Dans cette édition des Tables Rondes by TL7 Business, explorez la richesse et la diversité des acteurs qui placent l'utilité collective avant le profit.
Comprenez comment les associations, coopératives, mutuelles et fondations contribuent activement à l'emploi et au développement local.
Au travers des éclairages d'experts, dont la CRES Auvergne-Rhône-Alpes et l'IAE de Saint-Etienne, saisissez les enjeux de cette économie qui innove et se renforce.
Cette émission, soutenue par IOMI Business School et le Crédit Agricole Loire-Haute-Loire, met en lumière une dynamique économique qui construit le territoire de demain.
#EconomieSocialeSolidaire #ESS #EntreprendreAutrement #Territoire
Comprenez comment les associations, coopératives, mutuelles et fondations contribuent activement à l'emploi et au développement local.
Au travers des éclairages d'experts, dont la CRES Auvergne-Rhône-Alpes et l'IAE de Saint-Etienne, saisissez les enjeux de cette économie qui innove et se renforce.
Cette émission, soutenue par IOMI Business School et le Crédit Agricole Loire-Haute-Loire, met en lumière une dynamique économique qui construit le territoire de demain.
#EconomieSocialeSolidaire #ESS #EntreprendreAutrement #Territoire
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00:00Les tables rondes by TL7 Business avec IOMI Business School.
00:05Formation jusqu'à Bac plus 5 en alternance ou en reprise d'études.
00:09Les tables rondes by TL7 Business avec le Crédit Agricole Loire-Haute-Loire.
00:15La banque partenaire des entreprises qui construisent le territoire.
00:29Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue.
00:31Très heureux de vous retrouver pour une nouvelle édition des tables rondes by TL7 Business.
00:35Vous le savez régulièrement, on s'interroge sur un sujet économique qui concerne notre territoire.
00:40Aujourd'hui, nous nous intéressons à l'économie sociale et solidaire.
00:44Le mois de novembre est marqué par le mois de l'ESS.
00:46Alors on va en savoir plus sur ce que représente l'économie sociale et solidaire dans notre département
00:51à travers une sélection d'experts, un casting de dirigeants de structures
00:55qui vont nous rejoindre pendant 45 minutes d'émission.
00:58Pour lancer cette émission, l'économie qui invente de nouveaux chemins,
01:02regardez ce reportage de Sylvain Tizi.
01:06C'est un acteur économique aussi discret qu'essentiel.
01:09Dans la Loire, l'économie sociale et solidaire occupe une place exceptionnelle.
01:13Elle représente plus de 13% des emplois, un niveau largement supérieur à la moyenne nationale.
01:20Associations, coopératives, mutuelles, fondations ou entreprises sociales.
01:23Au total, c'est plus de 1500 établissements employeurs qui font vivre ce modèle différent.
01:28Des entreprises qui placent l'utilité sociale avant le profit et qui investissent leurs excédents dans le projet collectif.
01:35Depuis 2015, malgré un léger recul du nombre d'établissements,
01:39le SS a créé 563 emplois supplémentaires et le tissu continue de se renforcer.
01:45Depuis deux ans, le nombre d'établissements a augmenté de plus de 3%.
01:49Comprendre ce qui fait de la Loire une terre d'économie sociale et solidaire
01:52et explorer les nouvelles voies qui s'y inventent,
01:55c'est tout l'enjeu de cette édition des tables rondes by TL7 Business.
02:00Vous avez compris les enjeux de cette émission.
02:02On va consacrer la première partie de cette émission à comprendre ce que c'est que l'économie sociale et
02:07solidaire
02:08et situer le département dans cette dynamique-là.
02:11À mes côtés, autour de cette table, j'ai le plaisir d'accueillir Jennifer Sagnossian
02:15qui est maîtresse de conférence spécialiste de l'économie socialiste solidaire
02:20au laboratoire Coactis à l'IAE de Saint-Etienne.
02:22Jennifer, bonjour, bienvenue.
02:24Merci de nous apporter vos éclairages dans cette émission.
02:26Face à vous, Christophe Nicota qui co-dirige la CRES,
02:30la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire en Auvergne-Rhône-Alpes.
02:33Christophe, bonjour.
02:34On fera un petit panorama de l'ESS dans notre département, si vous le voulez bien.
02:38Et puis, j'ai le plaisir d'accueillir Dominique Grimaud
02:41qui est responsable du département Management à l'IOMI Business School.
02:45On apprendra que l'IOMI Business School forme depuis longtemps au métier de l'ESS de nombreuses personnes.
02:51Vous nous expliquerez tout ça.
02:52On va peut-être commencer par un mot de vocabulaire, un point de vocabulaire avec vous, Jennifer Sagnossian.
02:58L'économie sociale et solidaire, vous dites que ce n'est pas un secteur, mais une manière d'entreprendre.
03:03Expliquez-nous.
03:03Oui, bonjour à tous.
03:04Merci Sylvain.
03:05Merci de cette invitation également.
03:08Effectivement, l'économie sociale et solidaire, ce n'est pas un secteur d'activité.
03:11On ne fait pas de l'ESS, donc l'économie sociale et solidaire, que dans l'alimentation ou que dans
03:16le transport.
03:16On le fait dans tous les secteurs d'activité, mais aussi dans l'industrie.
03:20C'est d'ailleurs une particularité du territoire stéphanois de s'investir en ESS et en industrie.
03:27C'est donc, si on doit redire la réglementation, l'ESS, elle a été valorisée, reconnue par la loi du
03:3431 juillet 2014, du coup, en France.
03:38Et elle met en évidence une famille assez élargie qui comprend à la fois les mutuelles, les fondations, toutes les
03:46associations, notamment les associations loi de 1901,
03:48toutes les formes de coopératives de travailleurs, c'est aussi un sujet dans la Loire, et également les sociétés commerciales
03:56de l'ESS.
03:57Et effectivement, la particularité de cette façon de s'organiser et d'entreprendre, c'est à la fois une lucrativité
04:03limitée, c'est-à-dire que l'argent ne va pas dans la poche des actionnaires, mais reste dans l
04:08'organisation.
04:09C'est également une gouvernance démocratique, notamment dans les coopératives, mais partout, où les salariés sont aussi à la décision
04:16des enjeux stratégiques de l'organisation.
04:18C'est également une mixité des ressources, on va faire appel aux bénévolats, mais aussi au travail.
04:24Et puis enfin, c'est un intérêt collectif ou général, et c'est ce qui fait que j'adore travailler
04:29sur ce sujet.
04:30Vous nous en direz plus tout à l'heure. D'ailleurs, la loi Hamon 2014, c'est la reconnaissance officielle,
04:35mais on verra que les racines sont bien plus anciennes.
04:37On parle d'associations, de coopératives, de mutuelles, etc.
04:41Christophe Nicotta, vous co-dirigez la CRES, la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire en Auvergne-Rhône-Alpes.
04:46On va peut-être déjà dire ce que c'est que la CRES. Et à quoi vous servez ?
04:49La CRES, donc Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire.
04:52Notre mission, en fait, c'est de favoriser le développement de l'ESS sous toutes ses formes sur le territoire
04:56de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
04:57Oui. Alors, si on plante le décor, où on en est de l'économie sociale et solidaire ?
05:02On l'a entendu dans le sujet de Sylvain Tizi, mais quel est le panorama qu'on peut faire de
05:06l'économie sociale et solidaire en France, en région et puis dans la Loire, évidemment ?
05:09Alors, en France, aujourd'hui, c'est 14% des emplois, donc ce qui est un secteur aujourd'hui quand
05:14même important.
05:1614% des emplois privés, je précise.
05:18Dans la Loire, on est plutôt sur 17%, donc au-dessus de la moyenne nationale.
05:24Et si on va encore plus près, sur Saint-Etienne-Métropole, on est plus proche des 20 à 21%.
05:29Donc ça, c'est plutôt encourageant aussi de voir qu'on a un territoire qui est très impliqué sur l
05:34'ESS.
05:34Ça tient à l'histoire du territoire stéphanois et digérien, notamment avec des coopératives, des premières coopératives qui sont apparues,
05:43notamment dans le secteur agricole.
05:46On a tous entendu parler de coopératives dans ces secteurs-là.
05:49Mais il faut savoir qu'aujourd'hui, c'est un acteur important de l'économie sociale et solidaire.
05:52Et on a vraiment très fort dans la loi en matière de SS aujourd'hui ?
05:56Oui, c'est un département qui est au-dessus des moyennes.
06:00Il y a aussi une chose qu'on remarque, c'est que l'économie sociale et solidaire est souvent plus
06:05présente dans les territoires ruraux.
06:07Là où l'économie traditionnelle, avec capitaux rémunérés, est moins présente parce que moins de rentabilité, moins d'intérêt.
06:14Et donc c'est là où l'économie sociale et solidaire vient combler des trous dans la raquette, si je
06:20peux dire.
06:20Est-ce que le fait que la loi soit le berceau du mutualisme, de la mutualité, est-ce que ça
06:24joue aussi dans le fait qu'on a une certaine tradition, une certaine habitude dans ce domaine-là ?
06:27Oui, c'est sûr. Il y a une culture de la coopération sur Saint-Etienne qui a favorisé l'émergence
06:34de coopératives.
06:36Et on voit que même encore très récemment, il y a un exemple avec une entreprise qui a été reprise
06:41par ses salariés qui s'appelle Morassuti.
06:43On en parlera tout à l'heure.
06:43Voilà, qui s'est sauvé grâce à ses salariés dans le cadre d'un projet coopératif.
06:50Mais en même temps, il ne faut pas le voir que comme une solution, on va dire, face à un
06:56manque.
06:57Et pour rebondir sur ce qui a été dit, sur une autre façon d'entreprendre, nous, ce qu'on souhaite,
07:02c'est aussi diffuser ce message que quand quelqu'un qui a envie d'entreprendre,
07:06créer son entreprise, peut le faire avec les statuts juridiques de l'ESS et favoriser un modèle qui, en fait,
07:13aujourd'hui, on le voit avec les statistiques, est plus robuste face aux crises.
07:17Beaucoup plus robuste. Une coopérative a plus de chances de traverser les périodes compliquées.
07:22Et donc, on souhaite aussi que, dès la création d'entreprise, on envisage les statuts juridiques de l'ESS.
07:28C'est-à-dire qu'en période instable, on peut considérer que c'est une économie qui est rassurante et
07:33qui a peut-être plus de chances d'être agile et solide ?
07:36Les chiffres le montrent.
07:38Il y a aujourd'hui, 79% des coopératives qui ont été créées il y a 5 ans sont toujours
07:43actives.
07:44On est plutôt de l'ordre de 60-65% quand on parle d'entreprise avec des statuts classiques, SAS,
07:51SARL ou autre.
07:51Donc, il y a une robustesse qui est avérée.
07:54Après, les explications, on peut mettre ça sur plein de points.
08:00On peut imaginer que le fait d'associer les salariés à la fois à la gouvernance et aussi au partage
08:05des profits favorise l'implication et l'ingénierie aussi, l'intelligence collective.
08:11Donc, favorise des solutions innovantes.
08:14C'est un point important, je pense aussi, de dire que l'ESS est souvent un secteur qui innove, qui
08:19propose de nouvelles solutions.
08:20Plus que le système classique.
08:22En général, oui.
08:23Également, aussi, parce qu'il y a l'intérêt collectif.
08:25Et donc, cet intérêt collectif ou cet intérêt général, dans le cadre des crises que nous traversons,
08:31les crises écologiques, sociétales, démocratiques, on peut aussi en parler.
08:34Et finalement, c'est aussi donner la voie, VOIE et VOIX, donner les voies pour faire différemment.
08:43Et donc, c'est aussi dans ce genre de moment que l'ESS apparaît comme un moyen pertinent que d
08:51'agir sur nos territoires.
08:52Vous travaillez justement sur les différents modèles de l'économie sociale et solidaire.
08:55La dimension collaborative est évidemment primordiale.
08:58J'allais dire, c'est le fil rouge de l'économie sociale et solidaire.
09:01Oui, effectivement.
09:02Et moi, je m'intéresse particulièrement à ce qu'on appelle les coopérations territoriales.
09:06Et notamment, dans cette loi du 31 juillet 2014, a aussi été développé le concept de pôle territorial de coopération
09:14économique.
09:15Pour les auditeurs qui nous écoutent sur les questions économiques classiques, on a les pôles de compétitivité.
09:22Vous allez nous expliquer ça. D'ailleurs, on va afficher un schéma à l'antenne. Expliquez-nous ce que c
09:26'est.
09:26Voilà. Donc, le pôle territorial, c'est un peu comme un pôle de compétitivité.
09:30La différence, c'est que dans le pôle territorial de coopération économique, on a toutes les organisations de l'ESS,
09:36les coopératives, les mutuelles, mais aussi les associations,
09:39qui s'associent aux collectivités territoriales et nationales, aux entreprises classiques de l'économie dite classique,
09:46et aux centres de recherche et de formation et aux citoyens, pour répondre ensemble à des problèmes du territoire.
09:51Par exemple, sur le bassin stéphanois, on a trois pôles territoriaux qui sont en train de se monter sur des
09:58secteurs particuliers.
10:00Un, sur la prévention santé. On sait que c'est un gros désert médical, le territoire stéphanois.
10:04Et donc, il y a un sujet là-dessus. On s'associe, on co-construit des activités économiques et sociales
10:10innovantes.
10:10Je rejoins aussi ce qu'a dit le collègue tout à l'heure.
10:13Il y a aussi un PTCE qui se monte sur l'alimentation. Un troisième sur le textile. C'est aussi
10:19une culture stéphanoise.
10:20Donc, on est toujours en lien avec les savoir-faire du coin.
10:24Effectivement. Et donc, c'est ça l'intérêt des pôles territoriaux de coopération économique, c'est de faire le lien,
10:29de faire lien entre les structures de l'ESS et les autres, pour co-construire ensemble des nouvelles façons de
10:36faire.
10:36Est-ce qu'on peut dire qu'aujourd'hui, l'économie sociale et solidaire comble un manque que n'arrive
10:41pas à assurer le système classique,
10:43sans opposer les deux ? On le dira tout à l'heure.
10:45Mais est-ce qu'on arrive, est-ce que ça permet de faire des choses que le système classique ne
10:50permet pas ?
10:51C'est évident.
10:52Oui.
10:52C'est évident. À la fois, on va le retrouver sur des territoires, comme je disais tout à l'heure,
10:57où l'économie traditionnelle ne va pas parce qu'il n'y a pas de rentabilité suffisante.
11:02Et l'exemple type du service à la personne, le maintien à domicile des personnes âgées,
11:07on va avoir beaucoup plus de mal à trouver des sociétés privées sur des territoires ruraux reculés, où la marge...
11:12Parce que les marges ne sont pas assez importantes, donc les privés n'y vont pas ?
11:14Oui, parce qu'il y a des frais de déplacement plus conséquents, c'est plus compliqué de recruter, etc.
11:19Et là, on va retrouver très souvent des associations qui vont combler ce manque.
11:22Et ce système permet aussi de lier fonds publics et fonds privés.
11:27Parce que l'ESS va combler des manques de l'économie dite traditionnelle,
11:32mais aussi parfois des problématiques de services publics qui n'arrivent plus à être maintenues sur des territoires.
11:37Et l'ESS va arriver justement à faire collaborer l'argent public, l'argent privé,
11:43pour monter des projets avec des gouvernances.
11:46Il y a des coopératives qui permettent de faire ça, par exemple.
11:48Mais en tout cas, ça va permettre de monter des projets qui ne seraient pas visibles
11:53si on ne les prenait que sous un but lucratif,
11:56et qui ne sont pas tenables si on ne le prend que sous l'angle du public.
11:59Et donc, on arrive à faire des mélanges.
12:01Dominique.
12:01Donnez l'exemple, effectivement, des services à la personne.
12:05Il y a un autre environnement dans lequel l'ESS agit depuis longtemps,
12:09c'est par exemple l'économie circulaire, dont on entend beaucoup parler maintenant,
12:13et dont beaucoup d'acteurs s'emparent.
12:15Mais finalement, ça fait partie des modèles de base et d'un mode de fonctionnement initial
12:22de l'économie sociale et solidaire aussi.
12:24On parlera de tout ça, justement.
12:25On aura des exemples très concrets.
12:26Dominique Crimo, je rappelle que vous êtes, votre avis, pour IOMI Business School,
12:30responsable du département Management.
12:32Vous avez déjà nous présenté IOMI Business School en deux mots,
12:34et nous dire en quoi vous êtes un acteur majeur de la formation
12:37dans le domaine de l'économie sociale et solidaire.
12:39Alors, un acteur majeur, peut-être que ce que je peux commencer par dire,
12:43c'est que beaucoup nous connaissent sous le nom d'IRUP.
12:46Oui, c'est ça. Il y a eu un petit changement d'identité.
12:47Tout à fait. En fait, c'est l'IRUP.
12:49IOMI, c'est une partie de l'IRUP.
12:52Et IOMI regroupe aujourd'hui les activités hébergées au sein de ce qu'on appelait auparavant
12:57le département Management, c'est-à-dire des formations autour du Management,
13:00la stratégie, la comptabilité, et puis toute la filière ESS
13:04qui va de Bac plus 2 à Bac plus 5 chez nous.
13:06Voilà. Donc IOMI, c'est ça.
13:08C'est notamment la filière ESS de l'IRUP.
13:10Est-ce que vous sentez cet engouement particulier en termes de fréquentation d'IOMI, par exemple,
13:15et d'appels, de renseignements autour de l'économie sociale et solidaire ?
13:19Alors, en fait, l'économie sociale et solidaire et les valeurs qu'elle défend,
13:23elle fait partie des tendances qu'on observe chez les jeunes, clairement,
13:31qui cherchent de plus en plus à avoir du sens dans leur métier, du sens dans leur vie.
13:35Voilà. Et donc, une école et des formations autour de l'économie sociale et solidaire
13:39peuvent les aider à transformer cette idée et ce projet,
13:42et de manière très différente et très innovante,
13:45et pas seulement dans le médico-social ou dans des métiers historiques
13:49de l'économie sociale et solidaire.
13:50Voilà. Il y a plein de façons de transformer ces valeurs-là.
13:52Et puis, on l'observe aussi beaucoup auprès de publics qui sont en formation continue
13:58et qui sont notamment en reconversion et qui cherchent, effectivement,
14:03après des longues carrières, parfois, dans l'industrie, dans les services,
14:07à venir s'outiller, s'acculturer à un mode de fonctionnement et un mode d'entreprendre.
14:12Et je rejoins ce que disait Jennifer tout à l'heure.
14:15Ce n'est pas un secteur d'activité, c'est une façon d'entreprendre.
14:18C'est-à-dire qu'ils peuvent venir se former pour ensuite que leurs idées infusent
14:22dans des entreprises dites traditionnelles.
14:23Ils viennent avec un background et avec un socle de compétences fortes
14:27en matière de gestion, d'économie, de finances, de tout un tas de choses,
14:31de gestion des ressources humaines.
14:32Et ils viennent voir comment on peut mettre ça en œuvre
14:36dans un modèle alternatif et, encore une fois, dans plein de secteurs d'activité.
14:41Merci beaucoup.
14:42Christophe, quels sont les grands défis aujourd'hui ?
14:44On sera obligés de terminer cette première partie.
14:45Quels sont les grands défis aujourd'hui qui se heurtent à l'économie sociale et solidaire ?
14:51Aux quels se heurtent l'économie sociale ?
14:52Le grand défi aujourd'hui, c'est le financement.
14:55Je vais vous donner juste une statistique pour enlever aussi tort le coût à une idée reçue.
15:01Ce n'est pas un secteur d'activité subventionné.
15:04Aujourd'hui, c'est 14% des emplois du privé au niveau national.
15:08L'ensemble des acteurs de l'ESS captent 7% des aides publiques au niveau national.
15:1214% des emplois, 7% des aides publiques.
15:15Le reste, ce sont les entreprises.
15:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les entreprises à capitaux rémunérés, qui représentent les 86% en restant des
15:22emplois, captent 93% des aides publiques.
15:25C'est-à-dire que ça, c'est un vrai problème.
15:27C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on répond avec les systèmes de l'ESS à des défis qui relèvent
15:32de l'ordre du service public.
15:34Sauf qu'on a un désengagement à ce niveau-là.
15:36Et ça, c'est un vrai problème.
15:37Donc, il y a ce besoin de financement, à la fois pour assurer la pérennité de services existants, mais aussi
15:41pour favoriser l'émergence de nouveaux.
15:44Et l'ESS crée de la richesse.
15:46C'est-à-dire que c'est souvent des starters qui sont nécessaires.
15:49Et après, il y a une création de richesse.
15:50Et sur le territoire.
15:51Et sur le territoire.
15:52Et ça, c'est quelque chose qui est non délocalisable.
15:54Et la richesse sert en priorité à l'outil de production et à ses salariés.
15:59Donc, c'est-à-dire qu'on crée aussi du pouvoir d'achat.
16:03Un autre point qui est important, ce sont les difficultés de recrutement.
16:06Aujourd'hui, on a du mal à attirer sur des profils avec des compétences qui sont des compétences qui relèvent
16:12plutôt du secteur traditionnel.
16:13Et qui ont du mal parfois à venir aussi se transposer dans l'économie sociale et solidaire.
16:18La nécessité aussi de renforcer les coopérations.
16:21À la fois entre les acteurs de l'ESS, mais aussi, et ça on y croit beaucoup.
16:25On ne veut pas que les deux secteurs, l'économie sociale et solidaire, ne sont pas dos à dos, ni
16:30face à face.
16:31Mais voilà, c'est de la coopération.
16:32On l'évoquera tout à l'heure, justement, avec un témoignage.
16:34Effectivement, comment l'économie traditionnelle, entre guillemets, peut collaborer avec l'économie sociale et solidaire.
16:39C'est fondamental, ça. C'est clairement fondamental.
16:41On va dire que les deux grands enjeux aujourd'hui, c'est ces besoins de financement.
16:45À la fois pour maintenir la pérennité.
16:46On voit que les projets de loi de finances ne nous annoncent pas de bonnes choses.
16:50Ça peut être une forme de plan social déguisé qui va arriver.
16:53Et puis, cette difficulté de recrutement sur des profils de qualité.
16:58Merci beaucoup.
16:59Alors, on va faire un petit cocoréco.
17:01Dans la Loire, on sent qu'il y a un véritable écosystème.
17:04Il y a une vraie énergie autour de l'économie sociale et solidaire.
17:06Je vous entends toutes les deux sur cette question et nous passerons à la suite.
17:09Dominique.
17:12Moi, je pense que ça se traduit notamment par l'explosion de tout un tas de nouveaux champs,
17:19de nouveaux secteurs d'activité, de nouvelles façons d'agir dans l'ESS,
17:24au-delà de l'imagerie qu'on a un petit peu traditionnelle de l'économie sociale et solidaire.
17:30Et encore une fois, de pouvoir transformer et infuser ce qui se passe dans l'économie classique
17:36et de la transformer vers un modèle qui est plus proche de l'économie sociale et solidaire.
17:40Je pense que c'est surtout vers ça qu'on va aller.
17:42Et il y a notamment un domaine dans lequel il y a beaucoup d'initiatives qui émergent en ce moment.
17:48C'est tout le domaine de l'habitat.
17:49Voilà.
17:50De l'habitat intergénérationnel, de l'habitat pour les jeunes, pour les plus âgés.
17:55On en parlera juste après.
17:56C'est parfait.
17:57Vous allez en parler tout à l'heure.
17:58Vous avez teasé sur le plateau suivant.
17:59Je vais faire en terminer avec vous.
18:01Il faut signaler qu'il faut évidemment que les acteurs institutionnels servent de starters.
18:05Il y a un environnement particulièrement à Saint-Etienne-Métropole.
18:08Oui.
18:09Alors, je ne suis pas de Saint-Etienne-Métropole, mais je suis arrivée il y a un peu plus de
18:12deux ans maintenant sur le territoire.
18:13Et j'ai découvert à cette occasion le fait que Saint-Etienne-Métropole développe une politique publique
18:19en faveur des coopérations territoriales et qui finance l'émergence de ces coopérations territoriales.
18:25Parce que quand on veut coopérer, ce n'est pas facile.
18:29Ça prend du temps.
18:30Il faut un catalyseur.
18:31Il faut un catalyseur et puis il faut aussi réussir à se comprendre entre l'économie sociale et solidaire
18:35et les autres formes d'économie, les citoyens, les institutions.
18:40Et donc, Saint-Etienne-Métropole fait ça, finance et appuie du coup au financement
18:47et à l'émergence de ces coopérations territoriales sur les secteurs que j'évoquais tout à l'heure.
18:50Un petit mot sur un ouvrage que vous apprêtez à sortir hier.
18:53Oui, et effectivement, ce que disaient les collègues aussi, écoutez, nous, c'est aussi un sujet qu'on a en
18:59sciences de gestion.
19:00C'est que finalement, comme les subventions publiques, si je peux me permettre, en sciences de gestion,
19:06généralement, on prend le format de l'économie classique et puis on l'applique partout.
19:09Et donc, on a assisté à une managérialisation un peu classique de l'économie sociale et solidaire.
19:14Et avec des collègues, on s'est dit, mais il y a un vrai sujet de comment on dit différemment
19:20et comment on comprend la façon dont on manage dans les organisations de l'ESS.
19:24Et donc, on a à trois collègues, Julien Klikowski, Adrien Laurent et moi-même,
19:29coordonné un ouvrage collectif de jeunes chercheurs et chercheuses en sciences de gestion
19:34qui ont écrit des chapitres sur les concepts et les théories clés à mobiliser
19:39quand on veut comprendre et regarder l'économie sociale et solidaire.
19:43Ça s'appelle « Saisir le management des organisations de l'ESS »
19:47et ça paraît aux éditions EMS en avril 2026.
19:50Très bien. Merci beaucoup. Vous suivez les réseaux de Jennifer pour en savoir plus.
19:54Merci mille fois à tous les trois d'avoir lancé cette émission.
19:57Nous allons donner la parole à présent aux différentes structures
19:59dont nous avons un peu parlé dans cette première partie.
20:04Et dans cette deuxième partie d'émission, nous plongeons dans le concret.
20:08L'économie sociale et solidaire, ce sont aussi des entreprises, des associations,
20:12des structures, des coopératives qui répondent donc à des besoins très réels.
20:16On va parler de différents secteurs d'activité aujourd'hui, d'alimentation, d'industrie,
20:20de mobilité, de santé, avec mes quatre invités que j'ai le plaisir de vous présenter très brièvement
20:25puis ils iront plus loin dans les présentations.
20:27Mélodie Sabat, bonjour.
20:28Vous êtes co-directrice du GRAP, une coopérative d'entrepreneurs engagée dans l'alimentation durable.
20:33Bienvenue dans cette émission.
20:35Face à vous Patrick Laurent, vous êtes directeur général de l'entreprise ITAC,
20:39une entreprise adaptée, historique dans le département.
20:42Vous travaillez notamment avec le secteur industriel.
20:45Jérôme Louis, vous êtes chef d'atelier pour l'association Pont-et-Pignon à Saint-Just-à-Ambert,
20:49un atelier de réparation, de réemploi vélo, de réinsertion également.
20:54Et puis Marion Dessagne, vous êtes porteuse de projets.
20:56Vous êtes en train de développer une structure COAPA,
21:00un modèle de colocation pour seigneurs fragilisés.
21:03Vous nous parlerez de vos structures différentes tout à l'heure.
21:05Mélodie, on va commencer avec vous.
21:07Vous allez nous présenter le GRAP.
21:09Qu'est-ce que c'est que le GRAP ?
21:10Bonjour, merci pour l'invitation.
21:12Le GRAP, on est un groupement d'entrepreneurs en Rhône-Alpes,
21:16engagés pour une alimentation responsable,
21:18c'est-à-dire qu'on défend l'agriculture bio, locale, en circuit court et paysanne,
21:23réunis en coopératives.
21:25Nous sommes une société coopérative d'intérêt collectif,
21:27avec pour objectif de mutualiser des services support administratifs,
21:31des ressources, des moyens, pour vivre aussi une aventure coopérative, collective,
21:36avec tous les acteurs qui souhaitent nous rejoindre dans l'alimentation durable.
21:39Alors c'est une initiative qui vient du Rhône et qui est aussi déployée dans la Loire.
21:43Que viennent chercher les coopérateurs qui participent au groupement ?
21:47Donc on dirait que le premier objectif pour nous,
21:50c'est aussi déjà de sécuriser les entrepreneurs et entrepreneurs hommes et femmes
21:55qui souhaitent rejoindre GRAP.
21:57Donc on a tout un accompagnement qu'on réalise.
22:00Ils viennent chercher des services support.
22:02Initialement, GRAP a été créé sur le constat
22:05qu'il y avait de plus en plus d'initiatives dans les circuits courts
22:08et des personnes qui finalement se retrouvaient assez seules,
22:11passaient beaucoup d'heures, pas forcément bien rémunérées
22:14et avec pas forcément les outils adaptés.
22:16Donc ce qu'ils viennent chercher chez nous, c'est des outils adaptés
22:19pour qu'on puisse valoriser la filière alimentaire bio.
22:22Ils viennent chercher aussi le fait de travailler en coopérative
22:25et de ne pas rester seules de leur côté
22:28et d'avoir vraiment un collectif qui est là pour répondre à leurs questions et leurs attentes.
22:33Quand vous parlez de services support, c'est quoi ?
22:34Vous assurez la compta, les approvisionnements ?
22:37Quel est votre degré d'intervention ?
22:38Quel est le degré d'intervention de la coopérative ?
22:39On a plusieurs services support.
22:42Il y a déjà tout un pan qui est lié à l'informatique de gestion
22:45pour avoir des outils qui soient adaptés à leurs besoins.
22:48Toute une partie aussi des services support administratif
22:50qui peut comporter par exemple tout ce qui est lié à la paie.
22:54On a aussi tout un service de logistique
22:56qui permet aussi notamment à nos activités épicerie
22:59de bénéficier de produits locaux de toute la région.
23:03Et on a tout un pan aussi lié à l'accompagnement des entrepreneurs
23:06à la fois sur la partie gestion
23:07mais aussi sur les aspects métiers de chaque corps de métier
23:10qui font partie de GRAP.
23:12Je ne l'ai pas précisé, mais dans le collectif GRAP,
23:15quand on parle d'entreprise dans l'alimentation durable,
23:18on parle soit d'épicerie, donc dans la distribution,
23:20soit des activités de transformation qui vont être par exemple
23:24des boulangers, des pâtissiers, des pâtissiers-pâtissières,
23:28de la chocolaterie, de la brasserie, de la restauration,
23:31ou aussi des métiers de conseil.
23:32Et des entrepreneurs qui ont choisi de s'inscrire
23:34dans une chaîne de valeur liée à l'économie sociale et solidaire
23:37et à un mode de gestion particulier.
23:39Tout à fait.
23:39Les personnes qui font partie de GRAP adhèrent à une charte
23:42qui je dirais sur deux parties,
23:43à la fois sur la partie alimentation,
23:45donc développer l'alimentation bio et locale,
23:48et aussi à la fois, on en a parlé dans la première partie de l'émission,
23:52vous en avez parlé, sur l'aspect coopératif.
23:54Nous, on est une coopérative et on défend aussi le modèle coopératif.
23:57Donc les personnes qui sont aussi chez GRAP adhèrent à ce mouvement-là,
24:00c'est le principe d'une personne égale une voix
24:01et d'avoir une gouvernance horizontale et partagée,
24:04à la fois au sein de leur activité
24:06et aussi au sein de notre groupement GRAP.
24:08Qu'est-ce que ce modèle apporte ?
24:09Qu'est-ce que le système apporte de plus que le système classique ?
24:14On parlait tout à l'heure de trous dans la raquette
24:16et de certaines choses auxquelles l'ESS répondait.
24:19Je dirais beaucoup de choses,
24:21à la fois sur la partie vraiment des services,
24:23parce qu'on est la première coopérative
24:25qui s'est créée vraiment filière alimentaire en France.
24:28Et donc on a vraiment pu répondre aux besoins spécifiques
24:31de ces acteurs-là sur leurs besoins qu'ils avaient à ce niveau-là.
24:36Et on répond aussi dans le fait de vouloir coopérer
24:39et que les gens ne restent pas seuls dans leur coin.
24:41C'est aussi ça une des problématiques aujourd'hui.
24:43Notamment, on parle de métiers qui sont en centre-ville,
24:46en centre-ville parfois où c'est difficile.
24:48On peut prendre l'exemple par exemple de Saint-Etienne.
24:51Et le fait aussi de se fédérer,
24:52ça va permettre d'être plus fort et plus robuste dans leur fonctionnement.
24:55À la fameuse robustesse dont nous parlions tout à l'heure.
24:57Exactement.
24:57Merci beaucoup.
24:58On ira plus loin dans les explications tout à l'heure,
24:59si vous le voulez bien, Mélodie.
25:00Face à vous, Patrick, Patrick Laurent,
25:02vous êtes directeur général de Ithac,
25:04une entreprise, alors 300 collaborateurs, c'est ça ?
25:06Un peu plus de 300 collaborateurs.
25:07Un peu plus de 300 sur plusieurs sites.
25:09Donc, une entreprise historique.
25:11Et vous employez des personnes en situation de handicap.
25:14Parlez-nous d'Ithac, déjà des collaborateurs qui la composent,
25:17et puis de ce que vous faites.
25:19Ithac, c'est un groupe associatif, sous statut de loi 1901,
25:22qui a la particularité de gérer quatre entreprises adaptées
25:25et un ESAT de Saint-Etienne jusqu'à Vichy,
25:28en passant par Montbrison, Rouen et Clermont-Ferrand.
25:32D'accord.
25:32L'entreprise adaptée, effectivement, emploie majoritairement des personnes en situation de handicap.
25:37Il y a un taux plancher d'emploi qui est de 55% de personnes,
25:41contre 6% pour les entreprises du milieu classique.
25:44Nous, aujourd'hui, chez Ithac, on emploie effectivement 330 collaborateurs,
25:47dont 75% sont reconnus handicapés.
25:50Quels sont les types de missions ?
25:51Donc, vous faites de la sous-traitance industrielle, mais pas seulement.
25:53Effectivement, nous, on est spécialisé dans la sous-traitance industrielle.
25:56On est présent à Saint-Etienne depuis plus de 50 ans.
25:58Donc, on est sur un bassin industriel historique.
26:01Et on développe des activités technologiques très, très variées,
26:05que ce soit dans le domaine de l'usinage, des salles blanches,
26:08de l'assemblage technique, mais également des activités de service,
26:11collecte, recyclage des déchets de bureau avec notre enseigne Élise,
26:14ou alors une EATT, une entreprise adaptée de travail temporaire,
26:17et qui est faite pour accompagner nos clients qui souhaitent recruter des personnes en situation de handicap,
26:21pour les aider à démystifier le sujet du handicap et à accueillir les personnes chez eux.
26:25Quelles sont les vertus de l'entreprise ?
26:27Ça reste une structure qui doit générer des marges et puis avoir un fonctionnement régulier ?
26:32Quelles sont les vertus ?
26:33Comment est-ce qu'on pourrait définir la typologie de l'entreprise ITAC ?
26:36L'entreprise adaptée est une entreprise du milieu ordinaire.
26:39Donc, elle est considérée comme une entreprise classique.
26:41Moi, j'ai plutôt tendance à dire que c'est une entreprise extraordinaire,
26:44puisqu'on est des compétiteurs identiques à tous nos concurrents locaux dans nos domaines d'activité.
26:50Mais on a la particularité d'exercer nos activités avec 75% de personnes en situation de handicap.
26:56Donc, c'est une vraie structure qui s'organise autour de la problématique du handicap,
27:00qui prend en compte les contre-indications médicales de ses collaborateurs,
27:03et qui fait en sorte de pouvoir exercer une activité au service de nos clients,
27:08une activité de qualité, sans quoi nos clients ne reviendraient pas nous passer des commandes.
27:13Pas du sous-travail ?
27:14Pas du tout. On crée de la valeur. En fait, on est assez innovant en termes de développement d'activité.
27:18Le but est de créer de la valeur pour pouvoir créer de l'emploi durable pour des personnes en situation
27:21de handicap.
27:22C'est le projet d'entreprise d'ITAC.
27:23On parlait tout à l'heure des collaborations avec le milieu dit classique
27:26et les structures issues de l'économie sociale et solidaire.
27:29Alors, vous, typiquement, vous êtes le bon exemple.
27:31C'est-à-dire que les activités de sous-traitants se font pour le monde économique traditionnel.
27:37Complètement. En fait, nous, on s'adresse à nos clients en leur disant
27:40qu'ils ont des activités cœur de métier et des activités périphériques
27:44qui ne sont pas cœur de métier, qui ne sont pas stratégiques pour eux.
27:46Donc, on leur propose d'externaliser, de délocaliser à proximité, au sein de nos ateliers,
27:51des activités avec nos différents métiers.
27:54On a six unités de production qui comportent des métiers très spécifiques.
27:58Mais on peut aussi intervenir directement chez nos clients
28:00quand l'externalisation des flux n'est pas possible.
28:02Ce qui est le cas dans certains domaines, comme l'armement, par exemple, aujourd'hui,
28:06ou quand on travaille sur des matériels de guerre,
28:07on est obligé, effectivement, d'implanter nos équipes chez nos clients
28:10avec le management intégré, le matériel, l'organisation, dans une zone dédiée.
28:15Mais on va plutôt délocaliser nos équipes chez nos clients.
28:17Pour parler des obligations réglementaires qu'ont les entreprises,
28:20de faire appel, d'embaucher des personnes en situation de handicap,
28:23ça permet aussi de sous-traiter avec Ithac, de rentrer dans les cadres réglementaires.
28:27Oui, c'est ce que j'appelle la cerise sur le gâteau.
28:30Les clients ne viennent pas chez nous pour ça.
28:31Ils viennent chez nous parce qu'ils cherchent un partenaire de qualité
28:33pour exercer une prestation qu'ils souhaitent leur confier.
28:36Maintenant, effectivement, la cerise, c'est que le fait de collaborer
28:41avec des entreprises adaptées permet aux entreprises classiques
28:43qui ont une obligation de 6%, une obligation d'emploi de 6%,
28:46de bénéficier, effectivement, de déductions de leurs contributions
28:51au travers de la sous-traitance exercée chez nous.
28:53Merci beaucoup, Patrick.
28:54Là aussi, on ira un petit peu plus loin tout à l'heure.
28:56Jérôme Louis, vous êtes chef d'atelier au sein de l'association Pont-Épignon.
29:00Vous êtes installé à Saint-Jus-Saint-Rombert,
29:02un atelier de réparation, de réemploi vélo, mais pas seulement.
29:05Expliquez-nous ce que fait Pont-Épignon.
29:08Bonjour à tous.
29:09Pont-Épignon, c'est une association qui a été créée en 2020,
29:12qui a pour objectif de favoriser les mobilités douces.
29:17Pont-Épignon, à l'heure d'aujourd'hui, c'est deux locaux,
29:20des locaux principaux qui sont sur la commune de Bonçon
29:23et des locaux annexes qui sont sur Saint-Jus-Saint-Rombert.
29:27Pont-Épignon, c'est dix personnes,
29:29dix personnes dont sept mécaniciens.
29:33L'objectif, c'est de revaloriser les vélos
29:36pour les remettre en service, leur donner une seconde vie.
29:39On a plusieurs activités concernant l'économie sociale et solidaire.
29:42On fait tout ce qui est de la vente de vélos d'occasion.
29:44Ce sont des vélos qui nous sont donnés,
29:47qui ne sont souvent pas en très bon état.
29:50Pour nous, à nos yeux, ce n'est pas grand-chose.
29:52Il passe dans les mains d'un mécanicien à l'atelier.
29:55Ce vélo est entièrement révisé.
29:57On a à côté un magasin qu'on va ouvrir deux fois par semaine
30:01où toute personne, en particulier professionnel,
30:04peut venir acheter des vélos.
30:06Enfants, adultes, vélos de route, tout est possible.
30:08On a une deuxième activité aussi,
30:11qui est en plein développement,
30:12et je pense que ça va être de plus en plus fort sur les années qui suivent,
30:15qui est l'électrification de vélos classiques.
30:17On a chez soi parfois un vélo qu'on aime bien, qu'on a attaché.
30:21Il faut savoir que ce vélo, on peut l'électrifier
30:23avec quelque chose de très qualitatif.
30:25Nous, on s'est fait agréer et formé par une marque française,
30:29justement.
30:32Et il y a beaucoup d'avantages à tout ça.
30:34Économie, etc.
30:37On réalise aussi ce qu'on appelle de l'atelier participatif.
30:39C'est-à-dire qu'on a parfois un vélo,
30:41mais on aimerait bien le bricoler soi-même.
30:43Donc ça, avec Point et Pignon, vous pouvez le faire.
30:45Vous venez chez nous sur des temps dédiés,
30:47et vous allez réviser votre vélo en autonomie.
30:52Malgré tout, un mécanicien sera là pour vous accompagner,
30:55vous guider, et surtout avoir l'outillage aussi en même temps.
30:59Une autre activité aussi, qui est la vélo-école.
31:01On a un animateur salarié en interne
31:03qui va être toute l'année dans les écoles.
31:05Il a son camion, ça remorque ses vélos,
31:07et qui est là, en effet, pour apprendre aux enfants à...
31:10Pardon ?
31:10Il va faire rouler les enfants.
31:11Il va faire rouler les enfants, etc.
31:13Et on se rend compte qu'il y a même parfois des enfants
31:15qui ne savent pas faire de vélo.
31:17Près de MJC, centres sociaux, etc. aussi.
31:20Donc voilà, le champ d'action est très large.
31:24Réinsertion aussi.
31:25C'est-à-dire que les gens qui travaillent
31:26pour la structure Pont-Épignon sont des personnes
31:29en situation de retour à l'emploi ?
31:31C'est ça.
31:32Donc moi, je gère l'atelier de réparation,
31:33où on est 7 au total.
31:35Sur les 7, du coup, bien sûr, je suis présent.
31:38On a aussi 4 personnes, du coup, en insertion,
31:42sur des contrats d'environ 26 à 30 heures.
31:45Donc c'est des personnes qu'on a recrutées
31:47avec simplement un prérequis,
31:48qui est de se dire d'être manuel,
31:50de savoir se servir de ses mains.
31:52Quand on a ça, on a fait le pari
31:54de pouvoir les former, du coup, en interne,
31:56et de les faire devenir, du coup,
31:58de vrais mécaniciens,
31:59qui demain pourront, s'ils le souhaitent même,
32:00partir dans le privé ou créer leur activité.
32:03Donc voilà, c'est des contrats qu'on fait
32:04qui peuvent aller jusqu'à 2 ans,
32:06voire un petit peu plus avec des exceptions.
32:09Mais l'objectif, c'est ça,
32:10c'est de les réinsérer
32:11et de faire en sorte, en effet,
32:12que Pont-Épignon soit un levier pour eux.
32:14Et on a aussi des apprentis.
32:16Parce qu'il faut savoir
32:17qu'il y a une formation mécanique cycle
32:19à Saint-Etienne,
32:21qui est très intéressante.
32:22Donc quel établissement ?
32:23Etienne Mimar,
32:25via le Greta, du coup, à Saint-Etienne.
32:27Merci beaucoup.
32:28Face à vous, on termine avec la quatrième structure.
32:30Alors, structure en cours de création,
32:31avec vous, Marion Dessagne.
32:33Vous portez le projet COAPA.
32:35Expliquez-nous.
32:36Alors, moi, après avoir travaillé
32:38pendant 10 ans en tant que cadre de santé
32:39dans les EHPAD,
32:41je me suis rendu compte
32:42que plus de 90% des Françaises
32:45et des Françaises
32:46ne veulent pas aller dans les EHPAD,
32:47mais qu'il n'y avait pas forcément
32:48des alternatives.
32:49Et puis, on a notre réalité démographique
32:52qui fait qu'on va augmenter de 30%
32:54les personnes âgées dépendantes
32:55d'ici 10 ans.
32:57Et donc, il y a vraiment un enjeu, là,
32:59sur l'accueil des personnes âgées dépendantes.
33:02Et je voulais travailler, justement,
33:05l'intermédiaire entre le domicile,
33:07les structures de résidence seniors
33:10et l'entrée en EHPAD.
33:12Et là, à cet endroit-là,
33:13en fait, il y a très peu de choses.
33:14Et donc, j'ai vraiment envie
33:16de déployer des colocations,
33:18c'est-à-dire que les personnes
33:19restent habitantes et habitants
33:21de ces lieux-là.
33:22Elles participent.
33:24Les familles peuvent participer
33:25à la création des repas, des menus.
33:27Et donc, c'est vraiment un lieu de vie
33:28qui pourra accueillir les personnes
33:30jusqu'à la fin de leur vie
33:31avec une coordination médicale
33:32et paramédicale,
33:34avec l'intervention des libéraux,
33:36de l'hospitalisation à domicile,
33:37si nécessaire.
33:38Mais vraiment, l'idée,
33:39c'est de proposer une alternative humaine,
33:42à taille humaine,
33:44pour la dignité des personnes.
33:45Donc, un projet en cours de création.
33:47On en est au stade de projet, là.
33:49Tout à fait.
33:49Là, on en est au stade
33:50de recherche de foncier,
33:52recherche de locaux
33:54et recherche des financements,
33:57du montage financier.
33:59Voilà.
34:01L'idée, c'est vraiment
34:02de pouvoir ouvrir
34:04le plus de lieux possibles
34:05puisqu'on peut à la fois
34:06être dans des milieux ruraux,
34:08c'est-à-dire éviter le déracinement
34:09puisque quand on rentre en dépendance
34:11et qu'on est dans un village reculé,
34:12on va forcément aller dans une ville
34:15là où il y a des EHPAD.
34:16Et donc, si on a des plus petites unités
34:19et des plus petites structures,
34:20on pourrait être plus près
34:21des lieux de vie.
34:23Et aussi, dans les villes, en fait,
34:25où les personnes sont très isolées
34:26chez elles,
34:27où elles voient passer le matin
34:28l'infirmière et le soir l'infirmière,
34:31eh bien, l'habitat partagé,
34:32accompagné, c'est aussi une solution.
34:33C'est aussi une solution qui s'offre.
34:35Et l'opportunité de l'ESS,
34:37c'est que j'ai l'intime conviction
34:39qu'on ne doit pas faire de profit
34:41sur la vieillesse ou la maladie.
34:43C'est quelque chose
34:44qui doit nous faire commun
34:46entre humains et humaines.
34:48Et donc, développer des structures
34:51dans l'ESS
34:53au service des personnes
34:54en grande dépendance,
34:55c'est quelque chose qui me parle
34:56et dont j'aimerais être actrice
34:59pour les prochaines années.
35:01Merci beaucoup.
35:01On va justement parler de valeur
35:02et je vais vous proposer
35:03un petit tour de table
35:03sur ces questions-là.
35:05Le fait d'être issu,
35:06de participer,
35:07de travailler dans le milieu
35:08de l'économie sociale et solidaire,
35:09on l'a compris en début d'émission,
35:11il y a un vrai élan aujourd'hui
35:13autour de cette économie-là,
35:15de ce secteur-là,
35:16cette manière d'entreprendre plutôt.
35:18Quel est le ressentiment qu'on a
35:20lorsqu'on est un acteur,
35:21une actrice
35:21de l'économie sociale et solidaire ?
35:23Mélodie ?
35:25Je dirais en premier lieu
35:26quand même de la fierté,
35:28de pouvoir,
35:28en tout cas,
35:29nous à Grappe,
35:30avoir un modèle économique
35:31qui finalement,
35:32comme on le disait en première partie,
35:33ne vit pas sur des subventions économiques,
35:36en tout cas en majorité,
35:37et permet de quand même
35:38avoir une alternative économique
35:42pérenne, robuste,
35:44avec des valeurs qui sont fortes
35:45et notamment,
35:46je voulais rebondir
35:46sur ce qui avait été dit
35:47sur la robustesse.
35:48Nous, dans le secteur alimentaire bio,
35:50on a connu une grosse crise
35:51en 2022-2023,
35:52avec beaucoup,
35:53beaucoup d'entreprises
35:54qui se cassaient la figure.
35:56Et pour nous,
35:56une de nos valeurs fortes,
35:57justement,
35:58c'est cette robustesse
35:59à la fois sur les principes
36:01du secteur de l'ESS,
36:02notamment des coopératives,
36:03d'avoir des activités
36:05avec des réserves,
36:06d'avoir des personnes
36:06qui sont actrices,
36:07de leurs salariés
36:08qui sont actrices.
36:09Ça a permis quand même
36:10pour nos activités
36:11d'être beaucoup plus robustes
36:12et pérennes
36:13et rester en place
36:13sur nos territoires.
36:15Je pense notamment
36:15au centre-ville de Saint-Étienne,
36:17qui connaît en plus
36:18de la crise du bio,
36:19aussi une crise
36:20au niveau du commerce.
36:22Donc voilà,
36:23en termes de valeurs,
36:24au-delà de la fierté,
36:25c'est aussi comment arriver
36:26à avoir quelque chose
36:27qui soit pérenne
36:27dans le temps économiquement
36:28et avec des valeurs
36:29qui me semblent
36:30beaucoup plus pérennes
36:32dans un moment
36:32de transition écologique
36:33à venir inévitable.
36:35Jérôme,
36:36même question pour vous,
36:36le fait d'être un acteur
36:37de l'économie sociale
36:39et solidaire.
36:39Est-ce que deux mots
36:40sur cet ESS-là ?
36:42Alors, il faut savoir
36:43qu'auparavant,
36:44du coup,
36:44je suis dans l'ESS
36:45uniquement depuis deux ans.
36:47Voilà,
36:48auparavant,
36:48j'étais dans le privé
36:50avec des capitaux
36:51qui étaient assez importants
36:52même, du coup.
36:53Donc c'est une découverte
36:54pour moi,
36:54beaucoup de satisfaction,
36:55en tout cas,
36:57je pense que
36:57pour la direction
36:58de Pont-Épignon,
37:00etc.,
37:00de voir en effet
37:02le remerciement
37:03des personnes
37:03qu'on peut avoir,
37:04des personnes
37:04qui sont assez différentes.
37:06Nous,
37:06on peut parler de clients,
37:07nos clients
37:08qui viennent faire
37:08réparer leur vélo
37:09ou qui viennent acheter
37:10un vélo.
37:11Aujourd'hui,
37:13dans l'économie qu'on a,
37:14on n'a pas,
37:15en effet,
37:15on ne répond pas
37:16à ce besoin.
37:17Nous,
37:17on est là,
37:18on est là pour en effet
37:19vendre des vélos
37:20à bas coût,
37:20mais des vélos qualitatifs
37:21malgré tout.
37:23Et c'est plutôt
37:24les clients
37:24qui vont nous rendre
37:25tout ça.
37:25Et on se rend compte
37:26qu'en effet,
37:27on a peu de moyens,
37:28on le disait tout à l'heure,
37:29mais c'est ce bouche-à-oreille
37:31en fait,
37:31qui nous,
37:32chez Pont-Épignon,
37:33nous a fait progresser
37:34de jour en jour.
37:36Et puis voilà,
37:37et quand on voit
37:37le remerciement aussi
37:38des salariés
37:39qu'on peut avoir
37:39en interne,
37:40c'est chouette,
37:41c'est des belles choses.
37:42Merci Patrick.
37:42Ce qui nous concerne,
37:44c'est le sens,
37:45le sens qu'on donne
37:46à notre travail
37:46et effectivement,
37:48des personnes
37:49que je croise aujourd'hui,
37:50des nouveaux arrivants
37:50chez Ithac
37:51qui sont en situation
37:52de management,
37:53par exemple,
37:53recherche du sens,
37:54vraiment,
37:55après une carrière,
37:56souvent dans des activités
37:58industrielles,
37:59se tournent vers
37:59l'économie sociale
38:00et solidaire.
38:01Chez Ithac,
38:02on a écrit un projet
38:03d'entreprise en 2019
38:05dans lequel on va trouver
38:06une charte du management
38:07et également une charte
38:08des valeurs.
38:09Et nos valeurs
38:09sont la solidarité,
38:11c'est la première des valeurs,
38:12l'agilité,
38:13parce qu'effectivement,
38:14il faut qu'on soit
38:15suffisamment agile
38:16pour répondre
38:18aux demandes
38:19de nos différents clients,
38:21la confiance,
38:22le respect
38:22et l'équité.
38:24Donc,
38:24c'est vraiment ce qui nous anime
38:25au quotidien,
38:25mais je dirais qu'avant tout,
38:26effectivement,
38:27c'est le sens
38:27qu'on donne à notre travail.
38:28Merci beaucoup.
38:29On parle valeur,
38:30c'était très intéressant,
38:31évidemment.
38:32Merci à tous les deux.
38:34Mélodie,
38:34Jérôme,
38:35on va vous laisser.
38:37Nous allons à présent
38:38nous intéresser
38:39à un sujet industriel
38:41qui a fait la une
38:42de l'actualité
38:42ces derniers mois
38:43à Saint-Etienne.
38:44Vous avez décrit
38:45vos activités respectives.
38:46On a parlé de Scope
38:47tout à l'heure,
38:48de coopératives.
38:49Je vous propose
38:49de regarder ce reportage
38:51qu'avait réalisé
38:52la rédaction de TL7
38:53pour célébrer les un an
38:54de la création
38:55de la Scope Morassuti.
38:56Vous savez,
38:57cette entreprise,
38:58cette imprimerie
38:58qui avait été confrontée
38:59à d'énormes problèmes financiers
39:00et qui a été reprise
39:01par ses collaborateurs.
39:03Voilà,
39:03on regarde ce reportage
39:04et on se retrouve juste après.
39:05Mélodie Jérôme,
39:05merci beaucoup.
39:08Ces jours de fête
39:09aujourd'hui
39:10pour l'imprimerie
39:11Morassuti,
39:12elle fête
39:13ces un an
39:13en tant que société
39:14coopérative
39:15et participative.
39:17Rachetée par les employés
39:18devenus actionnaires
39:19à l'aide d'une cagnotte,
39:21ils ont décidé
39:22d'inviter les donateurs
39:23à découvrir
39:24leur fonctionnement
39:25et le travail
39:26qu'ils réalisent
39:27chaque jour.
39:28Je suis surprise
39:30de la taille
39:31parce que je m'attendais
39:32à une petite entreprise.
39:34Je ne connaissais pas
39:35avant l'entreprise
39:36et c'est le projet
39:37je veux dire
39:38de reprise
39:39par les salariés
39:39qui m'a motivée
39:41à les aider
39:42à la hauteur
39:43de mes moyens
39:43évidemment
39:44et je suis étonnée
39:47de la taille
39:48de l'importance
39:50de l'entreprise.
39:51De voir
39:52les différents machines
39:53dont on ne travaille
39:53pas du tout comme ça
39:54et c'est super intéressant
39:55de voir leur mode
39:56de fonctionnement
39:57comment ils bossent
39:58comment ils ont réussi
39:59à s'en sortir.
40:00C'est magnifique
40:01ce qu'ils ont fait
40:01et puis ils ont maintenu
40:03leur emploi
40:04et c'est juste extraordinaire.
40:07Ces chapeaux
40:07et vraiment
40:08là je leur tire
40:10vraiment mon chapeau
40:10parce que c'est magnifique.
40:12Pendant cette année
40:12de nombreux changements
40:13ont été réalisés
40:15notamment avec la mise en place
40:17de meilleures conditions
40:18de travail
40:18pour les employés
40:19mais la réussite
40:21de cette première année
40:22en tant que scope
40:23c'est surtout
40:23un bilan positif
40:25l'entreprise
40:26est bel et bien viable
40:27elle a même dépassé
40:28son prévisionnel.
40:29Au départ
40:30le dossier
40:30était très très mal parti
40:32personne ne voulait
40:33trop y croire
40:33on a eu très peu
40:34qui nous ont suivi
40:36et aujourd'hui
40:37on prouve
40:38qu'en étant
40:40à l'achariant
40:41on réussit
40:42cette belle promesse.
40:44Il y a eu
40:44des clients
40:44qui sont venus
40:46aujourd'hui
40:46on a des nouveaux clients
40:47mais on a aussi
40:49tous nos anciens clients
40:51qui nous sont restés
40:52fidèles
40:52dans cette entreprise
40:54comme ils nous l'avaient dit
40:55lors qu'on annonçait
40:57qu'on voulait reprendre
40:57l'entreprise à Scope
40:58et qu'ils nous ont dit
40:59que si on réussissait
41:00ils continueraient
41:01à travailler avec nous
41:02et c'est ce qu'ils ont fait.
41:03Maintenant
41:03l'imprimerie
41:04Maurrasouti
41:05veut se concentrer
41:06sur la partie RSE
41:07notamment
41:08sur la partie recyclage
41:10en transformant
41:11leurs déchets
41:12par des objets
41:13du quotidien.
41:14Voilà pour le bilan
41:16une belle réussite
41:17la Scope
41:18Maurrasouti
41:18On va terminer
41:19cette émission
41:20avec deux points
41:20nous allons parler
41:21formation
41:21et finance solidaire
41:23nous en rejoint sur le plateau
41:24Jean-Edouard Turc
41:25bonjour Jean-Edouard
41:26vous êtes chargé
41:26de recrutement
41:27tuteur pédagogique
41:28à l'IOMI Business School
41:30dont nous parlions
41:30avec Dominique Giraud
41:31en début d'émission
41:32et puis Jérôme Schirra
41:33vous êtes un spécialiste
41:34de la finance solidaire
41:35nous conclurons l'émission
41:36avec vous
41:36avec un point
41:38sur les finances.
41:38Jean-Edouard
41:39on a bien compris
41:40qu'aujourd'hui
41:41on était en recherche
41:41de valeur
41:42on a compris
41:42qu'IOMI formait
41:43dans les domaines
41:45de l'ESS
41:45d'ailleurs Marion Desseigne
41:46vous êtes en cours
41:47de formation
41:48avec IOMI Business School
41:49comment est-ce qu'on se forme
41:51quand on parle valeur
41:52comment est-ce qu'on forme
41:53à des valeurs
41:53et comment est-ce qu'on forme
41:54au secteur de l'ESS
41:55alors c'est une excellente question
41:57parfois les étudiants
41:58viennent déjà
41:58avec leurs propres valeurs
41:59leur militantisme
42:00l'envie de participer
42:01d'aider les personnes
42:01peut-être en difficulté
42:03nous on va les accompagner
42:04post-bac
42:05en BTS
42:05à Bac plus 2
42:06jusqu'à Bac plus 5
42:07alors peut-être pour donner
42:08des exemples très concrets
42:09prenons un centre social
42:10qui est typiquement
42:11dans le secteur de l'ESS
42:12je vais rentrer en BTS
42:13je vais être en première ligne
42:15je vais discuter avec les familles
42:16organiser les activités
42:16au quotidien
42:17je vais poursuivre après
42:18en licence
42:19et en licence
42:19je vais monter d'autres activités
42:20les centres sociaux
42:21par exemple peuvent développer
42:22prendre en charge
42:23le périscolaire
42:23aider à la garderie
42:24aider aux devoirs
42:25donc à Bac plus 3
42:26on va pouvoir faire ça
42:27et puis au-delà jusqu'à Bac plus 5
42:28on va peut-être prendre
42:29la direction adjointe
42:30du centre social
42:30et vraiment piloter
42:32les plannings
42:33recruter les personnes
42:34faire face au quotidien
42:35les bons moments
42:35comme les moins bons moments
42:37et puis pourquoi pas
42:38un jour prendre
42:39la direction d'un centre social
42:41donc on peut se former
42:42tout au long de la vie
42:42revenir régulièrement
42:43lorsqu'on veut gravir les échelons
42:44tout à fait
42:45on a des étudiants
42:46qui après vont peut-être
42:47reprendre des structures
42:48je peux penser à Etictable
42:49qui est un traiteur solidaire
42:50j'espère que vous faites appel
42:51à eux pour vos cocktails
42:52évidemment régulièrement
42:53donc c'est des étudiants
42:54de chez nous
42:54qui pilotent
42:55qui développent ces structures-là
42:56pour aider les personnes
42:57à se réinsérer
42:58j'ai d'autres exemples
42:59peut-être vos futurs concurrents
43:00j'ai une étudiante
43:00qui a monté ondes porteuses
43:02donc c'est une structure
43:03qui va aider les personnes
43:04qui ont eu des difficultés
43:04dans la vie
43:05à se reconstruire
43:06à reprendre confiance en elles
43:07au travers de la réalisation
43:08de podcasts
43:09et d'activités de radio
43:09en direct
43:10d'accord
43:11Marion
43:12vous êtes en cours de formation
43:13à IOMI Business School
43:14comment se passe une formation ?
43:16Alors la formation
43:17c'est sur un an
43:18c'est une formation certifiante
43:20qui donne niveau 7
43:21de niveau 7
43:22donc équivalent au master
43:24c'est une formation
43:25qui est une semaine par mois
43:28pendant un an
43:29et le reste du temps
43:30vous êtes en développement
43:32d'activités
43:32en développement de projets
43:33en structure
43:34pour développer votre projet
43:36et c'est le contenu
43:37de votre projet
43:38qui va alimenter
43:41les évaluations
43:42sur les cours
43:43qu'on va vous donner
43:44donc moi j'ai choisi
43:47personnellement
43:48puisque je parle de mon cas
43:49cette formation
43:49parce que je voulais
43:51c'est l'entrepreneuriat
43:51en économie sociale et solidaire
43:53c'est ça ?
43:53Exactement
43:55entrepreneur
43:55de l'économie sociale et solidaire
43:57pour pouvoir vraiment
43:58m'inscrire
43:59pour avoir une culture
44:00et d'ailleurs
44:01on a commencé
44:02donc là en novembre
44:03et il y a un chercheur
44:04sur le SS
44:05qui est venu
44:05et on se rend compte
44:07finalement que
44:07malgré
44:08malgré le fait
44:09qu'on pense
44:10connaître des choses
44:11sur le SS
44:12il y a énormément
44:12de choses
44:14à connaître
44:15pour pouvoir
44:16vraiment être
44:18bien pour l'humain
44:19bien pour la planète
44:20bien pour le service rendu
44:22et être virtueux
44:23parce que l'argent
44:24on ne l'emmènera pas
44:25au-delà
44:27Jean-Edouard
44:27sur les modes
44:28de management
44:29de gestion aussi
44:30parce que c'est des entreprises
44:31à gérer
44:32des structures à gérer
44:33sur les
44:34on a un enseignement
44:35somme toute classique
44:36sur la gestion
44:37la gestion financière
44:38le juridique
44:39qui est important
44:39mais pour chacun
44:41de ces cours
44:41on va s'attacher
44:41à avoir des intervenants
44:42qui connaissent
44:43le secteur de l'ESS
44:44pour amener
44:45leur capacité
44:45puis surtout
44:46créer un réseau
44:46vous venez étudier
44:47chez nous
44:48vous créez votre réseau
44:49vous avez des contacts
44:50du territoire
44:51pendant la formation
44:52et aussi après la formation
44:53on invite régulièrement
44:54à des petits déjeuners
44:55nos anciens étudiants
44:56toutes les structures
44:57de l'ESS
44:57du territoire
44:58à venir découvrir
44:59ce qui se fait actuellement
45:00on fait aussi
45:01cette promotion-là
45:02au travers de la chaire
45:02de l'ESS
45:03qu'on a cofondé
45:04il y a une trentaine d'années
45:05avec l'université Paris
45:06Gustave Eiffel
45:06qui nous permet
45:07de faire de la recherche
45:08et de promouvoir l'ESS
45:09aussi au niveau national
45:11Merci beaucoup
45:12on va terminer
45:12avec vous Jérôme Chirin
45:14on voulait parler
45:15finance solidaire
45:16parce qu'évidemment
45:16ça aussi c'est important
45:18il faut former
45:18mais il faut s'intéresser
45:20à la finance
45:22qu'est-ce qu'on peut dire
45:22de la finance solidaire
45:23vous qui en êtes un expert
45:25et comment la finance
45:26et l'économie sociale
45:27et solidaire
45:27peuvent travailler ensemble
45:29Bien bonjour
45:30donc on a vu
45:31que les questions de financement
45:32sont arrivées sur le plateau
45:35sur les deux premiers temps
45:36donc effectivement
45:37sujet de la finance solidaire
45:38je voulais un petit peu
45:39l'éclairer déjà
45:40par une image
45:41qui est un petit peu simpliste
45:42mais assez illustrative
45:43aujourd'hui une économie
45:44moi je la compare souvent
45:45à un organisme vivant
45:47avec des organes
45:48donc ça c'est des acteurs
45:49qui sont venus s'exprimer
45:50sur le plateau
45:51et pour faire fonctionner
45:52ces organes
45:53il faut du sang
45:54et souvent le sang
45:55c'est quand même
45:56les flux financiers
45:57qui permettent
45:58à ces organes
45:59d'être en vie
46:00et de fonctionner ensemble
46:01et après il y a le cerveau
46:02ça c'est plutôt l'impulsion politique
46:04on va dire
46:05donc en fait
46:05la finance solidaire
46:06c'est ni plus ni moins
46:07que l'équivalent
46:08de la finance conventionnelle
46:09dans l'économie conventionnelle
46:11mais à destination uniquement
46:12et fléchée uniquement
46:13vers l'économie sociale et solidaire
46:14il existe plein de moyens
46:15pour ça
46:16donc il y a des structures
46:17spécifiques
46:18qui financent l'économie sociale et solidaire
46:20oui
46:20alors il y a pas mal de structures
46:21donc déjà les modalités
46:22j'allais dire
46:23pour intervenir
46:24si par exemple
46:25quelqu'un nous écoute
46:25et se dit
46:26aujourd'hui
46:26qu'est-ce que je fais
46:27pour la finance solidaire
46:28on peut faire de l'épargne
46:29on peut faire de l'investissement
46:30mais on peut faire également
46:31du don
46:32du leg
46:32du mécénat
46:33on peut faire du bénévolat aussi
46:35puisque la contribution
46:36tant a une valeur
46:37et puis on peut aussi
46:39se questionner
46:40sur sa consommation courante
46:41en allant essayer
46:42en fonction
46:43en fonction de ses moyens
46:44d'aller consommer
46:45plus local
46:45plus raisonnable
46:46de proximité
46:47tout ça ça contribue
46:48à l'ensemble
46:49de la finance solidaire
46:50et puis pour
46:51j'allais dire
46:51pour organiser
46:53pour organiser
46:54cette collecte
46:55redistribution
46:55on peut soit
46:57passer par des moyens
46:58directs
46:59de l'offreur
46:59au demandeur
47:00soit alors
47:01par des organes
47:01qui sont spécialisés
47:03pour collecter
47:04et redistribuer
47:05à destination
47:05de projets
47:06qui sont porteurs
47:06de sens
47:07au niveau
47:07de l'économie sociale
47:08et solidaire
47:09à titre d'exemple
47:11donc moi
47:12j'ai contribué
47:13à la création
47:14d'un club d'investisseurs
47:15en économie sociale
47:16et solidaire
47:16donc ça c'est ce qu'on appelle
47:17les clubs CIGAL
47:18il y en a 250
47:19à l'échelle nationale
47:21donc pour tout
47:22et tous
47:22qui sont intéressés
47:23et il s'agit de contribuer
47:24à hauteur minimum
47:25de 7,50 euros par mois
47:26donc on n'est pas non plus
47:27sur des montants
47:29très importants
47:31et il suffit
47:31de se constituer
47:32une groupe
47:32de quinzaine d'individus
47:33et on peut
47:34créer un club CIGAL
47:35pour aller investir
47:36à proximité de chez soi
47:37sur des projets
47:39qui font choisir
47:40des projets
47:40qu'on veut souvenir
47:41financièrement
47:42oui exactement
47:42et puis après
47:43on a des structures
47:44beaucoup plus
47:44beaucoup plus structurées
47:46je pense notamment
47:47à des acteurs bancaires
47:48qui font preuve
47:49d'une vraie démarche
47:51à destination
47:51de l'économie sociale
47:53et solidaire
47:53le crédit coopératif
47:54par exemple
47:55la NEF
47:56mais également
47:56d'autres acteurs
47:57qui eux
47:58d'autres acteurs bancaires
47:59qui eux par exemple
48:00vont aller chercher
48:01des produits de financement
48:02d'investissement
48:03mais qui sont labellisés
48:04par un organisme national
48:05qui s'appelle FER
48:06à travers un label
48:07qui s'appelle Financeul
48:08et tous les ans
48:09le label est remis en jeu
48:10et on va vérifier
48:11qu'on vérifie bien
48:14les principes
48:15de l'économie sociale
48:16et solidaire
48:16et puis d'autres initiatives
48:18beaucoup plus locales
48:19pour le coup
48:19je pense aux monnaies locales
48:21la monnaie locale
48:22ça permet d'aller convertir
48:23ces euros
48:23chez nous
48:24ça s'appelle le lien
48:24et avec ce lien
48:26on va pouvoir
48:26les distribuer
48:27acheter dans des commerces
48:28qui sont locaux
48:29et qui adhèrent
48:29à une charte éthique
48:31et puis
48:32un autre exemple
48:34plus thématisé
48:35celui-ci
48:36qui a vu le jour
48:37à Saint-Etienne
48:37c'est la caisse sociale
48:38de l'alimentation
48:40où là
48:41on va
48:42on va avoir
48:43une structure
48:43un peu sur le fonctionnement
48:44de la caisse sociale
48:45santé
48:46qu'on connaît chez nous
48:46mais qui va être fléchée
48:48sur l'alimentation
48:49où les personnes
48:50adhérentes
48:50cotisantes
48:51vont venir
48:52cotiser mensuellement
48:53et cet argent
48:54va être redistribué
48:55plus équitablement
48:56pour aller se nourrir
48:57de façon qualitative
48:59et équitable
48:59sur le territoire
49:00Merci beaucoup
49:01pour cette expertise
49:02et cet exposé
49:03hyper précis
49:04simple
49:05et très intéressant
49:06Merci mille fois
49:07Merci à vous toutes et tous
49:09de nous avoir suivis
49:10on espère que vous en avez appris
49:11un peu plus
49:11sur l'économie sociale
49:12et solidaire
49:13ce qu'il faut retenir
49:13c'est que la Loire
49:14est bien positionnée
49:15espérons que ça le soit
49:16de plus en plus
49:17Merci à tous ceux
49:18qui ont participé
49:19à la réussite
49:19de cette émission
49:20Merci à Romain Pellerin
49:21en particulier
49:22et à très bientôt
49:51Les tables rondes
49:53qui construisent le territoire
49:54qui construisent le territoire
49:54Sous-titrage Société Radio-Canada
49:55Sous-titrage Société Radio-Canada