Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 semaines
DB - 04-12-2025

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00...
00:00Monsieur le commissaire Chavalor.
00:14Bien.
00:16Bonjour, commissaire.
00:17Vous vouliez me voir ?
00:19Oui, je vous ai demandé de venir me voir parce que je voudrais vous parler d'une affaire assez délicate.
00:24Oui.
00:24Un certain Martinez a été condamné par la cour d'assises il y a huit ans
00:28aux travaux forcés à perpétuité.
00:31Depuis sa condamnation, il n'a pas cessé de protester de son innocence.
00:36J'aimerais que je tiens un coup d'œil à ces lettres écrites par ses camarades de cellule.
00:43Car Martinez est illettré.
00:46J'ai examiné le dossier et je suis frappé par la légèreté des charges qu'il contient.
00:52J'avoue que je suis troublé.
00:55J'ai décidé d'aller à la centrale voir le détenu.
00:58Je voudrais que vous m'y accompagniez.
01:00C'est le 22 octobre 1945 qu'on a découvert le cadavre d'un bûcheron nommé.
01:05Mario Pascual.
01:12C'est le 22 octobre 1945 qu'on a découvert le cadavre d'un bûcheron nommé Mario Pascual.
01:31Le malheur a porté au coup une horrible blessure faite avec un couteau ou un poignard.
01:37Sa tête avait été écrasée avec une grosse pierre.
01:42Les traces de pain relevées sur les lieux montraient que le meurtrier était chaussé de sabots.
01:48Quand les semelles étaient gardées de gauche.
01:51C'était d'ailleurs le seul indice d'en disposer la police.
01:53Les sous-leçons se sont alors portés sur un autre bûcheron, le nommé Martinez.
01:59C'est un espagnol ?
02:01Oui, la victime aussi.
02:02Monsieur le procureur général, je vais vous permettre de vous poser une question.
02:16Mais, je vous en prie.
02:17Beaucoup de condamnés, prothèses de leur innocence.
02:19Pourquoi vous intéressez-vous à celui-là ?
02:21Bien d'abord parce que ce dossier m'a beaucoup troublé, comme je vous l'ai dit.
02:25Je rends hommage à votre flair de policier.
02:29Il y a une autre raison, en effet.
02:30Vous allez peut-être la trouver un peu ridicule.
02:33Mais, j'ai perdu un de mes bons camarades.
02:38Il s'appelait Martinez.
02:55J'ai demandé à monsieur l'aumônier et au gardien-chef d'être là.
03:00Ils pourront vous dire eux-mêmes ce qu'ils pensent de Martinez.
03:05Je vous remercie, monsieur le directeur.
03:07Monsieur le procureur général, cela fait 20 ans que je vis en communion avec des criminels.
03:12Et je crois commencer à bien les connaître.
03:14Ce garçon n'est pas de cela. Je suis sûr de son innocence.
03:16Ah, pour une fois, je suis d'accord avec vous.
03:18Martinez, il n'a jamais tué personne.
03:19Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
03:22Oh, ben, c'est bien simple, monsieur le procureur.
03:25Tous les autres détenus, ils savent qu'il n'a pas tué.
03:28Et ces voyous-là, croyez-moi, ils se connaissent.
03:30On ne peut pas leur raconter des histoires.
03:32Monsieur Martinez, monsieur le procureur général.
03:34J'ai lu les lettres que vous avez fait rédiger par vos camarades de cellule
03:45et dans lesquelles vous protestez de votre innocence.
03:50Je dois dire qu'elles m'ont ému.
03:52C'est pour cela que je suis ici.
03:53Ne vous étonnez pas de sa réaction.
04:03À chaque fois que je l'ai convoqué dans mon bureau, ça a été pareil.
04:06Et quel est son comportement avec les co-détenus ?
04:09Tout à fait normal.
04:10Il parle peu, mais il est calme et gentil.
04:13Il n'a jamais eu de bagarre depuis qu'il est entré ici.
04:17Calmez-vous, Martinez.
04:19Nous sommes ici pour faire une nouvelle enquête.
04:23Je n'ai pas tué Pasquale, monsieur, je vous le jure.
04:28Je n'ai pas tué Pasquale.
04:30Monsieur Nouveau, essayez de savoir si votre condamnation est bien justifiée.
04:44En fait, bruit, cet homme est surtout intimide.
04:47Intimide pathologique.
04:48Ce n'est peut-être pas une brute, mais c'est sûrement un abruti.
04:50À ce point-là, je n'ai jamais vu ça.
04:51Les abrutis aussi ont droit à la justice.
04:53Autrefois, on les appelle les innocents.
04:55Non, ce qui est sûr, c'est que cet homme est absolument incapable de se défendre.
05:00J'avoue que je suis très impressionné par l'opinion inelde de la prison, pas vous ?
05:03Franchement, non.
05:05Si je puis me permettre, pour moi, une seule chose compte.
05:07Les faits, pas les impressions.
05:10Vous avez raison, mon cher.
05:11Aussi, je vais leur donner immédiatement une nouvelle enquête que je vous confie.
05:15À moi ?
05:16Il y a trop d'impression, genre, au dossier.
05:19Mais pas, c'est de fait.
05:24C'est par ici que je suis messire.
05:26Et vous montrer.
05:28C'est pas chaud, hein ?
05:29Ben, non, il n'y a rien de trop.
05:31L'hiver s'annonce mal.
05:35Non, c'était par là.
05:37Et là, il y avait une cabane de bûcherons, à ce moment-là.
05:40Il était avec une bonne femme, pour faire commandable,
05:43qui est toujours dans le pays, d'ailleurs.
05:45Lui, il était là.
05:47C'était pas beau à voir.
05:49Alors, comme il avait...
05:50On voyait nettement les traces de l'assassin qui partaient par là.
05:53Où était la femme, au moment du meurtre ?
05:55Ah, ben, au bistrot, comme d'habitude.
05:57C'est un drôle de numéro, vous savez.
05:59Qu'est-ce qui vous a mis sur la piste de Martinez ?
06:02Ben, d'abord, la bonne femme qu'en a parlé,
06:03et puis, surtout, les boiteaux.
06:05Les boiteaux, c'est une ferme qui est en lésière de la forêt.
06:09Ils l'avaient vu rôder par ici, à l'ordre du crime.
06:11Comment ça rôder ?
06:12La forêt n'était pas son lieu de travail ?
06:14Non, ben, quand je dis rôder, je veux dire...
06:16Les boiteaux l'avaient vu passer à cette heure-là,
06:17à ce moment-là, et...
06:18Ils avaient trouvé un air bizarre.
06:22Et cette ferme ?
06:24Ils l'habitent toujours, les boiteaux ?
06:25Ah, ben, je pense bien, même, qu'ils ont acheté celle d'à côté.
06:27Ben, vous savez, elle est tout pareille.
06:30Donc, vous vous êtes rendu chez Martinez ?
06:33Ah, ben, forcément.
06:34Alors, dès qu'on est entrés, on a vu qu'on avait mis dans le mille.
06:37Après, on a comme j'ai dit qu'il s'est troublé.
06:39Temblé comme une feuille.
06:40Et sa chemise était tachée de sang,
06:42et il portait des sabots avec des snelles de caoutchouc,
06:44comme celle des traces.
06:45Vous n'avez pas fait le relevé des empreintes ?
06:47Ah, ben, non, euh...
06:49Mais, on n'a pas le matériel pour, à l'époque.
06:52Mais les traces étaient magnifiques,
06:53et qu'on voyait nettement que c'était des sabots comme les siens.
06:56Ils venaient d'où, ces sabots ?
06:58Bon, ben, sûrement chez Yvette, là,
06:59à Paris de l'église. Vous connaissez.
07:01Non, mais je trouverai.
07:02Merci.
07:03Ça va, M. le commissaire.
07:04Au revoir.
07:13Merci, au revoir, monsieur.
07:14Pardon, monsieur.
07:16C'est vous, le monsieur de la police, qui êtes venu d'Angers ?
07:18Oui.
07:19Je suis la femme de Martinez.
07:21Ah.
07:22Bonjour, madame.
07:23Bonjour, monsieur.
07:24C'est vrai que vous pouvez le faire sortir ?
07:27Je ne sais pas qui vous a dit ça, mais c'est absurde.
07:29Je fais seulement une enquête pour savoir si sa condamnation est justifiée.
07:35Tout le monde va vous dire que oui.
07:37Tout le monde va mentir comme il y a huit ans.
07:39Je les connais.
07:40Je comprendrais bien vos sentiments, madame.
07:41M'enfin, ça ne tient pas debout.
07:43Pourquoi tout le monde mentirait ?
07:45Quelle raison auraient les gens de lui en vouloir ?
07:47Sinon, monsieur, il ne faut pas être espagnol, j'ai pas le nez.
07:50Ou alors, il faut être riche.
07:52Ce que vous me dites explique qu'on l'a accusé, pas qu'il ait menti.
07:55Ce n'est pas vrai, ce n'est pas un menteur.
07:56Il y a le sang sur sa chemise.
07:59D'abord, il dit qu'il s'est coupé.
08:00Ensuite, que c'est du sang de mouton.
08:02Or, c'est du sang humain et pas le sien.
08:04Alors ?
08:04Alors, quoi ?
08:06Qu'est-ce que vous voulez vous dire ?
08:07La vérité.
08:10Si ce n'est pas Martinez qui a tué Pascual, qui ?
08:13Vous devez bien avoir une idée ?
08:16Il n'y a que ce n'est plus que moi.
08:18Quand ce n'est plus que tout le monde, sûrement.
08:19Mais celle-là, vous ne l'avez pas interrogée.
08:21Vous avez trop peur de ce qu'elle peut raconter.
08:24Dès qu'il y a un homme sous dans le pays, il va coucher avec elle.
08:25Je vois de qui vous voulez parler.
08:29Ça n'est pas un peu jalouse.
08:38Je vais vous demander.
08:40Vous avez déclaré au gendarme avoir vu Rodé Martinez par ici à l'heure du crime
08:43et de lui avoir trouvé l'air bizarre.
08:46Oui.
08:47Le brigadier est arrivé à la bicyclette, tout est soufflé.
08:49Et il m'a dit, tu n'as pas vu Martinez ?
08:52Je lui ai dit oui.
08:54On a bu un coup.
08:55Il m'a dit, tu ne lui as pas trouvé l'air bizarre ?
08:58Je lui ai dit oui, forcément.
09:00De toute façon, ils ont une drôle tête ces gars-là.
09:04Tout noir, on ne s'habitue pas.
09:05Et l'heure ? Vous étiez sûr de l'heure ?
09:08D'amour, oui, c'était...
09:10J'ai rentré mes bêtes, juste à la combler de la nuit.
09:14Il est passé près de vous ?
09:16Parbleu, il n'a pas dû passer bien loin pour que je le reconnaisse.
09:19Justement, vous êtes sûr que c'était lui ?
09:22Je ne sais plus très clair.
09:24Non, passé, je le connais bien, Martinez.
09:26Je le vois passer tous les jours.
09:28Oui.
09:28De toute façon, ce n'est pas un gars du pays qui aurait fait ça.
09:32On n'est pas des sauvages.
09:33D'ailleurs, les gendarmes, ils le savent bien.
09:36Ils ont tout de suite pensé à lui.
09:39Alors, je suis consterné, monsieur le procureur général.
09:43Comment ça ?
09:44Cette enquête a été menée avec une légèreté incroyable.
09:47Je ne voudrais capir personne, mais enfin...
09:49Je vous ai préparé un premier rapport, vous verrez.
09:53Je vous remercie.
09:53Mais disons que jusqu'ici, rien ne tient.
09:58Boiteau.
10:00Le procureur répétait ce que lui ont dit les gendarmes.
10:02Il a déclaré à l'instruction et au tribunal
10:04avoir vu rôder Martinez à l'ordre du crime l'air bizarre.
10:08En réalité, il l'a vu passer comme tous les soirs.
10:09Son travail est fini pour rentrer chez lui.
10:12Quand il a l'air bizarre,
10:13il trouve que tous les espagnards ont une drôle de tête.
10:16De toute façon, il faisait presque nuit quand il l'a croisé.
10:18De distinguer son visage.
10:21Malheureusement, à l'audience, on a dû se contenter
10:22de faire répéter à Boiteau sa déclaration aux gendarmes.
10:26Sans l'interroger.
10:27C'est fâché.
10:29Et les traces.
10:31Alors là, c'est encore pire.
10:32On n'a même pas relevé les empruntes.
10:35On a seulement constaté que l'assassin portait des chaussures
10:38à semelles de caoutchouc comme ceux de Martinez.
10:39Je vous en prie, assiez-vous.
10:41Oui, merci.
10:44Seulement, on ne peut en tirer aucune conclusion.
10:47J'ai questionné les marchands de chaussures.
10:49Tous les bûcherons du coin portent des sabots identiques.
10:53Malheureusement, on en a tiré des conclusions.
10:55C'est une des charges qui ont fait condamner Martinez.
10:59Il reste la chemise ensanglantée.
11:01Oui.
11:01Ça, c'est un point tout à fait obscur.
11:07Il est certain qu'il a fait des déclarations successives et contradictoires.
11:11Ah, vous savez comme moi que ça ne doit rien dire.
11:13Ce qui est insensé, c'est que le médecin légiste
11:16n'est pas déterminé le groupe sans lien de la victime.
11:22En somme, vous pensez que Martinez est innocent.
11:25Ah non.
11:26Non, non, je ne t'ai pas dit ça, monsieur le procureur général.
11:28De point de mon enquête,
11:29les faits qui ont amené sa condamnation ne sont pas établis.
11:32Ce n'est pas la même chose.
11:33On n'a pas cherché le mobile du meurtre et on a eu tort.
11:37Est-ce que vous avez trouvé quelque chose ?
11:39Peut-être.
11:40Mais un point ne figure pas au dossier.
11:43La première personne ayant dit aux gendarmes
11:44qu'elle soupçonnait Martinez est une femme.
11:47Enfin, une espèce de coucher avec Pascual.
11:49Mais sûrement pas qu'avec lui.
11:51Est-ce que vous l'avez interrogé ?
11:53Non, non, pas encore.
11:53Je voudrais d'abord revoir Martinez à la centrale,
11:56si vous me permettez.
11:57Mais oui, bien sûr, au contraire.
11:58Ta chemise était bien tachée de sang
12:00quand les gendarmes sont venus.
12:02Oui, monsieur.
12:07Dis-moi,
12:09tu leur as raconté des histoires
12:10quand ils t'ont demandé d'où mener le sang ?
12:12Tu as menti.
12:14Pourquoi ?
12:16Oui.
12:17L'abattage clandestin s'était défendu.
12:20J'avais peur.
12:21T'as quand même fini par leur dire.
12:23Ben oui.
12:28Et t'as prétendu que le sang, c'était celui du mouton ?
12:31C'était pas vrai non plus.
12:34C'était du sang humain.
12:35Tiens.
12:37Ben, explique-moi ça.
12:38Ah, puis n'aie pas peur.
12:40Je suis là pour essayer de t'aider.
12:43Le sang, c'était celui de mon ami
12:44avec qui on avait tué le mouton.
12:47Il s'était coupé la main.
12:49Alors ça pissait.
12:52Alors pour arrêter le sang,
12:53j'ai mis ma chemise,
12:54il n'y avait rien d'autre.
12:55Et pourquoi tu ne l'as pas dit tout de suite ?
12:57J'avais peur de le dénoncer,
13:00l'abattage clandestin.
13:02C'était grave.
13:03Il aurait été en prison.
13:05Tu l'as pas dit aux gendarmes ?
13:07Si.
13:09Et ils ont dit que si je continue à dire des conneries,
13:11ils allaient me faire une grosse tête.
13:14Pas cru, quoi.
13:15Ouais.
13:16Enfin,
13:18t'avais déjà beaucoup menti.
13:20T'en as dit, comment il s'appelle ?
13:22Rue Poche.
13:24Donatien.
13:24Bon.
13:27Maintenant, écoute-moi bien.
13:30Tiens.
13:34Si tu n'avais pas passé ton temps à mentir,
13:36ou à ne pas dire la vérité,
13:38tu serais peut-être pas ici.
13:41Ou en tout cas, pas à perpétuité.
13:44Alors maintenant, tu vas me répondre.
13:47Sans rien me cacher.
13:50Et peut-être que je trouverai, lorsque tu me diras,
13:52de quoi arranger tes affaires.
13:53Oui, monsieur.
13:54Attends.
13:55Oui, Poche de l'assiette.
13:57Dis-moi, Martinez.
14:01Tu le connaissais bien, Pascual ?
14:03Tu le voyais souvent ?
14:04Ah oui, forcément, c'était mon camarade.
14:08Et la femme avec qui il couchait ?
14:12Ah, on a bu quelques bons coups ensemble.
14:14Ça nuisait bien.
14:15Oui.
14:17Je vais te dire ce qui est arrivé, Martinez.
14:21Tu ne faisais pas que boire des bons coups avec Charlotte.
14:24Tu couchais avec elle.
14:26Alors Pascual est arrivé, il nous a surpris.
14:29Il t'a sauté dessus, tu t'es défendu.
14:30Et comme tu connais même pas ta force,
14:32tu l'as tué sans le faire exprès.
14:33Mais si tu l'avais avoué tout de suite,
14:35tu seras déjà sorti de prison.
14:37Tu ne serais peut-être même pas repris les cinq ans.
14:39Non, monsieur, je vous jure, je couchais pas avec Charlotte.
14:43Je sais pas que c'était difficile,
14:44mais il y avait Antoine qui venait toujours la retrouver
14:47quand Pascual était parti au travail.
14:49Antoine ?
14:51Quel Antoine ? Antoine comment ?
14:53Je sais pas, on l'appelait comme ça.
14:58C'était un jeune, il travaillait pas beaucoup.
15:02Dis-moi, Martinez.
15:04C'est pas parce que t'as peur de ta femme
15:05que tu dis que t'as pas couché avec Charlotte.
15:06Moi, monsieur, peur de ma femme ?
15:08Je suis d'origine espace.
15:12Avec toi, on peut s'attendre à tout, tu sais.
15:16À propos, j'ai vu ta femme.
15:19Je vais lui parler.
15:23Qu'est-ce qu'elle nous a dit ?
15:24T'étais innocent.
15:28Elle est bien, tu sais, ta femme.
15:30Elle est courageuse.
15:33Elle commence à trouver que c'est dur.
15:37Bon.
15:39On va voir ce qu'on peut faire.
15:42J'aurais pas dû vous laisser entrer dans mon wagon.
15:44Montrez-moi vos papiers, hein.
15:46Je sais pas, madame Charlotte.
15:47Je vous ai apporté un petit cadeau.
15:51Du 14 degrés.
15:52Du taille, vous aimez ça.
15:54Comme ça, ça va.
16:02Qu'est-ce que vous voulez ?
16:04Simplement vous posez une question.
16:08J'aime pas les questions, tirez-vous.
16:14Tu vas me répondre où je t'embarque, t'as compris ?
16:17Si tu veux aller passer huit joueurs à bord de...
16:19Sinuel à ramener.
16:21Oui, monsieur le commissaire.
16:23Tiens.
16:25Mets-moi un coup tranquillement.
16:31Parle-moi un peu d'Antoine.
16:32Antoine.
16:37Antoine.
16:37Oui, au moment de la mort de Pascual.
16:40Oui.
16:41Ah bah dis-donc.
16:43C'est en fait un drôle de l'effet de parler de lui.
16:45Tu le vois amoureuse ?
16:48Il est mort.
16:51Mort ?
16:51Quand ça, il est mort ?
16:54Il y a huit ans.
16:57Il se tirait une chevrotine dans la tête.
16:59Vous êtes sûr de ce que vous dites ?
17:06J'ai contrôlé, monsieur le procureur général.
17:09Le dénommé Antoine Marino s'est donné la mort
17:11quatre jours après la condamnation de Martinez.
17:16C'est troublant.
17:17J'ai quand même cuisiné la nommée Charlotte.
17:19C'est assez accablant pour Antoine.
17:22Malheureusement, c'est Martinez qu'on a arrêté.
17:24Oui.
17:26En somme, la chemise tachée de sang
17:28la seule charge qui pèse encore quand même.
17:32Justement, je voulais vous en parler.
17:34J'ai trouvé son copain, Donatien Ripper.
17:37Il confirme le récit de Martinez, mais c'est assez vaseux.
17:39Sur ce point, je ne suis pas convaincu.
17:41Tous ces mensonges tournent autour de cette histoire de chemise.
17:46Décidément, il est regrettable que le médecin légiste
17:48n'ait pas pensé à déterminer le groupe sans rien de la victime.
17:52C'est vrai que ça n'était pas un spécialiste.
17:54Après trois années, je ne pense pas qu'on puisse retrouver au greffe
17:57la chemise de Martinez.
17:58Certainement pas.
18:01La comparaison du groupe sanguin de Pasquale
18:04avec les tâches trouvées sur la chemise de Martinez
18:07aurait été précieuse en son temps.
18:10Maintenant, c'est trop tard.
18:11Voyez-vous, mon cher ami, depuis qu'une sorte de hasard, de coïncidence de non,
18:21d'attachement à un souvenir, à attirer mon attention sur ce dossier,
18:27j'éprouve une sorte de gêne, un malaise.
18:31Vous conduisez votre enquête d'une façon remarquable.
18:35vous félicite.
18:37Je vais peut-être vous étonner, mais à chacune de vos découvertes, j'ai honte.
18:48Je vous remonte ?
18:49Oui, oh, je sais.
18:51C'est une phrase que prononce pas souvent un procureur général.
18:55Rôle de la justice dans cette affaire.
18:58Enquête de la gendarmerie, l'instruction, tout ça a été mené en dépit du bon sens.
19:03C'est vrai que c'est pas brillant.
19:05Personne n'a fait son métier.
19:07Je ne dis même pas proprement, mais tout simplement honnêtement.
19:09Ni les gendarmes qui ont travaillé sur des ragots
19:11et qui s'en relevaient les empreintes de pas
19:13affirment tout de même que ce sont ceux de Martinez
19:16ni le médecin légiste
19:18qui laisse toutes ces histoires de sang dans l'obscurité
19:20n'apportant aucun élément sérieux.
19:22Ni groupe sanguin, ni rien.
19:24Ni le juge, c'est ça qui est le plus fort.
19:26Dont le devoir était de tout reprendre à zéro.
19:28De tout contrôler, de faire très exactement
19:30ce que vous êtes en train de faire en ce moment.
19:31Et qui n'a rien fait.
19:33Un avocat qui ne paraît pas, c'est le moins qu'on puisse dire,
19:36avoir remué ciel et terre pour son client
19:38et des jurés bien tranquilles
19:41qui ne se posent pas de questions, bien sûr,
19:44puisque l'accusé est espagnol
19:45et qu'il expédie en prison à perpétuité.
19:49C'est abominable.
19:50Vous avez raison, monsieur le procureur général,
19:52c'est abominable.
19:55Mais je trouve quand même que Martinez a eu de la chance.
19:57De la chance ?
19:58Eh oui.
20:00À l'époque, il aurait très bien pu y laisser sa tête.
20:01Oui, bien sûr.
20:03Martin, huit ans, est moisée en prison.
20:04Mais d'après ce que vous me dites,
20:05sa femme est dans la misère la plus totale.
20:07Totale.
20:08Si la société a jugé et condamné un innocent,
20:11comprenez qu'un procureur général a toutes les raisons d'avoir honte.
20:14Faites tout pour élucider cette histoire de chemise.
20:19Peut-être vous tomberez sur l'élément nouveau
20:21qui permettrait la révision du procès.
20:24Bonjour.
20:25Ah, bonjour.
20:26Comment ça va ?
20:26Merci.
20:27Vous avez pensé à moi ?
20:28Oui, j'ai examiné les documents que vous m'avez remis.
20:31C'est-à-dire le rapport de la gendarmerie,
20:33une photographie de la victime qui a été jointe
20:36et le rapport du médecin légiste.
20:39Il est évident que celui-ci,
20:41qui, entre parenthèses, n'était pas quelqu'un de chez nous,
20:44s'est complètement trompé.
20:46Trompé ?
20:47Comment ça ?
20:48Oui.
20:48Il indique dans son rapport d'autopsie
20:50que la victime a été d'abord égorgée à coups de couteau
20:54et ensuite assommée à coups de pierre.
20:57Or, regardez bien les photographies de la gendarmerie
21:01prises au moment de la découverte du corps.
21:06On aperçoit sur les vêtements,
21:07notamment à l'endroit du col,
21:10aucune trace de sang.
21:12La victime par les mêmes gendarmes
21:14ne mentionne pas non plus l'existence d'un flux sanguin.
21:18Or, des blessures à la gorge saignent surabondamment.
21:24Pourtant, ces blessures existaient bien.
21:26Oui, mais ce ne sont pas elles qui ont tué la victime.
21:29C'est ce que nous appelons des blessures post-mortem,
21:32c'est-à-dire ayant été portées après la mort.
21:36Ce qui explique qu'elles ne saignent pas.
21:37Voilà.
21:39Mario Pascal a donc sans aucun doute
21:41été d'abord assommé par son assassin
21:44qui ensuite s'est acharné sur lui à coups de couteau.
21:48Là-dessus, je suis absolument formel.
21:51Mais peut-être ce détail n'a-t-il aucune importance pour notre affaire.
21:54Oh, que si !
21:55Et je vous remercie beaucoup.
21:56Je vous en prie bientôt.
21:57Au revoir.
21:57Au revoir.
21:58Excusez-moi, M. le procureur général, mais c'est incroyable.
22:12Il n'y avait pas de sang sur les vêtements de Pasquale.
22:15Rien du tout.
22:16Je sors de l'institut médico-légal.
22:17On m'a tout expliqué.
22:20C'est le médecin légiste,
22:21c'est à coups de pierre sur la tête que Pasquale a été tué.
22:24Le coup de couteau dans la gorge a certainement été donné bien après.
22:28Et comme toute l'évolution post-mortem,
22:30ça n'a entraîné aucune hémorragie.
22:32Pasquale n'a pas saigné.
22:33Ce qui signifie que la chemise en sanglantée de Martinez n'a aucun rapport avec le crime.
22:39Il ne reste rien du dossier.
22:41La révision du procès s'impose.
22:44C'est l'histoire vraie d'un procureur général qui a réussi cet exploit unique
22:50de faire réviser un procès alors qu'il n'existait aucun fait nouveau.
22:56On peut évidemment se demander comment la justice, si lourdement,
23:00la faute en incombe, il faut bien le dire, pour une part,
23:05à ce malheureux bûcheron qui a menti sur l'origine du sang qui m'inculait sa chemise.
23:12Vous me direz, mais il aurait pu se rétracter lorsqu'il a été confondu.
23:16Ça n'aurait pas changé grand-chose.
23:18Quand on a menti une fois, les jurés ne vous croient plus.
23:21Et puis ça montre tout de même que c'était un garçon sympathique, ce malheureux.
23:25À l'époque, c'était à la libération.
23:29La visette existait encore et l'abattage clandestin était poursuivi d'une façon féroce.
23:37Il n'a pas voulu compromettre son camarade.
23:39Le grand responsable, c'était le médecin légiste.
23:42Mais là encore, il y a une explication.
23:44Dans les grands centres, dans tous les endroits où les crimes sont hélas nombreux,
23:49il y a des médecins légistes professionnels qui n'ont pas d'autre occupation
23:53que d'autopsier des cadavres ou d'examiner des blessés dans les petites villes.
23:58Dans les départements sages, ça n'existe pas.
24:01Alors on choisit un praticien, généralement excellent,
24:06mais qui n'a hélas sur la médecine légale que des idées assez vagues.
24:10J'ajoute que le malheureux bûcheron a été réhabilité solennellement par la cour d'assises
24:16et qu'on lui a loué royale l'ancien front,
24:19ce qui, il faut bien le reconnaître,
24:21pour huit années de détention n'était pas très chèrement payé.
24:24Sous-titrage Société Radio-Canada
24:54Sous-titrage Société Radio-Canada
25:24Sous-titrage Société Radio-Canada
25:54Sous-titrage Société Radio-Canada
26:24...
26:54...
27:24...
27:54...
27:55...
27:56...
27:57...
27:58...
27:59...
28:00...
28:01...
28:02...
28:03...
28:04...
28:05...
28:06...
28:07...
28:08...
28:09...
28:10...
28:11...
28:12...
28:13...
28:14...
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations