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  • il y a 4 mois

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00:00...
00:0018h46 en direct sur CNews et sur Europe 1.
00:09Deux réactions politiques importantes, celle de Marine Le Pen qui demande une dissolution
00:14et celle de Jean-Luc Mélenchon qui lui demande la démission d'Emmanuel Macron.
00:17On les écoute en débat avec Henri Guenou et Julien Drey.
00:20On est au bout du chemin. Il faut arrêter.
00:24Il faut arrêter les ministres, les ministres, les ministres de droite, les ministres de gauche.
00:28On arrête. On retourne aux urnes.
00:31Et ce sont les Français qui vont décider.
00:35C'est clair. Et nous, nous sommes dans cet état d'esprit-là.
00:39C'est eux qui vont décider.
00:41Le retour au peuple est la réponse que les démocraties apportent lorsqu'elles se trouvent dans une impasse.
00:48Nous sommes dans une impasse. Personne ne peut le nier.
00:52Aussi longtemps qu'on tardera à régler le cœur du problème,
00:56tout ne fera qu'empirer et s'aggraver.
00:59Henri Guenou, tout ne fera que s'empirer et s'aggraver.
01:03Quoi qu'il arrive, désormais, il faut en passer par un départ du chef de l'État pour vous ?
01:08Alors, pour moi, ça reste la pire des solutions.
01:12On fera encore une fois, on fera une campagne.
01:14Il est obligé de faire une campagne en maximum de 35 jours.
01:17Ce qui veut dire en réalité, en pratique, une campagne de trois semaines.
01:20Donc, il n'y aura pas de vrai débat.
01:22Il n'y aura pas de vrai mandat donné à celui qui va être ou à celle qui va être élue.
01:27Il sera élu en plus dans une fonction affaiblie par le départ du président.
01:32Et enfin, je rappelle quand même que s'il s'en va demain matin,
01:36Mme Le Pen ne peut pas être candidate.
01:38Ce qui affaiblira encore la légitimité de cette élection.
01:42Donc, voilà, peut-être que ça va arriver.
01:46Mais en tout cas, on ne peut pas le souhaiter.
01:48Et on ne peut pas faire de cette démission une solution, une issue à la crise que nous vivons.
01:55C'est-à-dire qu'une fois qu'on aura élu un nouveau président,
02:00qui encore une fois sera démonétisé, qui n'aura pas une légitimité, pas un mandat suffisant,
02:05comment va-t-il résoudre la crise française ?
02:09Comment va-t-il répondre aux problèmes ?
02:11Ça sera impossible.
02:12Voilà, donc celui ou celle qui sera élu risque fort d'échouer, et d'échouer très vite.
02:18Et après, il restera la violence.
02:20C'est fini.
02:21Je veux dire, le chaos institutionnel engendrera le chaos social, le chaos économique.
02:26Voilà, c'est le chaos politique.
02:28Bon, donc ça, c'est la première chose.
02:29Et alors, la dissolution.
02:31Mais la dissolution, tout indique qu'elle ne va pas résoudre le problème.
02:35Si on était sûr que la dissolution va apporter une majorité absolue,
02:40ou une majorité relative très très forte,
02:42qui permet avec quelques ajustements de gouverner quand même,
02:46bon, très bien, ça pourrait être une issue.
02:47Je ne crois pas un instant que ce soit une issue.
02:50Donc, pour répondre à l'intervention du député du Rassemblement National tout à l'heure,
02:56dire le peuple va trancher, il faut redevenir au peuple.
02:59C'est ce qu'a dit Emmanuel Macron quand il a dissous l'Assemblée Nationale.
03:02Bon, simplement, si le résultat, dans le contexte dans lequel nous nous trouvons,
03:07est un résultat de même nature que le précédent,
03:10du même ordre que le précédent, ça ne va pas fonctionner.
03:13En réalité, il n'y a qu'une campagne présidentielle longue, normale,
03:19et une élection présidentielle,
03:20et un président qui a un mandat et une autorité,
03:23et une légitimité forte qui peut nous sortir de cette situation.
03:26Voilà, donc, si on abîme la fonction présidentielle, on n'a plus de solution.
03:30La Ve République est morte, sachant encore une fois qu'il faut se rappeler
03:33qu'on va mettre un ancien président de la République en prison,
03:36ce qui, symboliquement, est terrifiant pour la fonction présidentielle,
03:39pour le rétablissement de l'autorité.
03:41Comment vous allez faire ?
03:43Vous voyez bien les mesures exceptionnelles qu'il faut envisager
03:46pour remettre de l'ordre dans la société et dans l'économie,
03:48pour combattre la violence.
03:50Donc, il va falloir changer le code pénal,
03:52il va falloir changer la hiérarchie des normes, la constitution.
03:55Comment vous faites si vous vous privez de tous les moyens
03:59qui vous permettent de le faire ?
04:00Julien Dray.
04:01Moi, je n'ai quasiment pas un mot à changer à ce que vient de dire Henri.
04:04Je crois que si on a une élection présidentielle maintenant,
04:06ce sera une mauvaise élection présidentielle.
04:08Parce que la racine de la crise politique,
04:11c'est que les Françaises et les Français ont cru à un mirage,
04:14le mirage de la jeunesse.
04:16C'est-à-dire qu'il y avait un épuisement des forces politiques,
04:18de l'alternance, etc.
04:20Il y a eu le mirage de la jeunesse qui allait avec ce mythe que je connais,
04:24on va prendre les meilleurs de tous les camps,
04:26et vous allez voir, ça n'a pas marché.
04:28Parce qu'on ne contourne pas la vie politique,
04:30les projets politiques, le débat sur les idées.
04:32On a cru faire ça.
04:34D'ailleurs, beaucoup de Français,
04:35des Français maintenant qu'on en discute disent,
04:36avant il y avait quelque chose.
04:38Ça avait de la gueule, excusez-moi l'expression.
04:40Maintenant, ça n'en a plus.
04:41D'ailleurs, le personnel, excusez-moi, sans être méchant,
04:43vous avez vu le niveau où on en est.
04:46Sans vouloir jouer le vieux con qui la ramène.
04:48Excusez-moi, voilà.
04:50Donc, si on a une présidentielle,
04:52à l'état actuel des choses et des programmes que j'ai lus,
04:54excusez-moi, parce que moi je veux bien qu'on me dise,
04:56il faut apporter une solution à l'immigration,
04:58il faut le porter, etc.
04:58Mais je lis les projets, c'est les solutions qui m'intéressent.
05:02Le constat, ça, tout le monde est capable de le faire.
05:04Jean-Luc Mélenchon, il veut la démission d'Emmanuel Macron.
05:05Non, mais Jean-Luc Mélenchon, lui, il a...
05:07On est au stade ultime de ce qu'il espère.
05:10Lui, il espère, il ne pense pas qu'il va y arriver par la majorité.
05:13Il pense qu'il va y arriver par le chaos.
05:16C'est-à-dire par une situation de crise majeure
05:18et qui ferait d'ailleurs qu'à ce moment-là,
05:19il deviendrait l'homme rassurant d'autorité.
05:22Il avait un ton très paternaliste, que vous avez entendu, là.
05:25Il est, d'ailleurs, il a les habits du président Mao, maintenant.
05:29Bon, voilà, ou de Chavez, quoi.
05:31Je crois qu'il pense plutôt à Robespierre, moi.
05:33Alors, oui, parce que tu as encore de l'estime pour lui,
05:36moi, je n'en ai plus.
05:38Voilà, mais...
05:39Oui, je préférerais me passer de Robespierre, quand même.
05:41Oui, moi aussi.
05:42Le comité de salut public, le début d'un révolutionnaire et la guillotine.
05:45Je reconnais que, quand j'étais jeune,
05:47je reconnais que je préfère Camille Desmoulins à Robespierre.
05:50Voilà.
05:51Ou d'Anton.
05:53Mais Camille Desmoulins, c'est encore plus beau.
05:55Plus romantique.
05:55Mais là, qu'est-ce qui nous attend ?
05:56Parce que le spectacle qu'offre la politique aux Français est terrible.
06:00Non.
06:00Franchement, je...
06:01Si vous me permettez, je maintiens que...
06:03Je suis d'accord.
06:04Peut-être qu'il y a la possibilité de trouver des personnalités politiques
06:07qui ont le sentiment d'un devoir à accomplir pour la France.
06:11Tout est bien.
06:12Tout est dit.
06:12Voilà.
06:12Est-ce qu'il y a, aujourd'hui, des individus qui disent,
06:15par-delà mes appartenances,
06:17voilà, sur une feuille de route qui sera, je m'excuse,
06:20un profond changement institutionnel dans le fonctionnement des institutions.
06:23Parce que, justement, dans ce mirage,
06:27il y a un pouvoir qui s'est installé,
06:29qui est le pouvoir du corps des inspecteurs de Bercy.
06:31C'est des nouveaux fermiers généraux.
06:32C'est eux qui font la loi.
06:34Et ils la font comme ils veulent.
06:35Pas que les juges...
06:36Oui, mais là, on est dans un tel moment...
06:37Julien, on est dans un tel moment d'hystérisation.
06:40Les partis politiques sont chauffés à blanc.
06:42Ce discours est rationnel.
06:44Est-ce qu'il est encore audible ?
06:45C'est toute la question.
06:46Est-ce qu'on peut encore se dire,
06:48on peut faire une majorité de projets
06:49avec un homme qui serait un technicien ?
06:51Un technicien qui...
06:52Non, c'est pas un technicien.
06:54C'est pas un technicien.
06:55Moi, je ne sais pas ce qu'est un gouvernement technique.
06:57Mais je sais ce que peut être un gouvernement
06:59d'hommes irresponsables
07:00qui vont au gouvernement pour faire leurs devoirs,
07:03non pour représenter leurs partis.
07:04Mais ça, je suppose que les partis se mettent un peu en retrait.
07:06S'ils ne veulent pas se mettre en retrait,
07:08si les politiciens continuent à tout diriger,
07:11ça va dans la catastrophe.
07:12Mais c'est pas inévitable.
07:16C'est ce qui s'est passé à chaque fois
07:18que ce pays a été au bord du gouffre.
07:20Il a été au bord du gouffre parce que
07:21les politiciens ont occupé tous les postes
07:23et sont allés jusqu'au bout du bout
07:24sans vouloir lâcher le manche.
07:28Si on recommence encore une fois,
07:31il n'y a pas de bonne solution.
07:33Il n'y a qu'une catastrophe au bout.
07:34Donc, est-ce qu'on est capable de trouver,
07:37de faire un gouvernement,
07:38non pas de techniciens,
07:40mais de gens qui ont de l'expérience
07:42et qui y vont pour faire leurs devoirs ?
07:45Si chaque parti veut avoir son représentant,
07:47son porte-parole au gouvernement,
07:49son morceau de programme,
07:50voire son programme en entier,
07:52c'est fini.
07:53Si vous dites que je veux faire un gouvernement de gauche
07:54avec le programme de la gauche,
07:55ça ne peut pas marcher.
07:56Un gouvernement de droite avec le programme de la droite,
07:58ça ne marche pas.
07:59Avec le programme du centre, ça ne marche pas.
08:02Avec le programme du RN, ça ne marchera pas non plus.
08:04Sauf si on a une cohabitation,
08:06c'est-à-dire si on a une vraie majorité,
08:08je ne vois pas comment,
08:09dans les circonstances actuelles,
08:10on va arriver à dégager une majorité
08:12qui aurait les moyens de vraiment gouverner
08:15avec un président qui ne leur donnera pas
08:16le référendum ni les ordonnances, etc.
08:18Donc, il faut que chacun accepte
08:21d'être modeste en retrait.
08:24Il y a beaucoup de choses à faire,
08:25assurer la continuité de l'État,
08:26faire voter un budget bon ou mauvais,
08:28bon ou mauvais,
08:29s'occuper des problèmes qui se posent.
08:31Par exemple, le traité sur le Mercosur,
08:35il est sur la table.
08:36Vous voyez, la France est totalement absente.
08:38Ça veut dire qu'on consent.
08:40Après, il ne faudra pas s'étonner
08:41si une fois de plus,
08:42les agriculteurs considèrent qu'on s'est moqué d'eux
08:44et mettent le feu aux préfectures.
08:45Donc là, on est dans le registre tout est foutu ?
08:48Non, parce que moi, le sentiment, c'est que...
08:50Ce sera le dernier mot, il nous reste une minute.
08:52Il y a une effervescence politicarde que je vois bien,
08:56mais moi, de tous les contacts que j'ai autour de moi
08:58et que j'essaye d'écouter,
09:00il y a une volonté d'apaisement dans la société.
09:02Les gens sont fatigués.
09:04Il faudrait que ça s'apaise,
09:05il faudrait que ça se calme,
09:06qu'on prenne le temps de...
09:07C'est en ce sens-là, d'après moi,
09:10que se trompent certains
09:11quand ils pensent qu'on est au bord de la révolution,
09:13du chaos, etc.
09:14Ce n'est pas ça que veulent le Conseil de Rien.
09:15Ils ne le veulent pas, mais ils le craignent.
09:17Ils ont raison de le craindre.
09:18Ils ont raison de le faire.
09:19Parce que dans ces cas-là...
09:20Les politiciens et les partis s'effacent
09:21d'interroger les gens dans la rue.
09:23Ils n'en peuvent plus.
09:25Et dans ces cas-là, le vrai danger,
09:27il faut vraiment le mesurer
09:28par rapport à ce que vient de dire Henri,
09:30c'est la solution autoritaire.
09:32C'est-à-dire que vous...
09:32C'est ce qui naîtra du chaos et de la violence.
09:34C'est la solution autoritaire.
09:37Depuis 200 ans,
09:38on n'est jamais sortis d'une crise politique majeure
09:40en France par les urnes.
09:42On a eu le coup d'État du 18 Brumaire.
09:45On a eu Louis-Napoléon Bonaparte en 1848.
09:48On a eu la défaite en 1940.
09:51Et on a eu le 13 mai en 1958.
09:53Donc, si on continue comme ça,
09:55sa solution ne se trouvera pas dans les urnes.
09:57Ou si elle se trouve dans les urnes,
09:58elle aura une drôle de tête.
09:59Merci beaucoup, Auréguenot,
10:01Julien Drey, Alexandre Vecchio, Louis de Ragnel.
10:02Et suite, évidemment, de ce feuilleton
10:04à rebondissement dans Europe 1 Soir
10:07avec Pierre Devineau.
10:08Et bien sûr, dans Face à l'Info.
10:09C'est nous avec Christine Kelly.
10:11Bonne soirée à vous sur 2 Angènes.
10:12A demain.
10:12A demain.
10:13Au revoir.
10:14Au revoir.
10:15A demain.
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