00:00La traite n'a pas commencé par un commerce, mais par des razzias portugaises.
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00:09la traite négrière transatlantique aurait commencé avec les chefs et les rois africains.
00:14On commence.
00:15On entend souvent ce discours.
00:17La traite négrière a commencé à cause de la cupidité des rois et des chefs africains.
00:22Mais si on retourne aux toutes premières sources, aux chroniques portugaises du 15e siècle,
00:28ce n'est pas du tout le cas.
00:29Ce n'est pas du tout ce qui est décrit.
00:31Et croyez-moi, ça change complètement tout.
00:37Au 15e siècle, le prince Henri, donc dit le navigateur, était grand maître de l'ordre du Christ.
00:44L'ordre religieux qui a succédé aux Templiers au Portugal.
00:49Et c'est cet ordre-là qui finance et bénit les premières expéditions vers l'Afrique.
00:54Et qu'est-ce que font ces marins et ces soldats portugais ?
00:56Des razzias.
00:57En 1441, j'en ai déjà parlé, mais González Antao capture une femme noire et son fils.
01:05Zourara, donc chroniqueur officiel très célèbre, décrit cette femme comme la première victime de la traite transatlantique choisie en raison de leur couleur de peau.
01:15« Des Africains à la peau foncée », dit Howard French dans « Noir origine » à la page 76.
01:20Trois ans plus tard, en 1444, plus de 200 captifs, hommes, femmes et enfants, sont arrachés par la force lors d'Erasia, puis embarqués vers Lagos au Portugal.
01:31Zourara décrit la scène, je cite.
01:33« Faites que mes peurs ne nuisent pas ma conscience, non en raison de votre pouvoir absolu sur eux,
01:39mais que votre humanité pousse la mienne à pleurer de commisération sur leur sort et leur souffrance.
01:45Si ces bêtes sauvages, avec leurs sentiments de brut, sont à même de ressentir, de part, leur conception naturelle,
01:51le tort que l'on a fait à leur semblable,
01:53que pouvez-vous attendre de moi qui, dans mon humanité, voit de mes yeux ce peuple misérable qui est,
01:59à ce que je me souviens, de la ligne des fils d'Adam ? »
02:02Et ça, comme je le disais, c'est de Gomez Zourara, dans Chroniques de Guinée, dans une édition de 1841, à la page 135.
02:08Donc, vous l'avez compris, pas de marché, pas d'échange, des RASIA.
02:16Zourara raconte ensuite leur arrivée à Lagos, donc au Portugal.
02:20Il décrit une vente aux enchères où des familles africaines sont séparées.
02:24Et il justifie cette violence en expliquant qu'on devait se réjouir.
02:29Il dit ceci, « Se réjouir de voir sauver ces âmes autrefois condamnées à la perdition. »
02:36Encore une fois, donc, de Gomez Zourara, dans Chroniques de Guinée, à la page 133.
02:40Voilà la vérité des débats.
02:42Ce sont les soldats portugais de l'ordre du Christ qui organisent les premiers raptes et les premières ventes.
02:48Nulle part, il n'est écrit qu'il s'agissait d'un commerce volontaire avec des rois africains.
02:53Ce n'est que plus tard, et j'en ai déjà parlé, des collabos, il y en a eu dans toutes les périodes, dans toutes les guerres, dans tous les esclavages.
03:04Quand la demande européenne explose, c'est important de le dire, que certaines élites africaines seront impliquées.
03:11Mais à l'origine, l'initiative, l'organisation et l'idéologie étaient entièrement européennes et principalement portugaises.
03:17Zourara écrit encore ceci « Ils n'ont pas de foi et ne croient pas en Dieu. Certains voient un culte au soleil, d'autres à la lune et aux planètes. Leur esprit est peuplé de chimères étranges et idolâtres. »
03:28Toujours dans Chroniques de Guinée, édition 1841, à la page 47.
03:33Cette vision raciste, qui présente les Africains comme des païens sans civilisation, a servi à la justification de l'esclavage.
03:41Dire que la traite est née de la cupidité africaine, c'est un mensonge complet.
03:45C'est blanchir l'Europe et effacer la violence des premiers raptes portugais.
03:53La traite négrière n'a pas commencé par un commerce. C'est pour ça que j'ai du mal avec le mot « traite ».
03:58Elle a commencé par des rasiats portugaises, bénis par l'ordre du Christ et par des enchères organisées en Europe, à Lagos, au Portugal.
04:06Alors, quand on entend que les Africains se sont vendus entre eux, il faut rappeler ce que disent les sources.
04:13Le premier geste de la traite, c'est un enlèvement par la force, pas un marché.
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