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  • 2 months ago

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00:00Ce vendredi, d'un nouveau mouvement d'opposition, la coalition des forces pour la République, le CFR.
00:07Derrière cette initiative, l'imam Mahmoud Diko, ancien président du Haut Conseil islamique,
00:12figure majeure de la mobilisation contre Ibeka, est désormais exilé en Algérie.
00:17Etienne Fakaba Sisoko, intellectuel, docteur en économie, ancien conseiller à la présidence,
00:23arrêté puis exilé lui aussi.
00:26Bonsoir, et notre invité, bonsoir, Etienne Fakaba Sisoko, merci d'être avec nous.
00:32Alors dites-nous, l'imam Diko, tête de proue de ce mouvement, est exilé en Algérie.
00:38Quelle est aujourd'hui sa force de mobilisation ?
00:42Sa force de mobilisation, c'est d'abord le fait de pouvoir rassembler aujourd'hui
00:47l'essentiel des forces politiques, sociales du Mali,
00:52que ce soit de l'intérieur comme de l'extérieur,
00:55aujourd'hui tout son débout derrière l'imam Diko, avec l'imam Diko,
01:00pour justement rétablir l'ordre constitutionnel,
01:04pour rétablir la paix et finalement ouvrir de nouvelles perspectives pour le pays.
01:09Sa force, c'est surtout sa capacité aujourd'hui à pouvoir dialoguer avec les forces
01:14dont les politiques ne peuvent plus dialoguer.
01:17Je parle notamment des mouvements armés, qu'ils soient des mouvements du Nord,
01:22du centre et des mouvements djihadistes.
01:24Nous en parlerons dans le détail.
01:26D'abord, qui compose cette coalition dans un paysage politique verrouillé,
01:32qui sont tout simplement concrètement ceux qui vous accompagnent aujourd'hui
01:35au Mali ou en exil, en dehors de l'imam Diko ?
01:39Nous avons fait aujourd'hui le choix de mettre en avant deux personnalités,
01:47dont je suis la première et l'imam Diko.
01:51C'est un choix que nous avons fait.
01:53Et ce n'est absolument pas, contrairement à ce que l'on peut penser,
01:55un problème de représentativité.
01:57Si seul le porte-parole et le référent républicain sont visibles,
02:02c'est d'abord pour les questions de sécurité.
02:05Pour qui connaît la situation aujourd'hui au Mali,
02:08vous avez une situation où des gens peuvent se retrouver en prison pour avoir tweeté.
02:14Des gens sont en prison depuis trois ans pour simplement avoir donné leur point de vue
02:19sur la situation politique du pays.
02:21Des gens sont enlevés en plein cœur de Bamako pour simplement s'être exprimés.
02:26Donc, dans un tel contexte, vous comprenez que le choix de protéger nos militants,
02:33de protéger les responsables de ce mouvement-là est une obligation,
02:39une responsabilité politique.
02:41Ensuite, ce que je veux ajouter, c'est qu'aujourd'hui…
02:43On comprend, M. Sissoko, on comprend très bien les enjeux sécuritaires
02:46derrière justement ceux qui vous soutiennent et qui font partie de cette coalition.
02:51Néanmoins, la question reste entière.
02:53Comment vous allez mobiliser en étant à l'étranger ?
02:59On n'est pas qu'à l'étranger.
03:01C'est justement l'erreur à ne pas commettre.
03:03Aujourd'hui, pour l'instant, ce qui est important,
03:05c'est quel est le projet politique que nous portons.
03:08Et c'est cela mon rôle aujourd'hui.
03:09C'est d'expliquer à l'opinion le projet politique de la coalition,
03:14la vision républicaine de la coalition, les principes directeurs
03:18et surtout la feuille de route que nous avons aujourd'hui
03:21pour sortir le Mali de la crise actuelle.
03:23L'imam Diko, lui, joue un rôle complémentaire, différent,
03:28qui apporte la crédibilité nécessaire et la crédibilité morale,
03:34si vous voulez, nécessaire pour le dialogue avec les groupes armés.
03:37– Justement, parlons des groupes armés,
03:40M. Sisoko, parlons justement des groupes armés.
03:42Parmi vos propositions, il y a ce dialogue avec les djihadistes.
03:47Cela ne revient-il pas à pactiser avec ceux qui étouffent déjà
03:51une partie du pays, dont le jenim d'ailleurs, parmi les groupes armés ?
03:56– Aujourd'hui, nous comprenons cette position de ceux qui pensent cela,
04:01mais nous l'avons dit, aucune crise de cette nature
04:05ne s'est réglée uniquement par les armes, nulle part dans le monde entier.
04:10Le dialogue est une méthode, comme je le dis souvent,
04:12est une méthode rationnelle qui a été éprouvée, qui est réaliste.
04:15Aujourd'hui, avec le FLA, qui est dans une disposition de dialogue
04:19avec le gouvernement malien, aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies
04:24pour arriver à quelque chose avec eux.
04:27Ce que nous, nous refusons au sein de la coalition,
04:30c'est la partition du Mali.
04:31Mais nous assumons pleinement qu'il faut repenser
04:34notre organisation territoriale, notre organisation administrative
04:38et institutionnelle.
04:40Avec les autres groupes armés, toutes les conférences que nous avons eues
04:44dans le pays depuis 2017 ont recommandé d'ouvrir un canal de discussion
04:49avec les groupes djihadistes.
04:51Donc c'est finalement la position du peuple.
04:54que face à une gente qui se maintient au pouvoir parce que simplement
05:00la situation chaotique du pays l'arrange, qui se maintient au pouvoir
05:05parce que tout simplement la recherche de la paix devient finalement
05:10le seul programme qu'ils ont et un contexte chaotique qu'ils entretiennent.
05:16Alors rapidement, monsieur Siseko, dites-nous, quel est l'intérêt du Front de Libération
05:20de l'Azawad ou même des djihadistes d'Ujnim de s'associer avec vous aujourd'hui,
05:25sachant à quel point ils sont forts dans le pays ?
05:28Aujourd'hui, nous ne demandons pas une association avec qui que ce soit.
05:33Nous disons que nous avons des principes aujourd'hui pour relever notre pays,
05:39pour sauvegarder le caractère républicain du pays,
05:42pour faire revenir la démocratie dans notre pays,
05:46pour finalement permettre une coexistence pacifique des différentes religions
05:49qu'il y a dans notre pays.
05:51Et ceux qui souscrivent à cela dans un cadre républicain,
05:55en sauvegardant l'intégrité du territoire,
05:58nous sommes aujourd'hui disposés à discuter avec l'ensemble de ces forces-là.
06:02Qu'ils soient du Front de Libération de l'Azawad,
06:05qu'ils soient des groupes djihadistes.
06:07Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir avec qui discuter,
06:12mais sur quoi discuter et comment le faire,
06:15définir ensemble une méthode cohérente qui permette à notre pays
06:18et à nos populations qui souffrent, rappelons-le,
06:22qui ne peuvent pas aller à deux kilomètres de leur village,
06:26qui ne peuvent plus récolter,
06:27qui ne peuvent plus faire de l'agriculture, tout simplement.
06:32Il faut arrêter avec ce cycle d'effondrement de notre pays.
06:34Merci beaucoup, M. Sisoko.
06:36Merci d'être venu dans le Journal de l'Afrique.
06:38Merci beaucoup.
06:39Merci à vous.
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