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  • 3 months ago

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00:00Sur les réseaux sociaux, des latinos américains s'affichent en Ukraine, dans les rangs de l'armée.
00:15Certains semblent satisfaits de leur expérience.
00:19Mais d'autres, avec qui nous avons échangé, ont un discours plus critique.
00:30Je suis arrivée à l'enfant, à les colombiens et aux latinos.
00:33L'Ukraine est un pays très beau, mais pour travailler avec l'exercice, c'est très compliqué.
00:39Juan Perdomo est colombien.
00:41En Ukraine, il a été dans le bataillon 204 et la brigade 59.
00:46Depuis, il est rentré chez lui, en Colombie.
00:49Mais son frère, Jorge Luis, avec qui il était en Ukraine, n'a pas eu cette chance.
00:55Il est porté disparu depuis sa participation à une mission.
01:00Comment expliquer la venue de ces latinos américains en Ukraine, et notamment des colombiens ?
01:06Et pourquoi leur expérience tourne-t-elle parfois au cauchemar ?
01:11À travers des images amateurs et des témoignages, nous avons enquêté sur une facette moins connue de la guerre en Ukraine.
01:17Sur TikTok, certains latinos appellent à rejoindre leurs unités en Ukraine, comme cet homme, qui se fait appeler enfoqué latino.
01:30Sur ce réseau social, les informations, les conseils pratiques foisonnent.
01:50Ces vidéos sur TikTok cumulent parfois plusieurs millions de vues.
02:06L'auteur de cette vidéo, c'est Maximiliano Barrientos, un argentin du 225e bataillon d'assaut.
02:19Ces vidéos TikTok ont un réel impact.
02:26Ce montant équivaut à 4300 euros, soit 16 fois le salaire minimum colombien.
02:43Une perspective intéressante pour cet ancien soldat professionnel,
02:47un profil qu'on retrouve chez la plupart des latinos américains en Ukraine.
02:50Dettes à rembourser, désir d'aider leurs proches, espoir d'une vie meilleure,
02:57les motivations économiques sont centrales pour ces latinos américains.
03:01Leur profil tranche avec celui des premiers étrangers arrivés en 2022,
03:06principalement des occidentaux convaincus qu'il fallait aider l'Ukraine contre la Russie.
03:11À l'époque, le président Zelensky avait appelé les étrangers à rejoindre son pays.
03:16Des milliers avaient alors répondu à l'appel.
03:18Mais plus de deux ans après, la guerre s'enlise,
03:22et des dizaines de milliers d'hommes ont déjà été tués.
03:26Pour l'Ukraine, difficile donc de se priver de ses combattants aux motivations plus matérielles.
03:35Sans compter que la Russie recrute elle aussi des étrangers par milliers.
03:40Cubains, Syriens, Népalais,
03:45des Nord-Coréens sont même arrivés en renfort ces dernières semaines.
03:49Alors, pour attirer de nouvelles recrues,
03:52les unités des forces armées ukrainiennes multiplient les vidéos de promotion sur les réseaux sociaux.
03:59C'est le cas, par exemple, du bataillon 204 des forces de défense territoriales.
04:04Selon Maximiliano Barrientos, les réseaux sociaux ont un vrai poids en Ukraine, notamment TikTok.
04:20Ces réseaux sociaux sont en ukrainien pour la plupart.
04:32Mais certaines pages sont désormais aussi en anglais et en espagnol,
04:36comme celle-ci de la brigade Cartier de la garde nationale.
04:39Mais au moment de cette publication, il avait déjà été tué, selon l'un de ses proches.
04:54Viviana Marine est la femme d'un autre ancien militaire colombien parti en Ukraine,
05:12Écar Camargo Brito.
05:14Là-bas, il a rejoint les mêmes unités que Juan et son frère,
05:17le bataillon 204 et la brigade 59.
05:20Avant de partir en Ukraine, Écar vivait en Équateur avec sa famille.
05:26Il a quitté le 3 avril.
05:28Arrivés sur place, il rejoint le bataillon 204 à la même période que Juan, son frère et d'autres Colombiens.
05:55Au début, le moral est bon.
06:11Mais rapidement, plusieurs Colombiens perdent de patience.
06:15Pas de contrat, pas de salaire.
06:27Avec une dizaine de compatriotes, ils décident alors de rejoindre une autre unité,
06:31la brigade 59 de l'armée de terre.
06:35Ils arrivent là-bas à la mi-mai.
06:36A l'époque, la brigade se trouve dans l'ouest de Donetsk, proche de la ligne de front.
06:42Cette fois, tout s'enchaîne très vite.
06:49Leur contrat est conclu avec le ministère de la Défense pour trois ans.
06:53Des entraînements ont lieu.
07:02Mais quelques jours après, ce sont de vraies balles qu'ils doivent déjà affronter.
07:07Fin mai, un groupe de neuf Colombiens est envoyé en mission à Krasnorivka.
07:12Dans la zone, les combats font rage.
07:14Dans ce groupe, il y a le frère de Juan et le mari de Viviana.
07:23Mais selon lui, les Russes étaient beaucoup trop proches du bâtiment.
07:46La mission est un échec.
07:56Personne ne sait précisément ce qui s'est passé, mais aucun des neuf Colombiens ne revient.
08:04Quelques jours plus tard, des hommes sont donc envoyés en renfort.
08:08Là encore, c'est un échec.
08:14Deux d'entre eux, des Colombiens, ne reviennent pas.
08:19Le 6 juin, la Russie annonce avoir capturé Miguel Cardenas, l'un des Colombiens du groupe de neuf.
08:26Elle diffuse une vidéo de son interrogatoire que nous avons flouté.
08:31Il déclare que tous les autres ont été tués.
08:33Des déclarations obtenues sous la contrainte et diffusées dans un but de propagande.
08:51À la suite de la mission, Viviana n'a plus aucune nouvelle de son mari.
08:56Elle découvre ensuite ce groupe Telegram pro-russe, dont l'objectif affiché est de traquer les nazis et les mercenaires en Ukraine.
09:22Des publications montrent son mari et ses compagnons.
09:26« Disparu ».
09:41C'est la réponse donnée aux proches quand aucun corps n'est récupéré, ce qui arrive souvent au front.
09:48Mais même quand des cadavres sont récupérés, c'est parfois aussi ce qui est déclaré aux familles.
09:54En février, quatre Colombiens se trouvent dans l'ouest de Donetsk avec le 48e bataillon d'infanterie quand ils sont tués, en pleine nuit.
10:02L'un d'eux s'appelait William Gamboa, alias Caqueta.
10:07Sa compagne, Olga Tovar, apprend la nouvelle par la femme d'un autre combattant.
10:13Elle contacte alors le bataillon.
10:14Le lendemain, les quatre corps sont récupérés.
10:35L'un des commandants de l'unité est présent.
10:39C'était notre commandant de migra, commandant de l'Ukraine.
10:44Les corps sont ensuite emmenés dans un hôpital de campagne.
10:48Mais à la suite de cela, Olga n'a plus aucune nouvelle du cadavre de son mari.
10:52Le statut de disparu génère de nombreuses incertitudes.
11:13Les implications sont aussi financières.
11:24En théorie, quand un combattant est porté disparu, sa famille peut continuer à toucher son salaire.
11:30Mais s'il est déclaré mort, le montant est nettement supérieur.
11:34340 000 euros environ.
11:36Pour toucher cet argent, il faut fournir des documents et ouvrir un compte bancaire en Ukraine.
11:43Ces difficultés sont aussi de plus en plus dénoncées sur TikTok.
12:05De son côté, Kroane raconte avoir été déçu par les salaires versés.
12:10En juillet, il réussit à quitter l'Ukraine.
12:13Selon lui, la brigade 59 lui a donné 24 heures pour sortir du pays.
12:18Toujours en juillet, l'Ukraine ordonne une inspection au sein de cette brigade,
12:23en raison des pertes récentes de l'unité.
12:26Notre rédaction a contacté les autorités ukrainiennes.
12:30Après plusieurs relances, nous avons obtenu une interview avec cet officier de la direction générale du renseignement.
12:36Selon lui, ils ont donc les mêmes droits que les Ukrainiens en cas de décès ou de disparition.
12:58De son côté, la Colombie indique ne pas promouvoir l'enrôlement de ses compatriotes dans l'armée ukrainienne.
13:05Pour l'un de ses ambassadeurs, ils servent de chair à canon.
13:09Contacté par notre rédaction, la Colombie indique que 57 de ses ressortissants ont déjà été tués là-bas
13:16et que 77 sont portés disparus.
13:19En août, le gouvernement colombien a présenté un projet de loi
13:23destiné à empêcher le recrutement de ses ressortissants dans des conflits externes.
13:27Sous-titrage Société Radio-Canada
13:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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