00:007h48, Benjamin Duhamel, votre invité et maire, les Républicains de la ville de Meaux.
00:10Bonjour Jean-François Copé, merci d'être avec nous ce matin au micro de France Inter.
00:14Alors je compte sur votre liberté de ton pour essayer de nous expliquer sans langue de bois
00:18ce qui se passe à droite, entre guerre des chefs, incohérence idéologique, on n'y comprend plus rien.
00:23Mais d'abord, dans un peu plus d'une heure, les motions de censure contre Sébastien Lecornu seront
00:27soumises au vote, cela va se jouer à une vingtaine de voix près.
00:30Si vous aviez été député, Jean-François Copé, est-ce que vous auriez censuré le gouvernement ?
00:34Je vais vous répondre, mais il faut qu'on fasse d'abord un petit point à date de la tragédie qui continue
00:39lassablement à dévorer la France.
00:41Ce spectacle lamentable qui conduit aujourd'hui à ce que l'EPS, qui lui-même est totalement rongé
00:48par ses compromissions avec l'FI, impose la pire des décisions, suspendre la réforme des retraites
00:55à 62 ans et 9 mois, devant les yeux ébahis du monde entier, et notamment des marchés
01:00financiers qui risquent de nous imposer une terrible sanction, et puis en plus de rétablir
01:04l'ISF, qui va faire fuir toute une série de familles.
01:07Ce n'est pas tout à fait rétablir l'ISF, c'est une taxe sur les holdings, ce n'est pas l'ISF.
01:10Ce qui fait que toute une série d'entreprises familiales vont partir dans l'Italie de Mme
01:14Méloni, qui en rigole encore.
01:17Qu'est-ce qui fait qu'on en est arrivé là ? D'abord, vous avez un Premier ministre de droite,
01:20qui a absolument renoncé à toutes ses convictions pompidoliennes, pour céder à la pire des
01:28compromissions sur ordre du Président de la République.
01:29Vous avez LR, les Républicains.
01:31Pardon Jean-François Coupé, mais j'y dis, c'est pour la stabilité, vous préférez quoi ?
01:35La censure, la dissolution ?
01:38Je vais y venir.
01:38Il a donc renoncé, en se compromettant au plus haut point, à tout ce qui fait les convictions
01:44de la droite française dont il est issu.
01:46L'autre élément, naturellement, c'est que les LR de leur côté, rongés par leur division,
01:51vous l'avez évoqué, n'ont pas trouvé les voies et moyens pour aller rappeler au Président
01:56de la République, avant que ce gouvernement ne soit fait, que notre ADN, c'est non pas
02:00d'augmenter les impôts, mais de baisser les dépenses, de mettre le paquet sur la
02:03sécurité et sur l'immigration.
02:05Moyennant quoi ? Le pire dans tout ça, c'est un Président de la République qui poursuit
02:09la néronisation de notre pays, c'est-à-dire qui, de manière méthodique, considère
02:14qu'il vaut mieux brader la totalité de son héritage politique, plutôt que de perdre
02:18son poste.
02:19Voilà où nous en sommes aujourd'hui.
02:20Donc, Jean-François Copé, si je suis la logique de ce que vous dites, si vous étiez
02:25député, vous censureriez Sébastien Lecornu ?
02:26Ayant dit tout cela, et vous avez raison de rappeler que je ne suis pas député, et
02:30donc chacun doit être à sa place, mais ayant dit tout cela, il y a une chose qui est
02:33certaine, c'est que ce soit maintenant ou à la fin du processus budgétaire, il est
02:38impossible que ce gouvernement ne soit pas censuré.
02:40La question aujourd'hui, c'est une question de droit, si nous n'ouvrons pas le débat
02:44budgétaire, nous mettons la France dans la paralysie la plus totale.
02:48Bon, donc il faut ouvrir ce débat budgétaire, mais je ne vois pas comment on pourra adopter
02:52à droite un projet qui est à ce point un renoncement de toutes nos conditions et surtout de l'intérêt
02:57de la France.
02:57Le débat n'est pas tant de savoir si le budget sera voté ou pas in fine, c'est de savoir
03:01si ces députés dont vous parliez, les députés, les républicains, doivent ou non voter
03:05la censure.
03:06Est-ce que ces députés-là, est-ce que la famille politique qui est la vôtre, les républicains,
03:10doit dire, compte tenu de ce que vous évoquez sur la fiscalité, on doit censurer un budget
03:15avec lequel on n'est pas d'accord ?
03:16Ma réponse est que, que ce soit maintenant ou que ce soit un peu plus tard dans l'automne
03:21en fonction de ce qu'on verra du produit, parce qu'on va bien voir comment tout ça
03:23va se passer, je ne vois pas comment ce gouvernement peut tenir jusqu'à la fin de l'année.
03:27Mais vous ne répondez pas à ma question.
03:28Mais si je vous réponds, c'est soit maintenant, soit il y a d'autres moments pour vanter
03:33une censure, et vous savez qu'il y en aura d'autres dans les deux mois qui viennent.
03:36Donc en réalité...
03:36Donc il faudra que la droite censure Sébastien Lecornu.
03:38À un moment ou à un autre, c'est inévitable.
03:40Mais enfin écoutez, on ne peut pas nous cautionner, on ne peut pas cautionner jusqu'à
03:44la fin des temps, un budget qui est à ce point le renoncement de toutes nos convictions.
03:49Donc c'est important ce que vous nous dites ce matin, la droite devra censurer le gouvernement,
03:51donc le parti gaulliste devra être responsable de l'instabilité, d'une censure, de nouvelles
03:59élections législatives.
04:00Qui pensez-vous apporteront de la stabilité au système politique français ?
04:03Vous avez tout à fait raison, parce qu'effectivement, comme c'est une descente aux enfers, il faut
04:06continuer les différentes étapes.
04:08Effectivement, ce qui est le plus irresponsable, le plus grave de tout, c'est qu'Emmanuel Macron
04:15puisse considérer que la réponse au désordre qu'il a provoqué, c'est
04:21de refaire une dissolution.
04:22Pourquoi ? Parce qu'en réalité, une dissolution, c'est encore une manière pour lui de préserver
04:26son siège de président dans les pires conditions, en faisant mine d'oublier que s'il y a une
04:32dissolution et que les Français revotent et qu'on se retrouve dans la même absence
04:36de majorité, là il est tellement désavoué qu'il est obligé de partir, sauf que la Constitution
04:41prévoit que pendant un an, on ne peut plus à nouveau dissoudre.
04:43Donc ça veut dire une paralysie encore plus grave du pays.
04:47C'est pour cela que j'ai dit, Urbi et Torbi, qu'il n'y a pas d'autre solution
04:51pour lui dans la grandeur que de programmer sur six mois sa démission.
04:56Tout le monde dit, ah ouais non, mais de toute façon il ne le fera jamais, donc cherchons
04:59autre chose.
04:59Vous imaginez à quel point nous dépendons, notre pays dépend, du blocage que provoque
05:04un seul homme qui oublie les responsabilités historiques qui sont les sujets.
05:09Donc Jean-François Copé, si je suis le plan de vol qui doit être celui des députés
05:13de droite, censurer à un moment ou à un autre le budget et ensuite pousser le président
05:17de la République à partir de façon programmée pour qu'il y ait une nouvelle élection présidentielle.
05:21Je ne vois pas d'autre issue que celle-là, je le dis Urbi et Torbi, c'est une folie.
05:25Nous avons un président de la République qui a choisi la pire des décisions, qui est
05:31de s'accrocher quoi qu'il arrive à son poste en oubliant qu'en réalité, la seule
05:36réponse à la crise politique que nous vivons, c'est de revenir devant les Français, pas
05:40en cinq minutes, parce que si on fait ça dans les manières anticipées en 30 jours, c'est
05:45une porte ouverte à l'extrême droite dans les pires conditions.
05:48Vous ne pensez pas qu'une présidentielle anticipée favoriserait le Rassemblement national ?
05:52Vous avez vu les sondages où Marine Le Pen, Jordane Berdella sont à 32, 33% ?
05:56Une dissolution anticipée va évidemment la favoriser.
05:59Et pas une présidentielle anticipée ?
06:00Ça dépend, parce que la présidentielle anticipée telle que je l'ai imaginée, c'est
06:04pas en trois semaines, c'est en six mois.
06:07C'est-à-dire qu'il démissionnera au lendemain des municipales, ce qui donne encore 30 jours.
06:10Ça nous amène à ce moment-là au mois de mai et ça permet, un, aux partis politiques
06:14de s'organiser pour choisir leur candidat, deux, d'avoir un débat de fond.
06:17Et là, on testera les propositions de M. Mélenchon et de Mme Le Pen et
06:21Berdella, et on verra qu'elles ne tiennent pas la route, en réalité.
06:25Et ça, on a besoin de temps pour faire ce débat.
06:27C'est le côté complètement inégal du combat que doivent mener les partis de gouvernement
06:31face à des partis populistes.
06:32On ne peut pas traiter ce sujet en 15 jours.
06:34Juste, Jean-François Copé, quand vous entendez Laurent Wauquiez à la tribune de l'Assemblée
06:37nationale et dire à ses députés « Non, non, il ne faut pas censurer, au fond, on
06:39ne peut pas être du côté du bazar. »
06:41Là où il a raison, c'est qu'on n'est pas là pour être complice du bazar.
06:45Et on est là d'abord pour dire qu'il y a un moment où on ne peut pas...
06:47Enfin, si vous dites qu'il faut censurer...
06:49Non mais, encore une fois, je vous l'ai dit, ça peut être soit maintenant, soit
06:53dans les deux mois qui viennent, et encore une fois, c'est important ce que je vous
06:56dis, parce qu'il faut qu'on ait une discussion budgétaire.
06:59Mais derrière tout ça, il ne faut pas s'y tromper.
07:01Si nous renions nos convictions, à ce moment-là, c'est plutôt programmer la disparition
07:06de la droite française.
07:07C'est d'autant plus dingue qu'aujourd'hui, la majorité des Français attend une politique
07:11de droite.
07:11Vous parlez de vos convictions, tout cela arrive dans un contexte, dans un moment où se pose
07:16la question de ce qu'on appelle l'union des droites.
07:18Bruno Rotailleau qui appelle à battre un candidat de gauche face à un candidat soutenu
07:21par le RN.
07:22François-Xavier Bellamy qui vote avec Jordan Bardella à Bruxelles.
07:24Le maire de Cannes, David Lysnard, qui est plus qu'ambigu sur le sujet dans les colonnes
07:28de Valeurs Actuelles.
07:29Est-ce que c'est inéluctable, l'union des droites avec le Rassemblement National ?
07:30Moi, je n'arrive pas à comprendre.
07:32Parce que ce qu'on appelle l'union des droites, encore un terme imposé par d'autres
07:36que par des partis de gouvernement, présupposerait que le Rassemblement National
07:40est de droite.
07:40En fait, le Rassemblement National n'est pas du tout de droite.
07:42Je rappelle que...
07:43Qui impose ce débat ?
07:45Vous savez que ça fait partie des grands débats du moment.
07:48Je réponds juste là-dessus.
07:49Le Rassemblement National, il faut que chacun l'entende, y compris les électeurs de droite
07:52qui supportent tellement plus la gauche, qui se disent s'il faut en passer par une
07:55alliance avec le RN.
07:56Je leur rappelle que le Rassemblement National, sur le plan économique, est socialiste.
08:00La première niche qu'ils ont déposée il y a un an, je le dis aussi à M.
08:02Lysnard qui veut en parler, je lui rappelle que la première niche déposée par
08:06le Rassemblement National, c'était pour suspendre la réforme des retraites.
08:10Vous voyez ? C'est-à-dire le programme de Mélenchon, comme par hasard.
08:13Donc en réalité, moi je...
08:15Attendez, pardon Jean-François Copé, vous avez soutenu dans la candidature à la tête
08:18des Républicains Bruno Retailleau.
08:19Bruno Retailleau qui, une fois désigné président des Républicains, quand il y a une partielle
08:22entre une socialiste et un candidat soutenu par le Rassemblement National, dit pas une
08:26voix pour la gauche.
08:27Donc pardon, mais c'est exactement l'inverse de ce que vous nous dites ce matin.
08:29C'est pas l'inverse, mais c'est pas ce que je dis.
08:31Parce que je suis très clair et j'ai toujours considéré qu'il fallait s'opposer au
08:35parti extrémiste, au parti populiste.
08:37Alors je suis d'autant plus à l'aise pour le dire.
08:38Donc vous n'auriez jamais dit dans cette partielle, vous n'auriez jamais dit pas une
08:41voix pour la gauche, vous auriez dit quoi ?
08:42Mais j'aurais dit que je ne vois pas où est notre place quand il s'agit de choisir
08:46entre le Rassemblement National d'un côté et le PS allié à Mélenchon de l'autre
08:50côté.
08:50Voilà.
08:51Donc c'est tout.
08:51Et j'ai toujours été parfaitement clair là-dessus.
08:53Mais aussi parce que je considère qu'en réalité, nous avons très peu de points communs
08:57avec le Rassemblement National.
08:59Il va falloir qu'une bonne fois pour toutes, on se le dise.
09:01Que ce soit sur le plan économique, je viens de vous le démontrer, Madame Le Pen, elle
09:04pour le rétablissement de l'ISF et pour la suppression de la réforme de l'État.
09:07Donc vous ne soutiendrez jamais une quelconque alliance, que ce soit législative ou pas,
09:12avec le Rassemblement National.
09:13J'ai toujours été très clair là-dessus.
09:15Et j'ajoute, pour être tout à fait complet, que même sur les aspects régaliens,
09:21M. Bardella comme Madame Le Pen ne disent jamais rien de concret.
09:25C'est juste une marque.
09:26Et qu'est-ce qu'il y a derrière tout ça ?
09:27Une réalité.
09:28C'est qu'on se ment tous.
09:29On privilégie l'émotion parce que les Français en ont ras-le-bol et on oublie l'histoire.
09:37Moi, j'aimerais juste vous dire une dernière chose là-dessus.
09:38Les Français, ils ne supportent plus de voir ce spectacle lamentable.
09:42Et il faut se souvenir de son histoire.
09:43Ils détestent les Français que leur pays soit humilié.
09:46Et dans ces moments-là, il peut même leur arriver de préférer la dictature à la démocratie.
09:50Et dans ce domaine-là, j'invite à écouter les podcasts de Philippe Collin.
09:52J'ai vu que Philippe Collin était votre invité.
09:54Parce que lui, au moins, il fait partie de ceux qui font ce travail d'histoire
09:59et qui permet de rappeler les ravages de l'extrémisme et de l'antisémitisme.
10:03Merci beaucoup Jean-François Copé qui dit donc ce matin
10:05qu'aujourd'hui ou dans deux mois, il faudra censurer le gouvernement Le Cornu.
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