00:00Bon déjà c'est pas une suspension, c'est un décalage dans le temps et c'est une validation politique par l'Assemblée Nationale
00:06de la réforme des retraites d'Elisabeth Borne à 64 ans.
00:09Je veux dire, mon collègue Adrien Clouet a eu une bonne formule tout à l'heure.
00:12Si je vous dis qu'on va vous couper deux doigts et qu'au final il y a quelqu'un qui vient et qui dit
00:16« Attendez, on va vous en couper qu'un », est-ce que vous êtes d'accord avec l'idée qu'on vous en coupe qu'un
00:19alors qu'on avait dit qu'on vous en coupait deux ?
00:21Ben non, moi je veux qu'on vous coupe aucun doigt.
00:23C'est un peu ce qui se passe avec cette suspension, ce décalage de la réforme des retraites.
00:27On nous présente ça comme une victoire politique, pardon, mais c'est la première fois que l'Assemblée Nationale
00:30va se prononcer en faveur de la retraite à 64 ans, en faveur de la réforme de Mme Borne.
00:36Il y a quand même des personnes qui vont bénéficier de cette suspension.
00:39C'est pas le cas en fait, parce que tout le monde...
00:40Il y a quand même des gens qui vont partir un peu plus tôt que prévu.
00:44Il y a une génération.
00:44Celle-ci vous leur dites, tant pis pour vous.
00:46C'est pas ça. Je leur dis attention parce que tout le monde va payer.
00:49C'est-à-dire que cette génération 1964, c'est la seule qui bénéficie éventuellement de trois mois de report
00:54de l'âge de départ en retraite.
00:56Mais encore faut-il avoir les annuités, mais bon, c'est un autre débat.
00:59Eh bien, le financement de cette mesure-là, il est payé par tout le monde.
01:03Par exemple, il y a l'idée de faire le gel des pensions de retraite.
01:06Et je veux bien qu'on réfléchisse à ce que ça veut dire.
01:08Le gel des pensions de retraite, ça veut dire que les gens même qui partiraient plus tôt,
01:11ensuite ce qu'on leur dit, c'est qu'on va leur payer une retraite qui est moins grande.
01:15Donc ça veut dire que personne n'est gagnant avec cette prétendue suspension qui n'est qu'un décalage.
01:19Ce qu'il faut faire, c'est au contraire abroger cette réforme de retraite.
01:22Il y a une majorité à l'Assemblée Nationale pour le faire.
01:23Enfin, je veux dire, normalement, Mme Le Pen, la dernière fois, disait qu'elle était pour l'abrogation.
01:27Elle a peut-être changé d'avis.
01:28Mme Le Pen, elle a dit « Je suis cohérente ».
01:30Eh bien, nous étions contre cette réforme. Nous allons voter sa suspension.
01:33Non, Mme Le Pen, elle est cohérente avec ce qu'avait dit Jordan Bardella pendant l'élection législative,
01:36où il avait dit qu'il était prêt à aller jusqu'à 66 ans sur la réforme des retraites.
01:39Donc, d'une certaine manière, elle est cohérente avec cet avalement de la réforme des retraites.
01:44Nous, nous ne sommes pas d'accord.
01:46Les syndicats, d'ailleurs, de la CGT et FO, appellent à ne pas voter cette mesure.
01:51Eh bien, nous serons fidèles à nos engagements.
01:54Et, honnêtement, je pense que les Français savent qui s'est battu le plus durement
01:57contre cette réforme des retraites à 64 ans.
01:59Si nous, nous disons, du côté de la France insoumise,
02:02que ça n'est pas une abrogation de la réforme des retraites,
02:05que ça n'est même pas une suspension, que c'est juste un décalage,
02:07je pense qu'on peut nous faire confiance,
02:09et que nous avons démontré dans les années précédentes
02:11à quel point nous étions engagés sur ce sujet.
02:12Et on a entendu tout à l'heure que, en revanche,
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