00:00Depuis l'adoption de l'Inflation Reduction Act en août 2022, les États-Unis ont enclenché un
00:12mouvement de réindustrialisation sans précédent autour des technologies en faveur de la transition
00:18écologique. En moins de trois ans, usines de batteries, panneaux solaires ou pompes à chaleur
00:23ont fleuri dans tous les États américains. Le Kentucky, la Georgie et le Michigan, bastions
00:29historiques de l'industrie automobile, voient se développer des usines de batteries si bien qu'on
00:33parle désormais de batteries Belt, en écho à l'ancienne Rust Belt. Mais ce boom industriel est-il
00:39durable ? Et surtout, peut-il résister au retour d'une incertitude politique majeure depuis le
00:44retour de Donald Trump ? Le rapport du Rhodium Group, Clean Investment Monitor, publié en 2025, dresse un
00:50tableau aussi impressionnant qu'inquiétant. Depuis 2022, les investissements dans l'industrie verte sont
00:56passés de 2,5 milliards de dollars au troisième trimestre 2022 à 14 milliards de dollars au premier
01:02trimestre 2025. Depuis la promulgation de la loi, les entreprises ont annoncé la création de 380 sites
01:09de fabrication de technologies dites propres, dont près de la moitié était opérationnelle au 31 mars
01:152025. Au premier trimestre 2025, les investissements dans les énergies propres et les transports aux États-Unis
01:21ont totalisé 67,3 milliards de dollars, soit une augmentation de 6,9% par rapport à la même
01:28période en 2024, mais néanmoins une baisse de 3,8% par rapport au trimestre précédent. Cette
01:35expansion rapide reflète une intensification de la concurrence mondiale pour attirer les
01:39chaînes d'approvisionnement en technologies propres et stimuler la production nationale. Dans un contexte
01:45de surcapacité de production, les États-Unis renforcent donc leur capacité de production dans les
01:50bien clé à la transition écologique. Dans le solaire, 110 projets opérationnels de fabrication de
01:56composants solaires aux États-Unis avec une capacité de production de 42 gigawatts de modules, 8 gigawatts
02:02de cellules et 26 gigawatts de polysilicium. À mesure que ces installations existantes augmenteront
02:08leur production, une capacité supplémentaire de 19 gigawatts de modules et 6 gigawatts de cellules
02:13seront mis en service. Dans les batteries, 123 usines sont devenues opérationnelles avec une
02:19capacité combinée de 202 gigawatts par an, soit plus que la demande intérieure estimée pour 2024.
02:25Mais cette trajectoire est en train de se fissurer. Les chiffres du premier trimestre 2025 marquent un
02:32ralentissement. Près de 7 milliards de dollars de projets industriels ont été annulés ou gelés au cours du
02:39premier trimestre signent une fragilité croissante. Par ailleurs, le climat politique y est pour
02:44beaucoup avec le retour de Trump. Autre facteur de fragilité, le risque de surcapacité. Dans les
02:50batteries notamment, l'offre projetée dépasse déjà la demande intérieure à moyen terme. Cela pose la
02:56question du débouché export ou d'un pilotage plus fin des capacités. Notamment dans un contexte mondial
03:01où l'Europe et l'Inde développent également leur propre chaîne industrielle et où la Chine offre déjà des
03:09capacités de production excédentaires. En résumé, l'Inflation Reduction Act a enclenché un cycle
03:14industriel nouveau, mais sa trajectoire n'est pas assurée. Pour les Européens, il s'agit donc de
03:20tirer les leçons d'une politique qui, malgré ses défauts, a su redonner à l'industrie une ambition
03:25climatique et surtout une visibilité géopolitique.
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