- il y a 6 semaines
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00:00Bienvenue au Cœur du Crime, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls, les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55Derrière son guichet de caissier, Charles Anderson est en train de compter des billets de 100 dollars dont il fait une pile,
01:08tout en pestant intérieurement contre la chaleur déjà insupportable en ce début de juin.
01:14Quand il lève la tête pour s'éponger le front, il aperçoit un homme, grand, fort, au visage totalement inexpressif,
01:25un visage qu'il lui semble vaguement reconnaître.
01:29Vous désirez, monsieur ?
01:32L'homme glisse un sac en toile sous les barreaux du guichet
01:36et en soulève un coin juste suffisamment pour que Anderson puisse voir le revolver braquer sur lui.
01:43« Remplis-le ! » dit l'homme à mi-voix.
01:46« Mets-y tout ce que tu as ! »
01:48Anderson sent sa gorge se serrer.
01:51Tout à coup, il a presque froid.
01:54« Écoutez, monsieur, dépêche-toi ! » fait l'homme.
01:58« Inutile de parler ! »
02:00Anderson est tenté un instant d'appuyer sur la sonnette d'alarme.
02:04« Mais à quoi bon jouer les héros ? » se dit-il.
02:08« Pour avoir mon nom dans les journaux, quand je serai bien avancé, quand je serai à six pieds sous terre. »
02:13Alors il obéit.
02:15Quand il a mis tout l'argent dans le sac et qu'il le tend à l'homme,
02:20il se demande une fois encore
02:21où il a déjà vu ses yeux étroits, ce visage blafard et grêlé,
02:27cette cicatrice le long de la mâchoire.
02:31Anderson est encore en train de fouiller dans sa mémoire
02:33quand l'homme se met à courir dans la rue.
02:37Alors il hausse les épaules et appuie sur le bouton de la sonnette d'alarme.
02:46Le directeur, monsieur Powers, tend à Anderson un verre d'eau d'un air ému.
02:52La banque vient d'être fermée et une demi-douzaine de policiers ont envahi les lieux.
02:58« Vous vous sentez mieux, Anderson ? » demande monsieur Powers.
03:04« Oui, oui, un peu mieux, » répond faiblement Anderson.
03:09Powers s'alerte si inquiet que Anderson se dit que le moment n'est pas plus mal choisi qu'un autre
03:15pour lui demander une augmentation.
03:16Mais à ce moment-là, un policier s'approche de lui.
03:21« Monsieur Anderson, je suis le lieutenant Pisano.
03:25Ça va ? »
03:26À tout hasard, Anderson décide de jouer au caissier épouvanté.
03:31« Ah, c'est que j'ai été très secoué, lieutenant.
03:33Quel choc ! »
03:35« Je n'en doute pas, » dit Pisano avec sympathie.
03:39« Mais pourriez-vous me décrire l'âme ? »
03:43« Eh bien, il était grand, mais sans rien de spécial.
03:48Non, vraiment, je ne me souviens de rien d'autre. »
03:53« Même en réfléchissant bien ? » insiste Pisano.
03:57Le ton un peu condescendant du policier déplaît à Anderson.
04:03Il n'aime pas qu'on prenne de grands airs avec lui.
04:06« Il avait une cicatrice à la mâchoire gauche, voilà, une cicatrice, je crois, » dit-il.
04:13C'est tout ce que le lieutenant Pisano réussit à tirer de lui.
04:18« Bien, » conclut le policier, l'air déçu.
04:22« Si vous ne vous souvenez de rien d'autre, mais laissez-moi votre adresse et votre numéro de téléphone, s'il vous plaît.
04:29Nous aurons peut-être des photos à vous montrer. »
04:37Une fois chez lui, Anderson branche son ventilateur et se verse une bière bien fraîche.
04:45Powers l'a augmenté de 80 dollars sans la moindre protestation.
04:49« Quel dommage ! » se dit Anderson.
04:53« Je suis sûr que si je lui en avais demandé cent, il aurait dit oui, cent tickets. »
04:57« Mon Dieu, quel dommage ! »
05:00Il est allongé sur son lit, complètement détendu,
05:03quand il se souvient soudain des circonstances où il a déjà vu le gangster.
05:09L'année dernière, alors qu'il était employé dans une banque au nord de la ville,
05:12il prenait souvent ses repas dans un petit restaurant chinois éloigné de deux pâtés de maison.
05:16C'est du côté des cuisines qu'il avait remarqué un homme grand,
05:20au visage blafard et grêlé, avec une cicatrice à la mâchoire gauche.
05:26« Oui, c'était bien le même homme ! »
05:30Anderson se lève et va se servir une autre bière.
05:35« Je me demande s'il travaille encore là-bas, » se dit-il.
05:38Il se le demande même tellement que, quelques minutes plus tard,
05:44il est dans le bus qui l'emmène vers le nord de la ville.
05:51Le restaurant Edgewood est quasiment désert à cette heure de l'après-midi
05:55et il ne faut pas plus de cinq minutes à Anderson pour obtenir de l'unique serveuse
05:59le nom, l'adresse et le numéro de téléphone de l'homme employé aux cuisines.
06:06Anderson n'est pas surpris non plus d'apprendre que le dénommé Wallace n'est pas venu travailler aujourd'hui.
06:13« Il a une indigestion », a dit la serveuse.
06:18« Mais il sera là demain ! »
06:21La chance est décidément du côté de Anderson.
06:24Juste en face de l'immeuble plutôt minable où habite Wallace, il y a un petit café.
06:30Il entre, se dirige droit vers la cabine de téléphone et compose le numéro que lui a donné la serveuse.
06:39« Allô ? »
06:41« Wallace ? »
06:43« Il y a un silence. »
06:45« Et puis, qui est à l'appareil ? »
06:49« Un ami ? »
06:50« Ah oui ? »
06:51« Vous devez vous tromper de numéro. »
06:53« Je ne crois pas. »
06:55« Parlons sérieusement, Wallace. »
06:57« Vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais. »
07:01« Je peux même vous dire où vous étiez ce matin. »
07:05« Qu'est-ce que vous voulez dire exactement ? »
07:08« Si nous nous donnions rendez-vous, disons, disons à quatre heures, hein, c'est dans dix minutes. »
07:14« À quatre heures, à l'angle de Walnut Street et de la troisième. »
07:18« Si vous n'acceptez pas, je mets un autre jeton dans cet appareil et j'appelle la police. »
07:26Cette fois, il y a un très long silence, puis un marmonnement sourd.
07:31« C'est bon. Quatre heures à l'angle de Walnut Street et de la troisième. »
07:37Anderson raccroche à son tour et quitte la cabine.
07:42Maintenant, il va falloir faire vite.
07:45Il sait qu'il dispose de dix minutes maximum avant le retour de Wallace.
07:54Dix minutes.
07:56Dix minutes, pourquoi faire ?
07:59Peut-être vous en doutez-vous déjà,
08:01mais les histoires de voleurs volés sont généralement pleines de surprises
08:06et pas forcément toujours agréables.
08:10Comme vous vous en rendrez compte dans quelques instants.
08:20Employé dans une banque,
08:23Charles Anderson a dû remettre ce matin même
08:25tout le contenu de sa caisse à un gangster qui le menaçait de son arme.
08:30Au policier qui arrive sur les lieux,
08:33il fait des réponses singulièrement évasives.
08:36Et pour cause,
08:38le visage de l'homme lui est familier.
08:41Alors,
08:42Anderson échafauda un plan
08:43dont la première phase est de retrouver le voleur,
08:46ce qu'il réussit à faire sans difficulté.
08:49À présent,
08:50il a dix minutes
08:52pour exécuter le reste de son plan.
08:55La chambre qu'occupe Wallace est au dernier étage de l'immeuble,
09:00au bout d'un couloir sordide.
09:02C'est à la troisième tentative
09:03qu'Anderson parvient à faire céder la porte
09:05d'une poussée si brusque
09:07qu'il manque de s'étaler au milieu de la pièce
09:09qui, heureusement, est minuscule.
09:12Il faut environ quatre minutes à Anderson
09:15pour fouiller les lieux
09:16et trouver l'argent dans le plafonnier,
09:19une chose de forme végout,
09:20en forme de coupe
09:21et soutenue par trois chaînes.
09:24Après quelques secondes d'euphorie,
09:27Anderson a un moment de panique.
09:30Il ne peut tout de même pas se promener dans la rue
09:31avec des liasses de billets à la main.
09:34Il se maudit pour son étourderie,
09:37puis se souvient d'une valise vide
09:39qu'il a vue dans la penderie.
09:41Un peu encombrant, c'est vrai,
09:43mais que faire ?
09:44Cet imbécile de Wallace
09:45n'a même pas un sac en plastique chez lui.
09:47Quant au sac de toile
09:49qui lui a servi pour son braquage
09:50et il a dû, bien évidemment,
09:52s'en débarrasser.
09:54Quelques secondes plus tard,
09:57Anderson se retrouve sur le trottoir,
09:58balançant sa valise au bout de son bras.
10:02Il s'y flotte, l'air béat.
10:05Dans le bus qu'il ramène chez lui,
10:08il pense avec délice
10:10à la belle vie qu'il attend.
10:13Les grands voyages,
10:14les belles voitures,
10:16les jolies femmes aussi.
10:19Évidemment,
10:20il va falloir attendre un petit peu,
10:22un an peut-être.
10:24Inutile de prendre des risques inutiles,
10:27mais c'est surtout l'ironie
10:30de la situation qu'il ravit.
10:33Wallace ne peut rien contre lui,
10:34en tout cas,
10:35il n'ira sûrement pas se plaindre
10:37à la police d'avoir été cambriolé.
10:41Anderson vient de descendre de l'autobus
10:43et de s'engager dans la rue
10:45où se trouve son immeuble
10:46quand une voiture noire ralentit
10:49au bord du trottoir.
10:51« Anderson ! »
10:53Il s'arrête brusquement,
10:54la main crispée sur la poignée de la valise.
10:57Le visage du chauffeur de la voiture
10:59lui est inconnu.
11:00En revanche,
11:01il reconnaît tout de suite
11:02l'homme assis côté passager.
11:06C'est le lieutenant Pisano
11:07qui regarde Anderson
11:09par la vitre baissée.
11:10« Nous venons justement de chez vous. »
11:14Il désigne la valise
11:15d'un geste du menton
11:16et demande
11:17« Vous partez en voyage ? »
11:20« Non, non, je suis allé faire des courses. »
11:22Et il lève la valise bien haut
11:24pour montrer combien elle est légère.
11:27« Ça vous ennuierait
11:28de venir avec nous
11:29au poste de police, monsieur ? »
11:31demande Pisano.
11:31« Ça ne vous prendra pas
11:33plus d'une heure. »
11:35Anderson se dandine
11:36d'un pied sur l'autre.
11:37Il a bien envie de demander
11:39à passer chez lui d'abord
11:40pour déposer sa valise
11:41mais les policiers
11:43ont l'air pressés
11:44et il ne tient surtout pas
11:46à attirer inutilement
11:47l'attention sur lui.
11:50Au commissariat,
11:53Anderson se retrouve
11:54dans une sorte d'auditorium
11:56avec une plateforme
11:57violemment éclairée.
12:00Pisano manque trébuché
12:01en venant s'asseoir près de lui.
12:02« Vous voulez bien
12:03enlever votre valise,
12:04s'il vous plaît ?
12:05Elle gêne le passage. »
12:07Anderson ramasse
12:08l'encombrant objet
12:10et le place
12:11sur le siège vide
12:12à sa droite.
12:14Quelques minutes plus tard,
12:17six hommes s'avancent
12:18d'un pas incertain
12:20sur la plateforme
12:21et s'alignent
12:21contre le mur.
12:24Anderson trouve
12:24la scène
12:25presque amusante.
12:27« Je me demande
12:28où la police trouve
12:29des cloches pareilles, »
12:31se dit-il.
12:31et soudain,
12:34il n'a plus
12:36du tout
12:37envie de rire.
12:39Le sixième homme
12:41est Wallace.
12:44Comme dans un cauchemar,
12:46Anderson voit
12:46Wallace regarder
12:48la valise,
12:49la reconnaître.
12:51Il voit aussi
12:51le visage du gangster
12:52déformé
12:54par une colère froide.
12:55« Vous reconnaissez
12:58un de ces hommes ? »
13:00demande Pisano.
13:01« Hein ?
13:02Euh...
13:02Non,
13:04non,
13:05lieutenant.
13:07Vraiment ?
13:08Bon,
13:09essayons autre chose. »
13:11Pisano pose
13:12quelques questions
13:13à chacun
13:14des six hommes.
13:16« Et leur voix ?
13:17Vous ne reconnaissez
13:18aucune de ces voix ? »
13:20« Euh...
13:21non,
13:21non,
13:22vraiment,
13:22lieutenant,
13:22je ne reconnais pas,
13:24non. »
13:24Pisano se lève
13:27avec un haussement
13:27d'épaule résigné.
13:29Il se tourne
13:30vers Anderson.
13:32« Eh bien,
13:32tant pis,
13:33monsieur.
13:34Nous aurons peut-être
13:34davantage de chance
13:35la prochaine fois.
13:37Je pensais pourtant
13:37bien trouver
13:38notre homme
13:38parmi ces six suspects.
13:40Ils ont tous
13:41plus ou moins participé
13:42à des braquages
13:43de banques
13:44ces dernières années.
13:45On les a ramassés
13:46cet après-midi,
13:47juste pour voir. »
13:49Anderson tout saute
13:50pour s'éclaircir
13:51la gorge,
13:52mais le son
13:53de sa voix lui
13:53paraît tout de même
13:54bizarre.
13:56« Je suis désolé
13:56de n'avoir pu
13:57vous aider,
13:58lieutenant,
13:58mais dites-moi,
14:00ces six hommes-là,
14:01vous allez les renvoyer
14:02en prison,
14:03n'est-ce pas ? »
14:04« Ah non,
14:05non,
14:05monsieur,
14:06ils seront relâchés
14:07dans quelques minutes.
14:08Après tout,
14:09il n'y a rien à retenir
14:10contre eux,
14:10n'est-ce pas ?
14:11C'est moi qui suis désolé,
14:12monsieur Anderson,
14:13de vous avoir dérangé
14:14pour rien,
14:14mais vous comprenez,
14:15il fallait que nous
14:16tentions quelque chose.
14:17Vous pouvez rentrer
14:18chez vous.
14:19Vous n'avez pas encore
14:20très bonne mine.
14:21Nous passerons probablement
14:22vous voir demain
14:22à la banque.
14:24Anderson prend sa valise
14:26et se dirige
14:26vers la porte.
14:28Il a déjà la main
14:28sur la poignée
14:29quand il se retourne.
14:31« Dites,
14:31lieutenant,
14:31vous ne pourriez pas
14:32me faire ramener
14:33chez moi en voiture
14:34par un de vos hommes ? »
14:36Ah, impossible, monsieur.
14:38Toutes nos voitures
14:38sont prises
14:39et moi-même,
14:40je ne pourrais pas partir
14:40avant deux heures,
14:41au moins.
14:42Mais prenez un taxi,
14:44nous vous rembourserons
14:45vos frais demain.
14:46Surtout,
14:47ne vous aventurez pas
14:48à pied dans ce quartier,
14:49il n'est pas sûr du tout.
14:52Une fois dans la rue,
14:54Anderson frissonne
14:55malgré la chaleur.
14:57« Et puis,
14:58Jeanneau,
14:58qui appelle ça
14:59un quartier pas sûr ? »
15:00m'amène-t-il.
15:01« C'est un vrai
15:02coupe-gorge, oui ! »
15:04Il se hâte vers une rue transversale
15:06où circulent quelques voitures.
15:08« Il faut que je m'en aille d'ici, »
15:09se répète-t-il
15:10en regardant constamment
15:11partout son épaule.
15:13« Wallace m'a repéré,
15:14il a reconnu
15:15sa satanée valise.
15:16Tout s'est retourné
15:17en sa faveur.
15:18Je n'ai pas voulu dire
15:19que je le reconnaissais
15:20et maintenant,
15:20il peut me tuer
15:21et reprendre son argent.
15:23La police ne le soupçonnera jamais. »
15:27Aucun taxi en vue
15:28ni aucun bus.
15:31Anderson ne s'est même pas
15:32vers où se diriger.
15:34Il n'est jamais venu
15:35dans ce quartier
15:35éloigné du centre,
15:36ce quartier sinistre
15:37et désert
15:38où le guette probablement Wallace,
15:40tapis sous une porte cochée
15:41ou dans le renfoncement
15:42d'un mur.
15:44Il s'engage au hasard
15:45dans une ruelle
15:45bordée de maisons sordides
15:47et soudain,
15:49au bout de la ruelle,
15:50il voit
15:51quelque chose bouger.
15:54Une silhouette.
15:58Aussitôt,
15:59Anderson fait volte-face.
16:01Il veut maintenant
16:01retourner au poste de police.
16:02D'ailleurs,
16:03pourquoi en est-il parti ?
16:05De là,
16:05il téléphonerait
16:06pour avoir un taxi.
16:08Il entend des pas
16:09qui se rapprochent
16:10et se jettent
16:11dans une autre rue
16:12à gauche,
16:13trébuchent sur une poubelle,
16:15courent droit devant lui
16:15à toutes jambes.
16:16Les pas se rapprochent encore,
16:18mais Anderson est
16:19trop épuisé
16:20pour faire un pas de plus.
16:22Il s'immobilise,
16:23le dos appuyé
16:24contre un mur
16:25de briques sales.
16:26Une ombre se dessine
16:29sur le mur.
16:31Les pas de l'homme
16:32se font entendre
16:33quelques instants encore,
16:36puis s'arrêtent.
16:38Anderson,
16:39épuisé,
16:40lâche sa valise.
16:42« Écoutez,
16:43Wallace ! »
16:44dit-il en se retournant.
16:45Assis derrière son bureau,
16:52le lieutenant Pisano
16:52contemple d'un air accablé
16:54le gros garçon blond
16:56affalé sur une chaise
16:57en face de lui.
16:59« Allons, allons !
17:01À vous !
17:02À vous qu'on en finisse !
17:04Tu l'as suivi,
17:05tu as voulu lui prendre
17:06sa valise
17:06et comme il s'est défendu,
17:08tu l'as frappé
17:08avec un couteau. »
17:11Le garçon relève la tête.
17:13Ses yeux bleus
17:14délavés
17:15ont une expression à garde.
17:17« Il s'est pas défendu.
17:20Il a seulement
17:20éclaté de rire
17:21en me voyant.
17:22Et il riait.
17:23Il riait.
17:24À moi,
17:25je lui ai dit
17:25de se taire. »
17:27« Et comme il n'obéissait pas,
17:29tu l'as poignardé. »
17:31Le garçon
17:32se prend la tête
17:33entre les mains.
17:35Pisano se lève
17:35et marche vers une table
17:37où se trouve
17:37une valise,
17:38un portefeuille,
17:40de la monnaie,
17:41un paquet de cigarettes.
17:43Il ouvre le portefeuille.
17:45« Douze dollars.
17:48Tu l'as tué
17:49pour douze dollars. »
17:51« Mais je voulais pas.
17:52Je voulais pas.
17:53Je vous jure
17:53que je voulais pas. »
17:55« Tais-toi. »
17:57Pisano est écoeuré.
18:00C'est lui
18:01le responsable
18:02de la mort
18:02d'Anderson.
18:04S'il ne l'avait pas
18:05fait venir au poste
18:06ce soir-là,
18:06s'il lui avait donné
18:07une voiture
18:07pour le raccompagner
18:08chez lui,
18:09« Amenez-moi
18:12cette petite crapule. »
18:14dit-il au policier
18:15debout près de la porte.
18:17« Je ne vais plus le voir. »
18:19« Et rangez aussi
18:20les affaires d'Anderson
18:21en attendant
18:22que sa famille
18:23vienne les chercher. »
18:26offensivement,
18:28le lieutenant Pisano
18:28ramasse le portefeuille,
18:31le tourne entre ses doigts,
18:32puis il fait jouer
18:33les serrures de la valise.
18:35« Je voulais pas le tuer ! »
18:38dit le garçon
18:39d'une voix plaintive
18:40en se dirigeant
18:41vers la porte.
18:42« Il devait être devenu
18:43fou pour rire comme ça.
18:45Il croyait que j'étais
18:46quelqu'un d'autre.
18:47Il m'appelait Wallace. »
18:50Le lieutenant Pisano
18:51s'immobilise.
18:54Son regard
18:54va de la valise ouverte
18:57au gros garçon blond
18:58qui s'apprête
18:59à quitter la pièce.
19:00« Wallace ?
19:03Tu dis qu'il
19:05t'appelait Wallace ?
19:08Et brusquement,
19:11il comprend tout. »
19:17Vous venez d'écouter
19:20Au cœur du crime,
19:22un podcast issu
19:23des archives d'Europe 1.
19:24Réalisation,
19:26Julien Tarot.
19:27Production,
19:28Estelle Laffont.
19:29Patrimoine sonore,
19:30Sylvaine Denis,
19:31Laetitia Casanova
19:32et Antoine Reclut.
19:33Au cœur du crime
19:37est disponible
19:38sur le site
19:39et l'appli Europe 1.
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