00:00Noémie Roche, bonjour. C'est l'autre dossier qui était sur la table ces dernières heures, le fameux déséquilibre de la balance commerciale.
00:08Oui, et donc le président français est venu avec un objectif, si ce n'est de mettre fin au moins d'alléger ces déséquilibres commerciaux.
00:15Il l'a encore martelé ce jeudi lors de la rencontre dont vous venez de parler avec le président Xi Jinping.
00:20Un peu, il l'a répété un peu comme un mantra, même s'il s'en défend. Je vous propose d'abord de l'écouter.
00:25Le chemin qui est devant nous est celui d'un rééquilibrage nécessaire, pas par incantation, mais parce que le chemin actuel n'est pas soutenable,
00:39parce qu'il est rentré dans un déséquilibre trop important. Et je vous l'ai dit avec beaucoup de franchises, nous voulons le faire et nous voulons le faire avec vous.
00:46Nous voulons consolider les entreprises qui travaillent des deux côtés. Nous voulons améliorer les exports de nos entreprises et nous voulons améliorer les investissements de vos entreprises et de vos grands secteurs dans notre pays et notre continent.
01:02Voilà, on parle beaucoup de déséquilibre. Emmanuel Macron plaide pour un rééquilibrage. Concrètement, ces échanges commerciaux, en quoi sont-ils déséquilibrés ?
01:10Alors d'abord, les investissements. Il faut savoir évidemment que la France investit beaucoup plus en Chine que l'inverse.
01:16On va regarder des chiffres. 46 milliards d'euros d'un côté, 12 milliards de l'autre. Donc c'est 4 fois plus pour la France.
01:24C'est vrai aussi au niveau européen, avec un déficit commercial en défaveur de l'Union européenne de plus de 300 milliards d'euros en 2024.
01:32En ce qui concerne le commerce, maintenant, la Chine exporte beaucoup plus de produits dans l'Hexagone que la France ne le fait en Chine.
01:39Ça ne surprendra évidemment personne. C'est le cas de nombreux pays vis-à-vis de la Chine, qui représentent à elle seule 30% de la production industrielle mondiale,
01:48contre 15% pour les Etats-Unis et 15% pour l'Europe.
01:52En termes d'exportation, la France a quand même quelques atouts aujourd'hui.
01:55Oui, c'est ce qu'on vient de voir sur l'infographie précédente. Un produit de luxe, parfum, cosmétique et puis aussi l'aéronautique, secteur très important avec Airbus.
02:06Mais ça, ça n'est pas suffisant évidemment pour compenser ce que nous achetons à la Chine.
02:10En France, on importe énormément de produits, des machines, des composants électroniques, de l'électro-ménager, du textile bien sûr,
02:17notamment des vêtements produits à bas coût qui n'ont de le marché français via des enseignes de fast fashion.
02:23On en parle souvent comme Chine, Temu, AliExpress, des plateformes qui sont très critiquées pour leur impact environnemental et éthique aussi,
02:32notamment à cause des conductions de production.
02:35Et puis enfin, on doit citer aussi les voitures électroniques qui, elles aussi, arrivent en France et en Europe à des prix jugés trop bas par Bruxelles
02:43du fait de subventions d'Etat qui, selon l'Union européenne, faussent le marché, nuisent à la compétitivité de ses propres constructeurs.
02:51Et donc, c'est ce qui a donné lieu un peu à une mini-guerre commerciale avec Pékin, accusée de concurrence déloyale.
02:57L'Europe a tenté de réagir avec des enquêtes, des droits de douane notamment, sur les voitures électroniques chinoises.
03:02Mais ça n'a pas ralenti vraiment les exportations chinoises.
03:05Il faut dire que Pékin a une avance industrielle énorme dans les véhicules électroniques, les batteries, les panneaux solaires,
03:12des secteurs où la production chinoise dépasse largement celle de toute l'Europe réunie.
03:16Tous ces secteurs que vous venez d'aborder, Noémie, ce sont des secteurs gourmands, en terres rares,
03:22domaine dans lequel l'Union européenne veut évidemment réduire sa dépendance à la Chine. Expliquez-nous.
03:26Alors déjà, on les appelle les terres rares, mais il faut savoir que ces matériaux ne sont pas si rares.
03:30C'est un terme trompeur. En fait, il s'agit exactement de 17 métaux découverts en Suède au XVIIIe siècle,
03:38qui ne sont pas rares, mais en fait, ils sont juste très dispersés,
03:41donc difficiles à extraire et surtout à raffiner avant de pouvoir être utilisés.
03:46Voilà, on en voit certains.
03:48Et pourquoi ces matériaux sont stratégiques ? Parce qu'ils sont partout, dans nos smartphones, nos voitures électriques,
03:53dans les éoliennes, dans les avions de combat même.
03:56Quatre d'entre eux, le néodyme, le praséodyme, le dysprosium et le terbium,
04:02sont essentiels pour fabriquer notamment des aimants très puissants,
04:05dix fois plus performants que les aimants classiques.
04:08Nos téléphones contiennent environ 3 grammes de ces terres rares,
04:12ce qui représente des milliers de tonnes par an à l'échelle mondiale.
04:17Par exemple, on peut citer aussi, une seule éolienne en mer peut contenir jusqu'à une tonne de terres rares
04:21et un avion de chasse comme le F-35 utilise plus de 400 kilos de terres rares.
04:27Donc le problème, c'est que la Chine contrôle presque tout.
04:30L'extraction et surtout le raffinage, où elle détient un quasi-monopole.
04:34Elle fournit plus de 90% de la production mondiale.
04:38Résultat, vous l'avez dit, l'Europe dépend massivement de Pékin
04:41pour ces matériaux qui sont indispensables à la transition énergétique,
04:44à l'industrie automobile, au numérique et à la défense.
04:48Et donc l'UE veut reprendre la main.
04:50La Commission européenne a d'ailleurs annoncé des mesures pas plus tard qu'hier.
04:55En ce sens, donc 3 milliards d'euros de financement supplémentaires
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