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🇫🇷 La France dépense trop ? Pas si sûr !
Derrière le record mondial des dépenses publiques, se cache une réalité plus nuancée — et une économie loin d’être étatisée.

• 57 % du PIB de dépenses publiques, mais une économie privée à 75 %.
• Des choix de société : protection universelle ou sécurité minimale ?
• Des dépenses qui limitent les inégalités territoriales et sociales.
• Sans redistribution, la société française exploserait.
• Le vrai enjeu : améliorer l’efficacité de l’action publique, pas la réduire.

💬 Et si le modèle français, souvent critiqué, était en réalité une forme d’équilibre entre solidarité, efficacité et stabilité sociale ?

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Transcription
00:00La France est championne du monde des dépenses publiques.
00:11C'est vrai, mais ce n'est pas forcément en soi un problème,
00:15contrairement à ce qu'on entend souvent.
00:17Tout d'abord, le fait que les dépenses publiques pèsent 57% du PIB aujourd'hui
00:22ne signifie pas que l'économie française est étatisée à 57%.
00:27On consacre 24% du PIB à faire fonctionner l'État,
00:32et cette part est stable depuis des décennies maintenant.
00:36La France reste donc, pour plus des trois quarts de son économie,
00:40une économie privée et marchande.
00:42La grande majorité des dépenses publiques consiste en effet
00:45en de l'argent qui est prélevé d'un côté
00:47pour être redistribué immédiatement de l'autre
00:50et réintroduit dans le circuit de l'économie privée.
00:53Le niveau des dépenses publiques dépend, par ailleurs,
00:58des compromis qui sont faits sur la prise en charge publique ou privée
01:02de telle ou telle dépense.
01:05Dans les pays où cette part est significativement plus faible que chez nous,
01:09les salariés doivent généralement se couvrir par eux-mêmes
01:12pour faire face à la maladie ou pour préparer la retraite.
01:16S'en portent-ils mieux pour autant ?
01:18Pas vraiment.
01:19Les assurances maladie privée coûtent très cher,
01:23comme on le voit en particulier aux États-Unis.
01:26Elles engendrent des inégalités formidables
01:28et des situations inhumaines
01:30avec des malades qui sont ruinés après une thérapie, par exemple.
01:35Quant à la retraite,
01:36placer son épargne sur les marchés financiers,
01:39c'est une loterie toujours risquée.
01:42Peu nombreux sont ceux qui s'en sortent vraiment mieux
01:45qu'avec une bonne vieille retraite par répartition,
01:48comme c'est le cas en France aujourd'hui.
01:50Si les dépenses publiques sont élevées chez nous,
01:54c'est aussi parce que nous avons fait le choix d'avoir des systèmes sociaux
01:57qui couvrent tout le monde, y compris les riches.
02:01Alors que les anglo-saxons, par exemple,
02:03n'ont que des filets de sécurité pour les pauvres.
02:07Si on veut que les pauvres bénéficient d'une couverture sociale
02:11qui soit de qualité,
02:13il faut cependant que cette protection sociale serve aussi aux riches.
02:17Une protection sociale réservée aux pauvres,
02:19c'est toujours une protection sociale pauvre,
02:22parce que les riches ne veulent pas payer uniquement pour les pauvres.
02:26On en a un exemple en France,
02:28avec le revenu de solidarité active, le RSA.
02:32Malgré son niveau qui est très bas
02:34et son coût global qui est très limité,
02:36cette prestation fait sans cesse l'objet
02:39de remises en cause de restrictions supplémentaires.
02:42En généralisant ce modèle,
02:44on pourrait bien sûr abaisser les dépenses publiques.
02:47Mais les riches ne s'en porteraient pas mieux
02:49parce qu'ils devraient payer plus cher des assurances privées
02:52et les pauvres seraient maltraités.
02:55Personne n'y gagnerait vraiment.
02:58Enfin, en France,
03:00l'égalité est une valeur centrale
03:02depuis la Révolution française.
03:05Mais notre pays est aussi
03:07un des pays les plus déséquilibrés
03:09après des centaines d'années de centralisation à Paris.
03:13De ce fait,
03:14les dépenses publiques sont indispensables
03:16pour éviter que le pays n'explose
03:18à cause des inégalités territoriales.
03:22C'est la raison pour laquelle
03:23l'opposition promet souvent
03:26de diminuer les dépenses publiques,
03:28mais une fois arrivés au pouvoir,
03:30les mêmes, ne le font jamais.
03:33Du fait de la faiblesse historique
03:35du mouvement syndical,
03:36la France est aussi un pays
03:38où les inégalités de revenus primaires,
03:40comme on dit,
03:41avant redistribution,
03:43sont les plus élevées.
03:44Elles sont analogues
03:45à celles qu'on rencontre
03:46au Royaume-Uni ou aux États-Unis.
03:49Grâce à la redistribution,
03:51nous revenons dans la moyenne.
03:53Mais si on devait diminuer
03:54significativement cette redistribution,
03:57la société exploserait probablement.
04:01Il vaudrait mieux, c'est sûr,
04:03avoir moins d'inégalités territoriales
04:05et moins d'inégalités de revenus primaires,
04:07et parallèlement,
04:08avoir aussi moins de redistributions.
04:11Mais on ne peut pas refaire l'histoire
04:12et revenir en arrière
04:14sur des siècles d'histoire française.
04:17Bref,
04:18le haut niveau de dépenses publiques françaises
04:20n'est pas vraiment lui-même un problème.
04:22Cela ne dispense évidemment pas
04:25d'examiner très attentivement
04:27chacune de ces dépenses
04:29pour chasser les gaspillages
04:31et les inefficacités,
04:33ni de réformer les structures
04:35et le fonctionnement de l'État
04:36pour les adapter à un contexte
04:38en mutation rapide.
04:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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