00:00Emmanuel, on reparle encore ce matin évidemment des débats autour du budget 2026 qui se poursuivent à l'Assemblée Nationale,
00:05budget qui pourrait solliciter encore plus les grandes entreprises.
00:09Oui, alors on va être très clair, les feux de l'amour, plus belle la vie, c'est de la gnognote par rapport au feuilleton budgétaire.
00:16C'est bien, vous nous le vendez bien, ce feuilleton budgétaire.
00:18Oui, parce que du coup, je vais vous faire comme si je vous racontais un feuilleton dont vous avez loupé quelques épisodes.
00:22On va revenir un peu en arrière. Le budget 2025, donc il y a un an, instaurait une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des 450 grandes entreprises françaises
00:33qui font plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires.
00:35Ça devait rapporter quand même 8 milliards avec un effort plus important demandé vraiment aux plus grosses, donc au CAC 40 pour faire simple.
00:42On avait le projet initial de budget pour 2026 qui prolongeait cette surtaxe qui ne devait durer qu'une année d'ailleurs,
00:50mais on avait décidé de la prolonger, c'était censé rapporter 4 milliards d'euros.
00:55Eh bien, hier, finalement, sur proposition du gouvernement, les députés ont décidé que cette taxe ne rapporterait pas 4 milliards,
01:02mais 6 milliards d'euros. C'est quand même conséquent puisqu'il faut rappeler que l'impôt sur les bénéfices des entreprises,
01:07c'est 70 milliards au total, donc ça fait presque 10% de hausse de l'impôt sur les bénéfices des entreprises.
01:15C'est un petit clé d'œil à la gauche, évidemment, et ça n'est que pour les plus grosses que la surtaxation des profits va rester.
01:20Alors c'est ça. En fait, cet amendement, il instaurerait une surtaxe qui serait de 5% seulement pour celles qui font entre 1 et 3 milliards de chiffre d'affaires,
01:30mais de plus de 35% pour celles qui font plus de 3 milliards de chiffre d'affaires,
01:34alors qu'au départ, les deux types d'entreprises étaient un peu traités de la même façon.
01:38Le problème, c'est que tout ça, c'est de la comptabilité, c'est du tableur Excel,
01:43mais que ça n'est pas la réalité économique qui devrait tenir compte du coût exorbitant pour l'activité et pour l'emploi,
01:52à la fois de ces hausses d'impôts, mais aussi de toute l'incertitude qui est générée par ces discussions
01:58et ce mouvement permanent des curseurs fiscaux.
02:02Et ça, ça a un coût économique qui est quand même assez considérable.
02:05Mais combien ça coûte, réellement ?
02:07Alors, on le sait combien ça coûte à travers, par exemple, le diagnostic des agences de notation,
02:11qui nous disent, attendez, ce qui nous inquiète en France aujourd'hui,
02:14c'est le manque de cap fiscal, économique, c'est pas l'ampleur des déficits budgétaires en eux-mêmes.
02:19Donc c'est l'instabilité politique.
02:20On le sait à travers les calculs des économistes.
02:22L'OFCE nous dit, cette fébrilité fiscale, ces incertitudes, ça coûte 1 milliard par mois à l'économie française.
02:29Et puis surtout, le plus grave, c'est qu'on le sait à travers ce que disent ces grandes entreprises
02:34sur leurs projets d'investissement et d'embauche en France et à l'étranger.
02:38Et il y a une enquête qui existe, qui est faite depuis 20 ans par le cabinet de conseil Eurogroupe.
02:42Et vous savez quoi ?
02:43Eh bien, jamais, jamais les grandes entreprises françaises n'ont eu autant de projets d'investissement et d'embauche à l'étranger.
02:50Jamais elles n'en ont eu aussi peu en France.
02:53Mais le problème, c'est que personne ne descend dans la rue pour défendre une usine qui ne se crée pas
02:57ou des emplois qui n'existent pas.
03:00Et ça, c'est dommage parce que c'est un coût caché qu'on n'est pas capable de mesurer
03:05et qui pourtant fait beaucoup de dégâts.
03:06Et dans une heure, on parlera des découvertes bancaires
03:08parce que ça va devenir beaucoup plus strictes, les règles en la matière.
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