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  • il y a 10 mois
Loïc Cantin, président de la Fédération Nationale de l'Immobilier - FNAIM, est notre invité pour évoquer la crise de l'immobilier et du logement. Pour relancer les constructions, le gouvernement veut créer un nouveau dispositif fiscal, mais les promoteurs ne le trouvent pas assez avantageux. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-du-jeudi-04-decembre-2025-8809227

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Transcription
00:00Les 6h21, rarement l'immobilier a connu une telle crise en France, ça fait trois ans que ça dure.
00:04Alors si l'ancien se porte un peu mieux, le neuf est toujours à la peine.
00:08Pour relancer les constructions, le gouvernement veut créer un nouveau dispositif fiscal.
00:12Mais les promoteurs ne sont pas du tout convaincus par ce qui n'est devenu selon eux qu'une mesurette.
00:17Ils ont rendez-vous d'ailleurs aujourd'hui avec le ministre du Logement.
00:20Pour faire le point sur cette crise, je reçois ce matin Loïc Quentin. Bonjour.
00:23Bonjour.
00:24Vous êtes le président de la FNAIM, la Fédération Nationale de l'Immobilier.
00:27Donc c'est vraiment le neuf qui coince aujourd'hui.
00:29Là, il n'y a vraiment aucune amélioration pour le neuf ?
00:31Ce n'est pas que le neuf, je dirais.
00:32C'est l'investissement locatif de façon générale, puisque les Français le savent et sont confrontés à une offre qui est de plus en plus rare.
00:39Il y a un retrait, une attrition du parc locatif, de moins en moins d'appartements alloués.
00:43Les étudiants chaque année le savent, les ménages qui sont mutés le savent.
00:47Grande difficulté dans toutes les grandes agglomérations à trouver un logement.
00:50Donc l'important, c'est de redonner un avantage à l'investissement et réfléchir, redonner de l'intérêt à cet investissement.
00:56D'où la proposition, le statut du bailleur privé qui doit être créé dans le cadre de l'examen du budget de l'État.
01:04Alors ce dispositif a d'abord, on va essayer de simplifier, a d'abord été approuvé par l'Assemblée.
01:09Le Sénat l'a ensuite voté le week-end dernier.
01:11Mais le Sénat l'a voté en réduisant la portée de cette mesure.
01:14Alors il y a des petites mesures techniques pour plafonner telle ou telle mesure, réduire des paramètres.
01:19Bref, ça devient une coquille vide selon les promoteurs.
01:22Vous êtes d'accord avec eux ?
01:22Oui, une coquille vide, parce que le Sénat l'a sous-amendé de façon un peu plus stricte que l'avait fait l'Assemblée nationale.
01:28Donc c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il n'en reste rien de ce statut.
01:30Et qui n'impacte pas l'ancien, aucune mesure pour l'existant.
01:34Alors que l'existant est largement concerné par la crise du locatif.
01:37Je vais faire un lien immédiat avec l'indécence énergétique.
01:40Je ne vais cesser de le rappeler au ministre et au sénateur rencontrés, au ministre du logement.
01:43Maintenant, nous allons avoir 700 000 logements classés F qui vont sortir du parc locatif dans deux ans.
01:50Donc l'urgence, elle est là.
01:51Et des Français qui ne peuvent pas faire des travaux de rénovation énergétique ou des copropriétés qui ne sont pas au rendez-vous.
01:56Et nous, nous l'avons dit, il faut suspendre cette mesure.
01:58Oui, mais pour les locataires, ce n'est pas génial non plus de vivre dans un appartement qui est une passoire thermique.
02:02Oui, une passoire thermique.
02:04Je dirais que vous avez des très belles passoires thermiques.
02:06Vous savez, je crois qu'on fait une fixation notamment sur l'indécence énergétique.
02:10Mais l'indécence est plus grave que l'indécence énergétique.
02:13Pour en revenir au statut du bailleur privé, donc à cette mesure qui est discutée actuellement dans le cadre de l'examen du budget de l'État,
02:20est-ce qu'on peut dire que finalement c'est un match entre deux ministres ?
02:22Parce que le ministre du logement, il est favorable à cette mesure.
02:25Et Amélie de Montchalin, la ministre des comptes publics, c'est elle qui a dit au sénateur, ça coûte trop cher, il faut faire quelque chose.
02:31C'est un match entre les deux ministres et c'est Bercy qui a gagné pour le moment ?
02:34Je crois que de toute façon, dans ce genre d'épreuve, Bercy gagne toujours.
02:39Amélie de Montchalin a gagné.
02:40Mais je pense que les députés aussi, qui ont été mis à l'épreuve dans les débats, les décisions à prendre, ont montré notamment,
02:47je dirais, une stratégie de compromis, voire même de compromission, nous, d'intérêts autres que ceux du logement.
02:52Et on a sacrifié l'intérêt général du logement pour les Français, pour d'autres stratégies.
02:56Mais qui sont des stratégies politiques et idéologiques.
02:58La suspension de la réforme des retraites, on cherche une majorité au sein de l'hémicycle et on fait des concessions pour arriver à un objectif qui n'est pas celui recherché, au moins pour le logement.
03:07Il y a urgence pour le logement.
03:08Mais le Sénat a pratiqué la même chose, je dirais, la même politique, visant à trouver un accord, un consensus pour avoir un budget pour la France, que l'on peut comprendre.
03:16Mais encore une fois, le logement a été sacrifié sur l'autel, je dirais, de l'accord idéologique et politique.
03:20Et pour vous, que faudrait-il faire pour relancer le secteur immobilier et relancer le locatif ?
03:25Je crois que de toute façon, aujourd'hui, nous sommes dans une crise structurelle extrêmement grave.
03:29Le logement souffre dans toutes ses composantes, que ce soit le social, que ce soit le parc locatif privé, l'accession à la propriété.
03:36La question du statut du bailleur privé, on s'en fiche si ce n'est pas le statut du bailleur privé, mais il y a deux façons de se loger chez les Français.
03:42On est où locataire ou propriétaire.
03:44Si on ne permet pas des Français de flécher l'investissement des Français vers le locatif, qu'on permette aux locataires qui ont besoin de se loger de devenir propriétaire.
03:52De quelle façon ?
03:52Mais ça, c'est une stratégie.
03:54Et or, cette stratégie n'existe pas.
03:56On est sur des vieux remèdes, des plats réchauffés et qui n'aboutissent à rien.
04:00Et à chaque fois, l'arbitre, on comprend.
04:01L'arbitrage, c'est Bercy.
04:03Il n'y a pas de moyens.
04:03Et à chaque fois, on considère que donner un peu d'argent au logement, c'est aider les riches.
04:08Moi, je considère que, et on le dit, la part des recettes fournies par le logement, que ce soit au niveau de l'État ou des collectivités, c'est 97 milliards.
04:1693 milliards de prélèvements, l'impôt sur les revenus des personnes physiques rapporte 93 milliards à l'État.
04:25L'impôt sur le logement rapporte plus à l'État français que l'impôt sur les personnes physiques.
04:30Et donc concrètement, quelles propositions vous aimeriez voir appliquer ou quelles mesures ou quelles enveloppes, je ne sais pas, pour relancer ?
04:36Je crois qu'il faut des vraies mesures pour aider les Français dans leur parcours résidentiel, que ce soit dans le locatif.
04:42Il faut redonner confiance à l'investissement locatif.
04:44Les Français, cet investissement aujourd'hui est boudé.
04:47Or, nous avons besoin d'une offre locative, que ce soit privée ou que ce soit sociale.
04:51On ne peut pas laisser des demandes de Français insatisfaites face au logement.
04:56Alors aussi, on agit sur l'accession à la propriété.
04:58Mais il est vrai qu'il y a des choix à faire.
04:59Il faut dégager des budgets.
05:01Il faut dégager aussi des économies de poste pour pouvoir recharger et redonner une dynamique à notre pays en matière de construction de logements et d'offres indispensables.
05:09Et l'encadrement des loyers ?
05:10Je vous pose la question parce qu'il y a une proposition de loi socialiste qui va être examinée dans une semaine,
05:15qui prévoit de pérenniser le dispositif.
05:17Parce que finalement, cet encadrement des loyers, c'était pas, quand ça a été mis en place dans certaines grandes villes,
05:22c'était pas quelque chose de définitif.
05:23C'est censé s'éteindre dans un an.
05:25Pour ou contre ?
05:26Totalement contre.
05:26C'était à titre expérimental.
05:28On attendait, Valérie Léthard avait demandé un rapport pour novembre 2026.
05:32Les socialistes ont présenté à la commission des affaires économiques hier une proposition de loi
05:35qui va être débattue le 11 décembre, la semaine prochaine.
05:39Ça, ça serait la goutte d'eau qui fait déborder le vage.
05:41Je dis tout simplement, en France, aujourd'hui, les loyers sont plafonnés dans 48% de l'offre.
05:46C'est-à-dire que les loyers évoluent moins que l'inflation.
05:4916% d'augmentation en disant quand l'inflation était de 25%.
05:52Et notamment, l'encadrement ne concernerait que de nouveaux logements mis sur le marché.
05:56Mais quand il n'y en a plus, à quoi ça sert ?
05:58Voilà une stratégie purement idéologique, dogmatique.
06:01Et en plus, ce que je soupçonne comme dangereuse,
06:04à l'approche des municipales,
06:05on va en faire un débat idéologique dont la France pourrait bien se passer.
06:09Oui, mais pour les locataires ?
06:11Mais pour les locataires, nous, nos locataires dans nos cabinets,
06:14ils ne connaissent pas d'augmentation de prix.
06:16Et nous sommes encadrés par la limitation et un plafonnement des loyers
06:20qui est soumis à la seule variation de l'indice sur la revariation des loyers.
06:23On ne peut pas augmenter plus que cet indice.
06:26Et aujourd'hui, un indice qui est moins important que l'inflation.
06:30Donc aujourd'hui, il y a une préservation du pouvoir d'achat.
06:32Vous savez, les loyers augmentent beaucoup moins que des denrées alimentaires aujourd'hui.
06:36Merci Loïc Quentin, président de la FNAIM, la Fédération nationale de l'immobilier.
06:40Il est 6h27.

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