00:00Alors, votre club culture Europe 1.
00:02Europe 1.
00:03Avec dans quelques minutes la sortie Europe 1 de la semaine.
00:05Bonjour Olivier Benkevon.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:08Je vous emmènerai à la Cinémathèque française
00:09pour une grande exposition.
00:11Mais alors une grande exposition à un type que j'adore
00:14qui s'appelle Orson Welles.
00:15Ah, formidable. Mais d'abord, le livre du jour
00:18avec Nicolas Carreau. Bonjour Nicolas.
00:19Bonjour Dimitri.
00:20Comme tous les jeudis, un format poche
00:22et c'est le dernier Philippe G...
00:23Alors je sais jamais comment on dit, Jainada ou Génada ?
00:25Jainada ou Génada.
00:27Il ne le prend jamais mal.
00:28Je ne sais pas exactement.
00:30C'est quoi, c'est japonais comme nom ?
00:31Eh ben non, ce n'est pas japonais.
00:32C'est polonais, ce n'est pas polonais.
00:35Donc Jainada, vous prenez un roman de Patrick Modiano,
00:38vous ajoutez un peu de maigret,
00:39vous versez un peu de poésie, de l'empathie,
00:41beaucoup d'humour, et voilà.
00:43Vous avez un roman de Philippe Génada,
00:44l'auteur de la serpe, vous savez,
00:46Prix Fémina, Au printemps des monstres aussi,
00:48l'affaire Lucien Léger dans les années 60.
00:50Il s'empare de faits divers comme ça
00:51et il enquête en nous racontant tout.
00:54Comment il loue une voiture,
00:55comment il arrête de fumer, ça dépend des livres,
00:56des enquêtes fouillées, documentées, vérifiées,
00:59où tout est vrai, mais menées par l'inspecteur Jainada,
01:01qui est aussi un personnage du livre.
01:03Lui aussi, il a une vie sympa,
01:04un peu comme Philippe R. Hume,
01:05d'où vous nous parliez hier.
01:06Alors, il enquête à nouveau,
01:07Philippe Génada, sur un fait divers.
01:09Mais pas un crime, ça s'appelle
01:10La désinvolture est une bien belle chose,
01:12ce livre, c'est chez Point.
01:13Un jour, Génada tombe sur un livre de photos,
01:16un photographe hollandais dans les années 50
01:17qui traînait dans le bistrot de Saint-Germain-des-Prés,
01:20à l'époque où c'était le gouffre de Paris,
01:21pas cher du tout, du tout.
01:26Qui ne font rien, à part discuter et jouer au 4-21.
01:29Ils étaient enfants pendant l'occupation,
01:31des destins brisés donc,
01:32et ils sont là, dans le même bistrot,
01:34au même moment, il y avait Guy Debord,
01:36l'auteur de la Société du Spectacle,
01:37et Modiano a parlé beaucoup de chez Moineau,
01:39et aussi d'une fille de la bande,
01:4120 ans surnommée Kaki,
01:42qui un jour a sauté de la fenêtre d'un hôtel juste à côté.
01:45Et Jainada a décidé d'essayer de comprendre
01:47pourquoi il cherche donc des informations sur cette Kaki.
01:50Mascotte du quartier, mannequin pour Dior
01:51pendant quelques semaines,
01:52mais aussi fille d'un collabo mort en prison.
01:54On ira de révélation en révélation,
01:56mais il s'intéresse aussi aux autres,
01:58aux copains de chez Moineau.
01:59Et donc, il se met en scène, Jainada, comme toujours.
02:01Comme toujours.
02:02Alors cette fois, il a décidé,
02:03pendant qu'il écrivait le livre,
02:04de réaliser un rêve accessible,
02:06faire le tour de France par les bords.
02:08Il loue une voiture,
02:09il part de Dunkerque,
02:09et il fait le tour de la France
02:11en passant par Volerose,
02:12Dinard le conquête,
02:13Saint-Nazaire, je ne vous l'ai fait pas,
02:14toute menton, maubeuge.
02:16Et dans chacune de ces villes,
02:17il cherche le bistrot le plus authentique possible,
02:20et il nous raconte aussi ce qu'il y entend.
02:22Et on le suit,
02:22et on est absorbé par cette nouvelle enquête
02:26logique et drôle parfois aussi.
02:27Et pourquoi donc ce titre,
02:28la désinvolture est une bien belle chose ?
02:30Eh bien, je ne sais plus,
02:31mais c'est tiré d'un verre,
02:33je ne sais plus,
02:34je me suis en défaut.
02:35Voilà, Philippe Jainada, autant pour moi.
02:37Philippe Jainada en poche,
02:38merci beaucoup Nicolas Caro.
02:39Alors Jainada, visiblement,
02:41c'est d'origine espagnole,
02:42il y en a beaucoup en Algérie,
02:43donc rien à voir avec le Japon,
02:45mais bon, c'était un peu espagnole.
02:46C'était espagnole,
02:46donc après tout,
02:47autant pour moi.
02:50Allez, on passe à la sortie de la semaine.
02:52Oui, Pablenko, espagnole, on me l'a dit.
02:56Ben Kémoun, Olivier,
02:5740 ans après sa mort,
02:58une immense expo est consacrée à Paris,
03:00à Orson Welles.
03:01Alors, à tous les Orson Welles,
03:02parce que cet homme était multiple,
03:04acteur, réalisateur, poète, dramaturge,
03:06producteur, scénariste,
03:07mais aussi peintre et sculpteur,
03:09et même magicien.
03:10On apprend que pendant la Seconde Guerre mondiale,
03:13sur un terrain vague à Hollywood,
03:14dans un tour d'illusionniste,
03:16il découpait Rita Edwards, sa femme,
03:18comme le raconte Frédéric Bonneau,
03:19le patron de la Cinémathèque française.
03:21Il commence par découper sa propre femme en deux,
03:23Rita Edwards quand même,
03:24et puis le patron de la Columbia dit
03:27qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
03:29Ma star fait des spectacles pour Bidas,
03:32il n'en est pas question.
03:33Et donc, Welles remplace Rita Edwards
03:35par sa grande copine,
03:37qui n'est autre que Marlène Dietrich,
03:38qui se fera un plaisir d'être coupée en deux
03:41pour amuser les G.I. en permission.
03:43Il découpe 5e, toi, Orson Welles ?
03:45Orson Welles, c'est pas la boucherie,
03:48c'est le théâtre et le cinéma,
03:49mais le grand public américain se souvient d'abord
03:51du scandale qu'il provoque en 1938 à la radio,
03:54avec la guerre des mondes,
03:56où il racontait une attaque de Martiens
03:59et l'Amérique était détruite.
04:01Ça a été écouté par à peu près 8-9 millions de personnes,
04:06et il y a un million et demi de personnes
04:08qui ont vraiment cru que les Martiens
04:10attaquaient les Etats-Unis.
04:12Ça a provoqué un énorme scandale,
04:14et il a raconté lui-même beaucoup plus tard
04:16qu'il y avait en gros deux solutions,
04:19soit il allait en prison,
04:20soit Hollywood n'avait plus rien à lui refuser.
04:23Et c'est donc la solution de Hollywood
04:24qui lui déroule le tapis rouge.
04:26Oui, il a à peine 25 ans
04:27lorsqu'il réalise son chef-d'oeuvre Citizen Kane.
04:31Rosebud, ça fait 80 ans qu'on cherche
04:38la signification de Rosebud, si vous l'avez.
04:40Alors l'exposition qui est très riche
04:42montre beaucoup de photos,
04:43de tournages, de dessins, de scripts
04:45et d'extraits de ses 13 films,
04:47mais parle aussi de ceux qu'il n'a jamais achevés.
04:49Il y en a un certain nombre.
04:51Chaque film est un nouveau prototype
04:53qui n'a jamais été construit par personne avant lui.
04:56Il doit y avoir entre 10 et 15 films
04:59qui sont dans des états d'inachèvement divers.
05:03Il y a certains, il n'en manque vraiment pas grand-chose,
05:06et d'autres, il en manque beaucoup,
05:08et enfin, d'autres, on n'en sait absolument rien.
05:10Grand décompte, on n'en sait rien parfois.
05:12Films inachevés, souvent faute d'argent.
05:14On a beaucoup reproché à Wells
05:15d'avoir tourné dans des pubs bas de gamme
05:17pour des photocopieurs ou des whisky.
05:19C'est comme ça qu'il s'autofinançait.
05:21C'est aussi en passant la télé
05:22qu'il est entré dans la vie des Américains
05:23et qu'il est devenu, avec son énorme silhouette,
05:26un objet de pop culture
05:27dont on célèbre les 40 ans de la disparition.
05:30C'était le 10 octobre 1985.
05:33Quasiment jour pour jour.
05:34Alors, en fait, il tournait au fur et à mesure
05:36de ce que je comprends,
05:38s'il a des bouts de films par-ci, par-là.
05:40Ah non, non, non.
05:40Il a des films et des projets
05:42qu'il a entamés,
05:43qu'il n'a pas tout à fait finis.
05:45Le plus célèbre étant son Don Quichotte.
05:48s'il manquait quelques plans, etc.
05:51C'est à voir donc à la Cinémathèque Française à Paris.
05:53My name is Orson Welles Expo
05:55qui démarre aujourd'hui.
05:56Passionnante.
05:57Et il y a une très belle bibliothèque
05:58à la Cinémathèque aussi, je crois.
05:59Oui.
06:00On va la visiter avec vous, Nicolas Carreau,
06:01la bibliothèque.
06:02Oui, dans trois semaines dans l'émission.
06:03Le 26 octobre, pendant les vacances de la Toussaint,
06:06écoutez La Voix et Livres,
06:07dimanche 18h-19h,
06:09avec cette très belle visite
06:10de la bibliothèque de la Cinémathèque.
06:11Avec Frédéric Bonneau,
06:12le patron qu'on a entendu.
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