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Punchline - Refus d'obtempérer : la mère de Mathis, tué par un automobiliste sous protoxyde d’azote, attend une réponse ferme de la justice
Europe 1
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il y a 2 mois
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00:00
Dernière ligne droite sur Europe 1 et sur CNews pour votre punchline week-end.
00:05
Nous sommes toujours avec Véronique Jacquier, François Coq, Louis de Ragnel et Ben Kémoun.
00:09
Et Béatrice Bougère, secrétaire générale d'unité magistrale, est avec nous.
00:12
Sans oublier Paul Amard, qui est également avec nous.
00:15
On va parler de Marseille, si vous le voulez bien, à Béatrice Bougère,
00:19
avec ce que nous commentions au cours de cette émission,
00:23
avec cet influenceur Amine Kessassi, qui a vu son deuxième petit frère abattu.
00:28
Il semblerait qu'il y ait en toile de fond, encore une fois, le narco-trafic qui sévit à Marseille.
00:34
Il faut rappeler qu'en 2020, il avait déjà perdu un frère, dans des conditions horribles.
00:42
Pour le moment, il faut que l'enquête se fasse.
00:45
On a des petits doutes, peut-être que c'était Amine Kessassi qui était visée.
00:49
Quel est votre sentiment ?
00:51
On a le sentiment qu'on a encore passé un cap, on l'évoquait tout à l'heure notamment,
00:55
avec Louis de Ragnel et Frédéric Ploquin, qui étaient notre invité.
01:01
Oui, on peut avoir le sentiment d'avoir passé un cap, ceci dit, des fusillades à Marseille.
01:06
Ce n'est pas la première. Il n'y en a pas qu'à Marseille, d'ailleurs.
01:09
Et je pense qu'on va continuer à passer des caps,
01:13
parce qu'aujourd'hui, on s'aperçoit qu'on a des territoires qui sont en passe de basculer,
01:18
sous une loi qui est celle des narcotrafics, en fait, qui est une loi.
01:23
Ce n'est pas des territoires sans loi, c'est des territoires avec d'autres lois.
01:27
Et ces lois, elles sont terribles, parce qu'elles sont des lois des criminels,
01:33
c'est-à-dire vous êtes dans un camp, vous n'êtes plus dans un camp, vous avez trahi,
01:36
et eux ne s'embarrassent pas de procédures, puisque c'est sur la terreur
01:42
qu'ils assoient évidemment leur autorité et leur puissance.
01:46
Je pense qu'on a intérêt de plus en plus à regarder l'exemple italien,
01:51
qui ont connu ça, et à s'inspirer encore plus de ce qu'ils ont fait
01:55
en termes de lutte contre la mafia et contre la criminalité organisée.
02:00
Alors, on a de la chance, et je le dis, d'avoir un garde des Sceaux
02:03
qui prend la mesure des choses, qui s'occupe beaucoup des prisons,
02:06
parce que la question, ce n'est même pas de les arrêter,
02:08
puisqu'ils continuent aussi en prison.
02:11
Donc, la prison doit redevenir un lieu de sécurité,
02:15
d'abord pour les personnels, mais aussi pour éviter la continuation du crime,
02:20
et surtout montrer que l'État est fort et n'est pas impuissant,
02:26
parce que nous, on fait des procédures qui sont extrêmement longues, difficiles,
02:30
et les prisons, à mon avis, sont un bon point d'entrée.
02:34
On a une nouvelle loi qui vient d'être votée, dont on ne voit pas encore les effets.
02:43
La problématique aujourd'hui, ce n'est pas tellement, je crois, la loi,
02:47
même si on peut toujours continuer à l'améliorer,
02:50
c'est vraiment les moyens sur les enquêtes.
02:53
On a un problème avec la police judiciaire,
02:55
dont je rappelle quand même qu'elle a fait l'objet d'une réforme
02:58
qui a fait grincer des dents.
03:00
Les enquêtes sont très longues, on n'a pas assez d'OPJ.
03:05
Moi, je vis beaucoup de juridictions en ce moment.
03:08
Ce qu'on appelle les chambres d'instruction,
03:10
en fait, sont embolisées par des procédures pour faire sortir les détenus,
03:16
c'est-à-dire ces profils-là.
03:18
Et en fait, on s'aperçoit qu'aujourd'hui,
03:20
le seul enjeu, c'est de ne plus être détenus.
03:22
Pourquoi ? Parce qu'en fait, nous n'avons plus les capacités de juger ces personnes-là
03:27
dans des temps qui soient des temps utiles, j'allais dire,
03:31
pour lutter contre le narcotrafic.
03:34
Donc, il va falloir qu'on change de grille de lecture
03:36
et qu'on se réorganise, y compris au sein de la magistrature.
03:40
C'est-à-dire que c'est bien les lois, mais ça ne suffira pas.
03:42
Il va falloir avoir même une stratégie d'organisation.
03:46
Alors là, on va souffler un peu.
03:48
Mais ce qu'on appelle, nous, les évasions judiciaires,
03:50
avec d'ailleurs parfois des complicités dans les détentions et autres,
03:55
puisque vous le savez que la matrice numéro un
03:57
de ces organisations criminelles, c'est la corruption.
04:00
Si on n'a pas compris ça, on n'a rien compris.
04:02
Et puis, de l'autre versant,
04:04
il va falloir se poser maintenant la question des consommateurs
04:06
qui finalement ne risquent pas grand-chose.
04:07
On l'a évoqué tout à l'heure, oui.
04:08
Et le dernier versant,
04:10
qui est le versant que je crois que mon voisin aussi a évoqué,
04:14
puisque je l'ai écouté,
04:15
en vous attendant...
04:16
Mélatrice Boujard a écouté Louis de Ragnel.
04:18
Vous êtes très honoré, Louis de Ragnel.
04:20
C'est aussi les pays qui nous inondent.
04:23
Parce qu'en fait, aujourd'hui, la France fait partie de ces pays
04:26
qui sont totalement inondés,
04:28
notamment par la cocaïne,
04:30
qui est une drogue extrêmement grave, mais pas que.
04:32
Et il va falloir aussi travailler sur tout ce qui est international, diplomatique.
04:37
Alors, je ne vais pas ouvrir d'autres dossiers
04:38
qui sont aussi des dossiers parfois un peu douloureux.
04:41
Mais il n'y aura pas que la justice.
04:42
C'est-à-dire que c'est une guerre, en vrai,
04:45
qui va falloir mener sur tous les fronts,
04:48
dont nous sommes un élément évidemment important,
04:50
mais pas le seul.
04:52
Ce que disaient Paul Lamarre tout à l'heure,
04:54
et Louis de Ragnel également,
04:55
c'est qu'aujourd'hui, tu déranges tes exécutés.
04:57
C'est-à-dire qu'il n'y a plus de préliminaires,
04:59
si je puis me permettre.
04:59
Pardonnez-moi pour l'expression.
05:00
Avant, il y avait des avertissements.
05:02
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
05:03
Oui, alors, objectivement,
05:04
moi j'ai fait beaucoup de crimes d'organiser il y a quelques années.
05:07
Mais ça a déjà été le cas.
05:09
Le problème, c'est la quantité aujourd'hui et la visibilité.
05:12
C'est-à-dire que là, on est passé sur, en effet, un autre cap,
05:16
où c'est surtout des très jeunes, d'ailleurs,
05:18
des très jeunes,
05:19
qui sont capables d'exécuter,
05:21
sans âme et sans conscience,
05:23
pour quelques euros ou autres cryptomonnaies.
05:29
Et donc, on a une masse de personnes,
05:32
potentiellement, qui peuvent, en effet...
05:34
D'ailleurs, Europol avait fait une analyse très intéressante
05:37
là-dessus,
05:38
parce qu'ils sont même recrutés,
05:40
sans les connaître, sur des réseaux.
05:42
C'est-à-dire qu'on va chercher,
05:44
on se rend compte une fois,
05:46
on donne la cible, etc.
05:48
C'est plutôt angoissant.
05:49
Donc, ça va même au-delà, j'allais dire,
05:51
que simplement des organisations criminelles.
05:54
Donc, oui, on est rentrés dans un autre monde.
05:56
Oui, il va falloir s'adapter.
05:58
Oui, on a pris du retard,
05:59
beaucoup de retard,
06:01
et on est en échec.
06:03
Donc, on peut faire des lois,
06:05
on peut dire que c'est horrible.
06:06
Il faut aussi analyser les causes
06:07
pour améliorer le système,
06:09
rattraper ce retard,
06:11
et...
06:11
Est-ce qu'il n'est pas trop tard ?
06:13
Je suis volontairement provocateur.
06:14
Pour les hommes courageux et de bonne volonté,
06:16
il n'est jamais trop tard.
06:18
Oui, c'est une réponse.
06:18
Merci pour votre réponse,
06:21
Béatrice Bougère.
06:22
Merci pour votre réponse.
06:22
Est-ce que vous êtes totalement désespérée ?
06:24
Non, du tout.
06:25
Non, parce que sinon,
06:27
je ne ferai pas ce que je fais.
06:27
Nous, par exemple,
06:28
notre syndicat porte depuis longtemps
06:30
des réformes.
06:31
On voit qu'elles commencent
06:32
à se mettre en place.
06:33
Donc, on en est plutôt contents,
06:36
y compris sur ce qu'on appelle
06:37
les quartiers de haute sécurité.
06:39
Mais même chez nous,
06:41
vous avez des résistances idéologiques
06:42
qui sont assez étonnantes
06:44
par rapport à la situation.
06:45
Donc, il faut changer de grille de lecture
06:48
et puis s'adapter, en effet,
06:50
à une autre manière de travailler.
06:52
Sans doute, peut-être aussi revoir
06:53
notre application des peines.
06:57
Sinon, à un moment,
06:58
oui, il sera trop tard.
06:59
Un témoignage également.
07:00
La maman de Matisse.
07:01
Vous vous souvenez, Matisse,
07:02
victime d'un chauffard à Lille.
07:04
On en a beaucoup parlé.
07:06
Écoutez ce qu'elle déclarait
07:07
chez notre penseur,
07:09
Christine Kelly.
07:10
Vous allez réagir juste après.
07:12
On rentre maintenant
07:14
dans le besoin de faire justice
07:17
et à ce que Matisse
07:22
ne soit pas mort pour rien,
07:25
que les choses changent,
07:27
de faire prendre conscience
07:28
à toutes les personnes
07:30
qui vont agir pour donner des peines,
07:33
que ces peines,
07:34
elles ne peuvent pas être des peines
07:36
avec des sursis,
07:37
qu'on ne peut pas laisser
07:39
des gens récidivistes en liberté.
07:42
et en fait, aujourd'hui,
07:44
ce que je voudrais,
07:45
c'est qu'il n'y ait pas
07:46
un second, un troisième Matisse,
07:48
parce qu'il y en a déjà eu
07:49
beaucoup trop,
07:51
et que nous, il est trop tard.
07:54
Il est trop tard pour la maman de Matisse.
07:56
Ce qu'on voit, ce qu'on note,
07:57
c'est que maintenant,
07:58
les parents des victimes
07:59
s'expriment,
08:00
ce qui n'était pas foncièrement le cas
08:01
il y a quelques années
08:02
et qu'elles disent les choses.
08:04
Moi, en écoutant,
08:05
ce que je retiens,
08:06
en effet,
08:07
et je trouve ça formidable,
08:09
c'est que vous donniez déjà
08:11
la parole à ces victimes
08:12
qui étaient vraiment,
08:12
pour le coup, invisibilisées.
08:15
Que ces victimes osent
08:16
prendre la parole aussi,
08:18
dans une espèce d'idée
08:19
qu'eux, ils ont perdu,
08:22
mais ils pensent déjà aux autres,
08:24
ce qui est quand même
08:24
extraordinaire comme démarche.
08:26
Et ils se disent,
08:26
la situation est tellement grave
08:27
qu'il y a d'autres victimes.
08:29
Donc ça, c'est quand même
08:30
assez intéressant comme posture.
08:32
Je pense que nous,
08:32
on doit les entendre davantage.
08:34
La deuxième chose,
08:35
elle met le doigt,
08:37
cette personne,
08:38
cette mère d'ailleurs,
08:39
excusez-moi,
08:39
mais sur ce que nous,
08:41
on critique,
08:41
et vous le savez,
08:42
puisque vous m'avez déjà
08:43
invité là-dessus,
08:44
sur l'application des peines.
08:46
C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:47
je pense qu'on est
08:48
un des seuls pays
08:48
à être arrivé à un système
08:50
tel de dénaturation
08:52
de la peine prononcée
08:54
lors de l'aménagement de peine.
08:56
C'est pas qu'on est contre
08:57
les aménagements de peine.
08:58
C'est qu'aujourd'hui,
08:59
les partis civils
09:00
et les victimes
09:02
ne comprennent pas
09:02
que la peine
09:04
qui a été prononcée
09:05
peut être dans le secret
09:06
d'une procédure complexe
09:08
et longue,
09:09
être à ce point modifiée,
09:11
voire dénaturée.
09:12
Et nous,
09:13
on est allé très loin
09:14
dans ce qu'on appelle
09:15
l'aménagement de peine.
09:16
Il faut revenir
09:17
à plus de justice.
09:19
D'abord,
09:19
c'est ça l'autorité
09:20
de la justice,
09:21
c'est aussi l'autorité
09:22
de la décision
09:23
qui a été prononcée.
09:25
Si déjà vous atteignez
09:26
cette autorité,
09:27
ne vous plaignez pas
09:28
qu'il n'y ait plus
09:29
d'autorité de la justice.
09:30
Quand on appelle
09:31
l'autorité de la chose jugée,
09:32
c'est un concept
09:33
un peu technique
09:34
mais qui est très intéressant.
09:35
Quand un magistrat
09:36
prononce une peine,
09:38
on appelle ça
09:38
l'autorité de la chose jugée.
09:40
Si derrière,
09:40
il y a tout un système
09:41
de démantèlement,
09:43
d'étricotage,
09:45
voire dénaturation
09:46
de la peine,
09:47
évidemment,
09:47
personne ne s'y retrouve.
09:48
Ça, c'est la première chose.
09:49
Et enfin,
09:50
moi je soutiens
09:51
le projet de loi
09:52
qui est porté
09:54
par le ministre actuel
09:55
qui revient justement
09:56
là-dessus.
09:57
Qui revient sur cette idée
09:58
qu'un sursis,
09:59
oui,
10:00
mais pas 50 sursis.
10:01
Une peine prononcée,
10:03
lisible,
10:04
efficace,
10:04
arrêtons ce maquis
10:05
où on ne comprend rien.
10:07
Revenons à un peu
10:08
de rationalité
10:08
et d'efficacité.
10:10
Ce n'est pas une question
10:10
d'être répressif,
10:12
c'est une question
10:13
de sens,
10:15
de compréhension
10:15
de la sanction.
10:17
et on le doit déjà
10:19
aux victimes
10:21
qui ont été éprouvées
10:23
par la justice
10:23
et on le doit également
10:25
pour améliorer
10:26
notre système
10:27
et pour d'autres
10:28
victimes potentielles.
10:29
Paul Amar.
10:31
Expertise remarquable
10:32
de Lucie Césbé.
10:34
Vraiment,
10:34
et de courage
10:35
et de précision.
10:36
Donc si je vous entends bien,
10:38
on vous a écouté religieusement,
10:40
on est revenu
10:40
au temps des tribus.
10:41
Voilà.
10:42
Il y a une tribu
10:43
de narcotrafiquants
10:44
qui s'installe,
10:45
qui délimite son territoire,
10:46
qui impose sa loi
10:47
et qui écarte les gêneurs
10:49
ou les lanceurs d'alerte,
10:50
comme disait Olivier tout à l'heure.
10:52
Elle a même une succursale
10:53
en prison.
10:55
Il y a une tribu islamiste
10:56
qu'on appelle
10:56
les frères musulmans
10:57
qui s'installe
10:58
dans certaines cités
10:59
et qui impose sa loi.
11:00
Et tout cela,
11:01
dans notre République,
11:02
une et indivisible.
11:03
Dans notre État de droit,
11:04
je vous répète sur les mots,
11:06
l'État de droit
11:06
devra peut-être un jour
11:08
s'appeler
11:08
l'État de devoir.
11:10
Allez, pour terminer,
11:11
à moins que vous vouliez répondre
11:12
rapidement,
11:13
Béthes-Coujère.
11:14
Non, ça me fait penser
11:14
en vous écoutant
11:15
à...
11:16
Et j'invite tout le monde
11:16
à lire ça,
11:17
c'est l'analyse du sociologue
11:18
Maffezoli
11:19
qui explique ce que c'est
11:21
que la post-modernité.
11:22
C'est exactement ça.
11:23
C'est le retour des tribus.
11:25
C'est la fin de l'individualisme.
11:27
Et dans ce fin d'un monde
11:28
et d'un cycle,
11:29
en fait,
11:29
qui n'est pas la fin du monde
11:30
mais qui est la fin,
11:31
j'allais dire,
11:32
peut-être de notre modernité,
11:34
eh bien,
11:35
il y a de la violence.
11:36
Parce qu'il y a de l'ajustement
11:37
et il y a du frottement
11:39
et en fait,
11:40
on n'est plus du tout
11:40
sur les mêmes valeurs.
11:42
C'est-à-dire que
11:42
les valeurs d'individualisme
11:44
aujourd'hui
11:45
ne fonctionnent plus
11:46
et on revient
11:47
sur les bandes,
11:48
sur les clans,
11:48
sur les tribus,
11:49
sur la communauté,
11:50
sur le communautarisme,
11:51
etc.
11:52
Voilà, excusez-moi mais...
11:53
Merci d'être venu nous voir
11:54
en tous les cas,
11:55
Béatrice Bougère,
11:56
c'est toujours un bonheur
11:56
d'échanger avec...
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