00:00Toujours en compagnie de mes débatteurs de la deuxième heure, Eliott Maman et Jules Torres, on parlait de politique, ça se précipite.
00:07Il y avait l'information de Jules Torres, manifestement non, les LR ne feront pas partie du gouvernement, peut-être en tout cas.
00:15En tout cas, ça se tend.
00:16Oui, ça se tend et la réunion est reportée qu'il devait y avoir ce soir, surtout Olivier Faure à l'instant aussi qui nous dit
00:22on ne se dirige tout droit vers la censure, alors on ne comprend pas bien parce que c'est vrai que quand le LR se tend, normalement le PS se détend.
00:32Ce n'est jamais assez Stéphanie, tant que 99% du patrimoine des riches, c'est-à-dire plus de 3000 euros, ne seront pas imposés, ce ne sera pas assez pour Olivier Faure.
00:41Et ça va faire très plaisir cette phrase à Sophie de Menton qui est en direct avec nous, chef d'entreprise et présidente du mouvement patronal éthique.
00:48Bonsoir Sophie de Menton.
00:50Oui, bonsoir.
00:51Vous devez être désespérée de tous ces débats toujours autour de la hausse des impôts et puis surtout, bon, vous invitez parce que vous allez fêter, si j'ose dire.
01:00Oui, c'est une fête d'ailleurs.
01:0123e édition de la fête des entreprises, ça se déroulera jeudi 16 octobre.
01:07Vous dites d'ailleurs que plus que jamais il faut faire la fête alors que les chefs d'entreprise vont justement manifester le 13 octobre.
01:15Mais enfin quand même, Sophie de Menton, on imagine qu'il y a énormément d'inquiétudes du côté des entreprises.
01:21Il y a beaucoup d'instabilité.
01:22Là, on entend, je vous le disais, Olivier Faure nous dire qu'on se dirige vers la censure.
01:26Ça veut dire probablement que le gouvernement Lecornu ne tiendra pas avec des conséquences très néfastes pour l'économie, n'est-ce pas ?
01:34Alors, il y a évidemment des conséquences très néfastes, mais vous savez, les chefs d'entreprise, ils sont avant tout résilients.
01:42Je veux dire que quand on a le spectacle politique qu'on a depuis des mois et presque des années, il faut penser à autre chose et gérer sa boîte.
01:51C'est exactement ce qu'ils font.
01:52Mais ce qui est important, c'est que finalement, on a une espèce d'évolution incroyable.
01:58Quand j'ai lancé J'aime ma boîte il y a 23 ans, j'ai demandé un sondage et un grand organisme de sondage qui était l'IFOP.
02:05Et ils m'ont dit, mais madame, pardonnez-moi, on ne va pas vous prendre de l'argent pour faire un sondage.
02:09J'ai demandé aux gens s'ils aiment l'entreprise.
02:12Et c'était pour eux inimaginable.
02:14Alors, je ne vous raconte pas comment ça s'est passé.
02:18Finalement, j'ai demandé non.
02:19Mais une question simple, demandez aux gens, on s'entend du métro, et vous ce matin, est-ce que vous diriez J'aime ma boîte ?
02:24Ils sont revenus stupéfaits, avec à peu près le même résultat qu'on a aujourd'hui.
02:30Aujourd'hui, précisément, 64% des Français déclarent J'aime ma boîte.
02:34Ce qui ne veut pas dire d'ailleurs que les autres n'aiment pas.
02:37Et donc, on avait déjà, alors à l'époque, l'entreprise, c'était le patron, le mot patron déjà, n'en parlons pas,
02:43qui exploitait ses salariés.
02:46Et puis, ça a évolué.
02:47Alors, j'ai presque envie de dire que la fête des entreprises, des J'aime ma boîte, a eu une microscopique influence.
02:54Mais on a quand même à peu près 400 000 sociétés qui font la fête.
02:59Alors, la fête, ce n'est pas grand-chose.
03:01Ça peut être un café le matin, tout le monde apporte quelque chose pour déjeuner ensemble,
03:06un patron qui offre un cours de yoga collectif.
03:08Il y a plein de choses.
03:10Mais c'est le fait de se rendre.
03:12C'est une formidable initiative et c'est bien de la médiatiser parce qu'on a besoin d'aimer les entreprises par définition et par essence.
03:20Je vais dire quelque chose de basique.
03:22C'est évidemment les entreprises qui font vivre l'économie et qui embauchent.
03:28Maintenant, trois jours avant...
03:30Mais c'est bien, je voudrais dire un peu plus là parce qu'aujourd'hui...
03:32Oui, pardon.
03:33Allez-y.
03:34C'est d'autant plus important que je n'ai jamais vu cette évolution.
03:38Cette année, les Français ont beaucoup plus confiance dans leur entreprise.
03:44Ils disent que c'est elle qui fait la croissance de la France, même quand ils sont cinq.
03:50Je veux dire qu'ils ont confiance dans leur boîte.
03:53Ils savent et ils ont compris que c'était leurs entreprises qui faisaient la croissance
03:57et qui faisaient qu'on pouvait offrir tout ce qu'on peut offrir dans notre modèle social.
04:01Donc voilà.
04:01Mais ça veut dire, Sophie de Menton, non, non, mais moi je suis ravie d'entendre ce discours positif sur les entreprises.
04:06Mais ça veut dire pour vous que quand vous voyez justement ces débats dont on parlait avec Jules Torres et Eliane Mavman à l'instant,
04:13voilà, toutes les chaînes d'info parlent de ce projet Le Cornu.
04:17Alors les premières pistes, elles ne sont pas nouvelles.
04:20Contribution aux différentiels reconduites, durcissement de la contribution exceptionnelle justement des entreprises,
04:27mécanisme anti-optimisation pour les holdings patrimoine.
04:29Tout le débat du budget a tourné autour de oui ou non, comment on va augmenter les impôts.
04:36C'est quand même assez fascinant.
04:38C'est scandaleux.
04:40C'est scandaleux.
04:40On préfère ne pas y penser parce que la seule chose,
04:43ils n'ont pas été capables de trouver, de nous mettre sur un papier,
04:48quelles économies ils allaient faire, quand et combien ça les rapporte.
04:51Comme si on était handicapé de la baisse de la dépense publique.
04:55Handicapé.
04:56Et la dépense publique continue d'augmenter.
04:58Et donc ce qui est terrible, c'est que les impôts,
05:00imaginons qu'il y ait des gens, et il y en a,
05:02qui trouvent que c'est bien d'imposer encore plus les entreprises.
05:06Ce qui fait que les salariés vont être encore moins payés,
05:08qu'il y aura moins de croissance, etc.
05:10Mais c'est encore pire parce que, comme ils ne changent rien,
05:14ces impôts, cet appui s'en font.
05:17Si vous ne faites pas d'économie, on ne va pas rembourser la dette.
05:20Là, il compte engréger 4,5 milliards, tout ça pour ça.
05:26Jules Torres, quand même, ce n'est pas terrible.
05:28Oui, mais de toute manière, il n'y a aucune économie structurelle dans ce budget.
05:32C'est bien d'ailleurs le problème.
05:33Que ce soit celui de Michel Barnier, de François Bayrou et de Sébastien Lecornu,
05:38on ne va pas changer le pays.
05:39Et pourquoi on a autant de mal, sérieusement ?
05:40Parce qu'on n'a pas d'Assemblée nationale et donc on ne peut rien faire d'extrêmement courageux
05:44si on avait 400 députés.
05:45Oui, pardonnez-moi, on n'a surtout pas un politique aujourd'hui,
05:48et je m'avance à peine,
05:50qui savent ce que je sais que de travailler dans une entreprise.
05:52Je veux dire, nous avons des élus qui n'ont jamais bossé dans des boîtes.
05:56Ils prennent des décisions, ils font des décrets.
06:00Et d'ailleurs, ils le savent,
06:03car nous avons lancé dans le mouvement éthique que je préside
06:05une opération qui s'appelle Parlementaire dans l'entreprise.
06:08On leur fait faire un stage de deux jours.
06:10Eh bien, figurez-vous qu'il y en a 60 qui sont inscrits déjà.
06:13Ah, c'est vrai, c'est bien ça.
06:15Vous allez voir arriver qui, par exemple ?
06:17Eh bien, figurez-vous que ce qui m'a beaucoup étonnée,
06:20j'ai trouvé ça très sympathique,
06:21celui que vous connaissez certainement, c'est Éric Wörth.
06:24Alors, stupéfait, on a vu Éric Wörth,
06:26on s'est dit, il faut lui trouver quand même une boîte financière,
06:30quand même un peu à la hauteur,
06:32enfin, bon, quand même, en Camillerie des Finances.
06:34Eh bien, pas du tout, il a choisi une boîte de courrier.
06:37Ah, écoutez, on va peut-être être livré par Éric Wörth.
06:40Éric Wörth, si on commande une pizza,
06:43écoutez, c'est original.
06:45Elliot Maman, vous, vous êtes le plus jeune de cette bande,
06:49vous êtes à peine sorti de l'école, même pas.
06:51D'ailleurs, vous êtes encore, je crois, en stage, à moitié, non ?
06:55Oui, oui, oui.
06:56Comme quoi, l'intelligence et la culture n'attendent pas le monde des...
06:59Vous êtes un vieux à côté.
07:02Vous êtes complètement.
07:03C'est quoi votre regard ?
07:04Non, mais c'est vrai que ces discours,
07:06moi, depuis petite, bon, ça fait un peu plus longtemps que vous,
07:09j'entends ces discours de hausse d'imposition
07:12qui sont, je trouve, assez désespérants.
07:14Elliot Maman, quel est votre regard, vous, de jeune là-dessus ?
07:18Non, mais ce qui est parfaitement désespérant,
07:20c'est que l'on a une classe politique
07:21qui est incapable de dépasser son éventuel sectarisme
07:25pour parvenir à des compromis
07:27et que, d'ailleurs, il y a une incapacité totale
07:30à organiser une quelconque forme
07:32de cuménisme gouvernemental en France
07:34puisque les divers acteurs politiques
07:36préfèrent évoquer des lignes rouges
07:38plutôt que de dire ce sur quoi
07:39ils pourraient plus ou moins s'accorder.
07:41Ça, c'est assez déprimant.
07:42En même temps, il faut dire que
07:43l'Assemblée nationale échappe à tout fait majoritaire,
07:45ce qui est assez inédit dans la Ve République
07:47et que sa tripartition actuelle,
07:50telle qu'on l'a souvent dit,
07:51correspond plus ou moins à la tripartition
07:53de l'opinion publique.
07:54Donc, on comprend aussi les raisons
07:55pour lesquelles les divers acteurs politiques
07:57se montrent assez intransigeants
07:58par rapport à leurs exigences originelles.
08:01Et d'ailleurs, un dernier point,
08:03le fait qu'il y ait une absence totale
08:05de faits majoritaires est très compliqué
08:07parce que cela renvoie en un sens au Parlement
08:09la responsabilité de formuler un budget
08:12alors que cela fait plus de 70 ans qu'en France,
08:15on a un exécutif qui, chaque année,
08:17définit le budget.
08:18Mais donc, c'est quand même une espèce de compétence
08:20que l'on est supposé acquérir d'année en année.
08:22Depuis 50 ans.
08:24Non mais, Sophie de Menton,
08:26là, oui, on parle du budget là,
08:27mais c'est vrai que c'est un mal français
08:29que vous supportez avec certes un optimisme
08:33assez incroyable,
08:35mais tout de même, il faut aujourd'hui...
08:38D'ailleurs, vous en parlez dans votre livre
08:40« Réussir, c'est possible ».
08:41Enfin, comment vous donnez envie
08:43à des jeunes aujourd'hui
08:44de monter leur boîte
08:44quand on vous dit
08:45« Oh là là, être riche, c'est pas bien,
08:47on va vous taxer, etc. »
08:49C'est quand même assez déprimant tout ça.
08:51C'est très déprimant,
08:52mais ils ont envie de monter leur boîte,
08:54pas forcément pour des bonnes raisons.
08:56Ils ne veulent pas de patron,
08:57ils veulent gagner de l'argent,
08:58ils s'imaginent qu'ils en gagneront beaucoup
09:00alors que le salaire moyen
09:02d'un chef d'entreprise
09:03est de 4 000 euros par mois.
09:04Pardonnez-moi,
09:07je suis sûre que parmi les gens
09:08qui nous découpent,
09:08il y en a qui trouvent ça beaucoup,
09:10c'est pas beaucoup.
09:114 000 euros par mois
09:12lorsqu'on a une entreprise
09:13avec plusieurs dizaines parfois,
09:15en tout cas une dizaine de salariés,
09:17c'est pas grand-chose.
09:18Donc l'envie, elle est là.
09:20D'ailleurs, on a beaucoup de start-up.
09:22Le problème, c'est que
09:23dès qu'il y a une start-up qui marche,
09:24il part à l'étranger.
09:25Parce que là, les ennuis commencent.
09:27Donc pour en revenir d'ailleurs...
09:28Comment vous expliquez ça ?
09:29Parce que justement,
09:30on n'arrive pas à passer le step suivant,
09:32il faut des investissements,
09:33des fonds importants
09:34et en France, on n'y arrive pas.
09:35Parce que c'est vrai
09:36qu'il y a plein de pépites en France,
09:37il y a plein d'idées.
09:39Il y a plein d'idées.
09:39L'argent, c'est pas un problème.
09:41Ce qui est un problème,
09:42c'est le temps,
09:44la durée pour obtenir un papier,
09:46la complexité.
09:47Il y a des normes.
09:48On met, pour construire un hôpital,
09:51on met deux ans de plus qu'en Allemagne.
09:54Je veux dire, le temps,
09:55on est impatient quand on a sa boîte,
09:56il faut aller vite.
09:57Ils ne comprennent pas,
09:58ils mettent des bâtons dans les roues.
09:59Nous avons des fonctionnaires très efficaces.
10:02Il y en a trop.
10:03Mais comme il y en a trop,
10:04ils ont envie de travailler.
10:05Donc, ils multiplient leurs tâches.
10:08Les contrôles se multiplient,
10:10les papiers se multiplient,
10:11les demandes se multiplient.
10:12Merci, Sophie de Menton.
10:15Désolée, on arrive à la fin de cette émission.
10:17Mais on a compris votre message optimiste.
10:19C'est la 23e édition de la fête des entreprises
10:21qui se déroulera le jeudi 16 septembre
10:24et réussir, c'est possible,
10:26aux éditions Fayard.
10:27C'est le nom de votre livre.
10:28Merci, Sophie de Menton,
10:29d'avoir été avec nous.
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