00:0011h46 sur Europe et en cette fin de première heure d'Eliott de Valais-Vous, on se pose une nouvelle question en studio.
00:05Souhaitez-vous un retour ? Nos urnes assis autour de cette table, les invités d'Eliott de Valais-Vous,
00:10Arnaud Benedetti, professeur associé à l'université Paris-Sorbonne et politologue,
00:14Pierre-Henri Dumont également et votre invité secrétaire général adjoint Les Républicains
00:17et bien sûr nos chroniqueurs au rendez-vous chaque dimanche, Jules Torres du JDD et Sébastien Ligné de Valeurs Actuelles.
00:23On poursuit la discussion, on sera dans un instant avec Justine sur ce retour aux urnes ou non.
00:29Est-ce que les Français veulent des législatives anticipées, veulent la démission du Président de la République ?
00:36Les sondages semblent unanimes, c'est-à-dire qu'ils sont favorables, Jules Torres, à ce que le Président de la République,
00:43ils ne sont même pas sur la question de la législative, ils sont sur la question de la démission.
00:46Non mais les sondages en réalité, il faut les lire comme un appel à ce qu'Emmanuel Macron parte,
00:51que ce soit la dissolution, la démission ou même la destitution.
00:55Je ne sais pas s'il y a des sondages qui ont été faits sur la destitution,
00:57mais je pense que les Français ne veulent qu'une chose, c'est qu'Emmanuel Macron quitte le pouvoir
01:02parce qu'ils en ont ras-le-bol de la politique qui est menée,
01:06la façon dont la politique est menée, une manière très déconnectée de faire de la politique
01:10où on a l'impression que les intérêts des Français sont extrêmement loin
01:14de ce qui est décidé au sein du pouvoir.
01:17Emmanuel Macron va donner quand même un symbole terrible demain
01:19quand Sébastien Lecornu va nommer son gouvernement.
01:23Il sera en Égypte.
01:24C'est ça, quand il va nommer son gouvernement, quand il va présenter son budget,
01:27le Président de la République sera en Belgique.
01:29Donc bon, c'est un symbole terrible.
01:31Après, c'est peut-être ce qui peut arriver de mieux à Sébastien Lecornu
01:34d'avoir le Président extrêmement loin.
01:35On écoute Nicolas Dupont-Aignan, il était l'invité d'Europe entre 10h et 11h ce matin.
01:39Il revient sur la démission ou la dissolution.
01:41Le choix est très simple.
01:43Est-ce qu'à un moment, il réalise que la seule façon de sortir du chaos,
01:47c'est l'appel au peuple ?
01:50C'est-à-dire qu'il n'y a que les Français qui peuvent trancher
01:53cette espèce de drame, de folie collective, politicienne.
01:59De deux façons.
02:00Soit par une nouvelle élection législative,
02:03qui rebat les cartes au Parlement et qui permettrait peut-être
02:06d'avoir au moins un semblant de majorité pour un an.
02:08soit, ma préférence, bien évidemment, par une nouvelle élection présidentielle,
02:14parce que c'est la logique profonde des institutions.
02:18D'abord, on élit un président en fonction d'un cap donné à 20 ans,
02:24une vision du pays, une incarnation.
02:26Et puis ensuite, ce président, s'il est élu,
02:29obtient une majorité pour mener son travail.
02:32Ça, c'est la logique.
02:33Arnaud Benedetti, le politologue que vous êtes.
02:36Les institutions, moi, je le pense aussi, c'est en effet,
02:39j'allais dire, le moyen de remettre les compteurs à zéro
02:41sur le plan institutionnel et sur le plan politier.
02:44C'est la majorité des présidents de la République,
02:46qu'il s'agisse de François Mitterrand en 86 ou en 93,
02:49ou qu'il s'agisse de Jacques Chirac, à deux reprises d'ailleurs, en 97,
02:52lorsqu'il perd les élections au moment de la dissolution
02:55à laquelle il a procédé.
02:57Et lorsqu'il perd notamment,
02:59et là, la référence avec le général de Gaulle est encore plus forte,
03:03le référendum de 2005.
03:05Donc, je suis d'accord.
03:06C'est un homme qui n'a pas été respecté, d'ailleurs.
03:08Non, mais je suis, je suis, je suis,
03:10et en plus qui n'a pas été respecté, mais trois ans plus tard.
03:12Mais bon, sur le fond, je pense qu'en effet,
03:14ça serait la solution la plus adaptée.
03:17Rien n'empêche, d'ailleurs, parce que j'entends beaucoup dire,
03:19mais bon, Emmanuel Macron ne lâchera rien.
03:22C'est vrai que la psychologie,
03:23je crois qu'on va en parler tout à l'heure d'Emmanuel Macron,
03:26nous incite à plutôt, je veux dire,
03:28nous résoudre à cette hypothèse-là.
03:29Là, il n'en demeure pas moins que si demain,
03:31on a une crise de la dette, si cette crise de la dette...
03:34On l'a déjà.
03:34Oui, mais enfin, si la dette française est attaquée...
03:36Si on a une crise sécuritaire, on l'a déjà.
03:38Si la dette française est attaquée sur les marchés financiers,
03:40s'il y a une contagion de la zone euro,
03:42il y aura, si vous voulez, une pression très forte
03:45qui s'exercera aussi sur lui en faveur d'une démission.
03:48Non, je recommande un article très bien fait dans l'Express,
03:53il y a une semaine,
03:55d'une interview d'un ancien directeur général adjoint du FMI,
03:58qui évoque cette hypothèse.
03:59C'est une hypothèse qu'il ne faut pas...
04:01Enfin, après, pardon, il y a une question de Sorenté.
04:04Je me tournerai vers Pierre-Henri Dumont,
04:06le secrétaire général adjoint des Républicains,
04:09pour avoir les dernières minutes avec vous,
04:12parce que je sais que vous allez quitter le studio à midi,
04:14pour tout comprendre chez les LR.
04:15On n'en a pas suffisamment parlé.
04:17En quelques mots, pour répondre,
04:18moi, je suis plutôt favorable à une démission du président de la République,
04:21mais quitte à ce qu'elle advienne,
04:22autant que ce ne soit pas par une ingérence extérieure.
04:25Personnellement, ça me dérangerait fortement
04:26que la démission de notre président de la République
04:28intervienne à cause de la prise de parole du FMI
04:31ou des marques financiers européens.
04:34Si ça devait être une demande populaire
04:36qui amènerait sa démission, ça m'arrangerait.
04:37Justine, une demande populaire.
04:38Tiens, Justine, bonjour, comment ça va ?
04:40Bonjour Elias, ça va et vous ?
04:42En pleine forme.
04:43Alors, le retour aux urnes, vous êtes favorable ou pas, vous ?
04:47Oui, bien sûr, mais j'ai bien peur que M. Macron, en fait,
04:50n'en fasse plus appel au peuple.
04:53Parce que pour faire appel au peuple,
04:54il faut prendre conscience qu'il y a un peuple, en fait,
04:57et il faut le respecter.
04:59Et là, j'ai peur que notre président soit parti très, très loin
05:03et tellement en optique d'avoir raison sur le chemin qu'il veut mener
05:08qu'il n'en fera plus du tout appel à nous.
05:10Mais pour moi, la seule façon de sortir de ce chaos démocratique,
05:14c'est d'en revenir aux urnes et pas par une législative.
05:16Parce que j'ai peur qu'un barrage républicain se mette en place.
05:20Mais plus par, justement, une démission du président, effectivement.
05:28Justine, vous êtes plus de tendance centriste, à gauche, à droite ?
05:35Je suis à droite.
05:35Ok.
05:36J'étais à droite républicaine au départ.
05:40Et j'en prie, justement, que vous ayez une personne
05:43qui représente le parti républicain.
05:45J'ai été déçue, très honnêtement.
05:46Je suis assez déçue par la politique.
05:47Posez-lui la question que vous voulez.
05:48Il vous écoute attentivement, Pierre-Henri Dumont,
05:51secrétaire général adjoint Les Républicains.
05:53Bonjour, monsieur.
05:54C'est vrai que je suis de droite, vraiment républicaine de base.
05:59Mais c'est vrai que je trouve que le manège institutionnel
06:03qui est mené actuellement à droite, moi, me tend vraiment
06:06à avoir une préférence plus droite, on va dire, rassemblement national.
06:10Parce que je trouve que la ligne du rassemblement national
06:12est claire et précise depuis le départ.
06:14Alors que malheureusement, je trouve que chez Les Républicains,
06:17vous avez plusieurs sur le cloche qui, je pense,
06:19ne vont pas jouer en votre faveur, malheureusement.
06:21Et c'est très dommage parce que votre programme est légitime et bon.
06:26Mais si vous meniez tous un cap uni,
06:28on arriverait certainement à sortir de cette crise.
06:30Mais les basses manœuvres politiciennes
06:33font que vous allez perdre énormément d'électeurs,
06:35dont moi et j'en suis navrée pour vous.
06:38La réponse de Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint Les Républicains.
06:41Non, mais déjà, permettez-moi de remercier Justine
06:43de son propos et de sa participation.
06:45Et je dois vous dire que je partage son avis
06:47et que c'est nécessaire que Les Républicains aient un cap uni.
06:50Et c'est aussi pour cela que Bruno Retailleau
06:52a proposé, au-delà du bureau politique qui s'est réuni hier
06:55et avec un vote, je vous dis, très large
06:56pour la non-participation au gouvernement,
06:58de demander aux adhérents Les Républicains,
07:00via un référendum interne cette semaine,
07:03s'ils valident ou non la non-participation au gouvernement.
07:05C'est-à-dire qu'on a plus de 150 000 adhérents,
07:08on est aujourd'hui le premier parti de France en nombre d'adhérents,
07:10qui vont dire si, oui ou non,
07:12ils estiment que la décision qui a été prise
07:13de ne pas participer au gouvernement,
07:16de participer au vote à l'Assemblée nationale texte par texte,
07:19c'est-à-dire de se retrouver dans une situation
07:21où si un texte proposé par le futur gouvernement
07:23va dans le bon sens,
07:24si par exemple ils décident de renforcer les moyens
07:27pour le ministère de l'Intérieur,
07:29de réduire l'immigration,
07:30évidemment on votera pour,
07:31s'ils décident d'augmenter les impôts des Françaises et des Français,
07:33évidemment on votera pour.
07:34Ah mais Pierre-Henri Dumont,
07:35vous allez faire cette consultation
07:37après la nomination du gouvernement.
07:40Est-ce que c'est contre-productive ?
07:42On n'est pas sûr qu'il y ait encore un gouvernement
07:43au moment de la nomination,
07:45puisque le gouvernement aujourd'hui
07:46n'est pas à l'abri d'une censure rapide
07:48si le Parti Socialiste décide d'appuyer sur le bouton.
07:51Je crois que si on prend les derniers calculs,
07:53il suffit qu'il n'y ait même pas...
07:5425 députés.
07:55C'est un député sur trois au niveau des socialistes
07:57qui votent la censure,
07:58pour faire tomber le gouvernement.
08:01Je le dis aux auditeurs,
08:03il faut 289 députés
08:04pour que le gouvernement...
08:06Et il y en a 264.
08:08Ou 25 LR.
08:09Ou 25 LR au hasard.
08:1025,
08:11et pour l'instant on ne les connaît pas tous.
08:14Est-ce que je peux vous poser ?
08:15Justine, bien sûr, c'est vous la patronne.
08:18Mais ne vous excusez pas,
08:19c'est vous la patronne, chère Justine.
08:21Posez la question que vous voulez.
08:23En fait, dans votre discours,
08:24ce que je crois comprendre,
08:26et après voilà,
08:27je ne suis pas du tout
08:29dans la politique,
08:32mais j'écoute beaucoup,
08:33et j'ai l'impression en fait
08:34que là on essaye de créer un gouvernement,
08:36enfin,
08:37il y a un gouvernement
08:37pour vous mettre sous tutelle en fait.
08:40On va essayer de placer
08:42un gouvernement de technocrate
08:43entre de gros guillemets,
08:44parce qu'évidemment personne ne sait
08:46qui va être mis au banc des ministres,
08:49mais j'ai l'impression, voilà,
08:50que par ce biais-là,
08:52on estime que les députés
08:54ne sont plus capables
08:55d'exercer la fonction de ministre
08:59en vue de leurs ambitions futures
09:01au niveau présidentiel,
09:02et on met sous tutelle l'Assemblée,
09:04et là vous nous dites
09:05on va voter texte par texte,
09:07mais est-ce que vous allez accepter
09:08de voter texte par texte
09:10des textes qui viennent
09:12d'un monde de technocrates
09:13et plus d'un monde politicien ?
09:15Je ne sais pas si c'est clair
09:16ce que je dis,
09:16mais je trouve vraiment
09:18qu'on met sous tutelle l'Assemblée en fait.
09:21Pierre-Henri Dumont.
09:21Oui, je peux comprendre la position.
09:24Alors, les textes viennent
09:25parfois du gouvernement
09:26et parfois des propres parlementaires,
09:28c'est ce qu'on appelle
09:28les propositions de loi,
09:29donc chaque parlementaire
09:31est libre de déposer
09:31et chaque groupe politique
09:33choisit les textes
09:34qu'il veut voir débattre
09:35à l'Assemblée nationale.
09:37Donc ce n'est pas forcément
09:38que des textes qui viennent d'en haut,
09:40des techniciens,
09:40des technocrates que vous évoquez.
09:42Ce qui est sûr par contre,
09:43c'est qu'il faut un budget à la France.
09:45Et donc là, le budget,
09:46il y a une urgence
09:47qui est une urgence constitutionnelle
09:48qui nécessite que d'ici quelques jours
09:50le budget soit déposé,
09:51qui commence à être débattu
09:52et qui soit voté
09:53pour la fin d'année.
09:54Donc là, on prendra nos responsabilités
09:56et on sera les garde-fous
09:57pour éviter qu'il y ait des dérives
09:58dans ce budget,
09:59je vous l'ai dit,
10:00sur les hausses d'impôts,
10:00en particulier pour les classes moyennes
10:01qui travaillent,
10:02faire en sorte que les moyens
10:03alloués aux forces de l'ordre
10:05au ministère de l'Intérieur
10:06soient largement suffisants
10:07parce que le budget,
10:09c'est aussi une tradition politique.
10:09Arnaud Bédetti,
10:10il nous reste 50 secondes
10:11avant la pause
10:12et on le remercie Justine.
10:13J'ai l'impression quand même
10:13que votre groupe parlementaire
10:14à l'Assemblée nationale
10:15a pris son indépendance.
10:16Comment vous finalement
10:17leur tordez le bras
10:18pour leur faire voter une censure
10:20ou pour leur faire voter
10:21pour ou contre un texte ?
10:22Je résume,
10:23c'est qui le patron
10:23chez les Républicains ?
10:24Le patron chez les Républicains,
10:25c'est Bruno Retailleux
10:26qui a gagné à 75%
10:27l'élection interne
10:28il y a de cela six mois
10:29et c'est aussi pour cela
10:30que nous mettons
10:31ce qu'on a senti
10:32un certain émoi,
10:32vous avez raison,
10:33chez les députés en particulier
10:34qui n'étaient pas d'accord
10:36sur la ligne
10:37de ne pas participer au gouvernement
10:38pour la plupart d'entre eux.
10:40Dans ces cas,
10:40nous avons tranché le sujet
10:41par nos adhérents,
10:45Si un député LR
10:46ne respecte pas la ligne du parti,
10:48il est exclu ?
10:49Ce sera à lui
10:51de faire en sorte
10:51d'expliquer aux adhérents
10:53qu'il ne suit pas
10:54la ligne des adhérents
10:55et donc il y a en effet
10:57une sorte de différence,
10:58c'est un peu compliqué,
10:59mais entre la Constitution
11:00qui dit que tout mandat impératif
11:02est nul,
11:02c'est-à-dire que chaque député
11:03est libre de son vote,
11:05il n'est pas soumis
11:06au désidérata
11:07de son propre parti politique,
11:08mais aussi la fidélité,
11:10le devoir envers son parti politique,
11:12non pas simplement
11:12du bureau politique.
11:13Donc il est exclu,
11:13pardonnez-moi Pierre-Henri Dumont,
11:15c'est très clair.
11:16Ce sera de la même façon
11:17que si...
11:17Normalement quand vous ne respectez
11:18pas la ligne de parti,
11:19c'est dehors.
11:19Ce sera de la même façon
11:20et je vous ai raison,
11:22ce sera de la même façon
11:22que si un ministre
11:23de LR devait rentrer
11:25au gouvernement,
11:26ce sera une aventure personnelle
11:28et on devra en tirer
11:29des conséquences.
11:29Merci beaucoup Pierre-Henri Dumont,
11:31c'était un plaisir
11:32de vous avoir
11:32dans Eliott Deval
11:33et vous,
11:34et vous chers auditeurs,
11:36vous restez avec nous
11:37pendant encore une heure
11:38puisqu'on est en direct
11:39jusqu'à 13h.
11:39Merci.
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