00:00Europe 1
00:0116h-18h, Pascal Pro et vous.
00:05Et nous sommes avec notre ami Jean-Marie Roir qui a écrit une tribune que publie aujourd'hui le Figaro,
00:10la condamnation de Nicolas Sarkozy est-elle un parricide républicain ?
00:13Nous en avons parlé pendant quelques minutes.
00:16Nous sommes avec Sabrina Medjeber, Jules Torres, Christophe Bordet, Gérard Carrero, Olivier Guenek.
00:21Et avant que Jean-Marie Roir quitte notre studio, on voulait parler quelques secondes de l'Académie française.
00:26Est-ce que vous êtes sensible aux honneurs, à l'Académie, à la fonction de l'Académie, Gérard Carrero ?
00:32Est-ce que vous trouvez que le poids qu'elle a aujourd'hui est moins important peut-être que celui qu'elle avait dans les années 70-80 ?
00:41Écoutez, dans la société, il me semble, mais je parle devant mon ami qui le sait mieux que moi,
00:48il me semble qu'elle avait un magistère plus important, je dirais, dans les 20 ou 30 premières années.
00:54Depuis le moment où elle a été créée, si vous voulez, où effectivement, il n'y avait pas une personnalité qui ne rêvait pas.
01:04Aujourd'hui, j'ai l'impression que, je ne voudrais pas dire qu'elle est dévalorisée, mais un petit peu quand même.
01:09C'est mon sentiment.
01:10Elle a manqué une occasion, en tout cas, et on va être avec Arnaud Bénéditi dans une seconde,
01:14fondateur du comité de soutien de Boilem Sans Salle.
01:16Elle a manqué une occasion, et je vous ai souvent interrogé là-dessus, cher Jean-Marie Roy, de soutenir Boilem Sans Salle.
01:24Et c'était symbolique, peut-être, de l'accueillir dans l'Académie de France.
01:28Moi, je trouve que c'est un reproche que je vous fais, pas à vous personnellement,
01:31mais je trouve que cette Académie, ce serait honoré en acceptant que Boilem Sans Salle.
01:39C'est ça.
01:39Vous parliez tout à l'heure combien les écrivains doivent défendre, doivent défendre les uns et les autres.
01:44C'était un exemple concret.
01:47Vous parliez de Voltaire, vous parliez de Zola, mais qu'avez-vous fait ? Rien.
01:52Je suis entièrement d'accord avec vous.
01:54Mais, néanmoins, vous avez remarqué que l'Académie hésite à se prononcer sur des questions d'actualité.
02:01Elle essaie, le plus possible, d'élire les gens sur le mérite, et indépendamment de l'actualité.
02:08Indépendamment de l'actualité.
02:09Pourquoi ? Parce que, faites attention, il y a d'autres époques.
02:12C'est pour ça, regardez, la période quand même très difficile, qui était la période 40-45.
02:19Bon, elle s'est efforcée.
02:21D'ailleurs, Philippe Pétain était académicien.
02:22Bien sûr.
02:23Il a été élu après, avant, je veux dire.
02:26Bien avant, bien avant.
02:27Après, il n'a pas été viré en 45.
02:32Il n'a pas été viré.
02:33Il n'a pas été viré, Philippe Pétain.
02:34Non, non, non.
02:35Il a été, disons, comme il est en prison, il ne pouvait pas se présenter.
02:40Mais on ne peut pas être viré de l'académie ?
02:42Si, il y a eu deux membres, à ce moment-là, qui ont été virés.
02:44Abel Hermand et Abel Bonnard.
02:47Abel Bonnard, qu'on appelait la gestapette.
02:49Mais, disons...
02:52Bon, en tout cas, pour voir l'essence en salle, Arnaud Bédiditi, je pense qu'il va être là dans une seconde.
02:56Mais c'est vrai, alors, je ne sais pas ce que ça aurait changé.
02:59Peut-être que ça aurait été, en tout cas, c'est un pouvoir.
03:03Il y avait l'occasion de montrer un pouvoir d'influence qui aurait pu essaimer, surtout les plateaux de télévision.
03:10Il faudrait que vous veniez à l'académie assister à une séance.
03:12Il n'y a que les chefs d'État, mais enfin, ça ne fait rien.
03:13On fera une exception pour vous.
03:15Vous êtes une forme de chef d'État dans votre domaine.
03:18Eh bien, vous auriez vu les débats passionnants qui ont eu lieu, vraiment, je vous jure.
03:24Il n'y a pas de débat passionnant, vous vous êtes couché, vous n'avez pas été très courageux.
03:30Il n'y a pas de débat passionnant, et je pense que vous l'avez fait pour de mauvaises raisons.
03:34Mais je pense que vous, je le dis d'autant plus que vous, vous souhaitiez que Boilem sans salle soit, alors comment on dit, entre, soit reçu.
03:42Il ne pouvait pas être reçu, mais enfin, il aurait pu être élu.
03:45– Exactement, il aurait pu être élu, et vous étiez plutôt, vous défendiez cette idée.
03:50– Moi, je défends tous les gens qui veulent entrer à l'académie, y compris ceux qui sont malheureux.
03:54– Non, mais là, on est sérieux.
03:56– Là, on est sérieux.
03:57– Mais je suis très sérieux.
03:58– Ce n'est pas la même chose que tous ceux qui veulent entrer à l'académie, ce n'est pas Boilem sans salle.
04:01– Il fallait voir aussi qu'il y avait un danger, que, disons, plus Boilem sans salle avait été apprécié en France,
04:11moins les Algériens avaient tendance à le relâcher.
04:13– Oui, enfin, à force de dire ça, on ne fait rien.
04:16Mais Arnaud Benedetti est avec nous, il est fondateur du comité de soutien de Boilem sans salle,
04:21et évidemment, son tweet restait encore avec nous, cher Jean-Marie Loire.
04:24Vous allez rester jusqu'à 17h, ça vous apprendra, et il est avec nous en ligne, et on l'interroge.
04:28– C'est la double peine, on n'a pas eu le moyen.
04:30– Bonjour Arnaud Benedetti.
04:35– Bonjour.
04:37– Nous avons lu ce matin ce que vous avez publié,
04:41des échos préoccupants nous parviennent d'Alger,
04:44selon lesquels l'état de santé de Boilem sans salle se serait dégradé,
04:49et qu'il aurait demandé son hospitalisation,
04:52laquelle aurait été refusée Arnaud Benedetti.
04:57– Oui, en effet, vous savez, depuis un an,
05:00certains canaux et de capteurs sur place
05:03qui nous transmettent des informations,
05:07et jusqu'à présent, les canaux dont nous disposons
05:10se sont révélés toujours fiables,
05:12et on a en effet, depuis samedi,
05:16beaucoup plaisir d'ailleurs, la communiquer là-dessus.
05:18– Oui, la communication justement n'est pas excellente,
05:20donc c'est dommage.
05:21– Est-ce que vous m'entendez là ?
05:22– Je pense que vous êtes dans un endroit
05:26où ça passe mal, comme on dit,
05:28mais ça va mieux passer peut-être
05:30si vous changez de lieu.
05:33Essayons une nouvelle fois, Arnaud.
05:36– Allô, comment vous m'entendez là ?
05:37– Pas très bien, malheureusement,
05:39je ne sais pas, ce n'est pas terrible,
05:41c'est très moyen pour tout vous dire.
05:43Mais tentons quand même la conversation,
05:45parce que c'est extrêmement important.
05:46Arnaud de Benedetti.
05:50Ah, Arnaud, Arnaud Benedetti.
05:51Bon, là, on n'entend plus du tout.
05:53Sylvain Maillard, député de Renaissance,
05:57Ensemble pour la République,
05:59il était invité ce matin de Thomas Bonnet
06:00sur CNews Europe 1.
06:02Il faut entamer un bras de fer, dit-il.
06:04– La relation avec l'Algérie est extrêmement,
06:06vous le savez parfaitement, extrêmement dégradée,
06:08avec les autorités algériennes extrêmement dégradées.
06:10Moi, mon collègue Charles Rodouel
06:12porte une proposition qui est de remise en cause
06:15des accords que nous avons particuliers
06:18avec l'Algérie.
06:19Moi, je pense que c'est la bonne solution.
06:20Il faut entamer un bras de fer extrêmement dur
06:22parce que nous ne pouvons pas accepter,
06:24il n'y a pas que Boalem sans ça,
06:25dans d'autres sorties anglaises.
06:27Exactement, qui est dans le même cas de figure.
06:29Mais de façon plus générale,
06:30les relations avec les autorités algériennes
06:32sont tellement dégradées
06:34que je crois que le rapport de force
06:35doit être assumé
06:36et que nous devons accepter
06:37de sortir des accords de 68.
06:40Il faut trouver une solution,
06:41on ne peut pas rester comme ça.
06:41Sinon, la position de la France
06:43est incompréhensible à l'étranger.
06:44Et puis, il faut également citer
06:46Christophe Gleiz,
06:47le procès en appel du journaliste
06:49condamné en première instance
06:51à 7 ans de prison ferme en Algérie
06:52pour apologie du terrorisme
06:54a été fixé au 3 décembre.
06:56Christophe Gleiz,
06:57donc vous avez deux otages
06:59qui sont retenus en Algérie.
07:04Est-ce que Arnaud Benedetti
07:06est de nouveau à joindre ?
07:08Oui, il est de retour.
07:09Alors, Arnaud Benedetti,
07:10donc vous nous disiez
07:11que les différents canaux
07:13d'informations
07:14qui sont les vôtres
07:16étaient plutôt fiables
07:17et qu'à chaque fois
07:18vous avez eu des informations,
07:20vous avez pu, hélas,
07:22voir qu'elles étaient justes,
07:24qu'elles se sont avérées.
07:26Et là, vous êtes inquiet,
07:27Arnaud Benedetti.
07:28Oui, je confirme ce que vous dites.
07:30C'est-à-dire qu'en effet,
07:31les éléments qui nous sont revenus
07:32maintenant depuis samedi
07:34sont des éléments
07:35qui sont particulièrement préoccupants.
07:37Il semblerait que l'état de santé,
07:39ce qui n'est pas surprenant
07:40d'ailleurs au demeurant
07:41parce que voilà quelqu'un
07:42qui a 81 ans,
07:44qui est malade,
07:44qui est incarcéré
07:45dans un régime carcéral
07:46extrêmement difficile
07:47et extrêmement dur.
07:49Il a tous les paramètres
07:50malheureusement objectifs
07:52qui militent contre lui.
07:55Et les derniers, en effet,
07:57renseignements
07:57que nous avons pu obtenir
07:59sont des renseignements
08:00particulièrement préoccupants
08:01sur son état de santé.
08:03Il semblerait,
08:04je parle conditionnel toujours
08:05parce qu'il faut être très prudent
08:06en l'occurrence
08:07parce que le régime algérien,
08:09il faut le rappeler,
08:09est un régime policier,
08:11un régime qui n'est absolument
08:12pas transparent,
08:14un régime où les conversations
08:15sont surveillées.
08:16Mais il semblerait
08:17qu'il ait demandé
08:18son hospitalisation
08:19à nouveau
08:20à l'hôpital Moustapha-Alger
08:21que cette hospitalisation
08:23lui ait été refusée.
08:24Donc il va de soi
08:25que pour nous,
08:26c'est un élément supplémentaire
08:27particulièrement préoccupant.
08:29Je rappelle que Boilem Sansal,
08:31dans quelques semaines,
08:33cela fera un an
08:34qu'il est arrêté
08:36et qu'il est incarcéré.
08:38Un an,
08:39c'est immense,
08:40c'est énorme
08:40et c'est bien évidemment
08:42absolument scandaleux.
08:43Et il est fondateur,
08:44vous êtes fondateur
08:45du comité de soutien
08:46de Boilem Sansal.
08:47Je ne sais pas
08:48si vous avez des contacts
08:49et sans doute
08:50en avez-vous
08:50avec l'Elysée
08:52ou avec Matignon
08:53et sans doute
08:54devez-vous être prudent
08:56sur les contacts
08:57que vous avez.
08:58C'est pourquoi
08:58il m'est difficile
08:59de vous interroger
09:00sur ce sujet,
09:01Arnaud Benedetti ?
09:03Il est évident
09:04que nous,
09:05on protège nos sources.
09:06Ça me paraît
09:06absolument indispensable
09:07d'ailleurs
09:08si on veut continuer
09:09à avoir un certain nombre
09:10d'éléments d'information
09:11qui, encore une fois,
09:12je le rappelle,
09:12se sont révélés
09:14toujours fiables.
09:17D'ailleurs,
09:18nous nous transmettons
09:19ces informations
09:19de manière régulière
09:20à la cellule diplomatique
09:21de l'Elysée
09:22qui est parfaitement informée
09:24de ce qui nous remonte.
09:27mais c'est vrai
09:28qu'aujourd'hui
09:29on est dans une situation
09:30qui devient
09:31de plus en plus critique
09:32parce que,
09:34encore une fois,
09:35cela fait un an,
09:36on a un régime algérien
09:38qui, pour l'instant,
09:39ne donne l'impression
09:40de rien vouloir céder,
09:42un régime algérien
09:43qui est isolé
09:43sur la scène internationale,
09:45il faut le rappeler
09:45parce qu'on sait très bien
09:47qu'il y a un certain nombre
09:48de sujets
09:48qui pèsent énormément
09:50aujourd'hui
09:51sur la politique internationale
09:52de l'Algérie
09:52dont celui du Sahara occidental
09:54et c'est un régime
09:56qui,
09:57en tout cas,
09:58souhaite
09:58d'une certaine façon
10:00se légitimer
10:01toujours plus
10:02vis-à-vis de sa population
10:03par un discours
10:04qui est un discours
10:05très anti-français.
10:07Donc,
10:07tous ces éléments,
10:08en effet,
10:08ne jouent pas en faveur
10:09aujourd'hui de Boilem Sans Salle.
10:10Merci beaucoup
10:11Arnaud Benedetti,
10:12fondateur du comité
10:13de soutien
10:14de Boilem Sans Salle
10:15à 16h43
10:15sur Europe 1
10:17et puis pensé,
10:18bien sûr,
10:18pour cet écrivain
10:19qui est retenu
10:20aujourd'hui
10:21uniquement
10:22parce qu'il a écrit
10:23des livres qui ne plaisent pas
10:24au régime algérien.
10:26Merci beaucoup.
10:27Je vous remercie également
10:27Jean-Marie Rouard.
10:28Merci beaucoup.
10:31Qu'on pourra donc
10:32écouter ce soir
10:32chez notre amie
10:34Christine Kelly.
10:35Avec joie.
10:36Vos projets littéraires,
10:37culturels,
10:38ces prochains temps,
10:39un livre ?
10:39Eh bien,
10:40écoutez,
10:40on n'arrête jamais.
10:41Quand on écrit,
10:43c'est une profession.
10:46Je vais essayer
10:46de continuer
10:47dans cette voie
10:48de la littérature
10:49qui est ma passion.
10:5216h44,
10:52merci beaucoup,
10:53bonne journée.
10:53cher Jean-Marie Rouard,
10:55c'est parti.
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