00:00La rupture conventionnelle créée en 2008 est aujourd'hui un outil largement utilisé pour mettre fin à un contrat de travail à durée indéterminée d'un commun accord entre employeurs et salariés.
00:11Elle permet une séparation à l'amiable avec indemnité et ouverture des droits au chômage, séduisant le plus souvent aux cadres et salariés qualifiés.
00:19Cependant, son usage massif, plus de 500 000 ruptures signées en 2024, représentant 15 à 20% des fins de CDI, soulève des critiques liées à son coût élevé pour l'assurance chômage, estimé à près de 10 milliards d'euros, soit un quart des dépenses de l'UNEDIC.
00:36Cette popularité entraîne des dérives, notamment la transformation d'une majorité de ruptures conventionnelles en substituts de démissions, ce que montre une étude récente de l'Institut des politiques publiques.
00:48Celle-ci révèle que seulement 12% des ruptures conventionnelles remplacent des licenciements, tandis qu'environ 40% des démissions sont converties en ruptures conventionnelles,
00:57ouvrant droit à l'assurance chômage et gonflant les dépenses publiques.
01:01Paradoxalement, malgré l'indemnité exigée, les salariés compensent souvent ce coût, prolongeant leur présence après la signature.
01:09Cependant, si le nombre de ruptures conventionnelles est en constante augmentation, il n'a pas fait baisser celui des démissions qui restent quatre fois supérieurs.
01:17Le gouvernement, conscient de ces effets pervers, a tenté en 2023 et 2025 d'augmenter la contribution patronale sur l'indemnité de ruptures conventionnelles pour freiner les abus,
01:28mais ces mesures ont rencontré l'opposition des partenaires sociaux et du patronat, conduisant à une négociation ouverte depuis novembre 2025.
01:37Plusieurs pistes sont envisagées.
01:38Réduction de la durée d'indemnisation, allongement des délais de carence et recalcul de l'indemnité.
01:45L'expérimentation dans la fonction publique, notamment dans l'éducation nationale, fait aussi l'objet de débats quant à sa prolongation.
01:53Les partisans de la rupture conventionnelle soulignent son intérêt initial, qui était de « fluidifier » le marché du travail et d'éviter les contentieux.
02:02Les opposants mettent en garde contre un détournement du dispositif au détriment des finances publiques,
02:06tout en soulignant que durcir trop sévèrement la procédure pourrait pousser un retour au licenciement déguisé, augmentant les conflits et coûts sociaux.
02:13Ainsi, la situation de la rupture conventionnelle en 2025 apparaît un tournant entre nécessité de régulation et volonté de préserver un instrument souple de rupture à l'amiable,
02:24avec une réforme en cours qui devrait se concrétiser d'ici 2026.
02:28Les employeurs étaient déjà à l'initiative de cette rupture dite à l'amiable, qui a fait baisser le risque de contentieux et allègue la gestion du personnel.
02:37Quant au nombre de saisines des prud'hommes, s'il est resté globalement le même,
02:41La composition des chefs de demande a pu évoluer, tant sur la nature des demandes que sur les sommes demandées.
02:47Il y a peut-être moins de demandes liées à des ruptures abusives de contrats,
02:51mais plus de demandes de requalification de ces délais, de paiement d'heures supplémentaires, notamment liées au forfait jour, etc.
02:58Tant que l'on n'aura pas le détail, on ne peut pas affirmer que les ruptures conventionnelles n'ont pas fait baisser le nombre de saisines prud'hommes.
03:06Vous avez les liens en description où vous trouverez tous les détails.