Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
TRANSAT CAFÉ L'OR Le Havre Normandie 2025 - Interview avec Guillaume Pirouelle & Cédric Chateau I CLASS40 SEAFRIGO - SOGESTRAN

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Guillaume Pirouel et Cédric Château représentent l'une des meilleures chances avraises de s'imposer
00:06sur cette Transat Café-Lor, le Havre Normandie. Très réguliers, dans les premières places sur les
00:10courses de la saison, les deux marins se connaissent parfaitement. Pilier de la voile en Normandie,
00:15Cédric Château fut même entraîneur de Guillaume Pirouel avant de devenir son partenaire de double.
00:20Guillaume, est-ce que tu peux me présenter ton voisin ? Cédric Château, 5e participation à la
00:27Transat Café-Lor, tout en classe 40 et puis ce sera notre deuxième participation ensemble,
00:33donc spécialiste du classe 40 et surtout un de mes anciens coachs en voile légère.
00:38Cédric, même exercice ? Eh bien Guillaume Pirouel, jeune talent Avray, qui brille lorsqu'il touche
00:50un engin qui flotte, que ce soit sur le Tour de France à la voile en optimiste,
00:56sur un 420, un 4.7 en kite foil, sur un classe 40, un Figaro et même sur l'ultime Sodebo,
01:06mais quel talent brut ! Voilà, une force de caractère, un travailleur acharné, bref,
01:14un futur très très grand nom de la course à large. Racontez-moi votre saison sportive,
01:20les courses de préparation, elles se sont bien passées je crois. Ouais, on a eu la chance de
01:26participer à toute la saison classe 40 cette année, avec pas mal de courses au programme. On a commencé
01:33par le SPIE Ouest France à la Trinité avec une belle deuxième place, c'était l'occasion de voir un peu
01:39la concurrence pour cette nouvelle saison et puis voir un peu le travail de l'hiver aussi qu'on avait
01:45fait sur le bateau. Ensuite, une Normandie Channel Race assez engagée, avec pas mal de vent et une
01:51belle deuxième place à nouveau, tous les deux. Et après, j'ai fait les Sablorta avec un aller en
01:58double avec Alexis Loison, parce que Cédric était trop occupé à faire vice-champion du monde de TP52.
02:07Et retour en solitaire, donc première expérience en solitaire en classe 40. Super intéressant en vue de
02:14l'année prochaine avec la route de Rome. Et puis, face nette pour Cédric à bord du bateau sans moi cette
02:22fois-ci, avec une belle cinquième place je crois. Cinquième place. Et puis voilà, on a terminé par la
02:2840 Malouine. Petite régate très sympathique et toujours très intéressante. Et puis, une victoire
02:37sur le trophée européen classe 40. Donc ça, ça récompense cette saison régulière, on va dire. Et puis,
02:46on est actuellement en tête du championnat classe 40, qui va se jouer sur cette Transat Café-Lord. Donc,
02:53voilà. On est pressé de partir et de faire une belle course sur Atlantique. Ça veut dire que
03:00sportivement, vous avez beaucoup d'ambition. Le plateau est particulièrement relevé, avec des
03:05équipages rodés. Il y a quand même quelques nouveaux entrants cette année qui ont frappé fort
03:10d'entrée. Comment vous envisagez cette concurrence accrue ? On se sent quand même bien prêt. C'est clair que
03:21d'être en tête du championnat classe 40. Ça montre bien qu'on est prétendant la victoire. Le bateau est
03:30fin prêt. On a beaucoup bossé pour essayer d'améliorer les points où on sentait qu'il y avait des petits
03:38défauts. Je pense que c'est chose faite. On s'est pas mal entraîné cette année. On a eu la chance de
03:44s'entraîner beaucoup au Havre face à Timothée Pollet et puis avec le Touzé. Et puis,
03:50on est sûr et certain qu'il y a un gros niveau en classe 40 avec 42 équipages et peut-être une
03:58dizaine de prétendants à aller chercher une victoire. On en fait partie. On fait partie même
04:04plutôt de ceux qui sont plutôt favoris. Mais une Transat, c'est long, c'est semé d'embûches. Ce qui est sûr,
04:15c'est qu'on a tout fait pour être dans les meilleures dispositions au départ. Il reste à ce qu'on soit bien
04:22sérieux, bien concentrés, qu'on travaille bien ensemble, qu'on ait un peu de réussite pour aller
04:28chercher une victoire. Racontez-nous, vous êtes les locaux, les difficultés de la navigation en manche,
04:35les pièges. On sait que c'est la seule course qui part d'aussi loin en manche. Donc, il y a un vrai
04:40démanchage avant le dégolfage. Quels sont les pièges à éviter ? Ouais, c'est peut-être la différence avec
04:49les autres Transat qui partent souvent soit de Bretagne ou même de Saint-Malo. Là, on a vraiment
04:53toute la manche à traverser pour sortir et pour commencer. Et forcément, en manche, c'est connu,
05:01il y a beaucoup de courant. Donc, on passe par la pointe du Cotentin où on a parfois les plus forts
05:08courants d'Europe. Donc, ça, c'est un premier point. Et puis surtout, souvent, les dépressions qui
05:13s'engouffrent un peu en manche. Donc là, c'est un peu tôt encore, mais a priori, le départ devrait être
05:19assez clément. Mais on n'est pas à l'abri qu'il y ait une dépression qui arrive sur la fin de la
05:25manche. Donc, voilà, c'est toujours une zone, il faut faire attention aussi parce qu'il y a beaucoup
05:30de trafic maritime. Il y a des rails de cargo, pas mal d'activités de pêche aussi. Donc, une zone
05:37assez dense. Et voilà, il ne faut pas louper ce départ important. Et ensuite, cette ouverture vers
05:44l'Atlantique pour cette transat. Quel souvenir vous gardez de la dernière édition où ça avait
05:48mal commencé avant de mieux finir ? Alors, mieux finir, voilà, on garde le souvenir d'avoir su
05:57à un moment où c'était très compliqué, ne pas baisser les bras et de mettre toute l'énergie
06:01nécessaire à amener le bateau en Martinique. On a eu un crash sur la première bouée dans des
06:09conditions dantesques et une chance de pouvoir être sur le second départ puisque la tempête avait
06:16bloqué la flotte des classes 40 à l'Orient. On termine à la quatorzième place qui est très en deçà
06:22de nos espérances. Je ne sais pas si c'est bien terminé. On est arrivé jusqu'au bout. Le souvenir que j'en ai,
06:33il est à l'arrivée où, normalement, on ne devait plus faire de transat ensemble. Et en tout cas, moi,
06:40j'étais triste de ne pas pouvoir terminer, en tout cas, cette aventure avec Guillaume sur une meilleure
06:47note. Les événements ont fait qu'on a de nouveau cette chance et moi, je suis très heureux de pouvoir
06:55à nouveau la saisir. Je n'ai qu'une envie, c'est qu'on fasse une belle transat, qu'on termine notre belle
07:01aventure sur une super note. Guillaume, quels souvenirs tu gardes avec, vraiment, j'imagine,
07:07une montée d'adrénaline énorme dès la première bouée de dégagement ? C'est vrai qu'on avait déjà
07:13beaucoup d'ambition en 2023. Après, on avait un bateau neuf sur lequel on n'avait presque pas navigué,
07:18qui n'était pas aussi près qu'aujourd'hui. Et on avait très peu navigué ensemble avec Cédric.
07:22Et voilà, c'était déjà, avec ce qui nous est arrivé au départ, c'était déjà génial.
07:29Tu nous rappelles exactement ce qui s'était passé ?
07:31À la première bouée de dégagement, dans des conditions très très fortes,
07:35on a un concurrent devant nous qui avait loupé son virement de bord et qui s'est mis à reculer.
07:41Et on n'a pas pu l'éviter. Donc on a été reconnus. On n'était pas en tort, mais on a eu une redresse du jury.
07:50Mais voilà, ça nous avait mis dans l'impossibilité de réaliser cette première étape jusqu'à Lorient.
07:56Et puis surtout, un énorme trou dans le bateau. Donc il avait fallu s'employer très fort
08:01pour être au départ de la deuxième étape à Lorient. Et voilà, c'était déjà génial du coup de rallier la Martinique,
08:08même si ce n'était pas l'objectif au départ. Mais voilà, c'était une super première expérience avec Cédric.
08:16Et puis c'est là qu'on a commencé aussi à découvrir ce bateau qu'on a encore aujourd'hui,
08:21sur lequel on a beaucoup travaillé pour améliorer les performances.
08:25Donc voilà, déjà, content de cette première étape avec Cédric.
08:29Et puis super content d'être à nouveau au départ cette année avec lui et de pouvoir retenter notre chance pour la victoire.
08:37Cédric, raconte-moi ce que la Transat représente pour vous.
08:41Parce que c'est le rendez-vous tous les deux ans pour les gens du coin.
08:45Tu as 14 casquettes différentes de coureurs, mais aussi de responsables fédérales.
08:51Voilà, il se passe beaucoup de choses, j'imagine.
08:54Bah oui, moi je m'occupe d'un centre d'entraînement avec plein de collègues sur le Havre,
09:00qui regroupe les meilleurs normands, les meilleurs du quart nord-ouest.
09:05On essaie de leur offrir le maximum d'opportunités, de progression et puis de débouchés.
09:12On est arrivé assez bien à le faire sur la voie olympique, sur le match race.
09:19Et puis on a un petit peu de mal à le faire sur la course au large alors qu'on a ici quelque chose de très inspirant pour nos jeunes.
09:31La plupart de nos talents partent en Bretagne parce qu'effectivement l'activité est là-bas,
09:35tous les teams sont là-bas et que c'est là-bas qu'il faut être quand on a envie de faire la course au large.
09:40Moi ce qui m'inspire en tout cas, c'est qu'on sait faire des très belles choses ici
09:46et que nos marins ont de plus en plus la volonté de se tourner vers le large.
09:55Guillaume en fait partie, mais la génération en dessous est bien plus mobilisée par la course au large que par la voile olympique.
10:02Donc je pense qu'au-là d'être importante pour moi qui suis un vieux, elle inspire beaucoup beaucoup de jeunes.
10:09Donc elle est capitale pour les sortes de la voile en Normandie.
10:12Et toi Guillaume, quels souvenirs tu gardes des éditions précédentes quand tu étais juste simple amateur éclairé, spectateur ?
10:19Eh bien, ça me paraît loin, mais c'est vrai que j'ai toujours vu, depuis le temps où je m'en souviens, des départs de Transat.
10:29Et dans un premier temps, je n'ai jamais eu l'idée, je ne me suis jamais dit que j'allais faire ça,
10:34parce que c'était très loin de la voile légère que je pratiquais quand j'étais petit.
10:39Et puis voilà, c'est venu avec le temps et c'est venu aussi grâce à Cédric quand il a commencé à se lancer sur les Transat.
10:45Et voilà, en grandissant, j'ai eu envie d'essayer.
10:50Et les souvenirs que j'en garde, c'est toujours des départs incroyables, souvent dans des conditions engagées quand même.
10:57Et voilà, ça fait quelque chose de partir d'une Transat de la maison quand même, c'est assez particulier.
11:04Dernière question sur le passage d'entraîneur-entraîné à partenaire. C'est facile ? Il y a comme ça des vieux réflexes ? Comment on gère ?
11:16Je pense que c'est passé depuis très très longtemps. Je pense que la dernière saison où j'ai entraîné avec Guillaume et Valentin et toute la clique des 420 de ce groupe-là, c'était en 2012.
11:27Depuis, on a navigué en tant qu'adversaire un peu en match. On a navigué trois années ensemble sur le TP52 Parprec Recyclage.
11:39On a navigué depuis trois ans ensemble sur le classe 40. Je crois qu'on a plus de souvenirs ensemble en tant que coéquipier qu'en tant qu'entraîneur-entraîné.
11:52Même si j'ai une affection particulière pour Guillaume parce qu'on a partagé des moments très très forts lorsqu'on était plus jeune.
12:01C'est plus une relation, on va dire, de grand frère à petit frère que d'entraîneur-entraîné, voilà.
12:09Guillaume ?
12:10Eh bien, ouais, c'est...
12:14Déjà, c'est Cédric qui m'a beaucoup accompagné, même après avoir été mon entraîneur sur tous mes projets,
12:23qui m'a permis d'en arriver là aujourd'hui et même qui m'a fait venir sur ce beau projet Classe 46 Frigo-Sauvestran.
12:30Donc, ça, c'est déjà une super opportunité pour moi et un super souvenir.
12:36Et puis, oui, après, peut-être que de temps en temps, il continue à être un peu du côté entraîneur et à me rappeler mes défauts et à me faire évoluer.
12:46Donc, ça, c'est bien. Mais non, sinon, on a vraiment, on va dire, on collabore étroitement sur ce projet Classe 40
12:57et on essaye tous les deux de le faire avancer vers la victoire. Donc, je pense que c'est ça, le principal.
13:03Merci, bonne course et tout ce qu'on vous souhaite.
13:05Eh bien, merci.
13:07Merci.

Recommandations