il y a déjà tout ce volume qui est à servir, plus la production de pièces de la part des équipementiers
04:40qui sont faites en Chine et réimportées, soit aux Etats-Unis, Mexique ou en Europe.
04:46Alors des modèles vendus 20 à 30% moins cher que leur équivalent fabriqué en Europe, comment vous l'expliquez ?
04:52Il y a plusieurs choses. Il y a d'abord un écart de coût.
04:56On pourra en revenir tout à l'heure sur les écarts de coût entre la Chine et l'Europe.
05:00Il y a un énorme écart de coût. Et puis il y a la préférence chinoise, ce qui fait que les règles,
05:08même si elles sont affichées officiellement les mêmes pour tout le monde,
05:12force est de constater que les entreprises chinoises obtiennent assez facilement un certain nombre de dérogations.
05:18D'ailleurs la chancelière allemande était allée en Chine pour rouspéter auprès de Xi Jinping pour ça,
05:24parce qu'en fait ce n'est pas armes égales.
05:26C'est-à-dire c'est quoi la préférence chinoise ?
05:28C'est-à-dire que vous avez des règles et des taxes qui sont applicables pour tout le monde.
05:33Et ça c'est le document officiel qui arrive pour tout le monde.
05:35De la part des autorités chinoises ?
05:37De la part des autorités chinoises.
05:39Sauf que localement, les provinces accordent des dérogations.
05:44On ne paye pas telle taxe, on ne paye pas ceci, on ne paye pas cela.
05:46Et globalement, c'est entre 15 et 20% du chiffre d'affaires de l'entreprise en dérogation.
05:54Ce qui fait que les équipementiers européens américains qui sont en Chine ne bénéficient pas de ces dérogations,
06:00alors que les équipementiers chinois en bénéficient.
06:03Et donc tout ça, oui, ça génère 20 à 30% qui s'ajoute à l'écart de main-d'oeuvre,
06:10parce qu'entre salariés chinois, un coût chinois, un coût français, il y a un facteur 4 à 5.
06:15Et puis il y a peut-être aussi la question des subventions ?
06:18Alors les subventions, on va dire que c'est plus le développement en amont qui se rajoute à tout ça.
06:24Mais pour ce qui est du coût aujourd'hui, c'est les exemptions de taxes et le coût de la main-d'oeuvre qui est vraiment très décalé.
06:32Elvire Fabry, la Chine ne joue pas à arme égale avec l'Union européenne ?
06:36Non, c'est un vieux sujet, c'est un vieux contentieux qui a déjà été mis sur la table de manière collective
06:42par les entreprises européennes à travers la Chambre de commerce de l'Union européenne à Pékin.
06:47Parce que c'était difficile pour une entreprise dans le secteur automobile comme dans d'autres secteurs
06:51de s'exposer à dire « il y a des mesures discriminatoires qui me ciblent »
06:56parce qu'elles risquaient de subir des mesures de rétorsion.
06:59Maintenant, ça fait plusieurs années que ce rapport qui est fait chaque année sur la base de sondages,
07:07pas de sondages mais d'enquêtes auprès de ces entreprises, montre que ces distorsions sont bel et bien réelles,
07:13elles sont bel et bien identifiées.
07:15Ça crée un vrai décalage de concurrence.
07:20Et je dirais que maintenant, le problème, c'est qu'on va même au-delà de ça,
07:26c'est qu'en fait la Chine a réussi à développer une sorte de hub d'innovation,
07:31de capacité où vous trouvez à quelques dizaines de kilomètres tout ce qu'il faut
07:35pour finalement assurer la recherche, le développement, la logistique
07:39et qui du coup permet aussi de développer des chaînes de production beaucoup plus rapides.
07:44C'est un vrai argument de compétitivité, pour le coup, c'est peut-être pas une distorsion de concurrence.
07:48Non, mais c'est pour ça que je dis, à la distorsion de concurrence,
07:52il y a en plus aujourd'hui une sorte d'effervescence qui est très favorable aux entreprises qui sont implantées en Chine.
08:01On va y venir dans un instant, mais peut-être d'abord, les droits de douane de Donald Trump
08:04ont-ils réellement freiné la Chine ou simplement détourné les exportations vers d'autres régions,
08:09et notamment l'Europe ?
08:11Ça n'a pas freiné la Chine, en tout cas quand on regarde ces dynamiques d'exportation.
08:14Plus de 1 000 milliards d'excédents commerciaux, on l'a dit.
08:16Même sur 12 mois, parce que là, les 1 000 milliards, c'est sur les 11 premiers mois de l'année 2025.
08:20Sur 12 mois, on est à 1 200.
08:22Et si vous retirez l'énergie, donc vous ne regardez que les biens manufacturés,
08:25c'est 2 000 milliards d'excédents commerciaux que réalise la Chine.
08:28Donc c'est juste colossal.
08:29Est-ce que ça a freiné la Chine ? Pas du tout.
08:31Ces rythmes d'exportation sont juste, même dépassent les attentes.
08:34C'est essentiellement grâce à une réorientation de ces exportations.
08:37Il y a des pays plateformes qu'on connaît bien,
08:39le Vietnam, le Mexique, et même maintenant, plus généralement, l'Asean.
08:43C'est-à-dire l'Asie du Sud-Est ?
08:44Tout à fait. Elle exporte dans tous les pays du monde.
08:46La Chine gagne des parts de marché en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique.
08:50En Russie.
08:51En Russie.
08:51Pardon, en Russie ?
08:52En Russie, bah oui.
08:53Et en Europe, désormais, de manière complètement massive.
08:56Disons que les États-Unis ont cherché à se protéger.
08:59Ça a quand même des effets très limités.
09:01La raison, elle est assez simple.
09:02Quand vous avez quand même un producteur mondial qui est la Chine,
09:04qui produit un tiers de la production manufacturière mondiale,
09:08que vous êtes les États-Unis, c'est-à-dire le premier consommateur mondial,
09:10vous ne pouvez pas facilement trouver un substitut.
09:13Donc à la fin, si vous devez importer des quantités énormes de certains entrants ou autres,
09:16c'est la Chine ou la Chine.
09:18Donc à la fin, même si ça passe par une route détournée,
09:20le producteur, c'est quand même la Chine à la fin.
09:22L'Europe est-elle la grande victime collatérale de cette guerre commerciale sino-américaine ?
09:26C'est-elle vue inondée de produits chinois ?
09:28Elle n'est pas la seule.
09:29Parce qu'en effet, il y a eu une réorientation des flux d'exportation chinois
09:32des États-Unis vers l'Europe, vers l'Asie du Sud-Est.
09:36En grande partie, d'abord vers l'Asie du Sud-Est,
09:38mais 80% des exportations chinoises qui ne rentraient plus sur le marché américain au printemps
09:44se sont détournées en deux mois.
09:47Et on a vu une explosion des déficits commerciaux de tous les pays de l'Asie du Sud-Est,
09:53du Japon, de l'Union européenne.
09:56Donc il y a une agilité des entreprises aussi qui est très très forte.
09:59Et c'est quelque chose qu'il faut bien avoir à l'esprit,
10:01que c'est quelque chose que la Chine préparait depuis 2018,
10:03depuis les premiers droits de douane que Donald Trump appliquait.
10:06Il y a eu une préparation, une stratégie de diversification.
10:10Oui, mais justement, la différence, c'est que cette fois-ci,
10:12Donald Trump a aussi visé tous ces pays d'Asie du Sud-Est dont vous parlez.
10:17Finalement, ça n'a pas fonctionné ?
10:19C'est-à-dire que là, on pourrait reparler de l'impact que ça a sur l'économie américaine.
10:25Parce qu'à court terme, il faut rappeler que c'est quand même le consommateur
10:28et les entreprises américaines qui payent ce surcoût.
10:31Donc ça, on peut le noter.
10:33Il y a eu une augmentation des prix aux États-Unis
10:36à la suite de ces hausses de droits de douane et de politiques commerciales.
10:39Il faut attendre encore un peu, parce qu'à l'annonce, d'abord,
10:41des mesures qui pouvaient venir, et puis des premiers...
10:43Là, on voit l'image des premiers droits de douane en feu d'artifice
10:46qui ont été annoncés début avril.
10:48Les entreprises ont quand même constitué des stocks très importants,
10:51le plus important de tout ce qu'elles pouvaient constituer comme stocks,
10:53aux États-Unis.
10:55Donc il faut attendre que ça se lisse un peu sur la consommation.
10:57Et puis là, il y a l'effet aussi consommation de Noël.
11:00Donald Trump a aussi quand même multiplié les exemptions.
11:04Donc tout ça est encore pas très...
11:05Donc ça va coûter cher aux finances publiques américaines ?
11:07Absolument.
11:08Non, les finances publiques, en fait, elles, je dirais qu'elles thésaurisent
11:12actuellement le fameux trésor des droits de douane
11:15que Donald Trump affichait, pour lequel il faisait une publicité énorme.
11:19Mais c'est le consommateur qui paye.
11:21Et puis c'est les entreprises qui ont besoin d'intrants, de composants étranges
11:25qu'elles font venir de l'étranger pour produire, soit vendre sur le marché américain,
11:29soit réexporter, qui sont elles-mêmes directement pénalisées,
11:32y compris la filière automobile américaine,
11:35qui voit l'acier et l'aluminium continuer à être très taxés
11:39et qui ont besoin de consommer cet acier, cet aluminium,
11:43avec des producteurs américains qui, eux, se sont alignés aussi à la hausse
11:46sur les prix des prix d'importation.
11:48Donc, en fait, ce ne sont pas des mesures vertueuses
11:53qui vont avantager la production locale.
11:56Tiens, vous vouliez ajouter quelque chose ?
11:58En fait, les taxes, quand elles sont appliquées,
12:02il faut être conscient que c'est, au final, le consommateur qui paye.
12:08Donc, que ce soit aux États-Unis ou en France, etc.,
12:11si on rajoute des taxes, ça va rajouter de l'inflation,
12:14puisque les produits qu'on achète en Chine, comme vous l'avez dit,
12:18on n'a pas forcément le choix.
12:21C'est-à-dire qu'ils ne sont pas produits ailleurs, en Europe ou en France.
12:24Donc, de toute façon, les équipementiers vont acheter plus cher
12:29et donc vont vendre plus cher.
12:31En plus, il y a un effet domino.
12:33C'est-à-dire qu'une fois qu'on a le prix hors taxe,
12:35qu'on rajoute la taxe, après, on rajoute la TVA.
12:37Ce qui fait que la TVA se retrouve inflatée.
12:41Donc, tout se passe comme si, si on met 20% de taxes,
12:44pour vous donner un exemple,
12:46le 20% de TVA devient 24% de TVA.
12:49Juste un mot, effectivement, on voit le choc.
12:51Simplement, comme les marges des entreprises,
12:53même des distributeurs et des grossistes américains
12:55avaient pas mal augmenté pendant la crise Covid,
12:57il y avait une espèce de coussin qui leur permettait
12:59d'absorber une partie des droits de douane.
13:00Et là, on commence à voir que c'est transmis
13:02au consommateur final.
13:04Néanmoins, Donald Trump, il a un bonheur
13:06qui était une promesse de campagne
13:07qui permet de limiter le choc inflationniste.
13:09C'est un prix du baril du pétrole
13:10qui est quand même très bas,
13:12qui est loin de ses niveaux historiques.
13:14Et donc ça, ça permet de limiter
13:15l'augmentation de l'inflation.
13:16Sinon, on en aurait clairement beaucoup plus.
13:18Alors, en revient sur la Chine,
13:19ce qui frappe, c'est la montée en gamme
13:21des produits chinois.
13:22Pierre Boulet, cela aussi, vous l'aviez constaté,
13:25est-ce que la Chine a fini par faire mieux que la copie ?
13:28Ah oui, oui, la Chine fait mieux que la copie.
13:31Pendant des années, ils ont copié.
13:32Pendant des années, ils ont compris
13:36comment c'était fait.
13:37En plus, ils ont fait du benchmark.
13:39Ils ont fait du, pardon ?
13:40Ils ont fait de la comparaison de machines,
13:43ce qui fait qu'ils ont pris une machine française,
13:45une allemande, une etc.
13:46Ils ont pris le mieux de chaque
13:48et ils ont fait la machine chinoise.
13:50Ils étaient très fiers de montrer
13:51que leur TGV à eux, c'était un hybride
13:54entre le Siemens et le TGV d'Alstom.
13:57Qu'ils vendent d'ailleurs,
13:58qu'ils commencent à vendre en Europe.
13:59Et qu'ils commencent à vendre, oui.
14:00Donc ça, ils en sont très fiers
14:01et en fait, ils en rigolent.
14:04Nous, on est plus malins que les autres
14:05parce qu'on copie mieux.
14:07Et donc, comme ils copient mieux,
14:08aujourd'hui, c'est d'ailleurs assez rigolo
14:11de voir que maintenant,
14:11les Chinois s'insurgent
14:13quand d'autres pays copient les brevets.
14:16Puisque les brevets,
14:18ce n'était pas un sujet pour eux.
14:20Mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
14:21les produits chinois sont de qualité,
14:23ils sont performants.
14:24Et surtout, il y a une très grande innovation.
14:26Il y a une effervescence en innovation.
14:28Oui, parce que là,
14:30on parle des véhicules électriques,
14:31mais il y a également la robotique,
14:32le traitement des minerais stratégiques.
14:34Dans tous ces secteurs clés stratégiques,
14:36ils sont leaders incontestés.
14:38Là, c'est la stratégie du jeu de go.
14:40C'est-à-dire qu'ils ont commencé,
14:42il y a 15 ans, à acheter les mines
14:44en Afrique et dans d'autres pays.
14:46Ensuite, ils ont envoyé les Chinois
14:47pour les gérer.
14:48Ensuite, ils ont fabriqué des batteries.
14:51Ensuite, ils les ont mis dans des mobilettes
14:52puisque le premier parc
14:54qui a été équipé,
14:56ce sont les mobilettes.
14:57Les mobilettes thermiques
14:58sont interdites en Chine.
15:01Donc, il y a eu tout ça
15:03qui a lancé le marché.
15:05Et après, ils ont fait les voitures.
15:07Et donc, tout ça.
15:08Et après, ils ont exporté les voitures.
15:10Alors, cette semaine,
15:11on a vu le fabricant européen
15:12de batteries Vercors
15:13qui est installé dans le nord de la France
15:14inaugurer sa première gigafactory,
15:16donc usine de batteries électriques.
15:19Vous diriez qu'il était temps
15:20où là encore,
15:22on a besoin du savoir-faire chinois
15:24pour faire tourner ces gigafactories
15:25sur le sol français ?
15:26Alors, il y a deux choses à dire
15:27sur le gigafactory.
15:29D'abord, à l'intérieur,
15:31toutes les machines sont chinoises.
15:32Les notices d'information sont chinoises.
15:34Les opérateurs sont des Chinois.
15:38Mais les subventions sont européennes.
15:39Oui, l'argent est européen, malheureusement.
15:43Mais donc,
15:44et en fait,
15:45le transfert de technologies
15:46sera très compliqué à faire
15:47parce qu'il y a bien des Français
15:49qui sont autour de ça.
15:51mais force est de constater
15:52qu'aujourd'hui,
15:54ce sont des Chinois
15:54qui font tourner,
15:55ils ont exporté leurs usines en France.
15:58C'est-à-dire qu'ils font tourner
15:59les gigafactories en France.
16:00Deuxième commentaire,
16:02je n'ai plus en tête,
16:03mais il devait y avoir
16:0466 gigafactories
16:05à l'élection 2030
16:07si on dépasse les 10
16:09ou les 15.
16:10Enfin, je n'ai pas de stats en tête,
16:12mais globalement,
16:13mais parce qu'on ne devait vendre
16:15que des voitures électriques
16:16et on en vend beaucoup moins.
16:17Donc, il y a beaucoup moins de besoins
16:18et je ne sais pas
16:19combien d'argent
16:20on aura dépensé en 20
16:22pour ces gigafactories
16:23et pour celles
16:24qui ne se construiront pas.
16:28Vous évoquiez les brevets.
16:30C'est vrai que la Chine
16:31s'est engagée
16:32dans une sorte de course
16:33aux dépôts de brevets
16:34où chaque petite innovation
16:36fait l'objet d'un dépôt de brevets
16:37et ils ont très bien compris
16:38ce qui était l'enjeu aujourd'hui
16:39de la protection
16:40de la propriété intellectuelle.
16:41Qu'ils n'ont pas respecté
16:42nécessairement par l'Europe.
16:43Qu'ils n'ont pas respecté
16:43en forçant les entreprises étrangères
16:46à s'installer sur le marché chinois
16:48en s'associant à une entreprise,
16:50en faisant des joint ventures
16:51pour faciliter ces transferts de technologies
16:54et ils ont très bien compris
16:55qu'on pouvait rattraper facilement
16:58une génération
16:59et aujourd'hui,
17:00ils sont très prudents.
17:03Alors, si en effet,
17:04ils viennent s'installer
17:05sur le marché européen
17:05pour produire eux-mêmes des batteries,
17:08c'est pour anticiper
17:09une plus grande fermeture
17:10du marché européen
17:11et ce qu'on a vu finalement
17:12avec déjà la hausse calculée
17:14des droits de douane européens
17:16qui ne ferment pas le marché.
17:16Sur les voitures électriques chinoises.
17:17Voilà, pour les véhicules électriques chinoises,
17:19mais donc aussi les composants.
17:21Et donc, on a vu déjà
17:22des grands groupes
17:22de batteries chinoises
17:24s'installer sur le marché européen.
17:28Et là, c'est vrai
17:28que la concurrence est très forte
17:30à un moment où
17:31il y a un problème
17:32d'économie d'échelle
17:34de la demande.
17:35Il n'y a pas assez
17:35de demandes
17:37de voitures électriques
17:38pour pouvoir soutenir
17:38la production,
17:39les efforts de production européens.
17:40Pierre Moulet,
17:41pourquoi vous dites
17:41que les transferts de technologies
17:43chinois vers la France,
17:44en l'occurrence,
17:45sont compliqués ?
17:46Ils ne jouent pas le jeu ?
17:47Parce que les Chinois
17:48n'ont aucun intérêt à le faire.
17:51À l'époque...
17:52Mais ne peut-on pas leur imposer
17:53comme ils l'ont fait
17:54en leur temps en Chine ?
17:56En fait,
17:57pour leur imposer
17:58et qu'ils le fassent vraiment,
18:00il faudrait des menaces.
18:00Sauf que,
18:02comme on a décrété
18:03qu'il fallait des voitures électriques
18:04en Europe,
18:05eh bien,
18:05on est quelque part...
18:06Ça n'a pas l'air de vous plaire.
18:07En fait,
18:08on est quelque part
18:09incohérents
18:11dans nos demandes.
18:12Là-dessus,
18:12je dirais que les choses
18:13sont quand même
18:13en train de bouger.
18:14Parce que l'année dernière,
18:17la Commission européenne
18:17a mené un grand dialogue
18:18avec les constructeurs
18:19et les sous-traitants
18:20du secteur automobile.
18:22Et parmi les propositions
18:23qu'elle a retenues
18:25et qu'on avait nous-mêmes poussées,
18:26c'est du Jacques Delors,
18:28dans un rapport,
18:29il y a cette idée
18:30de conditionner
18:31les investissements chinois
18:32dans le secteur automobile
18:33pour faciliter
18:34ces transferts de technologies.
18:36Mais encore une fois,
18:37il va y avoir évidemment
18:38beaucoup de résistance.
18:39Mais c'est là
18:40où il faut que
18:40les acteurs chinois
18:42et le gouvernement chinois
18:43comprennent
18:44que si on ne va pas
18:45vers ce renversement
18:47d'échanges coopératifs,
18:50il y a un risque aussi
18:51de plus grande fermeture.
18:52précisément Emmanuel Macron
18:53qui était en Chine
18:54la semaine dernière
18:55a évoqué
18:57une menace existentielle
18:58qui pesait
18:59sur notre industrie.
19:00Le président français
19:00a défendu
19:01une préférence européenne
19:02pour l'industrie automobile
19:03et disons
19:04plus de souplesse
19:05sur le calendrier
19:06de passage
19:07au tout électrique.
19:08On l'écoute.
19:09Pour ce qui est
19:10du véhicule automobile,
19:13la commission sortira
19:14dans les prochaines semaines
19:15ses feuilles de route
19:17et son action.
19:18Nous, nous soutenons
19:19des flexibilités technologiques
19:21pour avoir plus
19:21de neutralité technologique
19:23à 2035.
19:24C'est un peu le fruit
19:24de l'accord franco-allemand
19:25de la fin de l'été dernier.
19:27Et une préférence européenne.
19:28Pourquoi ?
19:30Parce qu'il nous faut garder
19:31la base européenne
19:32de production.
19:33Et c'est vrai
19:33pour les constructeurs,
19:35c'est vrai aussi
19:35pour tous les équipementiers.
19:38et ça n'est pas
19:40du tout agressif
19:40ou protectionniste.
19:42Les Américains
19:42et les acteurs
19:43du marché nord-américain
19:44le font.
19:45Les Chinois le font.
19:46Qu'est-ce qui veut dire
19:46exactement le président
19:47par préférence européenne ?
19:49Que prévoient les textes ?
19:50Alors, ce qui est
19:51actuellement en discussion
19:53et donc il faut calibrer
19:54un peu ces nouveaux instruments,
19:55c'est l'idée
19:56que les constructeurs chinois
19:59soient forcés
20:01d'utiliser
20:02des composants européens.
20:04Donc finalement,
20:05faire appel
20:05aux sous-traitants européens
20:07pour certains
20:08composants.
20:09Alors, en même temps,
20:09il y a bien
20:10ce problème de maîtrise
20:10des technologies
20:11de batterie
20:12alors qu'ils sont
20:13très en avance
20:13et qu'on a du retard.
20:15Il ne s'agit pas simplement
20:15d'ouvrir des usines,
20:16c'est qu'on a du retard.
20:18Mais il s'agit aussi
20:19de miser éventuellement
20:21sur ce qu'on appelle
20:22du « buy European »,
20:23ce qui favoriserait
20:24en fait l'achat
20:25soit de composants
20:27soit de véhicules européens,
20:29notamment pour
20:30toutes les flottes
20:31professionnelles.
20:32Et on peut imaginer
20:33dans les appels d'offres,
20:34dans ce genre de...
20:35Il y a plusieurs moyens,
20:36si je puis dire,
20:36pour favoriser,
20:38soutenir en tout cas
20:39cette production européenne
20:40par de la demande.
20:40Mais il faut bien
20:41calibrer les choses
20:42parce qu'on se souvient
20:44quand même
20:45que dans les règles
20:45du commerce international,
20:47selon les règles
20:48d'Organisation mondiale
20:49du commerce,
20:49on ne peut pas faire
20:50de discrimination
20:51vis-à-vis d'un pays.
20:53Maintenant,
20:54on a une telle pression
20:55avec la Chine...
20:56Mais quand les règles
20:57ne sont pas respectées
20:58par la Chine,
20:58en l'occurrence,
20:59est-ce qu'on est obligé
21:00de se tenir
21:00à ce genre de contraintes ?
21:01Alors, c'est bien
21:02tout le débat actuel.
21:03C'est qu'il y a un risque
21:04à s'éloigner nous-mêmes
21:06et pas que nous-mêmes.
21:07C'est-à-dire qu'on a bien vu
21:08Donald Trump,
21:08ça y est,
21:09s'affranchit de ses règles.
21:11Ce n'est pas le cas
21:12de le reste du monde.
21:1380% du commerce mondial
21:15reste...
21:15Respecte les règles
21:16de l'Organisation mondiale
21:18du commerce.
21:18Et la Chine elle-même
21:20plaide pour...
21:21Opportunement.
21:23Oui, surtout que ça ne bouge pas.
21:24Mais pas qu'il y ait
21:25davantage de réciprocité
21:26dans l'ouverture
21:27du marché chinois
21:28et tout.
21:28Là-dessus,
21:28ils n'avancent pas.
21:29Et c'est bien un des points
21:30que le président défendait
21:31en allant en Chine.
21:32Mais que la commission
21:33travaille depuis des années.
21:36Mais là, il s'agit de savoir
21:37si, de toute façon,
21:38il ne faut pas prendre
21:38des mesures qui nous permettent
21:39de réagir aussi
21:40de manière beaucoup plus rapide.
21:41Pas simplement
21:41pour le secteur automobile,
21:43pour la chimie,
21:43pour d'autres secteurs
21:44où les importations chinoises
21:46arrivent à des prix
21:47complètement cassés et...
21:49Et menacent l'existence
21:50même de l'industrie.
21:50Oui.
21:51Il a raison, Emmanuel Macron,
21:52de défendre
21:53cette préférence européenne ?
21:54Peut-être.
21:55La question,
21:56c'est le timing.
21:57Parce que quand les usines
21:58françaises seront fermées,
22:01on ne pourra plus faire.
22:03Il arrive un peu tard.
22:04Ben oui.
22:05Je veux dire,
22:06si je regarde
22:06ce qui s'est passé
22:07sur le moteur thermique,
22:08donc je précise,
22:09thermique uniquement.
22:11En fait, il y a 10 ans,
22:12on les produisait tous en France.
22:14Enfin, tous ceux
22:15que les constructeurs français
22:16utilisaient.
22:16qui sont censés
22:17se terminer en 2035,
22:19même si cette date
22:20semble maintenant
22:21être reportée.
22:21Non, non, non, non, non, non.
22:23En 2035...
22:24Tout nouveau véhicule vendu.
22:25Vendu en Europe.
22:26En Europe.
22:26Oui, mais les constructeurs
22:28ne sont pas
22:28des constructeurs européens.
22:30Je veux dire,
22:31d'imaginer
22:32qu'un constructeur
22:33comme Stellantis
22:34ne produise plus
22:35de voitures thermiques
22:36en 2035,
22:38c'est lui enlever
22:3830 à 40 %
22:40de son marché.
22:41Donc, c'est illusoire.
22:42Donc, de toute façon,
22:43le moteur thermique
22:46doit continuer.
22:48Et je rappelle
22:48qu'un moteur hybride
22:50a un moteur thermique.
22:53Donc, quand vous empilez
22:54le thermique et l'hybride,
22:55vous arrivez à des volumes
22:56colossaux.
22:57Sauf qu'aujourd'hui,
22:57nous ne produisons plus
22:58de moteurs thermiques
23:00en France.
23:01Tout a été délocalisé.
23:02Donc, de dire
23:03on va faire la préférence,
23:05c'est trop tard.
23:05C'est déjà parti.
23:06Des équipementiers,
23:08on l'entendait
23:08dans le reportage
23:09tout à l'heure,
23:09demandent aujourd'hui
23:10la création d'un label
23:11pour préserver les voitures
23:12et les pièces fabriquées
23:13dans l'Union européenne.
23:14C'est une bonne chose ?
23:15Peut-être qu'il y en a
23:16qui ont essayé
23:16sur des agriculteurs.
23:18Et je ne sais pas
23:19si on peut leur demander
23:20s'ils sont complètement
23:21satisfaits des labels,
23:23mais celui qui décide
23:25finalement,
23:26c'est le consommateur.
23:28Et on voit bien
23:29dans tout ce que l'on voit
23:31dans la presse...
23:31C'est un label
23:32qui coûterait plus cher
23:33effectivement
23:33que des voitures chinoises.
23:34Aller acheter une voiture
23:36made in Europe
23:37qui soit plus chère
23:38que la même fonctionnalité
23:39made in China,
23:41vous allez avoir
23:41des gens qui vont le faire
23:42et puis des gens
23:43qui ne vont pas le faire.
23:44C'est peut-être nécessaire,
23:45mais ça ne sera peut-être
23:46pas suffisant.
23:47Le défi qu'on a aujourd'hui,
23:48c'est qu'on a
23:49des multinationales,
23:51enfin les grandes entreprises,
23:52on va dire,
23:52et comme les constructeurs
23:53automobiles
23:54qui ont encore
23:57un impératif
23:58de réduction des coûts,
23:59d'optimisation des bénéfices,
24:01surtout celles
24:01qui sont les plus exposées
24:03actuellement,
24:04alors que la sécurité économique,
24:07elle rajoute un coût,
24:09forcément.
24:10Et c'est un coût,
24:10c'est un investissement
24:11de moyen terme.
24:12C'est-à-dire que
24:12les investissements
24:13que les entreprises
24:14ne feraient pas aujourd'hui
24:15en notamment privilégiant
24:17peut-être des composants
24:19des pièces détachées
24:20qui seraient plus chères
24:21parce que produites
24:21dans l'Union européenne,
24:23à moyen terme,
24:23en fait,
24:24elles vont le payer
24:24très cher
24:25parce que c'est un marché
24:28qu'on expose
24:29à cette concurrence
24:31de ce deuxième choix
24:32de fulminer.
24:33Oui, ça me fait fulminer
24:34parce que,
24:35en fait,
24:35l'industriel,
24:37il ne choisit pas.
24:39C'est-à-dire,
24:39s'il décide
24:40d'acheter quelque chose
24:40de plus cher,
24:41au final,
24:42il ne va pas vendre
24:42sa voiture.
24:45Ou un créneau
24:47plus réduit.
24:47Oui, non,
24:47mais il ne va pas la vendre.
24:48Donc, lui,
24:49quand il veut vendre
24:50une voiture,
24:51il a son petit camarade chinois
24:52qui est en face
24:53et le consommateur décide.
24:55Mais si lui,
24:56il dit,
24:56moi, vous savez,
24:57X% de ma voiture
24:59est made in Europe
25:00mais je la vends plus chère,
25:01ça fait pareil.
25:02C'est pour ça
25:03que l'image d'agriculteur
25:04est très proche.
25:06On a entendu également
25:07le président français
25:08affirmer que l'Union européenne
25:10pourrait instaurer
25:10des droits de douane
25:11sur un certain nombre
25:13de produits.
25:13On pense aux batteries,
25:14le lithium,
25:15le raffinage,
25:15l'éolien,
25:16les panneaux photovoltaïques,
25:17les véhicules électriques,
25:18les pompes à chaleur,
25:19l'électronique grand public
25:21ou la robotique.
25:22Qu'est-ce que ça vous inspire ?
25:24De quoi faire fléchir Pékin ?
25:26La problématique,
25:27c'est qu'au fond,
25:28on peut être d'accord
25:28avec le discours
25:29qui est tenu par Emmanuel Macron.
25:30La problématique,
25:31c'est que la France
25:32joue un peu le chevalier blanc
25:33en essayant de porter
25:34justement cette voie en Europe.
25:35Donc c'est un gain collectif,
25:36ça s'appliquerait
25:37aux barrières de l'Europe,
25:38donc tout le monde
25:38en profiterait.
25:39Mais pendant ce temps-là,
25:40on a quand même des pays,
25:41notamment un voisin allemand
25:42qui joue une attitude
25:43beaucoup plus cynophile,
25:44qui cherche à attirer
25:46beaucoup plus d'investissements.
25:47Parce que dépendant
25:48beaucoup plus du marché chinois ?
25:49Bien sûr.
25:49Et le risque,
25:50c'est qu'à la fin,
25:51au fond,
25:52la France obtienne
25:53ce qu'elle souhaite,
25:53c'est-à-dire parvenir
25:54à mettre des barrières,
25:55des protections,
25:55des quotas,
25:56toutes ces choses-là
25:56qui bénéficient encore une fois
25:57à tout le monde,
25:58mais que les investissements
25:59chinois ne se réalisent pas
26:00en France parce qu'on est
26:01considéré justement
26:01comme hostile à la Chine.
26:03Et là,
26:03on serait vraiment perdant.
26:05C'est-à-dire,
26:05il nous faut absolument...
26:06Mais ces droits de douane,
26:07ils sont européens ?
26:08Ce qu'ils réclament ?
26:09Bien sûr.
26:10Mais ce que je veux dire par là,
26:10c'est que la France
26:11est perçue comme un pays
26:12désormais assez hostile
26:13à la Chine quand même,
26:14malgré tout.
26:15À force de monter quand même
26:16au créneau comme ça
26:17de cette manière,
26:18moi, le risque que je vois,
26:20c'est qu'à la fin,
26:20les investissements nous échappent.
26:21On voit que la Chine investit
26:23en Hongrie,
26:23en Turquie,
26:24en Espagne.
26:25Pour l'instant,
26:25la France n'est quand même
26:26pas sur la feuille de route.
26:27C'est assez inquiétant.
26:29Les droits de douane,
26:30ils sont décidés au niveau européen.
26:31C'est une compétence
26:32exclusive européenne.
26:33Le contrôle des investissements
26:35étrangers,
26:36c'est au niveau national.
26:37Donc il y a un véritable enjeu
26:39de coordination au niveau européen.
26:41Est-ce qu'elle existe,
26:42cette coordination ?
26:43Non.
26:44On a mis en place
26:47déjà la Commission
26:50à appeler tous les États membres
26:51à mettre en place
26:51un mécanisme de contrôle
26:53avec des critères
26:54pour protéger
26:54les secteurs sensibles
26:55pour empêcher
26:58des stratégies de prédation.
27:00Et qu'on ait des trous
27:01dans des chaînes de production
27:02sur des secteurs stratégiques
27:04ou des technologies
27:05de points stratégiques.
27:07Maintenant, il faut,
27:08et c'est bien le chantier actuel,
27:10se coordonner au niveau européen
27:11sur ces enjeux
27:13de conditionnalité,
27:14de l'investissement étranger.
27:16Et ça, c'est possible ?
27:17De toute façon,
27:19tout est possible.
27:20Et maintenant,
27:21l'enjeu...
27:21Mais c'est compliqué quand même.
27:22Non, mais l'enjeu,
27:22c'est de prendre la mesure
27:23de l'urgence
27:24et mobiliser au niveau
27:25des États membres,
27:26travailler avec les entreprises
27:28pour calibrer ces instruments,
27:30pour ne pas que se pénalise
27:31la compétitivité des entreprises.
27:33aujourd'hui, vous voyez
27:34dans le secteur automobile,
27:36beaucoup de constructeurs
27:38et même de sous-traitants
27:39qui vont produire aussi
27:41dans le voisinage
27:43de l'Union européenne,
27:44voire à nouveau en Chine,
27:45parce qu'il faut avoir accès
27:48à cette capacité
27:49d'innovation chinoise
27:50et qui commencent
27:51à se méfier aussi
27:51un petit peu
27:52de ces mesures
27:53en se disant
27:53comment est-ce qu'on va
27:54aussi gérer ça ?
27:55Tout ça, c'est...
27:56En tout cas,
27:56ce qu'il faut retenir,
27:57c'est qu'il y a urgence.
27:59Il y a urgence,
27:59donc il faut que dans les États membres,
28:00on ne va pas simplement
28:01jouer une stratégie
28:02d'attractivité
28:03de l'investissement chinois,
28:04parce qu'à ce moment-là,
28:05on n'y arrivera pas.
28:06Si on ne prend pas la mesure
28:07que c'est au niveau
28:08du marché intérieur
28:09qu'il faut...
28:10Mais après, chacun défend
28:11ses emplois
28:11et son précaré.
28:12Oui, mais là,
28:13en matière de politique industrielle,
28:15on ira droit dans le mur
28:17parce qu'on va aller
28:17vers des stratégies
28:18de duplication,
28:20au lieu d'aller
28:20vers la mutualisation,
28:21voire de se répartir
28:22des spécificités
28:23comme ça a toujours eu lieu,
28:25il y aura beaucoup
28:26de pertes d'investissement
28:27et des trous énormes
28:29avec une Chine
28:29qui continuera
28:30percée
28:31dans certains secteurs
28:32de manière très rapide.
28:33Et avec ces droits
28:34de douane ciblés
28:35demandés par Emmanuel Macron
28:37ainsi que ces investissements,
28:39le contrôle
28:39des investissements chinois,
28:40vous diriez
28:40qu'Emmanuel Macron
28:41fait du Donald Trump ?
28:43Alors, d'abord,
28:43je voudrais réagir.
28:44J'ai beaucoup de respect
28:45pour les institutions
28:46internationales.
28:47Sauf que celui
28:48qui investit,
28:49c'est l'industriel.
28:51Et lui,
28:51si on lui explique
28:52que non,
28:53ce n'est pas en Pologne
28:53qu'il faut investir,
28:54c'est en Italie
28:56ou c'est en France,
28:57lui, il demande.
28:58Lui, non.
28:59Il va investir là où
29:00il a décidé d'investir.
29:02C'est tout.
29:02Et donc,
29:03on peut mettre des mécanismes.
29:04Mais on voit bien
29:05que c'est des mécanismes
29:06de quelqu'un
29:06qui est dans le coin du ring
29:07en train de prendre des coups.
29:10C'est ça que...
29:11Et ce n'est quand même pas
29:12avec ça
29:12qu'on va développer
29:14une industrie.
29:15L'industrie doit se développer
29:16quand les industriels
29:18ont de la confiance
29:19et quand ils produisent.
29:22Pour revenir à votre question
29:23sur les droits de douane...
29:24Et sur ces mesures
29:26qui me font penser
29:27au président américain...
29:28D'abord,
29:28je ne vais pas revenir
29:28sur les droits de douane
29:30qui vont renchirer
29:32le prix gonflé
29:33de l'inflation.
29:34Le deuxième effet,
29:35c'est que puisque
29:35les prix sont plus élevés,
29:37les équipementiers locaux
29:40ont moins de pression
29:41pour être compétitifs,
29:42donc ils ne sont pas moins chers.
29:44Ça, on l'a vu au Brésil,
29:45on l'a vu dans tout un tas
29:46de pays.
29:47Puis la troisième chose,
29:48c'est que quand même
29:49un industriel
29:50déciderait d'investir
29:5220, 30, 50 millions
29:53dans une usine
29:54et qu'ils la lancent.
29:56Et puis que le temps
29:57que ça se passe,
29:58il se passe 2, 3 ans.
29:59Et puis un jour,
30:00il y a quelqu'un au gouvernement
30:01qui dit,
30:01bon, les droits de douane,
30:03ben non,
30:03c'est plus nécessaire,
30:05on les enlève.
30:06Le gars,
30:06il a l'usine autour du coût,
30:09il a les coûts fixes
30:10pour des années
30:10et donc il faudrait
30:13que les décisions politiques,
30:14il y ait une espèce de DLC,
30:15une date limite de...
30:16Une date de péremption.
30:18C'est-à-dire qu'on dise,
30:19je prends cette décision
30:20et je la garantis
30:20pour 5 ans
30:21ou pour 10 ans.
30:22Mais l'industriel,
30:23s'il investit
30:24sur le simple déclaration
30:26ou même l'instauration
30:27de droits de douane,
30:28il a le gros risque.
30:30Anthony Morley,
30:30la vie d'Ali,
30:31qu'est-ce que l'Europe
30:31devrait faire très concrètement
30:33si elle veut vraiment
30:34regagner du terrain industriel ?
30:36Je crois qu'Algère l'a dit,
30:37il y a une urgence
30:38mais dont on ne prend
30:39absolument pas la mesure.
30:40Enfin,
30:40on est d'une lenteur
30:41qui est hallucinante.
30:42La gouvernance en Europe,
30:44c'est quelque chose
30:44mais infernal.
30:46Parce qu'on est 27,
30:47parce que même les États
30:48individuellement croient
30:49l'industrie mais qu'au fond
30:51assez moyennement,
30:52en tout cas,
30:52les discours de réindustrialisation
30:54sont nombreux.
30:55Dans la pratique,
30:56on ne met pas tout en œuvre.
30:57Donc,
30:57est-ce qu'on a une volonté
30:58d'y aller ?
31:00Puis encore une fois,
31:01je pense qu'il faut absolument
31:02aller beaucoup plus fort,
31:03beaucoup plus vite
31:04sur la politique industrielle.
31:05Ça ne veut pas dire
31:05que des protections.
31:06Ça veut même dire
31:07recréer un écosystème
31:08d'innovation.
31:09Moi,
31:09ce qui me frappe en Chine,
31:10ce n'est pas tant le dumping,
31:11c'est sa montée en gamme.
31:12On est en train de prendre
31:13un tsunami dont tous les secteurs...
31:14Aujourd'hui,
31:15il n'y a pas un secteur
31:15avec lequel vous discutez
31:16qui ne vous parle pas de la Chine.
31:17C'est impossible.
31:18Tout le monde est concerné.
31:18L'aéronautique,
31:19le luxe,
31:19tout le monde.
31:20C'est en train de venir.
31:21Alors,
31:21évidemment,
31:22à des échelles de temps
31:23différentes,
31:23mais tout le monde
31:24voit monter la Chine.
31:25Les plus,
31:26tout le monde a découvert,
31:27je ne vais pas en faire l'histoire,
31:28tout le monde a découvert
31:29qu'il n'y a plus que là-bas
31:30qu'on en faisait.
31:32Et la souveraineté,
31:34il y a finalement
31:34que les Américains
31:35et un tout petit peu
31:36les Européens
31:36qui ont voulu faire quelque chose.
31:38Mais la souveraineté,
31:40elle n'est pas forcément
31:40compatible
31:42avec la vitesse
31:43à laquelle
31:43on veut faire
31:44une transition verte,
31:45la vitesse à laquelle
31:46on veut réduire nos coûts,
31:48la vitesse à laquelle...
31:49Donc,
31:50pour reprendre vos propos,
31:52on veut être vertueux,
31:53soit,
31:54mais il va falloir
31:55qu'on choisisse
31:56entre rattraper
31:58quelque chose
31:58sur l'industrie
31:59et tenir
32:00un certain calendrier
32:01d'Europe verte.
32:04Vous parlez de ces contraintes.
32:05Emmanuel Macron a dit
32:06que la Chine
32:07tue ses clients.
32:08Qu'est-ce que ça vous inspire ?
32:10Je tue ses clients.
32:12Les entreprises ?
32:13Enfin,
32:13avec des produits ?
32:14Ah oui,
32:14oui.
32:14Ils tuent nos clients à nous,
32:17mais pas les siens.
32:19Je pense que les Chinois
32:20s'occupent très bien
32:21de leurs clients.
32:22Par contre,
32:23les nôtres,
32:23oui,
32:24ça,
32:24c'est une autre histoire.
32:25Il y a un vrai sujet
32:26d'investissement.
32:27C'est que si on veut
32:28s'engager
32:31dans une politique industrielle,
32:32c'est pour retrouver
32:33une certaine souveraineté
32:34sur des produits
32:35dont on a absolument besoin,
32:37ne pas dépendre
32:38de plus en plus
32:39de la Chine.
32:40Et pour ça,
32:40il faut qu'on développe
32:41une capacité d'investissement
32:42pour l'innovation.
32:43Pour l'innovation,
32:45former nos ingénieurs,
32:47nos jeunes.
32:48La Chine est...
32:49Enfin,
32:49pas la Chine,
32:50le Parti communiste chinois
32:52est un parti d'ingénieurs.
32:53c'est-à-dire que vous voyez
32:54dans toutes les...
32:55au niveau...
32:58toutes les strates
33:00du Parti,
33:01ce sont des ingénieurs.
33:02Ils ont formé
33:03depuis maintenant
33:0415 ans,
33:0520 ans,
33:06des millions,
33:08parce que d'abord
33:08des milliers
33:09de chercheurs
33:12dans toutes les universités
33:13américaines,
33:14européennes
33:14qui sont aujourd'hui
33:16en Chine.
33:17et finalement
33:19une jeune classe
33:20une jeune classe
33:21chinoise
33:23qui respire
33:24le monde
33:24des technologies,
33:25qui aspire,
33:26qui est très confortable
33:28dans cette innovation.
33:30Et il y a
33:31un secteur en particulier
33:32dans lequel
33:32on n'est pas du tout avancé
33:33et dans lequel
33:34ils sont très avancés
33:35qui sont les robots humanoïdes.
33:37Et il ne faut pas se dire
33:38c'est un gadget,
33:40en avoir peur,
33:41ça va...
33:42ça va comme...
33:43Ils vont quand même
33:43intervenir dans la vie quotidienne
33:45y compris pour des services.
33:46Et là,
33:47on va dépendre complètement
33:48de la production chinoise.
33:50Alors la casse sociale,
33:51elle a déjà
33:52bel et bien commencé.
33:53Ce jeudi,
33:54en France,
33:54la justice a prononcé
33:55la liquidation
33:56du groupe d'électroménagers
33:57Brandt
33:57qui était en grande difficulté.
33:59Quelques 700 emplois
34:00vont être supprimés.
34:02Le reportage
34:02de nos confrères de France 2.
34:04C'est la fin
34:05d'une longue histoire.
34:06La disparition
34:07du dernier fabricant
34:08de gros électroménagers
34:09dans l'Hexagone.
34:10Les salariés
34:11ont été prévenus
34:12ce matin
34:12à 9h30.
34:14Le groupe Brandt
34:15est liquidé.
34:15Ça s'arrête net.
34:17On sait maintenant
34:18que la liquidation
34:20est prononcée.
34:21Donc dans 21 jours,
34:23on est tous licenciés.
34:23Donc c'est le 1er janvier.
34:25Bonne année.
34:27Là, on boule les papiers
34:28des dossiers.
34:29Le projet, présenté par un repreneur
34:33en collaboration
34:33avec la coopérative
34:35de salariés,
34:36n'a finalement pas été retenu.
34:37Le tribunal le juge
34:38trop fragile.
34:40Une grosse désillusion
34:41pour les salariés.
34:42On avait un petit espoir
34:44parce qu'on était un peu
34:45rentrés dans la boucle
34:46et tout.
34:46Mais on sentait
34:47qu'au niveau financement
34:48du repreneur,
34:50c'était compliqué.
34:50Et là, maintenant,
34:53on s'est tombé.
34:55Et là, vraiment,
34:56c'est dur à vivre.
34:58Reprendre la térim,
34:59comme moi,
34:59à 50 ans,
35:00reprendre la térim,
35:01ça va être compliqué.
35:02Entre 20 et 25 millions d'euros
35:05étaient nécessaires
35:06pour relancer l'activité.
35:08L'État était prêt
35:09à remettre au pot,
35:09tout comme la région
35:10Centre-Val-de-Loire
35:11et la métropole d'Orléans,
35:13en tout 20 millions d'euros
35:14d'aides publiques.
35:15Mais il manquait
35:16de l'argent privé,
35:17dénonce aujourd'hui
35:18le maire d'Orléans.
35:18Je peux dire la même chose.
35:19Je suis très énervé.
35:20Les banques,
35:22qu'on a également harcelées
35:24pour le tour de table
35:25et qui sont toutes défilées
35:27pour 4 millions d'euros,
35:31on met le salaire
35:32de quelques-uns
35:32et les 4 millions d'euros,
35:33on les a.
35:34Un coup dur à Saint-Ouen,
35:35près de Vendôme.
35:36Brandt représentait
35:37une part importante
35:38de l'activité
35:38dans cette commune
35:39d'un peu plus de 3000 habitants.
35:42Je trouve que c'est
35:43un énorme gâchis.
35:44C'est bien dommage
35:45pour eux,
35:46pour le commerce
35:48de Saint-Ouen,
35:49de Vendôme.
35:50C'est tout un pôle
35:52qui s'effondre.
35:54Ces dernières années,
35:55Brandt a été victime
35:56de la concurrence
35:57de produits moins chers
35:58fabriqués en Asie
35:59sur le marché
36:00du gros électroménager.
36:02Une victime
36:03de la concurrence asiatique,
36:04on vient de l'entendre.
36:05J'aimerais avoir
36:05votre réaction.
36:07C'était le dernier
36:07grand fabricant
36:09de gros électroménagers
36:10dans l'Hexagone.
36:11Oui,
36:11j'entends bien
36:12que c'est les banques,
36:13etc.,
36:14qui sont visées du doigt,
36:15montrées du doigt.
36:16Mais en fait,
36:17Brandt aurait vécu
36:18s'il y avait
36:19des coûts de production
36:20au niveau
36:22du marché mondial.
36:23Et ce n'est pas
36:24parce qu'on va mettre
36:2420 millions,
36:25on va repousser
36:26le problème
36:26de 3 ans ou 4 ans.
36:27Donc le véritable problème,
36:29c'est le coût.
36:30Et pour revenir
36:30sur les ingénieurs,
36:32on a enlevé
36:33les maths obligatoires
36:35au bac,
36:3625% de moins
36:38dans les candidats
36:40aux sections technologiques.
36:43Donc il y a un quelqu'un
36:44qui a dit
36:44que c'était mieux
36:45de ne pas faire de maths
36:46en section générale.
36:47Et bien voilà.
36:48Donc le vrai sujet,
36:50c'est le coût du travail
36:51et une cohérence de politique.
36:52La Chine,
36:53un seul gars qui décide,
36:54tout le monde regarde à vous.
36:56Mais est-ce que c'est un modèle
36:56que l'on veut appliquer
36:57en Europe et en France ?
36:58Il faut choisir.
37:00Est-ce que c'est nécessaire
37:01d'être aussi autoritaire
37:02pour avoir une économie florissante ?
37:04Il y a un autre élément,
37:05c'est les plateformes
37:06de distribution chinoise.
37:07Parce qu'on a beaucoup parlé
37:08ces dernières semaines
37:09de chain
37:09pour tout ce qui est vêtements.
37:12Il y a d'autres plateformes.
37:13Il y a Temu,
37:14où là,
37:15vous pouvez acheter
37:16une tondeuse
37:16comme de l'électroménager.
37:18Vous pouvez tout acheter
37:19à des prix
37:20qui sont tellement écrasés
37:22qu'on a un problème
37:23à gérer
37:24avec ces plateformes
37:26qui finalement
37:27déversent actuellement
37:28sur le marché
37:29des produits
37:30qui sont à des prix
37:30complètement écrasés
37:31et qui ne respectent pas
37:32nécessairement
37:33toutes les normes
37:34de sécurité européennes.
37:36On est très exigeants
37:37et c'est normal.
37:38Et par ailleurs,
37:39j'ai envie de dire
37:40une rééducation
37:41du consommateur français
37:44et européen.
37:45Parce que là,
37:46vous choisissez
37:47entre ce que vous achetez
37:48et votre job.
37:49Parce que c'est ça
37:50dont il s'agit.
37:51C'est-à-dire que
37:51les achats
37:52que l'on fait
37:53aujourd'hui
37:53en se disant
37:54pas vu,
37:54pas pris,
37:55si on n'est pas
37:56un tout petit peu
37:57plus conscient
37:57de l'impact
37:58que ça a,
38:00c'est le job
38:02de votre voisin,
38:03de votre cousin,
38:03de votre oncle,
38:04de votre fils.
38:06Ce que vient de dire
38:06Elvira Fabry,
38:07pour moi,
38:07c'est très important.
38:08Je suis né à Orléans.
38:09Donc je vais vous dire
38:09que c'est quand même
38:11très significatif.
38:12Le sujet,
38:13c'est qu'on s'acharne
38:14à dire que c'est
38:14un problème ponctuel
38:15dont on n'a pas eu
38:16les financements.
38:16Non, l'usine n'est pas
38:18rentable dans la durée.
38:19Ce n'est pas la première année.
38:20Le sujet brande,
38:21il existe depuis plus de 10 ans.
38:23Donc la question,
38:23c'est effectivement
38:23comment on fait
38:24pour être compétitif.
38:25Et là,
38:25on en vient aux consommateurs.
38:27Quand on interroge
38:28les Français,
38:29tout le monde veut
38:29de l'industrie,
38:30en tout cas peu ou prou.
38:31La réalité,
38:31combien font vraiment
38:32attention à ce qu'ils achètent ?
38:34Duralex,
38:34on voit bien,
38:34c'était aussi une histoire
38:35de demande.
38:36Si tout le monde
38:36fait un tout petit peu
38:36attention à acheter ses verres
38:38en France,
38:39à la fin,
38:39ça tourne.
38:40Et donc se pose la question,
38:41évidemment,
38:41tout le monde n'a pas le budget,
38:42mais le consommateur
38:42doit prendre conscience
38:43que c'est un effort collectif.
38:44Ce n'est pas que la production,
38:45c'est aussi à la fin
38:46le consommateur.
38:47S'il ne joue pas le jeu,
38:48on ne peut pas avoir
38:48de production française.
38:49Ça, c'est certain.
38:50Vous disiez,
38:51Pierre Boullet,
38:52que le coût de production
38:53était trop important.
38:55Faut-il revoir
38:55nos exigences éthiques,
38:57sociales,
38:57environnementales
38:58pour tenter
38:58de rattraper ce retard
39:00que l'on a pris
39:01par rapport
39:01à ces produits chinois
39:02qui ne respectent pas
39:03du tout les mêmes normes ?
39:05Il y a beaucoup de gens
39:05qui pensent que
39:06quand on rajoute
39:07des contraintes,
39:08de quelque nature
39:09qu'elles soient,
39:10c'est plus vertueux
39:11et ça fait moins cher.
39:14À l'heure actuelle,
39:15on n'en rajoute pas,
39:15on aurait plutôt tendance
39:16à revenir sur celles
39:17qu'on s'était fixées.
39:18Dans les textes,
39:19on n'est pas revenus.
39:19Il y a des gens
39:20qui réfléchissent à revenir,
39:21mais si vous regardez
39:22toutes les obligations
39:23qui sont sur les entreprises,
39:25aujourd'hui,
39:25elles n'ont pas baissé.
39:26Elles n'ont pas baissé.
39:28Et le 2030,
39:28le 2035
39:29est toujours à l'ordre du jour,
39:31etc.
39:31Mais pour tout ce qui est
39:33devoir de vigilance
39:34des entreprises
39:34qui doivent contrôler
39:36l'ensemble de leurs chaînes
39:36de production,
39:37ce que font leurs sous-traitants,
39:38y compris en Asie
39:39ou ailleurs dans le monde,
39:40ce qui est de la publication
39:41des informations
39:42qu'elles doivent faire,
39:43en tout cas les grandes entreprises,
39:46sur l'impact environnemental
39:47de leur activité,
39:48l'impact social,
39:49il est quand même question
39:50de réduire le périmètre.
39:52Maintenant,
39:52ça va concerner
39:53très peu d'entreprises.
39:54Il est question,
39:54et je suis d'accord avec vous,
39:56que ces contraintes existent
39:57et pour l'instant,
39:58les entreprises
39:59doivent les respecter.
40:00Et les grandes entreprises.
40:01Les grandes entreprises,
40:01mais même,
40:02les grandes entreprises
40:03les demandent aux moyennes,
40:04les moyennes les demandent aux petites
40:05et puis toute la chaîne
40:07est impactée
40:07puisque la grande
40:08ne sait pas respecter
40:09son engagement
40:10si la moyenne
40:11ne le fait pas
40:12puisqu'en fait,
40:13on nous demande
40:14d'aller jusqu'au bout
40:16de la chaîne.
40:17Oui, jusqu'au bout de la chaîne.
40:17Donc, c'est ça qui se passe.
40:19Et donc,
40:21pour revenir
40:21à votre question,
40:23plus on met
40:24de contraintes,
40:25plus le coût
40:26va être élevé.
40:27Bon,
40:28écoutez,
40:28ce sera le mot de la fin.
40:29Pas de temps
40:30pour une réaction.
40:32En tout cas,
40:33merci beaucoup
40:33à tous les trois
40:34d'avoir participé
40:35à cette émission.
40:36Merci à vous
40:36de l'avoir suivi.
40:37L'information continue
40:38sur France Zone 4.
40:39Sous-titrage Société Radio-Canada
Comments

Recommended