Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
Chaque soir, Paola Puerari vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Victor, votre libre-arbitre du jour, alors vous qui n'aimez pas tellement les taxes,
00:03est-ce qu'on ne pourrait pas arrêter d'emmerder les Français et même les boulangers
00:07qui ne voudraient travailler plus s'il y en a des Français qui ne voudraient travailler plus ?
00:10Le sujet, Paola, est plus compliqué qu'on ne pourrait le croire.
00:13Alors, pour ceux qui ne le savent pas, effectivement, les boulangers,
00:15ça remonte à une loi de 1919, tout ça est un peu ancien,
00:19mais par arrêté préfectoraux, donc c'est en fonction des départements,
00:22les boulangers en général ont l'interdiction, ou en tous les cas ont l'obligation
00:25de ne pas vendre de pain pendant au moins un jour par semaine.
00:28C'est une obligation. Si, c'est le cas.
00:31Alors, c'est de moins en moins le cas, parce que l'interdiction...
00:32Donc, un boulanger ne peut pas ouvrir sa boulangerie 7 jours sur 7 ?
00:35Voilà, c'est interdit. Alors, non, il y a un bémol.
00:38Ça a été levé pendant la période du Covid, et ensuite, ça a été pérennisé.
00:42Cette levée de l'interdiction a été pérennisée dans plusieurs départements.
00:44Encore une fois, c'est les préfets qui gèrent ça.
00:46Ça a été levé pour des raisons tout à fait locales.
00:49Donc, ça a évolué, sauf que, alors, cette interdiction ou cette obligation
00:53de ne pas vendre pendant un jour ne s'applique qu'au pain.
00:55Donc, il y en a qui contournent un petit peu la règle en vendant des viennoiseries,
00:58en vendant des sandwiches qui sont faits à partir du pain,
01:00mais ce n'est pas techniquement la baguette, donc ça ne compte pas.
01:03Et en fait, ça a créé deux conflits, si vous voulez.
01:05D'une part, les conflits entre les différents artisans locaux,
01:09petites boulangeries, qui, en fait, avaient passé des deals
01:12entre eux en disant « toi, tu fermeras le mardi, puis moi, je fermerai le jeudi. »
01:15Et puis comme ça, chacun récupère la clientèle de l'autre.
01:17Il n'y a pas trop de problèmes.
01:18Sauf qu'avec la montée des charges, la montée des taxes, la montée de tout un tas de choses,
01:21il y en a qui ont arrêté de jouer le jeu et qui ont commencé à ouvrir 7 jours sur 7,
01:25quitte à se mettre dans l'illégalité et à faire acte de concurrence déloyale vis-à-vis des autres.
01:29Donc, il y a ce type de conflit-là qui se règle beaucoup aux tribunaux.
01:32Et puis, il y a un autre conflit, si vous voulez.
01:33C'est entre les petits artisans et entre les grandes enseignes,
01:37je ne citerai pas de marque, mais les grandes enseignes qui peuvent vendre du pain
01:41et qui, elles, ont les moyens d'ouvrir 7 jours sur 7,
01:44et qui donc, bien plus que les petits artisans parfois,
01:48et qui donc, lorsqu'ils demandent l'autorisation au préfet et que le préfet autorise,
01:50là, les petits artisans viennent voir et disent
01:52mais là, vous êtes en train de tuer les petits commerces,
01:54les petites boulangeries sont obligées de fermer
01:55puisque tous les clients vont, tel jour de la semaine, voir la grande enseigne.
02:00Et donc, ça, c'est un conflit, un contentieux
02:04qui va de plus en plus devant les tribunaux à chaque préfet de régler la question.
02:07Ça, c'est quand même franco-français, Jean-Marc Sylvestre.
02:10La réglementation ?
02:11La réglementation, effectivement, d'encadrer les gens qui voudraient travailler plus
02:15ou avoir plus de liberté sur leurs jours de commerce.
02:17Enfin, on ne découvre pas qu'on n'est pas un pays libéral.
02:19On est quand même un pays très réglementé, très étatique,
02:23y compris à l'extrême droite.
02:26Donc, non.
02:27Ce qui est intéressant dans la boulangerie,
02:30c'est, indépendamment de ces petits soucis d'ouverture,
02:33c'est que c'est un des commerces qui, au cours des 15-20 dernières années,
02:36a le plus progressé.
02:37Un fonds de boulangerie, ça vaut cher aujourd'hui.
02:40Ça vaut presque aussi cher qu'une pharmacie.
02:41Parce que, oui, parce qu'ils ont trouvé des techniques.
02:45C'est le premier restaurateur de midi, de la restauration rapide.
02:51Bien avant McDonald's, bien avant les autres.
02:53Ils vendent des sans-doutes, ils n'ont pas de truc.
02:55Et donc, non.
02:56Chapeau pour les boulangers,
02:59qui ont réussi à sortir de leur marasme et des pièges de la grande distribution.
03:04Parce que les centres Leclerc, il y a 10 ou 15 ans,
03:06ils avaient le projet de créer des grandes boulangeries industrielles.
03:09Et les boulangers s'en sont sortis grâce...
03:12M. Raffarin les a beaucoup aidés.
03:14Il y a eu la liberté du prix du pain.
03:16Parce que le prix du pain a été réglementé pendant très longtemps dans ce pays.
03:20Jusqu'à dans les années 80.
03:22Rachel.
03:24Non, c'est...
03:25C'est croissant.
03:26Non, disons que je me dis à chaque fois,
03:28quand il y a une interdiction,
03:29ou c'est une restriction dans la vente,
03:33de quoi part-elle ?
03:35Pourquoi, à un moment, on l'a émise ?
03:37Est-ce que c'était une manière de faire en sorte qu'il n'y ait pas une boulangerie,
03:40que plusieurs boulangeries puissent ouvrir dans un périmètre relativement proche,
03:44et justement ne pas se faire concurrence, etc.
03:47Mais je suis peut-être un peu plus souple en la matière que Jean-Marc Sildes.
03:51Non, c'est parce qu'on a peur de la concurrence.
03:53Et derrière...
03:53On a peur que l'autre soit meilleur que soi.
03:57Pourquoi pas ?
03:58Et qu'on veuille protéger des artisans,
03:59qu'on puisse proposer à plusieurs boulangers artisans
04:03d'évoluer dans un même périmètre,
04:05avec des jours d'ouverture différents,
04:07en soi, ça ne me choque pas,
04:08même si je comprends votre réflexe libéral.
04:12Et c'est vrai que la petite enseigne de boulangerie...
04:14Non, juste pour ajouter une touche historique,
04:17je pense que ça vient de très très loin,
04:19parce que selon la religion chrétienne,
04:21le dimanche, on ne pouvait pas panifier.
04:23C'était interdit de fabriquer du pain le dimanche.
04:27En Italie, c'est souvent encore le cas
04:28de trouver des boulangers fermés le dimanche,
04:30parce qu'on ne peut pas...
04:32Donc je pense que ça vient de là.
04:33Et donc ça allait de soi que tout le monde ferme le dimanche,
04:35et donc il n'y avait pas de concurrence.
04:35Exact.
04:36Mais en fait, sous ça fonctionnait,
04:38à partir du moment où, effectivement,
04:39on ne parlait que des commerces du centre-ville.
04:42Le vrai problème vient d'une chose,
04:44qui est la compétition et la concurrence
04:45des grandes surfaces,
04:47qui ne sont pas soumises aux mêmes règles.
04:49Et c'est bien ça le problème,
04:50ce n'est pas les boulangers en soi.
04:51Les boulangers en soi, ils ont toujours fait ça,
04:52ça marche toujours.
04:53Autour de chez moi, je sais que samedi,
04:55je vais aller chercher le pain plus loin
04:56que celui que je fais, il reste pas ça.
04:58Et par contre, le dimanche, je vais chercher...
05:00Parce qu'il est frais.
05:01Parce qu'en fait, c'est comme les pharmacies,
05:03ils se sont mis d'accord.
05:04Le problème, ce qu'il y a, c'est dans plein de villes,
05:07mais c'est comme pour tous les autres commerces
05:08de centre-ville,
05:10c'est la concurrence des mini-centres commerciaux
05:14en périphérie qui asphyxient sur les grands prix.
05:17C'est tout le problème qu'on a.
05:20Est-ce qu'on paye moins cher
05:21pour avoir du pouvoir d'achat,
05:24quitte à voir que les gens qui, eux, fabriquent,
05:26qui sont des artisans, ont moins à gagner
05:29et nous, on peut acheter plus.
05:30C'est la même chose pour l'importation.
05:32On est toujours dans ce piège, en fait.
05:35Mais il y a un moment, il va quand même falloir accepter
05:37que le travail a un coût.
05:40Voilà, et que si on veut avoir de la...
05:42Le vrai problème, il est là.
05:43S'il n'y avait pas les grandes surfaces
05:44qui continuaient à ouvrir le dimanche
05:46avec autorisation préfectorale
05:48et qui vendaient la baguette à 80 ou 90
05:50et qu'il n'y ait pas de la baguette verte sur place,
05:52il n'y aurait pas de problème pour les boulangers.
05:54Sur lesquels, aujourd'hui,
05:55toutes les grandes surfaces s'alignent.
05:56C'est-à-dire qu'on sait très bien
05:58que c'est le premier super-marché comme ça
06:00et qu'on a pensé en tout le monde s'alignent.
06:02Et qu'après, ils vous les amènent.
06:03Mais chacun sait qu'aucune baguette est meilleure
06:05que la baguette du petit boulanger.
06:06Mais bien sûr, c'est ça le truc, en fait.
06:08Mille fois raison.
06:09Aude à la baguette.
06:10Et le chiffre d'affaires chez un boulanger...
06:12Et le chiffre d'affaires par un boulanger sur le pain,
06:17il est minime par rapport à ce qu'il fait tout autour.
06:19C'est-à-dire les croissants, les pains en raisin,
06:22les sandwiches, les salades et tout.
06:24C'est une épicerie, une grande épicerie.
06:26Paolo, vous nous avez enchanté ce soir
06:29avec votre accent italien.
06:31Et justement, vous allez nous parler
06:32de ces accents régionaux,
06:34les accents du Sud Alsacien, Guadeloupéens,
06:36qui sont en train de se perdre.
06:37Qui sont ce soir, vous nous dites, en voie de disparition.
06:40Non, écoutez, ma grand-mère me disait toujours
06:42depuis mon jeune âge que l'anglais se chuchote,
06:47l'allemand se crache, l'italien se chante
06:50et seul le français se parle.
06:52Mais pour une fois, je veux aussi me questionner
06:55sur la richesse de ce patrimoine linguistique régional
07:00que vous avez.
07:01Plus de 75 langues existent en France
07:05ou dialectes dans les différentes régions françaises.
07:08Et moi qui vis à Paris depuis désormais presque 15 ans,
07:11j'ai eu très peu l'écho de cette réalité.
07:15Vous n'avez pas entendu l'accent parigo, par exemple, Paolo ?
07:18Le parigo, un petit peu, même s'il se perd lui aussi.
07:22On va passer une soirée, ça va se passer.
07:23Mais j'ai un petit peu...
07:25On va se faire un bar, ça va bien se faire.
07:28Il faut perdre votre oreille.
07:29Donc, j'ai un petit peu étudié la question
07:32et je découvre que la France a signé,
07:35mais n'a jamais ratifié la charte européenne
07:38des langues minoritaires.
07:40C'est-à-dire qu'il y avait là la volonté de Paris
07:43de remettre un petit peu en valeur
07:45ces langues si particulières qui sont celles des régions.
07:48Mais ensuite, chaque gouvernement ne l'a jamais fait.
07:51et aujourd'hui, il y a ces langues
07:55qui sont en train de mourir
07:56et c'est un grand dommage.
07:57Je pense à l'alsacien
07:58qui fait quelque part la transition
08:00entre la France et l'Allemagne.
08:02Quelle belle langue symbolique de l'Europe,
08:04cet alsacien.
08:05Le breton.
08:06Ou le catalan.
08:08Ou l'occitan que notre poète national,
08:10fondateur et inventeur de la langue italienne,
08:13Dante Alighieri,
08:14citait dans la Divine Comédie
08:15comme vraiment la langue phare
08:18des intellectuels de l'époque.
08:19Dante s'inspirait des troubadours occitans
08:22pour ensuite fonder la langue italienne.
08:25Donc, voilà.
08:27Ces langues régionales sont un petit peu
08:28aux abonnés absents.
08:30Et je pense qu'il est content
08:32de les remettre au bout du jour.
08:33Alors, peut-être Paolo, parce que c'est aussi une discrimination.
08:34Est-ce que vous, par exemple,
08:35vous avez été victime de ce qu'on appelle
08:36la glottophobie,
08:38la stigmatisation des accents.
08:39C'est très sérieux, ça existe vraiment.
08:41La glottophobie.
08:43La glottophobie, c'est la discrimination à l'embauche.
08:46Oui, tout à fait.
08:46Moi, je passe mes journées à répondre.
08:47Un accent très fort.
08:49Partout, on me dit, vous avez un petit accent.
08:51J'ai dit, mais même très gros,
08:52parce qu'il n'est pas petit.
08:55Et donc, effectivement,
08:58il y a une stigmatisation,
09:00mais nous, en Italie,
09:01on en a fait,
09:01on a plein de langues régionales,
09:03dialectes aussi,
09:04et on en fait plutôt une force.
09:06C'est comme la richesse de vos fromages,
09:09faites une richesse aussi,
09:10et de vos vins,
09:11faites aussi une richesse
09:11de votre patrimoine linguistique si riche.
09:16Didier François, en tout cas,
09:17effectivement,
09:18les Français interrogés dans ce sondage
09:20regrettent effectivement ces langues,
09:24ce sentiment de disparition des accents régionaux
09:26qui font aussi la richesse de la France.
09:29Oui, mais parce qu'en fait,
09:30encore une fois,
09:31c'est un rapport au terroir.
09:33Moi, si on prend mes grands-parents,
09:34des deux côtés d'ailleurs,
09:36qui étaient inscrits dans leur région,
09:38ils parlaient le patois,
09:39ou ils parlaient la langue du coin.
09:41Mais ils parlaient entre eux,
09:42pas avec eux.
09:43Mais le problème,
09:44c'est que si on va chez mes parents,
09:46l'idée de nos grands-parents
09:47était de dire parler le français,
09:49parce que c'est la progression sociale.
09:52Et donc, mes parents,
09:53eux, ils parlent le français,
09:54ils ne parlent pas les langues
09:55de leurs grands-parents.
09:57Et après, il y a quelques jeunes
09:58qui ont commencé à réapprendre localement
10:00quand il y a de la vie culturelle.
10:02Alors effectivement,
10:02on le voit en Corse,
10:03on le voit en Bretagne, etc.
10:04En fait, ça dépend.
10:05Là aussi, c'est comme les centres-villes.
10:06S'il y a une vie culturelle,
10:08et s'il y a une vie forte
10:09dans un village,
10:10dans une région,
10:11les gens, ils parlent la langue du coin.
10:12S'il n'y a pas,
10:13on ne peut pas non plus vouloir...
10:16Enfin, il y a aussi un besoin
10:18de voyager, de transmettre.
10:20Enfin, le monde s'est rapetissé
10:22quand même à grande vitesse.
10:23Moi, je parle anglais
10:24avec un accent,
10:25on dirait Maurice Chevalier.
10:26Mais au moins,
10:27quand je me balade,
10:28si je parlais breton ou corse,
10:29j'aurais un petit sujet quand même.
10:30Mais justement,
10:31puisqu'on parlait de glotophobie,
10:33l'accent anglais,
10:35enfin l'accent de français
10:36qui parle anglais,
10:36coupé au couteau,
10:37ne laisse absolument pas
10:38insensible à l'étranger.
10:40Et je pense qu'il faut être fier
10:41de son accent.
10:41comme l'accent de Paolo,
10:43à mon avis,
10:43pour le téléspectateur,
10:44ne laisse pas insensible non plus.
10:46Là, on voit une expérience.
10:46C'est un peu de séduction.
10:48Vous ne voulez pas nous dire
10:49quelques mots d'anglais,
10:51Victor ?
10:51Je ne m'y risquerai pas.
10:53Parfois, l'accent
10:54ou la langue régionale
10:56peut être aussi
10:57un moyen de s'affirmer.
10:58Pensez par exemple
10:59à Frédéric Mistral,
11:01un des grands poètes
11:03occitans provinciaux.
11:04Il a gagné le prix Nobel
11:06de la littérature
11:07au début du siècle dernier.
11:08Il a été le seul
11:10qui, avec une langue régionale,
11:12est arrivé quasiment en haut.
11:16Donc, c'est dommage
11:18d'effacer toute cette richesse.
11:20Il faut la faire vivre.
11:21C'est vrai,
11:21quand vous allez en Bretagne,
11:22il y a de plus en plus
11:23d'écoles qui apprennent le breton.
11:27Rachel,
11:28vous vouliez ajouter quelque chose ?
11:29Ce qui est dommage,
11:30on parlait de l'accent,
11:32mais aussi des langues régionales.
11:33C'est que des langues régionales
11:34se perdent l'apprentissage,
11:36par exemple, du corse.
11:38Et c'est vraiment dommage.
11:39Tant quand même à disparaître.
11:42C'est-à-dire qu'il y a
11:43un regain d'intérêt,
11:44mais qui aussi correspond
11:45à une fragilité de cette langue.
11:49Or, derrière une langue,
11:49il y a une manière
11:50de voir le monde,
11:51d'occuper l'espace,
11:53de lire ce qui nous entoure.
11:54Et c'est pour ça
11:55que les langues régionales
11:55sont extrêmement importantes.
11:56N'y a-t-il pas là aussi
11:57l'effet de l'histoire,
11:58dans le sens où nos cercles
11:59de réseaux et d'influence
12:00étaient petits au départ,
12:01régionaux, puis grandissent, grandissent,
12:03deviennent des nations,
12:04puis un continent, puis le monde.
12:06Et en fait, tout ça s'harmonise
12:07au fur et à mesure
12:08et on perd toutes les spécificités locales.
12:10Encore une fois, il y a des grands-parents
12:10qui étaient plutôt paysans,
12:11donc qui restaient dans leurs coins
12:12et parlaient entre eux.
12:13Après, quand nos parents
12:14sont devenus ou fonctionnaires
12:16ou sont montés travailler à Paris
12:17ou ailleurs,
12:18ils sont parlais français
12:19parce qu'ils n'étaient plus
12:21dans le cercle fermé.
12:22Donc, on ne peut pas non plus croire
12:24qu'on va continuer
12:26à faire des petits îlots
12:26dans nos coins.
12:28Ça n'a pas de sens.
12:29Les gens, il se voit bien
12:30qu'on soit attaché
12:33à sa culture et à sa langue,
12:33c'est une bonne chose
12:34si on peut la pratiquer.
12:35Enfin, le but du jeu
12:36quand même dans une nation,
12:37c'est aussi d'être capable
12:38de...
12:40Enfin, la France,
12:42ce n'est pas Amélie Poulain.
12:43Tout à fait.
12:44Un n'empêche pas l'autre.
12:45Un n'empêche pas l'autre.
12:47Bon, Denis François,
12:48gardez la parole
12:49puisqu'on va parler
12:50effectivement du poséidon.
12:51Alors, je ne sais pas
12:52comment ça se dit
12:52avec l'accent russe,
12:53mais en tout cas,
12:54s'il s'agit d'un drone sous-marin
12:56à capacité nucléaire,
12:58Vladimir Poutine a affirmé
12:59qu'il n'existe
13:00aucun moyen
13:01de l'intercepter.
13:02Alors, forcément,
13:03ça fait un peu peur,
13:04mais est-ce que c'est
13:04de l'esbrouf ou pas ?
13:07On découvre,
13:08c'est l'Halloween
13:10de Boudin.
13:11En fait,
13:11il nous a fait ça aussi
13:12la semaine dernière
13:13avec son fameux missile,
13:15le bourré esthétique.
13:17Donc, c'était dimanche.
13:19On voit bien
13:19qu'il est sur une logique
13:20qui est une logique
13:21de faire peur
13:21parce qu'en fait,
13:22le fameux drone,
13:24je ne sais pas si on a...
13:25Toutes les images qu'on voit,
13:28ce sont en fait
13:28des images fabriquées
13:29de synthèse.
13:30Ah oui,
13:30des images en 3D.
13:32Oui, le drone en question.
13:32Vous voyez bien,
13:33ce drone n'existe en rien,
13:35c'est-à-dire qu'il n'est pas
13:36opérationnel,
13:37pas plus que le bourré
13:38ethnique n'était opérationnel.
13:40On est dans une logique
13:41qui est...
13:41Ce n'est pas des vraies images, ça.
13:43Non, non,
13:43bien sûr que non,
13:44ce ne sont pas des vraies images.
13:45Le truc n'existe pas
13:47en termes opérationnels.
13:48Il y a des...
13:49Enfin, c'est...
13:50On est...
13:50Enfin, ça commence...
13:51Depuis 2018,
13:53il nous fait le coup
13:53à chaque fois.
13:54C'est-à-dire que quand il y a
13:55une tension,
13:56et là, il y a une petite tension
13:56avec Donald Trump
13:57qu'il a un poil lâché
13:59sur la question de l'Ukraine
13:59et qu'il lui a mis des sanctions
14:00qui lui posent un problème
14:01d'ailleurs sur le pétrole
14:02puisqu'on voit bien
14:03que les Grecs
14:04ont décidé d'arrêter
14:05de transporter du pétrole
14:06parce qu'eux-mêmes
14:07ont peur d'avoir des sanctions
14:08et que ça commence
14:09à lui coûter cher.
14:10Donc, à chaque fois
14:10qu'il a un problème comme ça,
14:11eh bien, il agite
14:12la menace
14:13d'une soi-disant
14:14les armes formidables
14:17comme d'ailleurs...
14:20Mais qui n'existent pas en soi
14:21et qui n'ont pas
14:23de sens militaire.
14:24Il y a une dissuasion russe
14:25qui est réelle
14:26que d'ailleurs
14:27aucun pays doté
14:28ne met en cause.
14:32Elle est basée
14:32sur deux choses.
14:33Leurs 12 sous-marins nucléaires
14:35et leurs 46 missiles
14:38intercontinentaux.
14:39Là-dessus,
14:40il n'y a pas de discussion.
14:40Ils font partie
14:41du club de la dissuasion
14:42et c'est pris au sérieux.
14:43En revanche,
14:44cette agitation
14:45sur les armes magiques
14:47qui pourraient faire
14:48des pirouettes en l'air
14:50ou des saltos sous la mer,
14:52ça n'a aucun sens
14:52pour une raison simple.
14:54C'est que la dissuasion
14:54est dissuadée par la dissuasion.
14:56Ce n'est pas le problème
14:57du vecteur
14:57qui pose problème.
14:58C'est est-ce qu'on a
14:59les capacités
15:00d'être crédibles
15:01sur le fait
15:01de menacer Claude
15:02s'il vient avec...
15:03Que ça soit avec un Poséidon
15:04ou que ça soit avec un SS-18,
15:07s'il commence à en tirer un,
15:08nous on tirera aussi,
15:09les Américains tireront aussi.
15:10Donc tout le monde...
15:11De toute manière,
15:12le vecteur en soi
15:13n'a pas de sens.
15:14Ce qui compte,
15:15c'est la crédibilité.
15:16Or, ils ont un petit problème
15:16de crédibilité
15:17puisqu'ils devaient remplacer
15:18depuis je ne sais pas combien
15:19depuis en fait 2018
15:21les missiles SS-18
15:23qu'ils ont toujours
15:23avec le fameux Sarmat
15:25malheureusement
15:26et le fameux Bourrezni
15:27qu'ils ont eu.
15:27Il a quand même eu
15:2813 échecs dans les tests.
15:30Ça ne veut pas dire
15:30qu'ils n'ont pas une dissuasion
15:31mais ça veut dire
15:32qu'ils ont un mal fou
15:33à moderniser.
15:34Nous, en revanche,
15:34on ne fait pas autant
15:36de tam-tam.
15:37Mais enfin,
15:37je rappelle qu'on vient
15:38vendredi,
15:40on a annoncé la mise
15:40en pratique opérationnelle
15:44du nouveau missile
15:45intercontinental
15:46tiré par nos sous-marins
15:48qui s'appelle
15:49le M51 version 3.
15:51Il n'y a pas eu besoin
15:52de faire de tam-tam dessus.
15:54On a simplement annoncé
15:55l'affaire.
15:56Le tir a été fait
15:57à Biscarros.
15:57Tout le monde sait
15:58que ça marche.
15:59Point à la ligne.
16:00Et on n'a pas besoin
16:01d'expliquer qu'ils font...
16:02Donc quand on entend
16:02Vladimir Poutine dire
16:03aucun autre appareil
16:05dans le monde
16:05n'est égal à celui-là
16:06par sa vitesse
16:07et la profondeur,
16:08ça veut dire en fait
16:08qu'il est fébrile.
16:10Mais en fait,
16:11on voit bien,
16:13depuis le début
16:14de la guerre en Ukraine,
16:15régulièrement,
16:16il nous fait
16:16des espèces de crises
16:18de signalement stratégique.
16:20Là, pour le coup,
16:20ça ne l'est pas
16:21puisqu'il ne touche pas
16:22à ce qui est réellement
16:23la dissuasion russe.
16:25Il nous fait
16:26un espèce de...
16:27Voilà,
16:27il essaie de faire peur
16:28à nos populations.
16:30Il essaie de dire
16:31aux Russes
16:31que finalement,
16:32chez lui,
16:32tout va très bien.
16:33il essaie de dire aux Chinois,
16:34regardez quand même,
16:35moi je suis assez balèze
16:36sur les questions d'armes,
16:38vous voulez monter
16:39parce qu'ils en ont moins
16:40qu'eux.
16:40Donc voilà.
16:41En fait,
16:41la vraie force de la Russie
16:42en termes de dissuasion,
16:44c'est deux choses.
16:45C'est leurs 12 sous-marins
16:46lanceurs d'engins
16:47et ses 46 missiles
16:49intercontinentaux
16:51qui sont pris d'ailleurs
16:52très au sérieux
16:53par les occupiers
16:54parce que c'est ça
16:55le dialogue stratégique.
16:56Tout le reste,
16:57c'est de l'agitation
16:58et de l'esbrouf.
16:59Bon alors,
16:59c'est bien
17:00parce que ça nous permet
17:00de voir d'ailleurs aussi
17:01quels sont
17:02les petits porte-parole
17:04du Kremlin
17:04qui s'agit de tout.
17:05On les a regardés,
17:05ils ont des trucs formidables.
17:07Ils n'ont pas de trucs
17:07formidables du tout.
17:08Ça n'a pas de sens.
17:09Pas de sens.
17:10Et à l'instant,
17:11Donald Trump
17:11vient de donner son feu vert
17:13à la Corée du Sud
17:14justement pour construire
17:15décidément un sous-marin
17:16là aussi nucléaire.
17:18Donald Trump
17:18qui rencontre...
17:19Qui ne sera pas lanceur
17:20d'engin, attention.
17:21Ce sera un sous-marin
17:22à propulsion nucléaire
17:23parce qu'il y a deux types
17:24de sous-marins nucléaires.
17:25Il y a le sous-marin nucléaire
17:26d'attaque
17:27comme on en a six en France
17:29et il y a les sous-marins
17:30nucléaires lanceurs d'engin
17:32qui sont ceux pour le coup
17:33qui sont dilués sous la surface
17:34et qui sont porteurs
17:35de 16 missiles
17:36à tête multiple
17:37qui eux
17:38assurent la dissuasion nucléaire.
17:40Merci à Didier François.
17:42Rachel,
17:42votre libre arbitre ce soir,
17:44est-ce que l'intelligence
17:45artificielle
17:46va nous grand remplacer ?
17:47Est-ce qu'elle va nous piquer
17:48tous nos emplois
17:49puisque Amazon va supprimer
17:5114 000 emplois
17:52une rédaction globale
17:53liée à l'intelligence artificielle ?
17:55Exactement,
17:56la révolution est en marche.
17:58Une révolution
17:58qu'on pourrait comparer
17:59à celle de la robotique
18:01ou de la machine à vapeur
18:02et cette fois-ci,
18:04ce n'était pas le cas
18:05forcément dans toutes
18:06les révolutions qu'on a connues
18:06mais les cols blancs
18:08sont menacés.
18:09Pas seulement,
18:10mais les cols blancs
18:11en font partie.
18:13Sur les emplois,
18:14les retentissements
18:15se font déjà sentir.
18:16La faucheuse,
18:17la faucheuse d'emploi
18:18semble commencer
18:20à se présenter,
18:21à avancer.
18:22Je pense par exemple
18:23au métier de traducteur.
18:25Les traducteurs,
18:25un certain nombre,
18:26nous disent
18:26finalement avant je traduisais,
18:28maintenant on me demande
18:29de vérifier la traduction
18:30de l'IA,
18:31est-elle conforme ou pas
18:32au texte originel ?
18:33On pourrait parler
18:34des avocats,
18:35des voix off,
18:35etc.
18:36La liste est longue.
18:37On voit à quel point
18:38l'intelligence artificielle
18:40transforme notre production
18:44de richesses,
18:45à quel point elle tend
18:46à transformer aussi
18:47le modèle social
18:48et de manière extrêmement rapide,
18:52même si à ce stade
18:53on ne connaît pas exactement
18:54tous les effets.
18:56Qu'on se rassure,
18:57tous les métiers
18:58ne sont pas dans l'immédiat
18:59menacés bien sûr.
19:00Mais ceci étant dit,
19:02je suis fascinée
19:04par certaines personnes
19:06qui nous expliquent
19:08qu'il ne faut donc plus
19:09faire d'études,
19:10des gens qui ont utilisé
19:11leur cerveau
19:12et qui acceptent
19:13de basculer
19:14dans cet univers
19:15qui me semble être
19:16une très grande tristesse.
19:17Alors, Laurent Alexandre
19:18qui était invité de BFM hier
19:21ne dit pas forcément
19:21ne faites plus d'études,
19:23il dit choisissez
19:24d'autres voies,
19:26certaines études
19:26vont être inutiles
19:29avec l'intelligence artificielle.
19:30Il ne dit pas forcément
19:31que vous ne savez plus
19:32de votre cerveau.
19:33Mais chez certains,
19:33il y a quand même
19:34cette espèce de jouissance
19:36de voir ce nouveau monde
19:38se présenter à nous.
19:39Et je dois dire
19:39que je ne la partage pas.
19:41Ça ne veut pas dire
19:41que les autres ont tort
19:43et que j'ai raison
19:44mais j'ai du mal
19:44à la partager
19:45parce qu'est-ce qu'on est prêt
19:46nous français,
19:47nous italiens,
19:48est-ce qu'on est prêt
19:49finalement à déconsidérer
19:50l'humour,
19:51la lecture,
19:52la culture,
19:54toute cette richesse-là,
19:56la créativité humaine
19:57et la créativité humaine
19:58à ce stade
19:59ce n'est pas
19:59l'intelligence artificielle.
20:00Alors Rachel,
20:01j'ai envie de dire
20:01que peut-être
20:02qu'on n'aura pas le choix
20:03et que l'urgence
20:03est devant nous
20:04et que le train
20:04est déjà en marche
20:05quand on regarde
20:06cette société NVIDIA
20:08qui devient
20:08la première entreprise
20:09à voir sa valorisation
20:11dépasser
20:12les 5 000 milliards de dollars
20:14Jean-Marc Sivest
20:15et qui est donc
20:16leader mondial
20:17des puces
20:17donc en plein
20:18dans l'intelligence artificielle.
20:20On voit bien
20:20que c'est le secteur de demain
20:21et qu'effectivement
20:21le train est en marche.
20:23C'est le leader mondial
20:24et c'est la première fois
20:25dans l'histoire
20:26qu'une société
20:26coûte si cher.
20:28Alors peut-être
20:28qu'il y a une bulle
20:29aussi derrière
20:29mais on verra
20:30mais ça m'étonnerait
20:31quand même
20:31il y a tellement
20:32des besoins très forts.
20:33Goldman Sachs
20:34a annoncé aujourd'hui
20:34que vraisemblablement
20:35l'IA détruirait
20:37dans les 2 ou 3 ans
20:37qui viennent
20:38300 000 emplois déjà
20:39rien que dans
20:39l'industrie bancaire.
20:41j'ai appris également
20:42que Stellantis
20:43le constructeur automobile
20:45passe un deal
20:46avec eux
20:48pour créer
20:48environ 300 000
20:50taxis
20:52volants
20:53robots
20:53automatiques.
20:55Donc vous voyez
20:56qu'il y a beaucoup
20:57de remarques
20:57et les industries
20:58de la santé
20:58par exemple
20:59sont très preneurs.
21:00Ce qui est intéressant
21:01dans ce que disait Rachel
21:02c'est qu'effectivement
21:03elle disait
21:03les cols blancs
21:04sont menacés
21:05c'est-à-dire les avocats
21:06les juristes
21:07les traducteurs
21:08mais on voit bien aussi
21:08que les cols bleus aussi
21:10puisque peut-être que si
21:11on met les robots
21:12d'Elon Musk
21:12des Optimus
21:13partout dans toutes
21:14les usines
21:15et ce sera l'école bleue aussi
21:16alors on avait dit après
21:17rien ne pourra remplacer
21:19finalement les métiers
21:21du care
21:21c'est-à-dire les métiers
21:22du soin
21:23des infirmiers
21:24des psychologues
21:25on voit bien aujourd'hui
21:25je ne sais pas si vous avez
21:26déjà utilisé
21:27ChadGPT Psy
21:29pour lui raconter
21:30vos valeurs
21:32vos envoies
21:33ça fonctionne
21:34très très bien
21:35enfin tous les secteurs
21:36sont concernés
21:37Victor.
21:37Mais lorsque Rachel
21:39disait
21:39elle remontait
21:40l'invention de l'ordinateur
21:41ou de la machine à vapeur
21:42moi je fais encore plus loin
21:43pour moi c'est Gutenberg
21:44là pour moi c'est l'imprimerie
21:45et c'est même l'inverse
21:47c'est le miroir
21:48c'est-à-dire que
21:49Gutenberg offre
21:51à la plus grande masse
21:53l'accès au savoir
21:53l'accès au livre
21:54l'accès voilà
21:55c'est l'imprimerie
21:56là on est en train
21:57d'expliquer à la plus grande masse
21:59qu'elle n'aura plus besoin
21:59de réfléchir
22:00et qu'elle
22:00en tous les cas
22:02c'est ce vers quoi
22:03on se dirige
22:03un robot le fera à sa place
22:05une intelligence artificielle
22:06le fera à sa place
22:07moi ce qui m'inquiète énormément
22:08je vous le dis
22:09c'est pour les enfants
22:10et c'est pour
22:10les inégalités
22:13c'est-à-dire que
22:14les enfants
22:14de l'élite
22:16les parents
22:17continueront
22:18de dire à leurs enfants
22:19non
22:19ne regarde pas ça
22:20n'utilise pas ça
22:22lis
22:22apprends à compter
22:23apprends à réfléchir
22:24apprends la philosophie
22:25tandis que
22:26les enfants de la masse
22:27et ça ça m'inquiète énormément
22:28ne seront pas poussés
22:29par leurs parents
22:29à se pencher
22:30sur des études
22:31comment dire
22:32très poussées
22:33et au contraire
22:34utiliseront le moyen de faciliter
22:35que ce sera de la GPT ou autre
22:36dans tous lesquels
22:37l'intelligence artificielle
22:38ça en termes de réduction
22:39des inégalités
22:40on n'y est pas du tout
22:40et ce qui est sûr
22:41c'est que la liberté intellectuelle
22:42ne peut pas être déléguée
22:43à un outil informatique
22:44au risque de basculer
22:45dans un épisode de Black Mirror
22:46merci pour vos intelligences
22:48qui n'étaient pas artificielles
Commentaires

Recommandations