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La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet était l’invitée de #LaGrandeInterview dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Vous recevez Sonia Mabrouk, la présidente de l'Assemblée Nationale, Yael Brown-Pivet.
00:03Merci cher Dimitri, la grande interview effectivement sur Europe 1.
00:06Mon invitée ce matin est la présidente de l'Assemblée, Yael Brown-Pivet.
00:10Bonjour et bienvenue.
00:11Merci d'être là.
00:12Après l'adoption du budget, le Premier ministre Sébastien Lecornu
00:15a donc fixé son cap, Yael Brown-Pivet, dans les prochains mois.
00:18Énergie, défense, immigration, on va en parler alors qu'on a appris ce matin
00:22que le chômage malheureusement continue d'augmenter, de progresser.
00:26Et pendant ce temps, Emmanuel Macron, dans une interview à plusieurs médias européens,
00:30ne parle que d'Europe.
00:31Je vous pose la question, est la France dans tout ça ?
00:34Est-ce que vraiment on va avoir une année utile pour notre pays
00:36ou est-ce que ce ne sont que des mots ?
00:38Alors une année utile, ça dépend de nous.
00:40Ça dépend de nous, hommes et femmes politiques qui sommes aux responsabilités,
00:46que l'on soit dans la majorité ou dans l'opposition.
00:48Et donc il faut de la volonté, une volonté déterminée pour pouvoir avancer.
00:54Et effectivement, hier j'étais aussi à Matignon avec le Premier ministre
00:58et un certain nombre de responsables de la majorité
01:00pour regarder très concrètement quel serait le calendrier des prochains mois,
01:05quelles seraient les priorités.
01:07Je pense qu'il y a des voies de passage à l'Assemblée nationale
01:09pour un certain nombre de réformes.
01:11Et puis je rappelle quand même que tout ne passe pas par l'Assemblée nationale
01:14et que le gouvernement a un certain nombre de leviers et de voies d'action
01:19qui ne sont pas de la législation.
01:21Et je pense particulièrement à ce qu'on va faire cet après-midi
01:25à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire du contrôle sur les lois votées.
01:28Parce qu'on a voté beaucoup, beaucoup, beaucoup de lois,
01:31mais la plupart d'entre elles ne sont pas pleinement appliquées.
01:34Et donc en fait c'est comme si on faisait des promesses
01:37qui n'ont pas du tout quasiment pas été appliquées.
01:40Regardez les lois agricoles.
01:41On voit que ça a mobilisé considérablement nos agriculteurs.
01:45Que ça soit la loi d'orientation agricole que l'on a votée
01:48ou alors la loi du plomb, les décrets d'application, je crois,
01:51ne sont pas pris à 75%.
01:54Et bien ça c'est problématique parce qu'on vote des lois,
01:57elles ne sont pas appliquées, donc elles ne donnent pas de résultats.
02:00Et discrédit du politique.
02:01Et discrédit du politique, mais les Français ils attendent des réponses
02:04et des résultats, ils n'attendent pas qu'on vote simplement des lois.
02:07Et donc moi j'attends qu'on passe des textes importants
02:09à l'Assemblée nationale, on pourra en parler,
02:11mais aussi que le gouvernement applique les textes qu'on a déjà votés.
02:15À bon entendeur.
02:16Alors parlons justement de cette feuille de route du Premier ministre
02:18et par exemple de l'immigration.
02:20Prenons concrètement l'exemple dont il a parlé,
02:22l'AME, l'aide médicale d'État pour les étrangers en situation irrégulière.
02:25Sébastien Lecornu dit vouloir prendre le sujet de l'immigration à bras-le-corps
02:29et dans le même temps, il y a le brune pivée,
02:31il espère, évidemment il espère lutter contre la fraude,
02:33mais il considère le dispositif indispensable de l'AME
02:36et n'envisage pas une réduction du panier de soins.
02:39Est-ce que vous le comprenez ou est-ce que ce ne sont que des postures ?
02:42Sur l'AME, il y a eu un rapport qui objective les choses
02:45et dont on a beaucoup parlé et auquel n'importe qui peut se référer.
02:50Je pense qu'avoir une aide médicale d'État c'est important.
02:54On voit qu'il y a des pays comme l'Espagne
02:56qui ont voulu à un moment donné la supprimer, la transformer en aide médicale d'urgence.
03:00Ce qui ne revient pas à une suppression, pardonnez-moi.
03:03Non, ils ont voulu la réduire.
03:05Alors pas que, ces paniers de soins et nombre de bénéficiaires
03:09et ça n'a pas marché.
03:10Ça a donné des résultats qui ont été négatifs sur le plan épidémiologique,
03:15sur le plan santé publique et ils sont revenus sur leurs décisions.
03:18C'est contesté par certains.
03:18Vous pensez que réduire ce panier c'est vraiment laisser courir des épidémies ?
03:21C'est deux choses différentes.
03:22Moi je pense qu'il faut évidemment regarder le panier de soins
03:25pour voir ce qui ne va pas, mais c'est objectivement à la marge.
03:28Je sais que parfois on prend toujours des exemples
03:30et c'est des exemples assez caricaturaux et assez isolés.
03:33Donc il faut regarder, et ça c'est dans le rapport de Stéphanini notamment.
03:38Donc vous n'avez pas de position morale ?
03:39Ce qu'il faut faire c'est surtout bien contrôler les choses
03:44et donc là éviter les fraudes et on a quelques solutions.
03:47Mais en tout cas il ne faut surtout pas supprimer l'AME.
03:50C'est un dispositif important et utile.
03:53Parce que je le précise, l'AME est accusé par une partie de la classe politique à droite
03:56de participer à l'attractivité sociale de la France
03:58et de générer un appel d'air migratoire.
04:00Alors ils ont tort, il y a dans tous les pays européens
04:04des dispositifs d'aide médicale d'État pour les populations sans papier
04:08qui arrivent dans les pays.
04:10C'est le cas en Allemagne, c'est le cas en Espagne, c'est le cas partout.
04:13Donc en fait ce n'est pas ça qui est un facteur d'attractivité dans notre pays.
04:17Dans l'actualité il y a les brunes pivées.
04:19Après demain d'ailleurs, le droit de vote des étrangers extra-européens
04:22va être débattu à l'Assemblée nationale
04:24après un vote favorable en commission des lois.
04:26Je le rappelle, c'est un sondage récent.
04:2971% des Français sont contre le droit de vote aux élections municipales.
04:33Des étrangers non ressortissants de l'UE.
04:36Et vous, quelle est votre position sur ce sujet ?
04:38Moi je suis assez réticente à ce droit de vote
04:41des personnes qui sont de nationalité extra-européenne.
04:44Je pense que c'est bien que, évidemment,
04:46les personnes qui sont européennes puissent voter
04:49lorsqu'elles sont établies dans notre pays.
04:51Aller au-delà, ça me semble aller trop loin.
04:53En revanche, si les personnes sont intégrées en France
04:56et veulent faire leur vie en France
04:58et qu'elles adoptent nos valeurs, notre façon de vivre, etc.
05:01Passons à l'étape d'après.
05:03Si elles souhaitent être naturalisées, naturalisons-les
05:05pour leur permettre une intégration sur le long terme dans notre pays.
05:08Mais les demi-mesures comme ça, ça ne me convient pas.
05:11Le texte a très peu de chances de passer, me semble-t-il.
05:14C'est un très vieux texte.
05:15Et qu'il a inscrit en cinquième position dans la niche écologique.
05:17Je pense qu'il a peu de chances de passer.
05:19Et comme vous le savez, après, le chemin n'est pas terminé.
05:22Ce n'est pas parce qu'il sera adopté à l'Assemblée nationale éventuellement
05:24qu'il pourra être mis en application.
05:27Mais en tout cas, moi, je n'y suis pas favorable.
05:29Et plus largement, il y a le Brune-Pivet.
05:31Le Premier ministre promet donc un remaniement ministériel d'ici le 22 février.
05:34Alors, sans les prétendants à la présidentielle,
05:37est-ce que c'est indispensable, même si, il faut le dire,
05:40les Français ne suivent plus du tout ce bal des postes et des ministères.
05:43Mais est-ce que vous pensez qu'il faut une équipe resserrée
05:45sans tous ceux qui regardent vers 2027 ?
05:47Je ne sais pas qui va rester, mais est-ce que c'est indispensable ?
05:49Resserrée ? Moi, depuis que je suis née, on me parle d'équipe resserrée.
05:52Je ne les ai jamais vues.
05:54Donc, je n'y crois pas beaucoup.
05:55Je pense, en revanche, qu'il faudrait que tous ceux qui sont dans l'action,
05:59que ce soit gouvernementale ou résolument parlementaire,
06:03n'aient pas l'œil rivé sur 2027.
06:05On parlait en début d'interview d'année utile.
06:07L'année utile, c'est qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui pour les Français ?
06:10Ce n'est pas qu'est-ce qu'on va faire dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans.
06:13Et donc, je pense qu'on a besoin de gens qui sont à la tâche.
06:16Et moi, je vois les Français, c'est ce qu'ils me disent aussi.
06:19Ils en ont marre, des politiques qui visent toujours le mandat suivant.
06:22C'est comme, voilà, nous avons une mission.
06:25Nous avons, et cette mission, c'est les Français qui nous l'ont confiée.
06:28Moi, je suis quelqu'un qui a été élu.
06:30En plus, ma mission, ça a été d'être président de l'Assemblée nationale,
06:33mission confiée par d'autres parlementaires.
06:36Et je crois que les Français veulent qu'on exerce pleinement la mission qui nous est confiée.
06:40Donc, le Premier ministre, il a sa mission de Premier ministre.
06:42Moi, j'ai ma mission de président de l'Assemblée nationale.
06:45J'invite chacun à se concentrer sur le quotidien et sur aujourd'hui plutôt que sur après-demain.
06:49Eh bien, justement, après-demain, pour certains, c'est peut-être un poste à la tête de la Cour des Comptes.
06:53Amélie de Montchalin est pressentie à ce poste-là, qui est quand même, ce n'est pas rien.
06:58D'ailleurs, elle pourrait contrôler un budget qu'elle a elle-même préparé.
07:00Est-ce que c'est la République des copains ? Je ne dirais pas des coquins.
07:05Déjà, il y a quelque chose dont je me réjouis si ce bruit est avéré.
07:09C'est que, pour une fois, le président de la République m'aura écoutée parce que je voulais absolument qu'il nomme une femme.
07:16Figurez-vous que la Cour des Comptes...
07:17Donc, c'est votre choix ?
07:18Alors, ce n'est pas mon choix particulier, mais moi, je voulais qu'il nomme une femme.
07:22La Cour des Comptes est une institution qui n'a jamais été présidée par une femme depuis qu'elle existe.
07:26Ça fait plus de 200 ans.
07:28Et donc, en fait, moi, je suis lasse de cette République où les femmes n'ont pas toute leur place.
07:32Donc, pour cela, je me réjouis.
07:34Après, c'est le choix du président et elle a la compétence, évidemment.
07:39Il n'y a pas de sujet là-dessus.
07:40Après, c'est le choix du président.
07:42C'est nos règles.
07:44Est-ce qu'on ne recasse pas tous ceux qui ont servi au sein du gouvernement ?
07:47À partir du moment où les compétences sont là, pour moi, ça n'est pas un sujet.
07:51Alors, à l'après-jeu de 2027, parce qu'il y en a beaucoup qui y pensent quand même,
07:54plusieurs figures du centre semblent nourrir des ambitions présidentielles.
07:57Et vous, on n'en n'êtes pas dénué d'ailleurs.
07:59Je cite également Édouard Philippe, Gabriel Attal ou encore Sébastien Lecornu,
08:03« Qui incarnerait le mieux le bloc central d'après vous, si ce n'est pas vous ? »
08:08Écoutez, pour moi, en fait, déjà, la question est de savoir qu'est-ce que le bloc central.
08:13C'est une vraie question.
08:14C'est une vraie question.
08:15Non, mais c'est une vraie question.
08:16Et on le trouve où, d'ailleurs ?
08:17Et chacun a une conception différente du bloc central.
08:20Donc, je pense qu'aujourd'hui, on n'est pas en capacité de répondre à cette question.
08:25Et n'étant pas en capacité aujourd'hui de répondre à cette question,
08:28si moi, je sais très bien qui je suis, et je sais ce que je pense,
08:32et je sais quelles sont mes valeurs.
08:34Après, je vois que le bloc central est mouvant selon les prétendants.
08:39Mais c'est ma question.
08:40Et donc, s'il devait y avoir une primaire, il y a le Brune-Pibé,
08:42où vous pourriez mettre le curseur du périmètre idéal ?
08:47Moi, je suis résolument modérée, ce que je vois, et résolument centriste.
08:51Ce que je vois, c'est que chacun place le curseur d'une éventuelle primaire
08:56selon sa position et se met au centre de ce curseur.
09:00Et donc, le périmètre de la primaire bouge.
09:04Et donc, aujourd'hui, je pense que, un, on n'est pas en capacité de déterminer ce périmètre.
09:09On va voir comment se passent les prochaines échéances municipales,
09:12comment vont se dérouler les mois qui viennent à l'Assemblée nationale et dans notre vie politique.
09:18Et je pense que tout ça va se clarifier.
09:20Je pense aussi, vraiment profondément, que ce n'est pas le moment.
09:23Moi, personne ne me parle sur le terrain de la présidentielle.
09:26Les gens, ils me parlent des textes à venir, du texte de fin de vie qui est attendu
09:31et dont on va commencer l'examen la semaine prochaine.
09:33Ils me parlent de la loi de programmation militaire parce qu'ils veulent qu'on renforce nos armées.
09:38Pourquoi je pose la question ?
09:39Parce que c'est une clarification quand même sur vos positions.
09:41Parce qu'il y a quelque temps, avec Gérard Larcher, d'ailleurs, vous aviez plaidé pour des listes du socle commun
09:47allant de Renaissance à LR, en passant par Horizon, le Modem.
09:50Est-ce que c'est la stratégie qui se profite pour le second tour des municipales ?
09:52Alors, nous, nous avons travaillé à cela avec le président du Sénat, effectivement,
09:56sur notre territoire d'élection à tous les deux dans les Yvelines.
09:59On n'a pas réussi partout.
10:01Il y a des endroits où on va avoir des listes qui s'affrontent.
10:04Mais on a effectivement travaillé à une convergence parce que, sur le terrain, nos maires...
10:09C'est d'actualité aujourd'hui.
10:10C'est d'actualité, moi, j'ai, dans ma ville, dans ma plus grosse ville de ma circonscription,
10:15qui est Sartrouville, une ville de 50 000 habitants, deuxième ville des Yvelines,
10:18j'ai fait une alliance avec le maire, LR, avec lequel je travaille.
10:22Mais cette alliance, figurez-vous, Madame Abraud, qu'elle existe depuis 2020.
10:26Parce que, aux précédentes municipales, j'étais déjà dans cette démarche d'alliance
10:31pour simplement travailler ensemble au bien commun.
10:35C'est-à-dire que les LR préparent quand même des alliances avec le bloc central.
10:38Mais c'est... Depuis longtemps, ça existe.
10:40Et c'est pas des alliances de partie à partie.
10:43C'est d'alliances d'énergie à énergie locale.
10:47Parce que des personnalités s'entendent.
10:49Vous savez que Gérard Larcher et moi-même, nous nous entendons parfaitement.
10:53Et nous avons envie de travailler ensemble.
10:55Et c'est pas les parties qui l'ont décidé.
10:57C'est les hommes et les femmes.
10:57Et je crois que ça, c'est précieux.
10:59D'avoir cette sincérité de l'engagement et cette honnêteté de se dire
11:03qu'on a envie de travailler avec l'autre, même s'il n'est pas de son parti politique.
11:06Alors certains vont avoir du mal, puisqu'il y a des passes d'armes
11:09qui deviennent quand même homériques, notamment à Paris.
11:11Est-ce qu'une alliance entre Rachida Dati, candidate de la droite, mais toujours ministre,
11:16et Pierre-Yves Bournazel, candidat de Renaissance, serait possible alors dans une telle optique ?
11:19C'est pour ça que je vous parlais d'alliances d'hommes et de femmes.
11:21Donc c'est à eux de décider aussi.
11:22Ça, c'est la carpe et le lapin, non ?
11:24Non, mais est-ce qu'ils ont envie de travailler ensemble ?
11:27C'est un projet commun, mais ça, c'est vraiment, ça ressort d'eux.
11:31Je pense qu'on a, vous savez, je crois que les Français veulent aussi la vérité des hommes et des femmes
11:36quand on leur parle, plus que de savoir ce que pense le parti politique,
11:40de quelle étiquette on a, etc.
11:42Qu'est-ce qu'on a au fond de nous ?
11:43Et ça, ça sera à eux de le définir pour Paris.
11:46Très intéressant, qu'avez-vous au fond de vous en cas de duel LFI-RN dans certaines circonscriptions ?
11:50Pour qui est-ce que vous appelez à voter ?
11:52Est-ce que vous allez reproduire l'alliance des dernières législatives entre socle commun et LFI ?
11:56Moi, je n'appelle à voter ni pour LFI, ni pour l'ERN.
11:59Après, dans ma circonscription, j'ai eu de la chance.
12:02Vous m'avez dit langage de vérité.
12:03Oui, mais c'est un langage de vérité, j'ai eu de la chance, je n'ai pas de...
12:06Ça ne se présente pas.
12:07Et si ça se présentait ?
12:08Et moi, mon job en tant que femme politique, c'est de faire en sorte que ça n'arrive jamais.
12:12C'est vrai que c'est la langue de bois.
12:13Mais non, mais ce n'est pas la langue de bois, mais pas du tout.
12:15Mais non, parce qu'en fait, ça veut dire quoi ?
12:17Ça veut dire très concrètement donner aux Français la capacité à chaque élection
12:22de ne pas avoir à choisir entre deux extrêmes, mais de pouvoir choisir pour un candidat modéré.
12:28Moi, je me souviens, pendant les législatives, là, dans ma circonscription, il n'y avait pas cette difficulté.
12:33Et il y avait des Français qui me disaient ailleurs,
12:35« Mais moi, je ne sais pas quoi faire, je suis contrainte de voter entre, justement, RN et LFI.
12:42J'aimerais tant n'avoir pas ce choix cornélien à faire. »
12:45Eh bien, moi, ma mission en tant que femme politique, c'est de faire en sorte que les Français n'aient nulle part en France ce choix cornélien à faire.
12:52D'ailleurs, ça fait deux fois que vous dites modérée, c'est pour ne pas dire républicain, c'est...
12:56Qu'est-ce que c'est un candidat modéré ?
12:57En fait, c'est plutôt ma façon d'être d'une façon générale.
13:01Vous voyez, souvent, on me dit que je ne m'énerve jamais au perchoir.
13:04On me dit, comment vous faites pour rester aussi calme ?
13:07En fait, c'est mon tempérament d'être modérée, d'être calme, d'être assez apaisée, d'être un peu zen pour faire face aux tempêtes.
13:14Je pense que c'est assez sain.
13:16Donc, en fait, c'est ma nature profonde.
13:18Et donc, je ne m'énerve pas.
13:19Ce n'est pas mon style.
13:20Donc, je ne suis pas radicale.
13:22Ou alors, si je devais être radicale, je serais radicalement modérée.
13:26Alors, est-ce qu'on peut être radicalement modérée sur un texte aussi important, aussi sensible,
13:31et qui interroge, finalement, pas seulement la fin de vie, mais toute la vie entière ?
13:34Vous défendez fermement l'euthanasie, disons les mots, à mourir.
13:40Ce n'est pas tout à fait pareil.
13:41Vous y voyez une différence avec ce texte où il y a très peu de garde-fous ?
13:45Alors, déjà, le texte, aujourd'hui, va revenir, donc va être examiné la semaine prochaine à l'Assemblée nationale en deuxième lecture.
13:52On a pris le temps d'examiner ce texte.
13:55Ça fait très longtemps, ça fait des années qu'on y travaille.
13:58Et déjà, je voudrais saluer l'Assemblée nationale.
14:02Mes députés ont réalisé un travail remarquable et se sont respectés dans l'hémicycle,
14:07quelle que soit leur conviction.
14:09Et ça, c'est important.
14:09Et je suis convaincue que ce climat apaisé va continuer.
14:12Après, c'est un texte grave, c'est un texte lourd.
14:14Pourquoi cet empressement ?
14:16Mais il n'y a pas d'empressement.
14:16Vous avez dit récemment, il faut faire vite sur ce texte.
14:19Honnêtement, je vous pose la question au-delà de cet interview, je ne comprends pas l'empressement.
14:23Quel est l'intérêt ?
14:24Il n'y a pas d'empressement.
14:26C'est un texte.
14:26La première proposition de loi sur l'aide à mourir, elle date de 1978.
14:33Et après, quand on a décidé d'avancer sur ce texte, il y a eu d'autres propositions de loi en 2017,
14:39il y a eu des tribunes, on a essayé d'en débattre, nous n'avons pas réussi à aller au bout.
14:45Et dans le deuxième quinquennat, le président de la République a décidé d'avancer sur cette réforme sociétale importante
14:50et a lancé toutes les consultations.
14:52Et donc, il y a eu le Conseil national de TIC, il y a eu le CESE, il y a eu beaucoup de procédures.
14:56Mais est-ce que vous ne recréterez pas un jour, il y a le Brune-Pivet,
14:59de ne pas être allé jusqu'au bout vraiment de la couverture des soins palliatifs
15:04avant d'arriver quand même à cette aide à mourir ?
15:06Pour moi, ça n'est pas concurrent, il faut avancer ensemble sur les soins palliatifs.
15:12Je rappelle que le gouvernement a adopté une stratégie décennale des soins palliatifs
15:17avec un milliard d'engagements financiers pour les développer partout en France.
15:23Il faut les développer partout en France parce que moi, ce que je veux profondément,
15:27c'est que chacun ait le vrai choix.
15:29Et le vrai choix dépend de l'accès partout aux soins palliatifs.
15:33Est-ce que ce n'est pas un préalable avant d'aller voir ensuite l'aide active à mourir ?
15:36Il faut laisser ce vrai choix et c'est en ouvrant l'aide active à mourir,
15:42en mettant des garde-fous, évidemment.
15:44Il y en a dans le texte et peut-être qu'ils vont être renforcés.
15:50Le débat parlementaire va se poursuivre.
15:53En février, nous allons reprendre les débats.
15:55Le texte va repartir au Sénat.
15:57Il y aura une commission mixte paritaire.
15:59Il va revenir à l'Assemblée.
16:00Il repartira au Sénat.
16:01Et donc, il va y avoir des débats encore.
16:04Et justement, moi, j'ai regretté, vous voyez...
16:06que le Sénat, justement, ne rentre pas à fond dans ce débat
16:12parce que, justement, ce dialogue entre le Sénat et l'Assemblée nationale
16:15sur le texte, sur les conditions, sur les garde-fous dont vous parlez,
16:19je crois, aurait été extrêmement intéressant, extrêmement utile à notre population.
16:24Donc, en fait, continuons à débattre, rajoutons des garde-fous,
16:27créons davantage de conditions.
16:29Si cela s'avère nécessaire, c'est les parlementaires qui vont en décider.
16:33Mais en tout cas, avançons.
16:34Et je crois, c'est le dernier sondage Le Monde,
16:37les Français attendent ce texte.
16:39Et quand on fait de la politique, il faut aussi écouter.
16:42Il faut avoir ses valeurs.
16:43Mais ça, c'est des questions en son âme et conscience.
16:45Mais il faut écouter la population.
16:46Il faut écouter les Français.
16:47Nous les représentons.
16:48Il faut les écouter dans tous les domaines, alors.
16:50Il faut les écouter dans tous les domaines, évidemment.
16:52Et une question aussi à Lebron de Pivé.
16:53On poursuit notre entretien sur Europe 1 autour de la commission d'enquête
16:56autour de l'audiovisuel public, avec aujourd'hui l'audition notamment d'Élise Lucet
17:00après celle de Léa Salamé.
17:02Vous aviez rappelé à l'ordre le rapporteur Charles Lalonde
17:05l'estimant qu'il pouvait ou qu'il risquait ou qu'il était en train de dévoyer cette commission.
17:09Est-ce que vous n'êtes pas sorti de votre rôle pour défendre le service public ?
17:13Je défends les commissions d'enquête et je défends le Parlement.
17:15C'est ma boussole.
17:16Ma boussole, c'est le Parlement, ses pouvoirs, ses prérogatives,
17:20c'est l'institution Assemblée Nationale.
17:22Et moi, j'essaye de convaincre chacun que l'Assemblée Nationale,
17:27cœur de la démocratie, c'est notre bien le plus précieux.
17:30Et donc, l'Assemblée Nationale a beaucoup de monde.
17:33Le rapporteur ?
17:35Non, je ne dis pas ça.
17:36Mais l'Assemblée Nationale a des prérogatives puissantes en commission d'enquête
17:39et il faut les utiliser à bon escient.
17:41Et moi, je ne constate simplement que c'est une commission d'enquête
17:46pour laquelle j'ai eu le plus de remontées de parlementaires
17:49qui en sont membres, quels qu'ils soient leurs parties.
17:52Positives peut-être aussi ?
17:53Alors, il y en a évidemment, mais j'ai surtout des récriminations
17:58sur la façon dont ça se passe, sur l'ambiance,
18:01sur les coups d'éclat, sur l'instrumentalisation,
18:05sur la façon dont se passent les auditions, etc.
18:07Ça me remonte beaucoup.
18:08Après, j'ai eu beaucoup de remontées sur d'autres commissions d'enquête aussi.
18:12Ça n'est pas la seule commission d'enquête sur laquelle je suis intervenue.
18:15Je crois que c'est la cinquième.
18:16Et pour vous dire, parce que j'ai...
18:18Donc, vous dites qu'il n'y a pas d'intervention politique.
18:20Ce n'est pas une intervention politique.
18:21Pourquoi il s'agit ? Déficit abyssal des comptes, manque de transparence des contrats,
18:24orientation idéologique, en tous les cas dénoncée par Charles Aloncle,
18:27est-ce qu'il ne fait pas, certains disent, un travail d'intérêt général ?
18:29Mais les commissions d'enquête sont un outil extrêmement important et pertinent.
18:34Le travail qui est fait est bien souvent extrêmement sérieux.
18:38Là, et tout le monde le voit, il y a quand même des coups d'éclat,
18:42il y a quand même une mise en avant médiatique du rapporteur qui est évidente.
18:47Pour avoir connu une autre commission d'enquête, je l'ai rappelé à d'autres aussi.
18:51Ou pas grand-midi était intervenue, il y a eu des coups d'éclat aussi.
18:52Je l'ai rappelé à d'autres, et pour tout vous dire, avant la dissolution,
18:56j'avais proposé au bureau de l'Assemblée nationale une charte des commissions d'enquête
19:01et du comportement en commission d'enquête.
19:03Malheureusement, la dissolution est intervenue et nous n'avons pas été plus loin.
19:06Mais c'est une interrogation collective qu'on doit avoir.
19:09Certains m'ont demandé un peu un mode d'emploi de la commission d'enquête
19:12parce qu'effectivement, il y a très peu de règles,
19:15seulement des règles un peu déontologiques larges.
19:18Et je pense qu'il faudrait en tout cas regarder ça collectivement pour les renforcer,
19:21pour justement que les commissions d'enquête puissent garder toute la puissance
19:25qu'elles ont aujourd'hui.
19:26Et on voit que dans l'opinion publique,
19:28elles sont souvent très saluées pour la qualité de leur travail.
19:31Il faudrait que ça puisse continuer.
19:32Et moi, c'est ma boussole ça.
19:35J'en suis garante.
19:35On va conclure par l'affaire Epstein qui a pris une nouvelle ampleur en France,
19:40démission de Jack Lang, de Lima dernièrement.
19:44Et puis tout le volet français.
19:45On a l'impression qu'il y a un frein finalement à explorer ce volet français.
19:50Est-ce qu'il faut une commission d'enquête ?
19:52Est-ce qu'il y a un accélérateur de la justice ?
19:53Comment vous expliquez quand même telle réticence face à un scandale aussi indicible ?
19:57C'est assez terrifiant.
20:00Déjà, moi, tout en reconnaissant la qualité de l'engagement
20:04et l'œuvre de Jack Lang en tant que ministre,
20:07je ne veux plus voir d'hommes et de femmes politiques
20:11qui profitent des largesses de personnes privées.
20:17Que nous avez-vous dit avant ?
20:18Pourquoi tous les responsables politiques ne l'ont pas dit avant ?
20:21Je trouve ça sidérant, ces hommes et ces femmes politiques
20:24qui profitent du jet privé,
20:26qui vont se faire payer des vacances.
20:29C'est inacceptable.
20:30Et c'est inadmissible parce que vous devenez,
20:32non seulement c'est condamnable moralement,
20:34mais vous devenez peu ou prou les obligés
20:36des personnes qui vous entretiennent.
20:38Et ça, moi, ça me choque profondément en tant que femme politique.
20:42Et je crois que ça choque profondément les Français.
20:45Après, sur l'affaire en elle-même,
20:46qui est évidemment complètement abominable,
20:50je pense qu'il faut effectivement,
20:51s'il y a des ramifications françaises, faire toute la lumière.
20:54Donc, il faut que la justice puisse être saisie.
20:57Je vous rappelle, parce que j'entends des personnes
20:59qui veulent des commissions d'enquête parlementaires,
21:01la commission d'enquête parlementaire
21:03ne doit pas être en concurrence avec la justice.
21:05C'est la limite des commissions d'enquête.
21:07On peut pas être en committant, en tout cas pas en concurrence.
21:08Et pas sur les mêmes faits.
21:10En fait, pas sur les mêmes faits.
21:11Bon, c'est un rappel utile.
21:12Ça, c'est aussi important.
21:13Le Parlement, ça, ça entraînerait de la confusion des pouvoirs.
21:17Et notre pays, là aussi,
21:18est fondé sur une séparation des pouvoirs
21:21entre le législatif et la justice.
21:23Donc, la justice, à mon sens,
21:25doit être saisie
21:26et doit être en capacité
21:27d'enquêter sur l'ensemble de ces faits.
21:29Merci, Yael Brune-Pivet.
21:30Merci d'avoir été notre invitée ce matin.
21:32Merci à vous.
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