00:00Vous avez vu et entendu les réactions à l'accord conclu entre le parti socialiste et Sébastien Lecornu sur la suspension de la réforme des retraites.
00:07Bruno Rotaillot chez Les Républicains dit que le Premier ministre est désormais votre otage, l'otage des socialistes.
00:13On entend que vous êtes les alliés de la Macronie et on entend même que les socialistes se sont vendus à Emmanuel Macron.
00:19On a entendu des militants socialistes dire ça ces derniers jours. Est-ce que vous vous êtes vendu au chef de l'État ?
00:25– Alors il y a plusieurs réponses. La première, M. Rotaillot, qui a mis en désordre le gouvernement là ces derniers jours ?
00:33Ce sont les socialistes ? Non, c'est l'ancien ministre de l'Intérieur. C'est lui qui a démissionné…
00:39– En quittant le gouvernement pour cause de présence de Bruno Le Maire.
00:41– Oui, et donc c'est lui qui a mis d'une certaine façon la pagaille dans son camp, ce qui est quand même un paradoxe.
00:45– Et quand il vous dit que vous êtes l'otage, aujourd'hui vous détenez le gouvernement en otage en quelque sorte ?
00:49– Il se trouve qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
00:52Et donc le gouvernement, s'il veut tenir, doit composer, doit faire des compromis.
00:58C'est ça dans une république parlementaire, qu'elle est aussi parlementaire.
01:02Elle est présidentielle, éligible de l'État au suffrage universel, mais elle est parlementaire.
01:06Donc il faut qu'il y ait des discussions.
01:08Quelles ont été ces discussions ?
01:10Ce n'est pas pour un intérêt pour le Parti Socialiste, c'est pour les Français.
01:14Suspendre une réforme des retraites qui avait été jugée, d'ailleurs sur tous les bancs de l'Assemblée,
01:19injuste et brutale dans son mode d'adoption.
01:24Donc à partir de là, est-ce que c'est au détriment du pays qu'il y a eu cette concession qui a été faite ?
01:31Non. Est-ce qu'en faisant cela, nous avons permis à des Français de pouvoir partir à la retraite plus tôt ?
01:38Oui. Est-ce que nous avons permis de retrouver de la stabilité ?
01:41Oui. Est-ce que nous avons permis d'ouvrir une discussion budgétaire ?
01:43Oui.
01:44– Mais en vous alliant avec Sébastien Cornu.
01:45– Oui. – Mais ce n'est pas en choisissant…
01:48– En lui permettant de rester à Matignon notamment.
01:50– Mais quelle était l'autre solution ?
01:52Toujours deux solutions.
01:53– Oui.
01:53– Si nous n'avions pas fait ce choix…
01:55– La dissolution.
01:56– La censure. Donc nous aurions voté la censure.
01:58La dissolution. Qu'aurait produit la dissolution ?
02:01D'abord des élections.
02:03Bon. Donc il n'y aurait pas de budget.
02:05Donc ça serait le budget de l'année précédente qui s'appliquerait,
02:08ça serait dans les pires conditions pour les Français.
02:10Donc nous avons épargné aux Français le fait qu'il n'y ait pas de budget à la fin de l'année.
02:14Deuxième avantage, s'il y avait eu des élections,
02:19est-ce que nous aurions eu une majorité absolue pour quelques partis que ce soit ?
02:25Plus probablement non. Le risque étant plutôt le rassemblement national…
02:29– Ce qui veut dire tout de même, François Hollande,
02:31que vous avez peur aujourd'hui de consulter le peuple français et peur d'aller aux urnes.
02:35– Non, je ne suis pas sûr que ça aurait donné ce résultat.
02:36Non, ça n'aurait pas forcément donné ce résultat.
02:38Mais c'était un risque d'avoir une assemblée encore plus ingouvernable.
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