00:00Bienvenue sur l'Infrasummit Projects and Awards. J'ai la chance d'être accompagné pour cette interview de Grégoire Chauvière-le-Dryan.
00:15Grégoire, bonjour. Vous dirigez le bureau du groupe BEI en France. Est-ce que pour commencer, vous pouvez nous rappeler le rôle de la BEI et votre périmètre de fonction ?
00:25La BEI, c'est la Banque de l'Union Européenne. C'est une banque qui a été créée par le traité de Rome, qui a plus de 70 ans d'existence, et dont la finalité même est de financer des projets qui ont un intérêt pour l'Europe.
00:36Ce sont des projets qui sont portés par des collectivités territoriales, par des entreprises, mais on accompagne aussi les intermédiaires financiers, les banques, les fonds d'investissement, pour qu'eux-mêmes puissent accompagner les entreprises ou les projets de plus petite taille.
00:48C'est une institution qui ne repose pas sur des transferts budgétaires, c'est-à-dire que nous ne consommons pas de financement des États.
00:57Nous émettons sur les marchés et puis nous prêtons ce que nous émettons quelque part.
01:01Donc c'est un modèle plutôt soutenable et qui fonctionne bien puisqu'on finance chaque année près des centaines de projets, plus d'une centaine en France.
01:10Et pour le territoire que je couvre à la tête du bureau français, ce sont un peu plus de 100 projets par an et près de 12 milliards d'euros d'investissement
01:21vers des projets variés avec des collectivités territoriales, avec des banques, avec des entreprises, des start-up, vers des priorités qui sont aujourd'hui les priorités de l'Union européenne.
01:31Merci beaucoup. Vous êtes intervenu il y a quelques minutes sur une conférence sur notre plénière dont le thème était la géopolitique des infrastructures.
01:40Vous y avez évoqué le sujet de la défense qui est redevenu un enjeu majeur pour le continent européen.
01:45Comment la BUI participe concrètement à cet effort de réarmement européen ?
01:50La BUI contribue à cet objectif qui est celui de la souveraineté européenne, que ce soit une souveraineté énergétique par la production d'énergie, en particulier d'énergie renouvelable.
02:02Ça fait partie de nos priorités fondamentales d'être la Banque européenne du climat, la souveraineté alimentaire, la souveraineté sanitaire.
02:10Et naturellement, la question de la sécurité et la défense s'est posée à l'Europe depuis l'invasion de l'Ukraine, depuis 2022, et dans un monde, je dirais, multipolaire avec un certain nombre de menaces qui pèsent aujourd'hui sur l'Europe.
02:26Donc la banque que je représente ne pouvait pas rester étrangère à ces sujets qui sont aujourd'hui partie intégrante du projet européen.
02:34Et si nous financions ce secteur depuis quelques années, mais de manière un peu timide, avec, je dirais, des contraintes dans la définition même de ce qu'il était possible de faire,
02:45qualifiant en particulier les projets dits « duo », donc avec une application civile et militaire, sous la pression des besoins aujourd'hui de l'Europe et avec le soutien des États membres,
02:56nous avons fait évoluer la stratégie d'investissement au cours des derniers mois de manière assez drastique, je dois dire, et de manière assez rapide,
03:05puisque aujourd'hui l'institution est en capacité de financer tout projet relatif à la défense et dont on évoluera les qualités de manière intrinsèque,
03:14ce qui nous amène à fortement élargir notre spectre d'investissement avec des nouveaux acteurs.
03:20On a financé, il y a quelques semaines, Thales sur le développement d'un radar qui adhère à des applications militaires et aéronautiques.
03:28On a financé des projets de cybersécurité avec Gatewatcher.
03:33On a financé une entreprise du côté de Rennes qui s'appelle Kellabs,
03:38qui favorise des transmissions optiques pour garantir la sécurité de la transmission de l'information,
03:44ce qui est très important, notamment sur les sites militaires.
03:47Donc on voit qu'il y a un foisonnement d'entreprises, ou en tout cas il y a des besoins,
03:52qu'aujourd'hui l'institution est en capacité de proposer des outils de financement,
03:58ce qui n'était pas le cas il y a encore quelques mois, quelques années,
04:01dans la définition même de ce qui était possible de financer.
04:04Aujourd'hui on est beaucoup plus ouvert, grâce encore une fois au soutien de nos États membres.
04:08Et puis comme on ne peut pas financer tout seul, on a aussi accompagné les banques, les fonds d'investissement,
04:14pour qu'eux-mêmes puissent drainer des financements européens vers des entreprises de plus petite taille pour les banques.
04:20On a financé notamment BPCE au mois de juillet, pour qu'ils puissent financer le besoin fonds de roulement
04:25des entreprises de ce qu'on appelle la BITD, du secteur de la défense,
04:30et aussi des fonds d'investissement pour soutenir en fonds propres les entreprises,
04:35les ETI et les PME, pour pouvoir monter en gamme, je dirais,
04:40et en capacitaire sur l'ensemble de la chaîne de valeur.
04:44Grégoire, merci beaucoup d'avoir répondu à mes questions, et merci d'avoir été avec nous aujourd'hui.
04:48Merci beaucoup.
04:49Merci.