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  • il y a 4 mois

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Transcription
00:00Olivier Jaoui, pour les auditeurs d'Europe 1 qui ne le savent pas, vous êtes donc le cousin d'Ofer Calderon,
00:05ex-otage franco-israélien. Il a été libéré en février dernier après quasiment 500 jours d'horreur dans les tunnels de Gaza.
00:12Ses deux enfants, Sahar et Erez, captifs également, ont été libérés avant leur papa.
00:18Première question, comment vont-ils aujourd'hui physiquement et psychologiquement ?
00:24D'accord, très bien. Je me permets d'ajouter, hélas, à l'histoire terrible de ma famille,
00:31qu'également je suis le cousin de Carmela Dan qui a été assassinée à 80 ans le 7 octobre à Niroz.
00:38Elle a été mitraillée, son corps ensuite calciné. Et avec elle, sa petite-fille Noya, 12 ans, Noya Dan, 12 ans,
00:46qui a aussi été mitraillée de sang-froid et son corps calciné. On les a retrouvées enlacées toutes les deux à Niroz.
00:52Je le rappelle, car au kibbutz Niroz, ce sont tous des Français, aussi bien Carmela, Noya.
01:00Et donc les calderones, écoutez, les calderones, bon, ils sont libérés, offerts, étaient libérés,
01:05vous l'avez dit, après presque 500 jours, 500 nuits de captivité entre les mains du Hamas.
01:13Écoutez, ça ne va pas fort. Ils sont libérés, donc tant mieux.
01:16Bien entendu, Offert, qui doit avoir maintenant 53 ans, a encore beaucoup de mal à se remettre.
01:25Il le dit d'ailleurs très clairement. Il est encore, dans sa tête, il est en partie à Gaza.
01:32Il dort mal la nuit. Il a beaucoup d'inquiétudes. Enfin, ils ont des syndromes, je ne suis pas spécialiste,
01:37je ne suis pas psy, mais des syndromes, je crois, ce qu'on appelle post-traumatiques.
01:40Post-traumatiques. Même les enfants, ils ont eu 52 jours, 52 nuits de captivité.
01:47Sarr, qui a 18 ans, qui est une jeune fille, qui est plutôt forte. Elle a toujours été assez forte.
01:53En tout cas, elle prend sur elle.
01:55Erez, le garçon qui a maintenant 14 ans, lui, ça ne va pas. Il ne va quasiment pas au collège.
02:02La nuit, il se réveille. Il fait très souvent pipi au lit, à 14 ans.
02:05Et il a encore, depuis son retour, il ne supporte pas les portes fermées.
02:10C'est-à-dire que quand une porte est fermée, il craint que derrière, il y ait un assassin.
02:14Donc, ça ne va pas fort.
02:16Je vous l'avais évoqué souvent sur vos antennes, ce qu'ils ont vécu.
02:20L'enlèvement, la brutalité, l'inquiétude, les tortures psychologiques.
02:26Pour refaire Calderon, certainement, il l'a dit, des sévices physiques.
02:30La torture, il a bu de l'eau de mer, il n'a pas vu le jour, le soleil, pendant des centaines de jours.
02:39Il a été enchaîné dans une cave.
02:42Et surtout, ils ont découvert le drame, c'est-à-dire la mort de leur grand-mère.
02:46Pour les phares, Carmela, qui était leur grand-mère, la destruction de leur kibbutz.
02:50Ils ont vu en chemin, les enfants, des choses qu'aucun enfant ne devrait voir.
02:54Bon, ça ne va pas fort.
02:57Mais bon, ils sont libres et, je le sais, plutôt heureux de ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
03:04Et c'est tout le paradoxe, justement.
03:06C'est pour ça que je voulais qu'on démarre cette interview ainsi.
03:10C'est qu'à la fois, c'est traumatisant.
03:13Vous décrivez des choses absolument atroces.
03:15On a même du mal à l'imaginer.
03:18On n'y arrive pas, d'ailleurs.
03:19Mais demain, il y a tous les otages qui vont être libérés.
03:23Et il y a des familles.
03:24On l'a entendu dans le reportage de Cyril Delamor Henry,
03:27qui est envoyé spécial d'Europe 1 à Tel Aviv.
03:29Il y a beaucoup d'espoir.
03:30Donc, c'est vraiment un sentiment, vous l'avez vécu.
03:33On est partagé à la fois sur l'envie de retrouver ses proches
03:35et sur la crainte de les retrouver dans un état psychologique,
03:39comme vous l'avez décrit, extrêmement difficile.
03:42Oui, état psychologique, évidemment, très, très difficile.
03:46Puisque là, eux, ils ont été deux ans, quasiment, jour pour jour, enfermés.
03:52Et on sait que des conditions, on leur a fait peur.
03:55On leur a fait croire qu'Israël avait été détruit,
03:56que leur famille était morte.
03:58On leur fait croire qu'ils seraient libérés l'après-midi même.
04:00Et puis, ce n'était pas vrai.
04:02Donc, évidemment, psychologiquement, c'est sûr que ça ira très mal.
04:06Physiquement aussi, certains otages sont encore en traitement
04:10ou ont des séquelles de leur captivité.
04:13Vous vous souvenez de ces vidéos épouvantables
04:16qui ont été diffusées par le Hamas au mois d'août,
04:18de ces deux otages qui étaient quasiment en train de creuser leur tombe
04:21dans une cave complètement décharmée, amégrie, désespérée.
04:27Et on s'attend à de nouvelles images aussi demain,
04:29celles du transfert de ces otages.
04:32Oui, oui.
04:33Alors, il y avait eu aussi, effectivement,
04:35on a vécu ces mises en scène scandaleuses
04:38avec des serrages de mains, des sourires, des prix.
04:42On a remis des diplômes de bons otages
04:44à certains otages qui ont été libérés.
04:47Je ne suis pas dans le secret des dieux,
04:49mais il me semble quand même que dans les négociations
04:51à la demande des Américains,
04:54demain, si les otages sont libérés,
04:56je l'espère, à partir de demain...
04:58Les terroristes du Hamas l'ont promis, en tout cas, hier.
05:01On ne devrait pas avoir de genre de mise en scène
05:03avec, on l'a vu encore, des terroristes armés, masqués.
05:06Mais, espérons-le.
05:08Bon, après, ce ne serait jamais que pour les otages
05:12la dernière écume de ce qu'ils auraient subi.
05:16Bon, espérons que ça n'arrivera pas.
05:18Mais, en tout cas, ça ne semble pas être envisagé.
05:21Un mot, Olivier Jooui, quand même sur l'espoir.
05:23Les familles d'otages à Tel Aviv,
05:25là, actuellement, elles se disent
05:27« Ça y est, demain, nous allons retrouver nos proches. »
05:30Il y a aussi...
05:32Comment on vit cette attente ?
05:33C'est ça, ma question.
05:34Alors, moi, je suis français et parisien.
05:37Je suis en relation, d'abord, avec ma propre famille,
05:40même si, aujourd'hui, dans ma famille,
05:42les otages sont rentrés.
05:43Il y a une solidarité terriblement forte,
05:46infidérante, depuis deux ans,
05:48qui ne s'est jamais démentie
05:50entre les familles d'otages élargies
05:52à leurs proches, à leurs amis.
05:54La société israélienne, pour une très grande partie,
05:56a été, évidemment...
05:57Alors, toute la société israélienne a été traumatisée,
05:59à juste titre, par les massacres terroristes,
06:02les assassinats, les viols du 7 octobre.
06:06Et la grande, grande majorité est restée très solidaire
06:08autour des familles d'otages.
06:10Donc, oui, il y a un espoir très fort.
06:12La société est très, très tournée là-dessus.
06:14On a vu des manifestations
06:15avec des dizaines, peut-être même 100 000 personnes
06:17à Tel Aviv, encore ces derniers temps,
06:19espérant, maintenant,
06:22se réunissant dans la joie.
06:23Et puis, avec un espoir, peut-être,
06:25de paix aussi durable ou non,
06:28ça en verra, dans la région.
06:29Merci.
06:30Merci.
06:31Merci.
06:32Merci.
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