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L’invité du jour - Guillaume Ancel
Télématin
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il y a 5 semaines
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Télématin reçoit l'ancien officier et expert en sécurité et défense Guillaume Ancel.
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00:00
Ce jeudi, qu'Emmanuel Macron pourrait annoncer le retour d'un service militaire en France.
00:04
On va en parler avec vous, Guilherme Oncel. Bonjour.
00:06
Bonjour.
00:06
Merci d'être avec nous. Vous êtes ancien officier, écrivain.
00:09
Je présente votre livre « Petite leçon sur la guerre. Comment défendre la paix sans avoir peur de se battre ? »
00:15
C'est aux éditions « Autrement ».
00:17
Un mot d'abord du contexte qui entoure cette annonce.
00:20
Les tensions internationales sont toujours fortes.
00:22
Il y a quelques jours, devant les maires de France, le chef d'état-major des armées, Fabien Mandon,
00:26
a expliqué que la France devait accepter de perdre ses enfants.
00:28
Est-ce qu'il a été envoyé un peu en éclaireur pour préparer le terrain de cette annonce d'Emmanuel Macron ?
00:34
Oui. Alors, il faut se rappeler qu'en France, l'armée est imprégnée de sa culture du silence.
00:38
C'est pour ça qu'on l'appelle la grande muette.
00:40
Donc, un militaire en activité, et qui plus est le premier d'entre eux, le chef d'état-major des armées,
00:45
ne parle pas sans ordre de l'Élysée.
00:47
Donc, ce n'est pas le général Fabien Mandon que nous avons entendu.
00:50
C'est le président Macron, puisque constitutionnellement, c'est le chef des armées.
00:55
Donc, il pourrait justement, le président de la République, annoncer le retour d'un service militaire de 10 mois,
01:00
donc sur la base du volontariat, ouvert aux jeunes de 18 ans et rémunéré de 900 à 1 000 euros par mois.
01:05
Donc, ce sont selon les infos de la tribune.
01:08
Il y aurait une compensation universitaire pour ne pas perdre une année d'études.
01:12
Votre sentiment, qu'en pensez-vous ?
01:14
D'abord, je trouve ça un petit peu dommage, mais ce n'est pas la première erreur de communication,
01:18
de l'appeler service militaire.
01:19
Parce que ça fait référence à un système qu'on a connu jusqu'à la fin des années 90,
01:23
qui était obligatoire, totalement déséquilibré, puisqu'il y avait que les garçons qui l'osaient,
01:28
et surtout qui était sans intérêt.
01:29
Parce qu'à l'époque, on avait besoin d'une armée professionnelle, très pointue.
01:33
D'ailleurs, c'est ma génération qui a fermé ce service militaire,
01:37
vendu toutes les bases et les équipements,
01:39
dont on avait besoin pour armer des centaines de milliers de jeunes gens.
01:43
Alors qu'aujourd'hui, ce que veut mettre en place le gouvernement,
01:46
et ce qui est, à mon avis, assez adapté à la situation,
01:49
c'est un système où, dans la société française,
01:52
on retrouve une culture militaire de base.
01:54
C'est-à-dire qu'on n'est pas comme des glands de Noël,
01:58
le jour où il se passe quelque chose d'un peu violent à côté de chez soi,
02:02
que ce soit les attentats du Bataclan ou les Jeux Olympiques.
02:05
où on a besoin que les gens puissent s'organiser et aider la société à se stabiliser.
02:10
Donc un service militaire ne peut, en fait, que changer de nom.
02:14
Ça devrait être plutôt une garde au niveau,
02:16
enfin, comment dire, par référence avec la garde nationale,
02:19
par exemple, aux États-Unis.
02:21
Bien sûr, offrir autant de place aux hommes qu'aux femmes,
02:24
parce que les femmes ont besoin de rentrer dans la défense de leur société.
02:28
Et puis surtout, s'assurer que tous les citoyens européens peuvent y participer.
02:32
Et donc ce serait le moment, puisqu'on parle tout le temps d'Europe,
02:35
de faire plutôt qu'un service militaire qui ressemble quand même à une régression de l'ancien siècle,
02:40
aller sur quelque chose de plus moderne, qui serait une garde européenne,
02:44
sur le même modèle dans toute l'Europe,
02:46
avec des équipements qui seraient les mêmes dans toute l'Europe.
02:49
Et de partager cette culture militaire entre nous,
02:52
ce serait une manière d'aborder une forme de défense européenne
02:55
dont nous avons bien besoin dans le contexte actuel.
02:57
Parce qu'effectivement, sur le plan européen,
02:59
on n'a pas tous les mêmes règles et on va y revenir dans un instant.
03:02
Mais juste pour revenir sur cette idée de service militaire sur la base du volontariat,
03:07
l'objectif de l'Elysée, on nous donne ces chiffres-là,
03:09
serait de convaincre 3 000 jeunes la première année,
03:12
50 000 à l'horizon 2035.
03:15
En 2019, le service national universel n'a pas été couronné d'un grand succès.
03:21
Pourquoi cette fois-ci, ça marcherait ?
03:23
Il y a une envie, chez la jeunesse, de participer à cette défense ?
03:29
Il y a probablement une envie, ça se teste.
03:33
Évidemment, il faut lui apporter une vraie connaissance militaire,
03:36
ce n'était pas le cas du service jeune,
03:39
qui en réalité était, comment dire,
03:41
on avait l'impression qu'on occupait des jeunes gens,
03:44
et puis surtout on manquait d'infrastructures pour le faire.
03:46
Donc, il faut avoir un but bien élaboré.
03:51
La garde nationale fonctionne très bien aux États-Unis ou en Suisse,
03:55
c'est l'équivalent,
03:56
parce que les gens font une période de formation,
03:58
et après, tous les ans, ils viennent s'entraîner,
04:00
pendant deux ou trois semaines.
04:01
Mais il y a trois conditions essentielles pour que ça fonctionne.
04:03
La première, c'est qu'ils ne doivent pas perdre d'argent.
04:05
Donc, le jour où ils viennent s'entraîner,
04:06
il faut que leur entreprise ou leur administration soit indemnisée,
04:10
qu'eux ne voient absolument aucun changement
04:12
dans leur manière d'être rémunérés.
04:14
La deuxième chose, c'est qu'il faut qu'ils soient régulièrement utilisés,
04:18
et pas seulement pour aller faire des patrouilles de sécurité,
04:22
dans le cadre de Sentinelle,
04:24
qu'on appelait Gitterat avant.
04:25
Voilà, ce serait la possibilité, pardon,
04:27
pour ces jeunes-là qui s'engageraient sur ce service,
04:30
de participer à l'opération Sentinelle,
04:31
pas d'opération extérieure.
04:32
La dernière chose, c'est qu'il faut qu'ils aient accès
04:34
à de véritables connaissances de base,
04:36
c'est-à-dire qu'ils sentent que ces hommes et ces femmes
04:39
sont capables de se battre,
04:41
exactement comme les Ukrainiens le font aujourd'hui,
04:43
parce que je rappelle qu'en Ukraine,
04:45
ça n'est pas une armée professionnelle qui se bat,
04:47
ce sont des citoyens,
04:48
ce sont des jeunes femmes et des jeunes hommes
04:50
qui hier étaient informaticiennes,
04:52
boulangers, aubergistes,
04:54
et qui aujourd'hui se battent pour leur pays.
04:56
Donc la question, c'est pas,
04:58
est-ce qu'on veut se battre,
04:59
c'est est-ce qu'on est capable,
05:01
pour défendre la paix,
05:02
de ne pas avoir peur de se battre ?
05:03
Parce que vous savez,
05:04
l'arme essentielle de Poutine,
05:06
ce ne sont pas des missiles ou des chars,
05:07
c'est la peur.
05:08
Et on voit bien dans nos réactions
05:10
qu'aujourd'hui, on est mort de trouille
05:11
à l'idée de se défendre,
05:14
alors que c'est notre droit le plus absolu.
05:16
Il ne faut pas se faire d'illusions,
05:17
même quand Poutine aura disparu,
05:19
on sera toujours entouré d'empires menaçants.
05:21
Donc est-ce qu'on les laisse menacer,
05:23
ou est-ce qu'on estime que 450 millions d'Européens
05:26
n'ont pas demandé à 300 millions d'Américains
05:28
de nous protéger contre 150 millions de Russes ?
05:30
C'est ça la question.
05:31
Est-ce qu'un jour, on a envie d'être forts ?
05:33
Mais vous pensez que c'est possible
05:35
que toutes ces forces européennes s'agrègent ?
05:39
Vous pensez qu'il y aura une entente en amont ?
05:41
La question, ce n'est plus de savoir si c'est possible.
05:44
C'est indispensable.
05:45
Vous savez que sur le papier,
05:47
si on assemblait les budgets de la défense
05:49
des 27 pays européens,
05:51
on aurait la deuxième armée du monde.
05:52
C'est la Russie qui devrait trembler devant nous.
05:54
Et aujourd'hui, regardez-nous,
05:55
on est tous en train de se demander
05:57
si on ne va pas mettre un milliard supplémentaire
05:59
qu'on n'a pas en France
06:00
pour pouvoir augmenter un peu notre armée française
06:02
et acheter nos avions Rafale
06:04
qui ne sont achetés que par des Français.
06:06
Donc, pardon, mais à un moment,
06:08
il faut changer de siècle.
06:11
Aujourd'hui, si on veut faire la taille,
06:14
on est obligé de le faire au niveau de l'Europe.
06:15
Donc, il faut constituer des États-Unis d'Europe
06:18
parce qu'une armée obéit à un pouvoir politique,
06:21
au même titre que le général Mandon
06:22
obéit au président de la République.
06:25
Et donc, ce n'est pas une question militaire,
06:26
c'est une question politique.
06:28
Est-ce que les Européens s'assemblent ?
06:29
Et à ce moment-là,
06:30
ils constituent une force considérable.
06:31
La deuxième armée du monde
06:33
sans mettre un euro de plus sur la table.
06:35
Ou est-ce qu'on continue à faire
06:36
27 petits jardins différents
06:38
en croyant que c'est une forêt ?
06:40
Au moins, c'est très clair.
06:41
Merci beaucoup, Guillaume Ancel,
06:42
d'avoir été avec nous ce matin.
06:44
En attendant un éventuel service militaire,
06:46
il y a ces petites leçons
06:47
que vous proposez dans ce livre-là,
06:51
une connaissance minimale des enjeux
06:53
pour pouvoir aussi se défendre.
06:54
Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin.
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