00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:03Avec Lili Mathias sur Europe 1, 13h21, l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour.
00:07Lili, l'ancien juge d'instruction, Georges Fenech, et le chroniqueur politique, Jean-Claude Dacier.
00:12On va parler, on va revenir évidemment sur les attentats du 13 novembre, les suites, les conséquences, tous les débats qu'on peut avoir.
00:17Mais juste avant, ça va se passer à 15h aujourd'hui, la suspension de la réforme des retraites.
00:23Je l'annonce un peu comme ça, mais on a fait les calculs, a priori elle devrait être suspendue.
00:27Écoutez Aurore Berger, la ministre de l'égalité entre les femmes et les hommes, qui était l'invité de Pascal Praud ce matin sur Europe 1 et CNews.
00:36Est-ce que moi ça me fait plaisir de nous dire qu'on est contraints dans un pays où il faut renoncer à la réforme des retraites ?
00:41Évidemment que ça ne me fait pas plaisir. Un texte où on a été contraints d'ailleurs d'engager un 49-3.
00:45Pourquoi ? Parce qu'il y avait justement un défaut de responsabilité d'un certain nombre de ceux qui aujourd'hui appellent à prendre nos responsabilités.
00:52Parce qu'à l'époque, une partie de la droite ne voulait pas le voter.
00:54Parce que le Rassemblement national refusait de voter cette réforme aussi.
00:58Ils ont même voté à l'époque, par exemple, pour le maintien de tous les régimes spéciaux de retraite.
01:02Donc oui, il y a un défaut de responsabilité, c'est certain.
01:05Mais la responsabilité, elle nous conduit aussi aujourd'hui à dire que si on ne fait pas ça,
01:09ce n'est pas juste le sujet de censure-dissolution.
01:12C'est juste qu'on a une instabilité majeure.
01:13Alors, Georges Fenech, Jean-Claude Dacier, si vous aviez dit choisir instabilité gouvernementale
01:19ou revenir sur la réforme des retraites, qu'auriez-vous choisi ?
01:22Retour au peuple.
01:24Ah, donc le troisième.
01:25Bien sûr.
01:27Et c'est évident, c'est la seule réforme qui tenait la route.
01:29En réalité, des deux mandats d'Emmanuel Macron,
01:32c'est la seule qui permettait de préserver un minimum de retour progressif vers l'équilibre budgétaire.
01:39Et c'est celle-ci qu'on piétine sous prétexte, avec des considérations électoralistes,
01:44pour se maintenir la troue, comme on dit, d'aller devant les électeurs
01:48et éviter une motion de censure,
01:51qui est la menace qui agite le Parti Socialiste depuis le début de cette affaire.
01:55Donc tout ça n'est pas glorieux pour la classe politique.
01:58Elle n'était peut-être pas parfaite non plus, cette réforme des retraites.
02:00Bien entendu qu'elle n'était pas parfaite.
02:02On aurait pu attendre, effectivement, de l'améliorer avec la prochaine présidentielle.
02:06peut-être rentrer, effectivement, un peu de capitalisation dans ses retraites.
02:10On en parlait tout à l'heure avec Jean-Claude, c'est vrai, tout ça est vrai.
02:12Mais vous ne l'avez pas fait au micro, c'est pour ça que je précise.
02:15Mais on discute entre nous, ça nous arrive fréquemment.
02:19En fait, on se chauffe avant d'entrer sur le plateau.
02:22Voilà, donc moi, ce que je crois, c'est que c'était vraiment au déshonneur,
02:26Jean-Paul Therme, une classe politique qui s'est déjugée,
02:29qui s'est vraiment vendue pour des plats de lentilles.
02:33Parce que de tôt ou tard, de toute façon, ils retourneront devant les électeurs
02:37qui sauront en tirer les conséquences.
02:40Jean-Claude Dacier, même question.
02:41Pour une fois, je ne suis pas d'accord avec Georges, mon ami Georges.
02:46C'est bien, ça arrive, c'est pas grave.
02:47Oui, ça arrive rarement.
02:49Oui, mais c'est le débat, c'est bien.
02:51Honnêtement, personne ne peut applaudir à la suspension,
02:55qui sera sans doute votée tout à l'heure,
02:58à la suspension du régime des retraites.
02:59On a eu trop de mal à faire voter cette réforme pour dire
03:03« Ah ben, il faut la laisser filer parce que la situation politique l'exige. »
03:10Mais en même temps, je pense qu'une nouvelle dissolution,
03:13parce que je pense qu'on y allait tout droit
03:15si on n'avait pas passé cette espèce de relation avec les socialistes,
03:21je pense qu'on allait tout droit vers la dissolution, en effet,
03:25qui arrangeait un certain nombre de gens.
03:27Je pense que le Rassemblement National espérait beaucoup en sortir vainqueur.
03:32Il ne serait peut-être pas parvenu à ce résultat flatteur,
03:36mais en tout cas, il aurait probablement marqué sa première place
03:40au sein de la vie politique française.
03:43Ce n'était pas négligeable.
03:44Mais en même temps, redissoudre, ce qui était probable,
03:50même certains, redissoudre la Chambre un an après,
03:53ou un peu plus d'un an après, en pleine période de Noël,
03:58alors que l'économie française était demandresse d'un peu de stabilité,
04:04moi, à tort peut-être, j'ai choisi la stabilité,
04:07enfin la stabilité, quand on voit le spectacle...
04:10On va voir combien ça va durer aussi.
04:11Quand on voit le spectacle de l'Assemblée Nationale,
04:13par moment, je me dis, tu as probablement eu tort.
04:17En même temps, le coût d'une dissolution,
04:20ce n'est pas seulement le coût des isoloirs,
04:23le coût des enveloppes et des bulletins.
04:26Dans la situation où nous sommes,
04:28les taux auraient probablement bondi,
04:31nos intérêts auraient été bousculés,
04:33la situation de la France et de son économie auraient été ridiculisés.
04:37La suspension de la réforme des retraites,
04:40on l'a vu dans le journal, a un coût certain également aussi.
04:43Oui, sans aucun doute, on a dit 500 millions cette année,
04:46un milliard et demi l'année prochaine,
04:47c'est pour ça que, honnêtement, le choix était difficile,
04:50je trouve que le PS était très exigeant,
04:53mais ils en avaient besoin, eux, aussi politiquement.
04:55Si on gagne en même temps la rupture définitive,
04:59j'espère, entre les Insoumis et le PS,
05:02si on réintègre le PS dans les partis responsables
05:07capable de gouverner,
05:09la facture ne sera peut-être pas aussi lourde que ça.
05:11Mais je reconnais qu'il y a débat,
05:12franchement, ce n'est pas évident.
05:13Merci.
05:14Merci.
05:15Merci.
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