- il y a 3 mois
Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, était l'invité du Face à Face de BFMTV et RMC ce jeudi 23 octobre. Il s'est notamment exprimé sur la réforme des retraites, le contre-budget présenté par le RN mais aussi l'incarcération de Nicolas Sarkozy.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:008h28 sur RMC et sur BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy.
00:03Bonjour Monsieur Neumann.
00:04Je le disais, vous êtes député de la Somme, le monsieur budget du Rassemblement National.
00:09Merci d'abord d'avoir accepté notre invitation.
00:11Dans moins de deux heures, vous allez présenter aux côtés de Marine Le Pen le contre-budget du Rassemblement National.
00:17Comme vous l'aviez fait d'ailleurs il y a très exactement un an, on va évidemment en parler.
00:22Mais d'abord, j'imagine que vous devez être un homme heureux ce matin, Jean-Philippe Tanguy,
00:25parce que dans quelques heures, là, ce matin, à la mi-journée, Sébastien Lecornu, le Premier ministre en Conseil des ministres,
00:31va présenter la lettre rectificative qui fera sur la suspension de la réforme des retraites.
00:37Il n'y aura pas d'entourloupe qu'elle sera bien prononcée, que quoi qu'il arrive, elle sera bien adoptée, votée.
00:44Vous devez être heureux parce que du coup, on se dit ce matin que le Parti Socialiste a bien fait, pas censuré, contrairement à vous.
00:50Ah mais moi je suis assez fier, c'est vrai, d'avoir obtenu, grâce à la sagacité de Marine Le Pen, cette lettre,
00:55cette mobilisation, parce que M. Neumann, la censure, la non-censure qui avait été négociée avec les socialistes par M. Lecornu,
01:01il n'y avait pas de véhicule législatif, il n'y avait rien de concret pour assurer ces suspensions.
01:05C'est uniquement parce qu'on s'est mobilisés à l'Assemblée nationale pour savoir, dans un premier temps,
01:09s'il y aurait un amendement ou pas à ce projet de loi de finances de la sécurité sociale.
01:13Ensuite, grâce à un certain nombre d'intellectuels, de spécialistes de droit qui ont mis le sujet dans le débat public,
01:19cette lettre est fictifiatif qui permet effectivement de s'assurer qu'il n'y aura pas forcément de censure.
01:24– Vous connaissez que s'il y avait eu censure, il n'y aurait pas de suspension de la réforme des retraites ?
01:27– Si, parce qu'il y aurait eu... – Or, vous avez censuré ?
01:30– Il y aurait eu dissolution, donc il y aurait eu une élection,
01:32et donc si le Rassemblement National avait gagné, non seulement la suspension,
01:35mais l'abrogation de la réforme et son remplacement par la réforme de Marine Le Pen et de Jordan Bardella,
01:40qui est beaucoup plus juste, beaucoup plus efficace.
01:41– Parce que rassurez-moi, vous allez la voter, cette suspension de la réforme des retraites.
01:43– Ah oui, nous on votera évidemment la suspension, nous on n'est jamais pour la politique du pied.
01:48– Ce n'est pas aussi évident, parce que sur des sujets aussi importants que la taxe Zuckman, par exemple,
01:53la dernière fois vous étiez abstenu, ce qui avait permis de la faire voter à l'Assemblée,
01:57et là cette fois-ci vous avez changé d'avis, vous votez contre sur des sujets aussi graves,
02:01d'ailleurs comment on peut changer d'avis en aussi peu de temps ?
02:03– Non, mais on n'a pas du tout changé d'avis sur la taxe Zuckman, on n'a jamais soutenu la taxe Zuckman.
02:07– Vous étiez abstenu, et là vous avez voté contre.
02:09– Monsieur Neumann, le Parlement c'est un lieu de débat,
02:13et il y a des moments aussi où vous faites des négociations avec le gouvernement.
02:16L'année dernière, Madame Monchalin avait promis que le Bercy, le ministère de l'économie,
02:21serait capable de proposer des mécanismes pour lutter contre la suroptimisation fiscale et la fraude fiscale.
02:26Comme je ne croyais pas, et que le groupe Assemblée nationale ne croyait pas Madame Monchalin,
02:30on dit attention, il y a un débat sur la justice fiscale, sur l'équité fiscale qui s'ouvre en France,
02:35les Français, déjà il y a un an, sont demandeurs de justice fiscale,
02:38donc pour maintenir la pression et le débat politique,
02:40on s'était abstenu pour laisser le débat ouvert et vivre au Sénat,
02:43et en échange on devait obtenir des moyens de lutter contre la suroptimisation fiscale.
02:47Malheureusement depuis un an, on ne l'a pas obtenu.
02:49– Cette suspension de la réforme des retraites, elle a un coût,
02:53100 millions d'euros en 2026, 1,4 milliard en 2027,
02:59le gouvernement, dans cette loi rectificative, propose de mettre à contribution les complémentaires,
03:05c'est-à-dire les assurances, les...
03:07– Les Français, parce que c'est les Français équipés.
03:08– Ça vous convient ça ?
03:09– Non, non, sûrement pas, c'est les Français équipés.
03:10Deux choses très intéressantes.
03:12Déjà on a obtenu la vérité sur les chiffres,
03:14parce que quand Marine Le Pen demandait l'abrogation et son remplacement,
03:18la réforme des retraites, on disait,
03:19la première année ça coûtera 500 millions, la deuxième année 2 milliards.
03:23Bon, en fait c'est 100 millions d'euros la première année.
03:25Donc tous ces gens quand même, qui passent leur temps à donner des leçons aux oppositions
03:29sur comment on doit compter, ils ne savent pas compter et ils mordent.
03:32– Mais vous ne me répondez pas, mettre à contribution les mutuelles, est-ce que c'est une bonne idée ?
03:35– Mais on est complètement contre, on est complètement contre.
03:36D'ailleurs on est contre la taxe de 1 milliard d'euros cette année sur les mutuelles,
03:39parce qu'évidemment ce sont les assurés, les familles,
03:42qui vont payer par leur mensualité de mutuelles.
03:45Ce ne sont pas les mutuelles qui vont sacrifier leur marge.
03:46– Je comprends votre propos, mais alors du coup dans votre projet à vous,
03:51qui consiste à ramener l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans,
03:54voire à 60 ans, notamment pour les carrières longues,
03:58ça coûte plusieurs dizaines de milliards d'euros, comment vous le compensez-vous ?
04:01– Ça coûte au maximum 7 à 9 milliards d'euros
04:03quand le dispositif sera pleinement établi.
04:06Mais ça c'est le scénario négatif.
04:08– Donc comment vous le compensez-vous ?
04:08– Par des économies nombreuses, et notamment des économies sur l'immigration de guichets sociaux.
04:13– Mais quel rapport avec les retraites ?
04:14– C'est le financement de la sécurité sociale.
04:16– C'est pas les mêmes comptes ?
04:16– Ah bah si, c'est la sécurité sociale, c'est la même loi,
04:19c'est le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
04:21Donc toutes les aides sociales non contributives que l'on verse aux étrangers,
04:26on veut les réserver aux Français,
04:27et les aides contributives, on veut les réserver aux étrangers après 5 ans de travail.
04:31Et donc là on fait entre 15 et 20 milliards d'euros d'économies par an au moins,
04:36et on peut financer un effort sur le système des retraites.
04:39Mais ça, M. Neumann, c'est la version pessimiste de la version des retraites.
04:43– Il y a un petit souci, je pensais en parler un peu plus tard, mais vous venez…
04:46– Excusez-moi M. Neumann, c'est important,
04:48c'est la version optimiste du programme de Marine Le Pen, c'est qu'on augmentera le taux d'emploi,
04:52on favorisera l'emploi des jeunes, des personnes en situation de handicap,
04:55des aînés qui aujourd'hui sont au chômage,
04:57et là dans ce cas-là, ça rapportera de l'argent à notre réforme des retraites.
04:59Parce qu'aujourd'hui, il y a trop peu de Françaises et de Français qui voudraient travailler,
05:03qui pourraient travailler avant 62 ans et qui ne travaillent pas aujourd'hui.
05:05– Vous venez de parler des allocations non contributives,
05:10en l'occurrence cette règle-là, qui est à nouveau dans votre programme, dans votre projet,
05:14ça a déjà été retoqué par le Conseil constitutionnel,
05:16c'est-à-dire que pour l'appliquer, il faudrait réviser la constitution.
05:18– Oui, vous avez raison.
05:19– D'ici la fin du mois de décembre, pour adopter un budget, je crois qu'on n'a pas le temps.
05:22– Oui, mais on n'a pas non plus besoin de 20 milliards d'économies
05:25pour financer les 100 millions de la suspension de la réforme des retraites.
05:28Il y a des mesures qui sont légales, de limitation du coût de l'immigration.
05:32D'ailleurs, ils le font cette année, puisqu'ils vont limiter les APL pour les étudiants étrangers,
05:37ce qui était soi-disant impossible de faire.
05:39Donc c'est un tout petit premier pas, mais ça ouvre une porte,
05:41et c'est une nouvelle victoire idéologique du Rassemblement national.
05:43Il y en a une autre sur l'immigration, sur la hausse des droits de timbre
05:46qu'on avait proposée l'année dernière, qui est adoptée cette année.
05:49Donc on voit que sur l'immigration, il y a des tout petits pas,
05:51mais c'est quand même encore un très grand tabou.
05:53En tout cas, pour financer les 100 millions de la réforme des retraites,
05:56c'est facile de faire 100 millions d'économies sur 800 milliards de dépenses sociales.
05:59– Alors, dans votre contre-budget que vous allez présenter tout à l'heure à 11h,
06:03aux côtés de Marine Le Pen, il y a des dépenses nouvelles,
06:08il y a des recettes nouvelles aussi.
06:10Dans les dépenses, j'ai vu une baisse de la TVA de 10 milliards d'euros sur l'énergie,
06:15une baisse de la TVA sur les biens de première nécessité de 6 milliards,
06:19une part fiscale pleine dès le deuxième enfant, 3 milliards.
06:22Ces trois seules mesures, c'est 20 milliards d'euros.
06:25Vous compensez par quoi ?
06:27– Je l'ai dit, à part des économies sur l'immigration,
06:30nous ferons des économies…
06:30– Combien d'économies sur l'immigration ?
06:32– Je vous l'ai dit, on touche à peu près 15 milliards d'euros sur l'immigration
06:36dans les mesures légales.
06:37– Que vous trouvez où ?
06:38– Toutes les mesures légales que j'ai expliquées tout à l'heure,
06:40vous avez raison, il y a une partie des mesures qui nécessitent une réforme
06:42constitutionnelle de l'immigration et une autre partie qui ne nécessite pas de réforme
06:46et qu'on peut appliquer très vite.
06:48Ensuite, il y a évidemment la baisse de la contribution à l'Union Européenne,
06:52vous savez que cette année, elle augmente de presque 6 milliards d'euros,
06:56on va arriver à presque 30 milliards d'euros de contribution à l'Union Européenne.
07:01On considère qu'il faut la remettre à son niveau d'il y a deux ans.
07:04– Et ce ne serait pas contradictoire avec nos engagements européens ?
07:07– Non, et ça c'est un débat une fois plus intéressant qu'on a quand même gagné cette année
07:10puisque pendant des années, on nous a opposés que toute baisse de la contribution à l'Union Européenne
07:15signifiait un Frexit et M. Bérou a réussi à négocier une baisse de 1,3 milliard d'euros
07:20sans aucune conséquence sur le Frexit évidemment.
07:22Donc c'était aussi un mensonge, c'est dommage, il est évidemment tout à fait possible
07:25de baisser la contribution à l'Union Européenne pour une raison simple,
07:29il faut faire des économies au niveau des programmes européens.
07:31On ne reste pas gratis mais il y a beaucoup de programmes sur la diplomatie,
07:34sur le financement de l'élargissement de l'Union Européenne
07:37alors que les Français sont contre l'élargissement.
07:39On peut faire des dizaines de milliards d'économies.
07:41– Il y a quelques jours, Jordan Bardella est allé plancher devant les patrons,
07:45devant le MEDEF, il leur a même écrit une lettre,
07:47il leur a fait un certain nombre de promesses,
07:48il leur a notamment promis de baisser ce qu'on appelle les impôts de production,
07:53je ne veux pas rentrer dans les détails.
07:54C'est dans votre contre-budget, donc cette promesse elle est tenue.
07:57Alors dans le contre-budget, j'ai vu aussi que vous vouliez augmenter la taxe
08:00sur les rachats d'actions, 8 milliards 800 millions,
08:04augmenter la taxe sur les transactions financières, 1 milliard 3,
08:07augmenter la taxe sur les super dividendes, 1 milliard,
08:11là pour le coup ce n'est pas tout à fait le discours pro-entreprise
08:13que Jordan Bardella a tenu devant le MEDEF.
08:15– Bien au contraire, c'est qu'on rééquilibre un effort pour la production,
08:19pour un choc de production, une baisse massive des impôts de production
08:21sur nos TPE, nos entreprises intermédiaires, les multinationales qui produisent en France
08:25et au contraire, on préfère financer ce choc de production
08:29par des mesures contre la spéculation, la rente ou des méthodes toxiques pour l'économie
08:34parce que les rachats d'actions…
08:36– Et ça les taxes sur les super dividendes, les rachats d'actions, ça leur plaît au MEDEF ?
08:39– Ah bah au MEDEF j'imagine, puisque le MEDEF c'est essentiellement des entreprises
08:42qui ne versent pas de super dividendes, puisqu'on parle des dividendes très excessifs
08:46sur la moyenne des 10 dernières années, et ils ne font pas de rachats d'actions
08:49au-dessus d'un milliard d'euros, parce qu'on ne va pas taxer tous les rachats d'actions,
08:52parce que ça permet parfois de faire des entreprises de récapitalisation
08:55pour les PME ou les ETI, là on parle de rachats d'actions spéculatifs
08:59de plus d'un milliard d'euros, et d'ailleurs même M. Macron avait reconnu
09:03que c'était des opérations néfastes pour l'économie,
09:05et il voulait les taxer, évidemment, il n'a pas réussi à le faire comme il l'avait promis.
09:09– Dans votre projet de budget, à vous, au Rassemblement national,
09:12il y a une mesure phare, on peut le dire comme ça,
09:14vous voulez remplacer l'impôt sur la fortune immobilière
09:18par un impôt sur la fortune financière,
09:21et vous dites, c'est dans la colonne des plus,
09:23que ça rapporterait 3 milliards d'euros de plus aux caisses de l'État,
09:27mais vous comptez la fortune immobilière dedans,
09:31ou la fortune immobilière n'est plus du tout taxée ?
09:34– Alors, on retire ce qu'on appelle la résidence principale, évidemment,
09:37mais aussi ce que Marine Le Pen, c'est un concept qu'elle a inventé,
09:39la résidence unique, parce que parfois vous êtes locataire,
09:41par exemple à Paris, parce que vous y travaillez,
09:43et vous avez une maison familiale sur la côte ou ailleurs qui vaut de l'argent,
09:47donc ça permet de sortir la maison principale ou la résidence unique.
09:50Par contre, les immeubles de rapport, si vous êtes propriétaire d'immeubles
09:53que vous louez, là par contre, ce sera dans l'impôt sur la fortune.
09:56– Donc ça n'est pas une recette supplémentaire de 3 milliards,
09:59puisque l'IFI c'est 2 milliards aujourd'hui,
10:01donc en fait, si on supprime l'un et qu'on ajoute l'autre,
10:04c'est une recette supplémentaire d'un milliard.
10:05– Non, c'est le solde, les 3 milliards.
10:06C'est la différence entre la suppression de l'IFI
10:09et la création de cet impôt sur la fortune financière.
10:11– Donc cet impôt, il porterait sur 5 milliards d'euros ?
10:14– Oui, tout à fait.
10:15C'est-à-dire que depuis la suppression, par exemple, de l'ISF,
10:18même si notre IFF est différent,
10:20le patrimoine financier a beaucoup progressé.
10:23Ça c'est vrai, et on en revient à votre question intéressante
10:25tout à l'heure sur la taxe Zuckman.
10:27C'est-à-dire qu'il y a en France une volonté d'équité fiscale,
10:31de justice fiscale, à savoir que ce n'est pas toujours les classes moyennes
10:33qui doivent tout payer, c'est le cas aujourd'hui.
10:35C'est vrai qu'il y a une toute petite partie des plus privilégiés en France
10:38qui paient moins d'impôts proportionnellement aux classes moyennes.
10:42Ça c'est pas normal, c'est pour ça que la taxe Zuckman est soutenue
10:44par 90%, 70% selon les sondages.
10:47Je ne pense pas que ce soit la taxe Zuckman elle-même qui soit soutenue,
10:50parce que techniquement elle pose vraiment problème,
10:52et économiquement elle pose vraiment problème,
10:54c'est le principe de la justice fiscale qui est soutenue en fait.
10:56Il y a une mesure dont personne ne parle,
11:00ça m'a frappé d'ailleurs, parce que dans votre programme
11:02vous voulez baisser les subventions aux associations,
11:04les aides à la presse, supprimer le plan vélo par exemple.
11:07Aux associations immigrationnistes, pas au oeste du cœur.
11:10Pas seulement, parce que j'ai vu qu'il y avait aussi des associations culturelles,
11:13à but social, etc.
11:14Mais il y a une recette qui m'a fait tiquer, pour vous dire la vérité,
11:17j'ai vu que vous vouliez instaurer un ticket modérateur d'accès à la justice.
11:21Oui, enfin c'est pas que nous, parce que c'est aussi dans le projet du budget cette année.
11:24Mais ça veut dire quoi ?
11:25Ça veut dire qu'il faudra payer pour accéder à la justice ?
11:27Non, parce qu'évidemment il y a des dispositions techniques précises,
11:30c'est pour éviter...
11:31C'est un reste à charge comme la santé ?
11:32Non, c'est pour éviter l'abus des procédures,
11:34c'est-à-dire en fait, c'est toujours les mêmes,
11:36d'ailleurs les abus en général en France,
11:38c'est toujours une petite minorité qui abuse,
11:40et c'est la majorité qui paye,
11:41c'est pour limiter les procédures abusives,
11:43et quand vous déclenchez beaucoup trop de mesures,
11:45vous avez, comme quand vous refaites votre passeport,
11:47un timbre pour déclencher la procédure.
11:49Mais c'est évidemment réservé aux personnes qui abusent des procédures.
11:52Encore une question, et ce sera la dernière sur le budget.
11:55Je vous lis, j'ai cette faiblesse,
11:57je lis tout ce que vous dites, tout ce que vous écrivez.
11:59Vous avez dit, nous assumerons une rupture forte en matière de politique publique,
12:03la santé, l'éducation, les collectivités,
12:05sont les trois grands pourvoyeurs d'emplois publics,
12:07donc trois sources de réorganisation majeure.
12:10Donc si je comprends bien,
12:11dans votre programme, il y a l'idée de supprimer des emplois
12:13dans la santé, dans l'éducation,
12:16et dans les collectivités ?
12:18Dans la bureaucratie qui étouffe les services publics,
12:20dans ces trois secteurs, effectivement,
12:21vous avez une suradministration...
12:22La santé qui va mal, l'hôpital qui va mal,
12:24l'éducation qui va mal aussi ?
12:25C'est un très bon sujet, M. Neman,
12:27parce que justement, la santé, malheureusement, va mal aussi,
12:29parce qu'elle est trop administrée.
12:30Donc vous avez trop de dépenses et trop d'encadrements
12:32dans ce secteur de la santé.
12:33Vous savez que par exemple, tout le monde critique
12:34les agences régionales de santé, les ARS,
12:36même son créateur, M. Bertrand,
12:37finit par les critiquer et vouloir les supprimer.
12:39Vous vous souvenez, pendant le Covid,
12:41certains hôpitaux avaient été dirigés à nouveau
12:44par les soignants.
12:45Et nous, on était favorables à ça.
12:46C'est-à-dire que plutôt qu'une bureaucratie,
12:48c'était les soignants qui reprenaient le contrôle
12:49de leur lieu de travail.
12:51On est très favorables à cela.
12:52Et c'est pour remettre au contraire des fonctionnaires
12:54et le service public devant les usagers,
12:57dans l'éducation, dans la santé
12:58et sur les collectivités territoriales.
13:00Donc c'est réorganiser la bureaucratie
13:01pour qu'elle soit beaucoup moins puissante
13:03et remettre des moyens pour le service public
13:05sur le terrain.
13:06Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen
13:08dit qu'elle ne croit pas à l'union des droites.
13:10Jordan Bardella, lui, tend la main aux Républicains
13:12pour une éventuelle alliance de gouvernements.
13:14C'est quoi la ligne ?
13:15Parce qu'il y a deux têtes,
13:16on a l'impression qu'il y a deux lignes.
13:17Ah non, non, c'est exactement la même ligne.
13:18La même ligne, c'est que si, malheureusement,
13:21dans le cadre d'une élection législative,
13:22on n'avait pas une majorité absolue,
13:24on pourrait faire une alliance après les élections
13:26avec peut-être des Républicains
13:28qui seraient assez proches de notre programme.
13:30Parce que, naturellement,
13:32c'est un grand nombre de nos idées
13:33sur l'immigration,
13:35sur la restauration de l'école.
13:37Parfois, les Républicains sont plus proches.
13:37Les Républicains, aujourd'hui, c'est Bruno Retailleau.
13:39Et si je le lis, il dit
13:40« je ne crois pas à l'union des droites ».
13:40Oui, c'est dommage.
13:42Marine Le Pen clame tout haut
13:44qu'elle n'est pas de droite
13:45et son programme économique est de gauche.
13:46Non, mais M. Retailleau est sans doute
13:48encore traumatisé par son séjour en Macronie
13:50et sa dissolution dans le macronisme.
13:51M. Wauquet, quant à lui,
13:52il s'est carrément dissous dans le socialisme
13:54en refusant la censure avec les socialistes.
13:57Nous, on tend la main
13:58dans le cadre d'un deuxième tour.
13:59Mais ils peuvent surtout rejoindre Éric Ciotti
14:01qui, dans le cadre d'une alliance du premier tour
14:03avec nos amis de l'UDR,
14:04a montré qu'on pouvait travailler
14:05avec des forces de droite patriotes.
14:07Je fais un pas de côté.
14:08Nicolas Sarkozy a été incarcéré
14:10mardi à la prison de la Santé.
14:12Deux officiers de sécurité,
14:13en plus des agents pénitentiaires
14:15pour le protéger en prison.
14:17Qu'est-ce que vous dites ?
14:18C'est la moindre des choses ?
14:19C'est inutile ?
14:19C'est une faveur ?
14:20Vous en pensez quoi ?
14:22C'est-à-dire qu'il est sans doute menacé
14:23et que sa sécurité est nécessaire.
14:26D'ailleurs, ça montre bien
14:26que le traitement de M. Sarkozy
14:29ne pouvait pas être un traitement comme un autre.
14:31C'est un ancien président de la République.
14:32C'est injusticiable comme un autre.
14:33Il n'a pas plus de droits,
14:35mais il n'a pas moins de droits.
14:36Malheureusement, la prison,
14:37malgré le dévouement des agents pénitentiaires,
14:39parfois est un lieu dangereux,
14:40y compris d'ailleurs pour les agents
14:41de la pénitentiaire.
14:43Donc, j'imagine que ces surveillants
14:46lui ont été attribués
14:47parce que sa vie était menacée.
14:49D'ailleurs, visiblement,
14:50ses premières nuits en prison
14:51se sont mal passées.
14:52J'ai même vu qu'il y avait peut-être
14:53des gardes à vue, je crois,
14:54en tout cas des procédures judiciaires
14:55contre des gens qui l'auraient menacée.
14:57Donc moi, Nicolas Sarkozy,
14:58ça a toujours été un adversaire politique.
15:00Moi, je me suis engagé, par exemple,
15:01contre la négation du référendum de 2005.
15:04Mais par contre, il a des droits
15:05et il ne doit pas du tout être menacé, évidemment.
15:07Marine Le Pen a dit qu'Emmanuel Macron
15:10recevant Nicolas Sarkozy à l'Élysée,
15:12c'était la moindre des choses,
15:12c'était normal.
15:13Mais Gérald Darmanin
15:14qui va aller voir Nicolas Sarkozy en prison,
15:16ça vous convient aussi, ça ?
15:17Dans le cadre privé, il peut y aller.
15:19Il n'y aura pas comme garde des Sceaux, évidemment.
15:20Le garde des Sceaux ne peut pas y aller
15:21par rapport à sa fonction.
15:23Mais à titre privé,
15:24il a le droit d'aller soutenir un ami.
15:26C'est assez touchant, d'ailleurs.
15:27La loyauté, c'est rare en politique.
15:30Il y a quelques minutes,
15:31votre collègue Sébastien Chenu
15:32a demandé la démission
15:34de la présidente de l'établissement public du Louvre,
15:37Laurence Descartes.
15:39C'est elle la responsable ?
15:40C'est elle qui doit payer
15:41pour ce qui s'est passé lors de ce cambriolage ?
15:44Bien sûr qu'elle est responsable.
15:44Elle dirige le Louvre.
15:45Je sais qu'en France,
15:46on veut toujours les honneurs,
15:47on ne veut jamais les responsabilités.
15:48Son audition hier au Sénat,
15:50ce que j'en ai vu,
15:51était absolument lamentable,
15:53avec un aveu de démission sur la sécurité
15:54qui est très regrettable depuis des années.
15:57Et d'ailleurs, c'est l'analyse
15:58qu'on avait faite
15:58avec un certain nombre de membres
15:59du Rassemblement National.
16:00Ceux qui connaissent et qui s'intéressent,
16:02notamment,
16:02on a un petit groupe,
16:03a beaucoup s'intéressé
16:04à la vie culturelle
16:05avec Caroline Parmentier.
16:06On savait que la sécurité au Louvre
16:07n'était pas assurée.
16:08C'est un vieux débat, malheureusement.
16:10Effectivement, elle aurait dû partir.
16:12Elle n'est pas la seule.
16:12Je pense que la directrice aussi
16:14de la sécurité du Louvre
16:15devrait partir avec elle.
16:18Autre sujet, mais au moins aussi important.
16:21Hier, ça ne vous a pas échappé,
16:22le chef d'état-major des armées
16:25planchait devant les députés
16:26de la Commission de la Défense
16:27pendant que les autres
16:28étaient en train de travailler sur le budget.
16:30Et il a dit qu'il fallait se préparer
16:31à un choc d'ici 3 à 4 ans
16:34face à la Russie.
16:36Ça vous inquiète ?
16:37Bien sûr, ça m'inquiète.
16:38J'espère que ces déclarations
16:39sont faites sur la base d'informations
16:41dont dispose l'achève d'état-major.
16:43Vous n'en doutez pas ?
16:43Bien sûr, ça veut dire que c'est inquiétant.
16:46Mais il faut que l'armée française
16:47ait ses moyens.
16:48Vous savez que même
16:49avant l'invasion de l'Ukraine,
16:50le Rassemblement National
16:51a toujours été pour un effort
16:52de défense important.
16:54C'est un combat que le mène
16:55même depuis le début,
16:56l'entrée en politique
16:57de Marine Le Pen.
16:58Nous n'avons jamais cru
16:59à la fin de la guerre,
17:00à la fin des tensions,
17:01à la sortie de l'histoire
17:02telle que l'avait appelé
17:03Francis Fukuyama.
17:05Nous n'en avons jamais été
17:05dans la naïveté.
17:06Et c'est nos adversaires
17:07qui ont désarmé l'armée française
17:08et qui l'ont aussi mis trop
17:09sous la direction américaine.
17:10Il faut une armée française libre.
17:12Du coup, ce sera ma dernière question.
17:14Ce n'est pas gênant,
17:14ce portrait que je viens de lire
17:16dans Libération,
17:17du nouveau numéro 2
17:18du Rassemblement National
17:19qui s'appelle,
17:20j'ai oublié son nom,
17:22monsieur Patrice Hubert.
17:26Ses accointances,
17:27ses liens avec Moscou,
17:29dans le contexte
17:29qu'on vient de décrire
17:30vis-à-vis de la Russie,
17:32ce n'est pas un problème
17:32pour le Rassemblement National ?
17:34Écoutez, je n'ai pas lu ce portrait,
17:35mais je le connais bien,
17:36Patrice, je travaille avec lui.
17:37Il a travaillé en Russie.
17:38Le fait d'avoir travaillé en Russie
17:39pour des grands groupes français
17:40ne fait pas de vous
17:41le portrait que j'ai aperçu.
17:45Je soutiens évidemment
17:46Patrice
17:48et je ne comprends pas
17:49ces attaques.
17:49Il y a beaucoup de Français
17:50qui ont travaillé en Russie.
17:51D'ailleurs, je rappelle
17:52qu'à l'époque,
17:52c'était Jacques Chirac,
17:54Nicolas Sarkozy
17:54et François Hollande
17:55qui avaient favorisé
17:56l'implantation
17:56des entreprises françaises
17:58en Russie.
18:00Jacques Chirac avait décoré
18:01de la plus haute distinction
18:02nationale Vladimir Poutine
18:04dans le cadre
18:04de ses partenariats économiques.
18:05Et c'est normal
18:06que des cadres français,
18:07des ingénieurs,
18:08soient allés en Russie
18:08travailler pour les intérêts français.
18:09Je trouve que c'est
18:11un mauvais procès.
18:12Je le rappelle,
18:12vous allez donc présenter
18:13ce contre-budget
18:14avec Marine Le Pen
18:15pour le Rassemblement National.
18:17On le diffusera d'ailleurs
18:18sur BFM TV tout à l'heure.
18:19Merci Jean-Philippe.
18:20Merci à vous.
18:20Bonne journée.
18:21Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
18:23sur BFM TV.
18:24C'est parti.
18:25Merci à vous.
18:25Merci à vous.
18:26Merci à vous.
18:26Merci à vous.
Écris le tout premier commentaire