00:00Avant cela, je voulais vous donner les dernières informations de la journée, notamment la mère de Lola qui a demandé aujourd'hui à la cour d'assises de Paris de faire le nécessaire pour que l'accusé Dabia Benkiret soit enfermée toute sa vie.
00:15Qui aurait pu croire que Lola croiserait cette chose, ce monstre, a déclaré Delphine Daviette en pleurs.
00:22« Je demande à la justice de faire le nécessaire pour que cette chose soit enfermée toute sa vie. Ne me demandez pas autre chose que la perpétuité. Lola a été violée, on le rappelle, torturée, tuée à l'âge de 12 ans le 14 octobre 2022. Lola était une jeune fille joyeuse, sociale, aimante, heureuse de vivre, toujours prête à aider son prochain. Une vie de famille très simple, très à l'écoute les uns des autres.
00:44Avec mon mari, nous avons toujours éduqué nos enfants avec le sens du partage, du respect envers les autres et en même temps on leur faisait de la prévention sur le danger des inconnus.
00:53On leur disait, si on vous agresse, n'hésitez pas à crier, on vous entendra. Qui aurait pu imaginer que Lola croiserait cette chose, ce monstre ? Je finis par comprendre avec ma psychologue que ce n'est pas nous les coupables, c'est cette chose.
01:06Le diable, Lola n'aurait jamais fait de mal à qui que ce soit, je me demanderais toujours pourquoi Lola l'a suivi. Pour tout cela, je demande à la justice de faire le nécessaire pour que cette chose soit enfermée toute la vie.
01:19Ne demandez pas autre chose que la perpétuité. C'est le témoignage d'une mère aujourd'hui dans ce tribunal.
01:27C'est un procès monstrueux. C'est sans doute l'un des procès les plus horribles des dix dernières années. Ce qu'on a entendu lors de ce procès, les journalistes qui suivent le procès et qui viennent s'en faire déco...
01:38Et elle était sous OQTF ?
01:39Absolument.
01:39Elle était sous OQTF ?
01:40Elle était sous OQTF après avoir eu le droit de séjourner en France via la filière étudiante. C'est-à-dire qu'elle avait un visa étudiant qui est arrivé à expiration et elle avait été placée sous OQTF.
01:50Mais il n'y a pas de lien entre immigration et criminalité, comme l'a dit M. Nunez.
01:53C'est un procès monstrueux parce qu'on est allé dans le détail de ce qui s'est passé. Les photos du corps de la petite Lola ont été montrées puisqu'elle l'avait placée dans une malle.
02:02Beaucoup de gens sont sortis à ce moment-là de l'audience. La maman de Lola est restée. Elle est toujours restée dans ces cas-là, même au moment où on était sur les détails les plus sordides.
02:11C'est-à-dire que le visage de Lola était entièrement scotché. C'est-à-dire qu'elle a été violée. C'est-à-dire qu'elle a été lacérée. Qu'elle lui a forcé de se laver.
02:20Que l'agonie a duré longtemps. C'est l'horreur absolue. On dit souvent, le monstre n'existe pas. Là, on est face à la monstruosité la plus totale.
02:29Et effectivement, ça relance le débat du lien insécurité et d'une partie de l'immigration puisqu'elle était sous OQTF. Et donc, ça pouvait être empêché.
02:36Qu'est-ce qui me frappe le plus dans cette affaire ? Et qui finalement, peu dit. Parce que je pense qu'il n'y a pas d'exemple.
02:44En tout cas, depuis que je suis ces affaires criminelles, je n'ai pas...
02:48C'est une femme.
02:48C'est une femme.
02:49C'est une femme.
02:50Je crois que c'est la première fois, me semble-t-il, la femme qui est la mère, la femme qui s'occupe, qui protège les enfants.
02:59C'est un enfant, Lola. Je n'ai pas souvenir, dans des affaires criminelles, qu'une femme soit passée à l'acte dans des conditions aussi horribles, barbares, que cette jeune femme.
03:12Et ça, je ne sais pas si ça dit quelque chose de l'époque. C'est peut-être un cas tout à fait isolé. Je l'espère, il faut l'espérer.
03:22Mais c'est ça qui me frappe le plus. Parce que ce type de crime, qu'on a parfois vu, perpétré par des hommes, je ne l'ai pas vu commis par des femmes.
03:33On a vu Myriam Badaoui, à l'époque de l'affaire Doutreau, qui avait fait fort.
03:38C'est tellement inhumain que l'on se dit parfois, mais comment c'est possible que les psychologues disent, que les psychologues continuent de dire,
03:50que ce n'est pas de la folie, qu'elle n'est pas folle, qu'elle l'a fait sciemment.
03:53Moi, c'est ça qui me déroute le plus, en fait. C'est ça qui est déroutant dans cette histoire.
03:59J'étais avec Sabrina Birlin à déjeuner, et elle était présente dans l'audience, et ils ont diffusé hier la garde à vue.
04:06Et Mme Darbia est très différente dans la garde à vue de ce qu'elle est aujourd'hui.
04:11Elle est avec une arrogance folle, elle est sûre d'elle-même, et surtout, elle n'est touchée par aucune des photos qu'on lui présente.
04:19C'est ce que me rapportait Sabrina.
04:21Donc, il y a une sorte de psychopathie, sans doute, de quelqu'un qui est absolument...
04:27Mais on arrive là à des discussions sur la nature humaine.
04:31Robert Badinter disait, mon travail, c'est de rendre, de dire au juré que chaque monstre, si tant est que ce soit un monstre, a une part humaine en lui ou en elle.
04:44Donc, vous arrivez là, sur des... comment dire... sur des cas qui nous interrogent sur ce que nous sommes, sur ce qu'est la nature humaine, Gérard Carréroux, sur ce qu'elle est capable de faire dans l'histoire de l'humanité, et dès que vous ouvrez...
05:00On disait Hitler que c'était un monstre, mais pardon, c'était un être humain, qui s'est comporté comme un monstre.
05:05Dès que vous ouvrez, si on pouvait laisser Hitler en dehors de tout ça, Christophe...
05:09Non, mais vous voyez ce que je veux dire. Dans la monstruosité, c'est énorme, c'est terrible.
05:14Mais si on ouvre un livre d'histoire, on s'aperçoit que le jour où le fameux Damien Régicide a été torturé et tué sur la place de Paris,
05:26Casadova raconte dans ses mémoires que tout le monde s'arrachait des places pour être au premier rang et pour voir ce spectacle.
05:33Donc c'est ça la nature humaine, vous ouvrez un livre d'histoire, c'est ce que nous sommes, et parfois, est horrible, et en même temps, est aussi miraculeux.
05:43Mais vous avez raison, j'essayais, pendant que vous parliez, d'essayer de remémorer les grandes affaires criminelles des siècles passés,
05:52et c'est rare d'avoir une incarnation du mal absolu.
05:56Le mal, quand on se le représente dans un cauchemar, on voit plutôt un homme, on voit un monstre, c'est un homme en général.
06:06Le mal absolu incarné par une femme, je crois que c'est rarissime.
06:10Et moi, j'ai eu la conscience de ce qu'était ce...
06:14Bon, bien sûr, comme tout le monde, j'ai vécu l'affaire Lola au moment où elle s'est passée,
06:17mais la notion de l'horreur, je l'ai eue grâce, si l'on peut dire grâce, ou à cause du commentaire de Sabrina.
06:24Quand je l'ai vue, tout d'un coup, pleurer.
06:29En général, les gens qui suivent les procès, ils ont l'habitude, justement...
06:32Sabrina Berlin, effectivement, a pleuré sur notre plateau de CNews.
06:35Elle est journaliste, chroniqueuse judiciaire, et elle était présente à l'audience.
06:41L'émotion était tellement forte, et c'était tellement évident,
06:47j'avais presque envie de pleurer avec elle, si vous voulez,
06:49alors que moi, je n'étais pas dans la salle d'audience,
06:51mais simplement l'idée de ce qu'elle avait vu, il y avait une sorte de contagion du démon.
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