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L'historien, Georges Bensoussan, était l’invité de #LaGrandeInterview de Sonia Mabrouk dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00La grande interview sur CNews et Européens au moment où le monde regarde vers Israël et après la libération des otages,
00:07au moment où le monde regarde vers l'Egypte pour la déclinaison du plan de paix de Donald Trump,
00:12mon invité porte quant à lui un regard lucide et averti, c'est le regard de l'historien.
00:17Bonjour et bienvenue Georges Bensoussan.
00:19Bonjour Sonia Mouk.
00:20Merci d'être avec nous.
00:21Vous êtes également l'auteur du livre « Les origines du conflit israélo-arabe »
00:24auquel il faudra sans doute ajouter désormais un ou plusieurs chapitres.
00:27Et c'est justement un chapitre qui était tant attendu par leur famille.
00:31Les otages sont rentrés chez eux hier.
00:33On a vu des scènes de liesse, de grandes émotions collectives,
00:36notamment sur la place des otages à Tel Aviv.
00:39Écoutons un peu ce son, ces éclats de joie qui sont montés hier.
00:57Et parmi les libérés, notamment Georges Bensoussan, il y a tant d'histoires,
01:03il y a Eviatar David, c'est l'otage qui avait été filmé squelettique dans un tunnel de Gaza
01:07et son état avait justement choqué le monde entier.
01:11Toutes ces histoires, toutes ces libérations hier,
01:13que traduisent-elles profondément dans la société israélienne ?
01:16Ils traduisent le fait que depuis deux ans,
01:19la question des otages a profondément traumatisé la société israélienne
01:23parce qu'il y a un crédeau dans l'histoire d'Israël depuis 1948,
01:28on ne laisse jamais l'un des siens derrière les lignes ennemies,
01:32y compris l'un des siens morts, tués.
01:35Et on fait tout pour récupérer son cadavre et a fortiori, bien évidemment,
01:39le ramener s'il est vivant.
01:40Donc ça, c'est un crédeau auquel on n'a jamais dérogé.
01:43Donc la société israélienne a été fracturée, empoisonnée profondément,
01:48tirée vers le bas par le fait qu'il y avait 251 otages qu'il fallait ramener.
01:53Et c'était un chantage cruel.
01:55Hamas savait très bien ce qu'il faisait.
01:56Il jouait sur l'émotion et l'émotivité de la population israélienne.
02:00Il savait que c'était l'accord de sensible
02:01et il a donc fait durer cet horrible plaisir jusqu'au dernier jour
02:05pour donner aujourd'hui 20 otages vivants dans un triste état psychique.
02:10Physiquement, ils ne sont pas trop dégradés parce qu'ils sont très jeunes,
02:12mais psychiquement, ils vont avoir du mal à se reconstruire.
02:15S'ils se reconstruisent un jour, vous savez qu'il y a eu plus de 15 suicides
02:17parmi les rescapés ou même parmi les gens qui sont revenus.
02:23Donc c'est une libération extraordinaire au sens où la société israélienne
02:26est délivrée de ce poids.
02:28Délivrance.
02:28Voilà, oui.
02:29Délivrance et le mot hier de l'artisan, en tous les cas,
02:32de ce qui s'esquisse en ce moment, la paix, Donald Trump.
02:35Il a reçu une avalanche, Georges Bensoussan, de félicitations hier à la Knesset.
02:39Son rôle a été déterminant pour aboutir à ce résultat.
02:42Et les mots qui ont été employés hier, les mots de paix,
02:46toujours dans cette région marquée depuis toujours par la guerre et la violence,
02:51une nouvelle aube de paix.
02:53Qu'en pensez-vous ? Vraiment, il faut y croire ?
02:56Je pense qu'au risque de gâcher le plaisir, je pense que c'est une trêve
03:02qui a été conclue hier.
03:03Tout le mérite en revient à Trump, ça c'est indéniable.
03:06Comme le mérite en revient également à Trump d'avoir aidé les Israéliens
03:09dans l'anéantissement, peut-être pas, mais en tous les cas,
03:12dans le retardement de la menace nucléaire iranienne
03:15pour Israël et pour tous les États arabes de la région.
03:17D'ailleurs, vous savez qu'il y a une coopération secrète militaire
03:20entre un grand nombre d'États arabes, y compris l'Égypte, la Jordanie
03:23et même le Qatar, pour contrer la menace iranienne avec les Israéliens.
03:27Donc là-dessus, le mérite de Trump est indéniable.
03:30Mais parler de paix, bon, ça fait partie de la rhétorique de Donald Trump,
03:33on peut la lui laisser, je crois qu'on est dans une trêve,
03:36une énième trêve dans une histoire qui ne connaît jamais de paix,
03:40mais uniquement des trêves, des interruptions de conflits
03:42depuis 140 ans quand même, il faut le signaler.
03:45C'est un conflit qui dure depuis presque un siècle et demi
03:47alors qu'il concerne 15 millions de personnes,
03:49entre Israéliens et Palestiniens, ça fait environ 15 millions,
03:52et un territoire grand comme quatre départements français.
03:55On va continuer à parler de cette grande histoire,
03:57Georges Ben Soussan, il y a aussi la petite histoire entre guillemets
04:00parce qu'à ce même sommet pour la paix,
04:01Emmanuel Macron d'abord a tenu à s'y rendre,
04:04malgré la situation politique chaotique qui est la nôtre en France.
04:07Le président français a été en quelque sorte épinglé,
04:09éraillé hier par Donald Trump.
04:11C'est une image aussi qui peut faire mal quand on aime son pays.
04:14C'est une séquence, on voit la première ministre italienne aussi rire de tout cela.
04:18Trump, c'est étonnant qu'Emmanuel Macron ne soit pas sur l'estrade à ses côtés
04:22pour récolter en quelque sorte les lauriers de la paix.
04:24Quelle image renvoie notre pays en ce moment ?
04:27Une image d'un pays dont la politique est erratique
04:29et dont la parole est démonétisée.
04:31C'est bien ça le drame, je veux dire,
04:32ce n'est pas la parole de la France qui est démonétisée,
04:34c'est la parole d'Emmanuel Macron qui est démonétisée.
04:37Elle est démonétisée à l'intérieur, il est très peu écouté.
04:39Lorsqu'il passe désormais pour une interview sur une chaîne,
04:42les scores d'audience s'effondrent.
04:44Et il est démonétisé également à l'international
04:46parce qu'il a pris des positions erratiques,
04:48ne serait-ce que sur la question de la Palestine, pas sur le fond.
04:51Il a toujours dit oui à la reconnaissance,
04:52mais à la condition d'une démilitarisation du Hamas,
04:55la libération des otages,
04:57la reconnaissance par tous les pays arabes de la région d'Israël.
04:59Aucune de ces trois conditions n'était remplie le 22 septembre.
05:04Il a quand même reconnu l'État de Palestine.
05:05Donc il l'a fait, disons de façon prématurée,
05:07de façon très imprudente.
05:08Pourquoi ? Je crois qu'il y a chez lui un côté très narcissique
05:12qui veut à toute force exister.
05:15Et comme il n'existe plus sur la scène nationale,
05:18il tente d'exister sur la scène internationale,
05:19avec quand même cette constante chez lui
05:21de ne reconnaître et d'insumer aucune responsabilité
05:24dans la situation chaotique dans laquelle on est ici,
05:27à l'intérieur, en France.
05:29Ce qui va perdurer au-delà de tout cela, de ces histoires-là,
05:32c'est une grande incompréhension quand même, Georges Bensoussa,
05:35entre Israël et l'Occident,
05:36soit même une défiance, que ce soit en France ou ailleurs en Europe,
05:39les actes antisémites explosent.
05:41Les manifestants pro-palestiniens imposent leur vue
05:44dans les universités, sur les campus.
05:45Il y a aussi un parti pris médiatique pour parler
05:48ou laisser parler de génocide.
05:50Cette poussée de fièvre, elle ne va pas retomber de si tôt, selon vous ?
05:54Je pense que non.
05:55La poussée de fièvre va se calmer, sans doute,
05:57mais il y a toujours un effet cliqué en matière d'antisémitisme.
05:59C'est-à-dire qu'on arrive à un certain seuil
06:01et on ne revient jamais en arrière.
06:03C'est-à-dire que les esprits s'habituent
06:05à un certain niveau de violence.
06:06Et il est très difficile de faire comme si ce niveau de violence
06:09n'avait pas été atteint.
06:10C'est la première chose.
06:11La deuxième chose, je ne suis pas sûr
06:13que l'Occident, dans sa version large,
06:16y compris les États-Unis, le Canada, l'Europe occidentale,
06:19l'Europe tout entière, pas occidentale,
06:21l'Europe des 27,
06:22soit aujourd'hui dans une position à Israël.
06:26C'était beaucoup plus vrai il y a 20 ans,
06:27c'est beaucoup moins vrai aujourd'hui,
06:28parce que la menace islamiste s'est précisée,
06:30et c'est la même menace qui frappe aujourd'hui
06:32l'Europe et le monde occidental,
06:34c'est-à-dire un intégrisme islamique
06:36qui est extrêmement dangereux sur le fond
06:37pour les libertés fondamentales.
06:39Donc il y a un divorce entre certaines minorités agissantes
06:42et l'État d'Israël, oui,
06:44mais qui impose leur voix
06:45parce qu'elles sont très audibles dans l'espace public,
06:48parce que, par exemple, en France,
06:50l'audiovisuel public leur est totalement acquis
06:52et les autres voix...
06:54L'audiovisuel public totalement acquis
06:55ni à la cause de ces minorités...
06:57Oui, totalement acquises,
06:59dans la mesure où les voix discordantes
07:01ne sont jamais invitées,
07:03ni sur la 2, ni sur France 5,
07:06ni sur France Culture,
07:07ni sur France Inter et les autres.
07:08Il y a un véritable problème ici de démocratie.
07:11Vous-même, vous ne l'êtes pas ?
07:12Jamais.
07:13On peut noter quelques exceptions.
07:14Arthur, par exemple, l'animateur,
07:16il vient de publier un ouvrage,
07:17a pu en parler sur le service public,
07:19mais ça reste des exceptions.
07:20Ça reste des exceptions.
07:21Vous avez parlé de mon propre exemple
07:23depuis le 7 octobre 2023,
07:25mais on peut donner d'autres,
07:26Michel Onfray et beaucoup d'autres
07:27qui ne sont jamais invités.
07:29Donc, le divorce, là, je le nuancerai.
07:31Mais en revanche, ce qui est certain,
07:33c'est que l'accusation de génocide
07:36qui a été prononcée
07:37a gagné du champ dans l'opinion,
07:40effectivement, par ce martèlement médiatique,
07:42à savoir qu'on ne met même plus
07:43de guillemets à génocide,
07:44et c'est devenu une vérité d'évidence,
07:46alors que n'importe quel enfant,
07:48même de 10 ans, 12 ans,
07:49lui n'en pas d'être un historien et un adulte,
07:51verrait que cette accusation
07:52ne tient pas la route.
07:53Je voudrais quand même rappeler une chose,
07:54il y a eu 80 000 naissances
07:56dans la bande de Gaza l'année dernière.
07:58Vous connaissez une situation de génocide
07:59où il y a un taux de natalité pareil ?
08:01Vous connaissez une situation de génocide
08:03où on demande à la population
08:04de quitter les zones de combat
08:06pour aller vers le sud ?
08:07Dans une situation de génocide,
08:09on enferme la population
08:10pour mieux la tuer.
08:11C'est le cas des Arméniens,
08:12c'est le cas des Tutsis,
08:13c'est le cas des Juifs durant la Shoah.
08:15On ne lui demande pas de partir.
08:17Est-ce qu'on connaît une situation de génocide
08:19où on demande un cessez-le-feu ?
08:21Enfin, c'est cocasse.
08:22Si la situation n'était pas tragique,
08:24on pourrait en rire.
08:25Alors pourquoi la bataille sémantique
08:26a été perdue ?
08:27Pourquoi le mot génocide ?
08:28Elle a été perdue
08:30parce qu'un certain nombre
08:31d'intellectuels
08:32aidés par les médias publics
08:34ont enfourché ce cheval de bataille-là.
08:36Pourquoi ?
08:37Parce que l'accusation de génocide
08:40dans les sociétés sécularisées
08:41comme les nôtres,
08:42c'est l'équivalent
08:43de l'accusation de déicide
08:44dans les sociétés religieuses.
08:46Qu'est-ce qui vous vaut
08:46la mise hors l'humanité ?
08:47La mise hors l'humanité,
08:49c'est le crime suprême.
08:50Le crime suprême
08:51dans les sociétés religieuses,
08:53c'est la mort de Dieu,
08:55la mort du Fils de Dieu,
08:56en l'occurrence Jésus.
08:57Dans les sociétés sécularisées,
08:59c'est la mort de masse
09:00d'un autre peuple.
09:01C'est la meilleure mise en accusation
09:03de l'État d'Israël
09:04pour mieux le délégitimer.
09:05Pourquoi ?
09:06Parce que ça vient
09:07d'un raisonnement
09:09totalement pervers sur le fond
09:11et totalement erroné
09:12sur le plan historique.
09:12que cet État
09:14serait né du génocide.
09:15Non, cet État
09:16n'est pas né du génocide,
09:17mais en l'accusant de génocide,
09:19tous ceux qui propagent
09:19cette idée
09:20estiment qu'il a perdu
09:22sa légitimité.
09:23Donc en clair,
09:24et c'est ça qui est pervers,
09:25accuser cet État
09:26de génocide,
09:28c'est paver le chemin
09:29d'un véritable génocide
09:30à venir
09:31qui consistera demain
09:32dans la destruction
09:32de cet État.
09:33Parce qu'il ne faut pas
09:34hésiter à le dire,
09:36si demain il y avait
09:36destruction de l'État d'Israël,
09:38il y aurait départ
09:39d'une partie de la population
09:40et massacre d'une autre.
09:41Mais nous sommes dans un monde
09:42manichéen,
09:43Georges Bensoussan,
09:43du bien et du mal,
09:44du faible et du fort.
09:45L'État d'Israël,
09:46malgré ce que vous dites
09:47et les clarifications historiques,
09:50il apparaît comme le puissant
09:51par rapport à l'agressé.
09:53L'État hébreu reprend
09:54entre le monde blanc,
09:55le monde riche,
09:56le monde,
09:57je dis bien,
09:57représente,
09:58colonisateur quand même.
09:59Donc toujours en faute,
10:01toujours coupable.
10:01En fait,
10:02derrière l'accusation,
10:03la mise en accusation
10:04permanente d'Israël,
10:05vous avez la mise
10:05en accusation permanente
10:06de l'Occident,
10:07la mise en accusation
10:08permanente des Lumières,
10:10du mouvement des Lumières,
10:11parce que c'est le sionisme
10:12qui a donné naissance
10:13à l'État d'Israël
10:14et non pas la Shoah ?
10:15Le sionisme,
10:15c'est l'enfant des Lumières,
10:17c'est l'enfant
10:17de toute la pensée libérale
10:18des XVIIe et XVIIIe siècles
10:20qui a inventé
10:21la raison critique
10:22ou du moins
10:23qui l'a promue,
10:24qui a inventé le sujet
10:25par rapport au groupe
10:26et par rapport à la tribu,
10:27à savoir que
10:27notre identité,
10:29ce n'est pas nos racines,
10:30c'est fondamental
10:30de comprendre ça
10:32et c'est l'Occident
10:32qui a inventé cela,
10:33les droits de l'homme,
10:34idem,
10:34l'abolition de l'esclavage,
10:36idem,
10:37je rappelle que
10:37l'Occident a participé
10:39à l'esclavage
10:39mais il l'a aboli
10:40comme il a aboli
10:41la traite en 1818.
10:43Donc quand on porte
10:44un regard historien
10:45sur toute cette histoire,
10:46on voit que
10:46ce n'est pas seulement
10:47l'État d'Israël
10:48qui est mis en accusation,
10:49c'est tout ce que nous représentons
10:50ici comme valeur des Lumières,
10:52comme valeur d'émancipation,
10:53d'égalité hommes-femmes,
10:54bref,
10:55tout ce qui a fait
10:55profondément
10:56le bonheur
10:57de ce qui représente
10:58la démocratie
10:59et l'héritage des Lumières.
11:00Un tel regard d'historien
11:01tel que vous le portez,
11:02je vous en remercie ce matin
11:03sur CNews et Europe 1,
11:04il est confronté
11:05à une communication
11:06parfois de masse,
11:07à des paroles fortes,
11:08notamment portées
11:09par Rima Hassan
11:11quand elle dit
11:11nous sommes la génération
11:12palestiniste.
11:13C'est ce qu'elle a clamé
11:14de retour de la flottie
11:15pour Gaza.
11:16Elle affirme elle-même
11:16avoir subi des violences
11:18de la part de soldats israéliens.
11:19Marine Tondelier
11:20a parlé quant à elle
11:21avant de s'excuser
11:22de déportation
11:23sur la situation
11:24des membres
11:24de cette flottie déplacée.
11:26Est-ce que le regard
11:27de l'historien
11:27et les analyses nuancées
11:29peuvent quelque chose
11:30face à ces phrases
11:32qui s'imposent
11:33partout et dans les médias ?
11:34Face à la communication
11:35de masse,
11:36c'est très difficile
11:37effectivement.
11:37Mais en même temps,
11:38sans les outils
11:39de l'historien,
11:40sans les outils
11:40de l'analyse,
11:41on ne pourra pas avancer,
11:42on ne pourra pas donner
11:43une nourriture intellectuelle
11:45à ceux qui s'opposent
11:46à cette perversion
11:46du langage.
11:47Parce que ça n'est pas innocent
11:48qu'une Marine Tondelier
11:49utilise le mot déportation.
11:51Vous savez très bien
11:52ce que ça veut dire.
11:53On utilise le vocabulaire
11:54de la Shoah
11:54pour mieux retourner
11:55contre un peuple
11:56victime de la Shoah
11:57ceux qui a mené
11:58précisément aux crimes
11:59perpétrés contre lui
12:00et ce faisant,
12:01on tente de délégitimer
12:03l'État qui serait né
12:04dans leur imagination
12:05de la Shoah,
12:06ce qui est tout à fait
12:06fou historiquement.
12:07Mais quand Rima Hassan
12:09parle d'Israël
12:10comme d'une monstruosité
12:11sans nom
12:12ou comme la phrase
12:14que vous avez citée
12:15à l'instant,
12:16la génération palestine.
12:18En fait,
12:18quand on regarde
12:19dans le temps long,
12:20parce que ça c'est indispensable,
12:21il faut replacer
12:22tous ces événements
12:22dans le temps long
12:23qu'ils soient relatifs
12:24au conflit israélo-arabe
12:25comme relatifs même
12:27à l'actualité française.
12:28Bon,
12:29on constate,
12:30et là ça permet
12:31de nuancer,
12:32que ça s'inscrit
12:32dans une longue histoire.
12:34Cet engouement
12:35pour la Palestine,
12:36ces drapeaux palestiniens
12:37que l'on voit partout,
12:38cette cause
12:39qui n'est plus
12:39une cause politique,
12:40un sujet historique,
12:41parce que c'est un sujet
12:42d'histoire,
12:42le drame israélo-arabe.
12:44C'est un sujet historique
12:45qui peut se traiter
12:45et donc qui peut être résolu
12:47par l'histoire
12:47et par la politique.
12:48C'est devenu
12:49une véritable passion
12:50et une passion délétère.
12:52C'est devenu
12:52un véritable symptôme
12:53d'un monde en crise.
12:54Et quand on regarde cela,
12:55on ne peut pas faire
12:56l'économie du regard
12:57porté par les intellectuels,
12:59par un grand nombre
12:59d'intellectuels en France,
13:00en Occident aussi,
13:01mais en France,
13:02sur ce qu'a été
13:03la tyrannie communiste.
13:04Quand vous regardez
13:05la tyrannie communiste
13:06depuis 1920,
13:07vous voyez l'engouement
13:08d'un grand nombre
13:08d'intellectuels
13:09qui ont fermé les yeux.
13:10Avec la même inversion
13:11des valeurs.
13:13Absolument,
13:13une inversion totale
13:14du vocabulaire,
13:15des valeurs.
13:15Dans le cas d'Israël,
13:16voilà un État
13:17qui a décrété génocidaire,
13:18qui lui-même
13:19est menacé de génocide
13:20par un grand nombre
13:21d'ennemis
13:21qui veulent son éradication.
13:22Et qui le disent d'ailleurs,
13:23ils ne s'en cachent pas.
13:24Mais c'est lui
13:25qui est décrété génocidaire.
13:27Et quand on regarde
13:28la généalogie
13:29du regard porté
13:31sur le monde communiste,
13:32on ne peut être
13:32que frappé par
13:33la cécité
13:34d'un grand nombre
13:35d'intellectuels
13:35vis-à-vis de l'URSS,
13:36vis-à-vis du maoïsme.
13:38Regardez le nombre
13:39de grands intellectuels
13:41qui ont sacrifié
13:42au maoïsme,
13:42la révolution culturelle,
13:43le voyage en Chine,
13:44le petit livre rouge,
13:45Philippe Solaire sans tête
13:46et combien d'autres.
13:47Combien ont fermé les yeux
13:49sur le génocide cambodgien
13:50quand on avait
13:51les premières nouvelles
13:51en 1976 ?
13:53Ça n'est pas possible.
13:54Non, il n'y a pas
13:54de génocide au Cambodge.
13:55Et s'il y avait
13:56un génocide au Cambodge,
13:57précisément ?
13:58On pourrait comme ça
13:59multiplier les exemples
14:00si vous voulez
14:00où la vérité historique,
14:03prenons l'exemple
14:03de la Chine,
14:04c'était Simon Less.
14:06Mais Simon Less
14:06n'avait pas voix au chapitre,
14:08il a difficilement
14:09trouvé un éditeur,
14:10aucun média ne l'avait invité.
14:11Il est resté muet
14:11pendant très longtemps.
14:12Et surtout pas
14:13les médias de services publics.
14:14En revanche,
14:15avait voix au chapitre,
14:17Marion, Marie-Antonita Maciocchi
14:19qui avait écrit un livre
14:20d'une bêtise confondante
14:22qui s'appelait
14:22De la Chine au Seuil
14:24et qui a été un succès
14:24d'édition phénoménal.
14:26Voilà comment profondément
14:27le mensonge
14:28peut l'emporter
14:29sur le souci
14:30de vérité historique.
14:31Et on pourrait comme ça
14:32donner d'autres exemples
14:33historiques qui montrent
14:34que cet engouement
14:35pour la Palestine
14:35fait partie d'une véritable
14:37folie collective
14:37dont les historiens
14:39dans 50 ans
14:40feront l'analyse
14:41et d'une certaine façon
14:42auront honte
14:43de ce qui s'est passé.
14:45Honte de ce qui s'est passé.
14:46On va conclure
14:46avec cette question aussi
14:47parce que vous-même
14:48vous avez été souvent
14:49prise à partie
14:50vous avez suscité
14:51des réactions violentes.
14:52Il y a des fractures
14:53au sein des soutiens
14:54d'Israël,
14:55Georges Bensoussan.
14:56Je pense à Delphine Orvilleur
14:57l'écrivain et rabbin
14:58qui avait parlé
14:59d'une faillite morale
15:00de l'État hébreu
15:00à l'infiquel-croc
15:01de soutien
15:02que la colonisation
15:03est suicidaire pour Israël
15:04ce qui lui a valu
15:05lui aussi
15:05de virulentes attaques.
15:07Vous-même,
15:08je l'ai dit,
15:08votre discours d'historien
15:09est attaqué.
15:12Est-ce que la critique
15:13d'Israël
15:14est possible
15:14sans se voir accusée
15:15d'être aussi un ennemi
15:16de la liberté
15:17et de la démocratie ?
15:18Bien sûr que la critique
15:19d'Israël est possible
15:20et moi-même,
15:20je suis très critique
15:21envers ce gouvernement
15:22Netanyahou
15:22dont je pense
15:23qu'il est un danger
15:23pour l'avenir de ce pays.
15:25Un danger ?
15:26Vous le dites ainsi ?
15:27Oui, je le dis ainsi
15:28puisque j'ai assez
15:30d'expérience israélienne
15:31pour le dire
15:31et pour le savoir
15:32de l'intérieur.
15:33La société israélienne
15:34est profondément divisée,
15:35fracturée,
15:35elle connaît des problèmes
15:36gravissimes
15:37dont les médias français
15:38ne sont pas vraiment informés
15:39mais lorsque
15:40Mme Orvilleur
15:42parle d'une faillite morale
15:43d'Israël,
15:45mais pas de tout un peuple,
15:47pas de toute une armée,
15:49pas de toute une nation
15:50et on a vu la ferveur
15:50de cette nation
15:51qui n'est pas une nation
15:52de génocidaire
15:53parce que ce...
15:55J'ai pris position d'ailleurs
15:56sur cette question
15:57au mois de juin dernier
15:58et ça m'a valu
15:59une avalanche de condamnations
16:00contre Mme Orvilleur
16:02et d'autres.
16:02Je pense que derrière
16:03leur position morale,
16:05il y a d'abord
16:05des postures sociales,
16:07il y a des positions
16:07à défendre,
16:08il y a cette volonté
16:09d'être toujours bien vu,
16:10d'être du bon côté
16:11de l'histoire,
16:12d'être parmi ceux
16:13qui voient
16:15d'une certaine façon
16:16qui sauvent un peu
16:17leur âme
16:18et en même temps
16:19que sauver leur âme,
16:20ils sauvent
16:21leur position sociale
16:22et la possibilité
16:23d'être invités,
16:24d'être continués
16:25à être fréquentables,
16:26bref,
16:27de ne pas être jugés
16:28infréquentables
16:29comme je le suis moi-même
16:29et comme beaucoup d'autres
16:30le sont avec moi.
16:31Merci Georges Bensoussan.
16:33Puissiez-vous être invité
16:35partout ?
16:35C'est le moindre des choses
16:36pour le grand historien
16:37que vous êtes
16:37avec ce que vous avez produit.
16:39Qu'on soit d'accord ou pas,
16:40c'est le principe
16:40des interviews
16:41de la démocratie,
16:42de la liberté d'expression.
16:44Merci de le prouver
16:44encore ce matin.
16:45En tous les cas,
16:45c'est vous qui le mettez
16:46en pratique
16:47et je vous remercie infiniment.
16:48Merci beaucoup.
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