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  • il y a 4 mois

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00:00Moins disèrent que le président de la République, Sébastien Lecornu, lui, s'est confié vendredi à nos confrères du Parisien.
00:05Pas de pactisation avec les socialistes, abnégation du microcosme ambiant, page blanche sur le budget avec une réduction de 6 milliards sur les dépenses de l'État, plus d'argent pour les retraites et pour la santé.
00:15Il ne dit pas non à revoir la réforme des retraites. Qu'est-ce que vous pensez de cet inventaire à la prévère ?
00:23Alors, d'abord, qu'il soit obligé de reprendre complètement le projet de budget me paraît raisonnable.
00:28Je veux dire, on était partis dans quelque chose qui... Voilà, vous ne pouvez pas changer de gouvernement, il vient de se faire renverser.
00:35Vous ne pouvez pas revenir avec un gouvernement qui ressemble très pour très au précédent et un projet de loi de finances qui ressemble beaucoup trop au précédent,
00:43qui était d'ailleurs un très mauvais projet de loi. Si vous voulez qu'on en parle, on peut le faire.
00:49Vous n'allez pas résoudre d'abord le problème des finances publiques en escroquant les retraités et en...
00:54En escroquant les retraités.
00:55Mais oui, vous escroquez les retraités. Vous dites, je ne vais plus les indexer, vous escroquez les retraités.
01:00Alors, vous dites, c'est pour un an, mais en général, ça ne dure pas un an, sinon ça n'a pas de sens, ça dure dix ans.
01:04Bon, la dernière fois qu'on a fait ça aux fonctionnaires, ça a duré, à part quelques petites parenthèses, pendant plus de vingt ans.
01:10Bon, donc, à la fin, vous allez voir le résultat. Au début, on vous dit, ce n'est pas grand-chose, un pourcent, parce que l'inflation est faible.
01:15Vous ne savez pas ce que sera l'inflation demain. Et même avec un pourcent d'inflation, sur dix ans, ça commence à faire beaucoup.
01:20Voilà. Donc, ça, sur les malades, après on vous dit, ah mais il faut revaloriser le travail.
01:26Mais les jours de carence, c'est pour les salariés. Ça n'est que pour les salariés.
01:30Les jours fériés, c'était que pour les salariés.
01:32Bon, donc, il y a un moment où vous ne pouvez pas continuer, vous ne pouvez pas faire ça.
01:36Vous abîmez le consentement à l'impôt, vous dressez les catégories les unes contre les autres, plus personne ne veut payer.
01:41Vous comprenez, il y a une différence très grande entre la situation, par exemple, le plan Barre, en 1976,
01:46il arrive à la fin des Trente Glorieuses, à la fin d'une période où les salaires ont dévoré la valeur ajoutée.
01:53Donc, là, vous pouvez dire, bon, il y a un problème, il faut se serrer un peu la ceinture.
01:57Là, vous arrivez après 40 ans de sacrifices qu'on demande à la plupart des gens,
02:04et ce sacrifice monte dans la société, aux classes d'abord moyenne et inférieure, puis moyenne, moyenne.
02:09Est-ce que Sébastien Lecornu peut réussir là où François Béroux a échoué ?
02:13Mais s'il fait la même chose, il échouera.
02:16Après, ça ne veut pas dire qu'en faisant autre chose, il va forcément réussir.
02:21Mais en tout cas, de toute façon, on ne pouvait pas partir, enfin à mon sens,
02:25on ne pouvait pas repartir du projet de François Béroux,
02:28qui avait un autre inconvénient, c'est que dans la situation actuelle,
02:30il y a des Français qui ne veulent plus payer parce qu'ils ont trop payé,
02:32et qu'ils préfèrent toujours que ce soit le voisin qui paye,
02:34vous mettez en danger le consentement à l'impôt.
02:36Alors, si vous voulez inquiéter vraiment les marchés, il n'y a rien de mieux que ça.
02:39La France, son principal atout sur les marchés, c'est qu'elle est considérée comme ayant un État fort.
02:44Là, l'État, il branle dans le manche, c'est donc la première chose.
02:47Et deuxièmement, que l'administration fiscale est suffisamment efficace et puissante
02:50pour, le jour venu, s'il y a un problème, pouvoir lever l'impôt.
02:53Si le doute s'installe sur ce sujet, alors là, on va avoir un vrai problème.
02:59Si demain, vous créez avec tout ça des Gilets jaunes,
03:03un grand, grand mouvement de Gilets jaunes, vous allez voir ce que vont dire les marchés.
03:07On va faire des économies quand même, M. Guénaud.
03:09Alors, moi, je pense que ce n'est pas la bonne solution.
03:12D'abord, le problème des finances publiques, il ne pourra pas être résolu par une autre gestion des finances publiques,
03:18mais par la remise en ordre de l'État et de la société.
03:20C'est ce que reflètent nos finances.
03:22C'est des grands mots, ça, oui.
03:22Non, non, ce n'est pas des grands mots, pardon, ce n'est pas des grands mots,
03:25parce que chaque fois qu'on commence par les finances publiques,
03:29on remet du désordre, c'est ce qu'a fait Béroud, dans l'État, dans l'économie et dans la société.
03:33Plus vous mettez du désordre dans l'économie et dans la société,
03:35et plus vous avez de dépenses publiques et moins de recettes.
03:38Alors, il y a le désordre social, il y a le désordre économique,
03:41et puis il y a la ruine du potentiel de croissance de l'économie française.
03:45Si vous n'investissez plus parce que, c'est ce qu'on fait depuis 40 ans,
03:48on n'investit plus parce qu'il y a la dette.
03:50Bon, très bien.
03:51Si vous n'investissez plus, l'économie, elle meurt.
03:53On va marquer une pause, Henri Guéno, et vous allez nous expliquer tout ça
03:56après quelques instants.
03:57A tout de suite sur Europe 1 et CNews.
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