00:00On pourrait y faire.
00:01RTL Matin, Thomas Soto.
00:03Il est 8h17, face à Fogiel, l'interview de Marc-Olivier Fogiel.
00:06Le climat s'est très nettement rafraîchi entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
00:10Terminé les accolades chaleureuses de cet été, Trump semble avoir repris fête et cause pour l'Ukraine.
00:15Ce matin, Marc-Olivier, vous recevez Alexei Mechkov, c'est l'ambassadeur de Russie en France.
00:20Alexei Mechkov, bonjour.
00:21Bonjour.
00:22Donald Trump hausse le ton contre la Russie et Vladimir Poutine.
00:25L'Ukraine peut gagner la guerre.
00:27L'OTAN doit abattre les avions russes qui volent son espace aérien.
00:31La Russie ressemble à un ticre de papier.
00:34On est très loin du tapis rouge de la poignée de main en Alaska, il y a un mois, entre Vladimir Poutine et Donald Trump.
00:40Il lâche clairement la Russie.
00:43Bon, vous savez, le président Obama, à son époque,
00:50disait que l'économie russe serait juste éparpillée en morceaux comme un petit chien.
00:58Aujourd'hui, on nous qualifie de tigre, même si c'est un tigre en papier.
01:02Mais aujourd'hui, est-ce que la ligne entre Moscou et Washington est coupée, comme à l'époque de Biden ?
01:07Ou alors, c'est toujours un partenaire pour négocier la paix, les Etats-Unis, pour vous, monsieur l'ambassadeur ?
01:12Bon, premièrement, les contacts se poursuivent déjà au niveau technique entre la Russie et les Etats-Unis.
01:24À tout moment, les présidents peuvent s'appeler, ils peuvent s'entretenir au téléphone.
01:30Cette option existe toujours, elle est sur la table.
01:33Donc, non, les contacts ne sont pas coupés.
01:37En tout cas, aujourd'hui, Moscou et Washington ont la possibilité de se parler.
01:42Mais vous avez entendu Donald Trump qui dit qu'il donne un mois à Vladimir Poutine pour voir s'il peut lui faire confiance.
01:48Manifestement, votre président n'inspire pas la confiance du président Trump.
01:52Les choses changent.
01:56Vous savez que le calendrier de Trump est toujours très sévère.
02:01D'abord, il a donné trois jours après un mois, après deux mois.
02:04Donc, encore une fois, qu'il vivra, il verra.
02:06Et quand il menace la Russie de taxes douanières extrêmement importantes, vous avez peur, monsieur l'ambassadeur ?
02:11Bon, vous savez, bientôt, ce sera le 19e paquet de sanctions qui va probablement sortir.
02:23Aujourd'hui, d'ailleurs, il y a plus de 28 000 différentes sanctions imposées contre la Russie.
02:28Vous voyez, une sanction de plus, une sanction de moins, ça ne va pas changer la donne.
02:32La Russie avance sur le front, sur tous les fronts, d'ailleurs.
02:36Et donc, sur le champ militaire, tout se passe bien.
02:40Mais, en même temps, la Russie continue de se prononcer pour une paix durable et pérenne.
02:46Alors, on va venir dans les conditions de la paix.
02:48Les conditions de la paix pour la Russie, aujourd'hui, c'est quoi ?
02:51Par exemple, si l'Ukraine accepte de ne pas rejoindre l'OTAN, mais conserve ses frontières, ça irait à la Russie ?
02:56La Russie a formulé très clairement ses conditions encore en 2022.
03:02Les conditions n'ont pas vraiment changé.
03:04On est en 2025 et il y a eu trois ans de guerre.
03:07C'est des nazifications, des militarisations de l'Ukraine, la non-adhésion de l'Ukraine à l'OTAN.
03:15Effectivement, ça reste sur la table.
03:18Mais là encore, sur le terrain, ce sont nos frères.
03:25Le peuple ukrainien, pour nous, c'est un peuple frère.
03:28C'est pour ça que l'armée russe essaye au maximum d'épargner les vies de nos soldats, mais aussi des civils ukrainiennes.
03:41Vous êtes sérieux en disant ça ? Vous épargnez les vies des soldats et des civils ukrainiens ?
03:46Il y en a qui meurent tous les jours.
03:47Non, je parle des civils ukrainiens.
03:53Soldats, oui, les soldats, ils font la guerre.
03:55Vous êtes assez jeune, mais peut-être que vous vous souvenez que pendant la guerre en Vietnam, on mettait au feu les villages entiers à Vietnam.
04:07Je sais bien, je ne suis pas si jeune que ça et je connais l'histoire, mais je sais aussi que des missiles tombent sur Kiev et que des civils, notamment, évidemment, sont tués dans ces bombardements.
04:19Pour revenir à Kiev, vous avez cité Kiev, à 70%, à 80%, il s'agit des erreurs des systèmes de défense aérienne ukrainienne, parce que ces systèmes sont déployés dans des quartiers résidentiels.
04:39Et voilà, les missiles, ça tombe.
04:40Monsieur l'ambassadeur, vous avez entendu Donald Trump dire que l'OTAN devrait abattre les avions russes qui violent son espace aérien.
04:46Toutes ces incursions, mardi, des drones non identifiés ont survolé le Danemark et Oslo.
04:50Je sais que vous dites que ce n'est pas vous, les experts le contestent.
04:52Vendredi, trois avions de combat russes ont entré dans l'espace aérien estonien.
04:56Il s'en restait 12 minutes.
04:57La Pologne, la Roumanie.
04:58Vous niez toutes les incursions russes sur les pays de l'OTAN.
05:02Oui, globalement, si vous voulez, nous le nions, pour une raison très simple.
05:10Nous avons demandé aux Polonais de mener des consultations, organiser tout simplement une rencontre entre nos militaires de deux côtés pour que vous puissiez nous montrer de quel drone vous parlez.
05:23Parce que vous savez que chaque drone a d'ailleurs son numéro de production, d'identification.
05:31Donc c'est très facile de l'identifier, de savoir où il a été produit, à quel moment.
05:35Tous les experts indépendants qui se prononcent sur ces incursions de drones ou d'avions, ils sont tous dans le faux.
05:41C'est ce que vous avez dit à Jean-Noël Barraud, notre ministre des Affaires étrangères, qui vous a convoqué.
05:45Vous lui avez dit ça ? On n'y est pour rien ? Ce n'est pas nous ?
05:47Personne ne nous a fourni aucune preuve matérielle.
05:54Quand Ursula von der Leyen dit nous assistons à une contestation persistante à nos frontières, l'Europe répondra à cette menace avec force.
06:02Elle est dans le faux. Vous, vous n'avez rien à vous reprocher.
06:04Je pensais que vous alliez un peu assumer de jouer avec les frontières de l'OTAN pour voir si l'OTAN répliquait.
06:08Bon, non, la Russie ne fait pas ça, jouer avec qui que ce soit, ce n'est pas tellement notre truc.
06:18Après que l'Occident nous a dupés à maintes reprises, nous ne croyons que les faits.
06:25Bon, pour revenir à ces trois avions qui sont cités par les Estoniens, ces trois avions,
06:31quand ils sont vraiment impliqués aux opérations opérationnelles, ils contrôlent une superficie de 1000 km².
06:47Alors pourquoi faire cette incursion en Estonie pour 12 minutes ?
06:52En tout cas, s'il y avait un avion russe qui franchissait l'espace aérien de l'OTAN, vous avez entendu Trump, il faudrait l'abattre.
06:59Si on abattait un de vos avions, quelle serait la réaction de la Russie ?
07:03Ça serait la guerre.
07:05Ça serait la guerre.
07:06Vous savez, il y a beaucoup d'avions de l'OTAN qui violent l'espace aérien russe, délibérément ou pas, mais ça arrive assez souvent.
07:17Après, ils ne sont pas abattus.
07:18À vous entendre, on a l'impression que vous n'êtes pas l'agresseur, mais l'agressé.
07:23Mais c'est bien le cas.
07:25C'est bien le cas.
07:27Vous analysez un peu ce qui s'est passé au cours des 20 dernières années.
07:34Est-ce que c'était la Russie qui s'approchait des frontières de l'OTAN ?
07:38On nous accuse de créer des problèmes à la frontière de l'OTAN.
07:41Mais c'est l'OTAN qui est venu vers nous, qui s'est approché de nos frontières.
07:45Ce n'est pas le contraire.
07:47La Pologne, la Finlande, les Pays-Baltes, ils étaient neutres, alors ça crée des problèmes de sécurité.
08:00Pendant longtemps, Emmanuel Macron a été un interlocuteur de Vladimir Poutine.
08:03Il ne semble plus l'être.
08:04C'est quoi aujourd'hui la France pour la Russie ? Un adversaire ?
08:07Le président Poutine a dit récemment que nous n'avons pas d'États inamicaux.
08:18Nous avons des gouvernements inamicaux.
08:21Et aujourd'hui, malheureusement, le gouvernement français mène une politique inamicale à l'égard de la Russie.
08:29C'est la situation telle qu'elle est.
08:30Vous avez entendu Giorgia Meloni espérer qu'un jour, un gouvernement conservateur arrive au pouvoir en France.
08:34Marine Le Pen, ça sera un gouvernement amical pour la Russie ?
08:38La Russie ne s'ingère pas dans les affaires intérieures d'autres États.
08:45C'est vraiment le droit du peuple français d'élire leur chef.
08:54Vous dites que la Russie ne s'ingère pas dans les affaires françaises.
08:57Pourtant, il y a neuf dossiers liés à des ingérences étrangères sur la région parisienne
09:01qui sont gérés depuis 2023 par le parquet de Paris.
09:03Je recevais à ce micro le patron des gendarmes qui disait que tous les jours,
09:07il luttait contre des ingérences russes pour déstabiliser le pays.
09:10Vous répondez quoi à ça, ces ingérences russes ?
09:12Mais quelle ingérences russes ?
09:15La Russie, l'ambassade, n'a jamais été informée.
09:19C'est de vous, en fait, que j'apprends l'existence de ces neuf dossiers.
09:23Le dernier en date, ça a été ces têtes de cochon devant les mosquées
09:26qui semblent avoir été orchestrées depuis la Russie.
09:29Non, ce n'est pas notre façon de faire.
09:31La Russie ne s'en gère pas dans les affaires intérieures de quelque état qu'elle soit.
09:36Contrairement, encore une fois, à la politique occidentale.
09:39Le chaos, c'est à vous de répondre pourquoi le chaos règne en France aujourd'hui.
09:45Mais ce n'est pas la trace russe, je vous assure.
09:47Merci, M. l'ambassadeur, de nous avoir reçus dans votre résidence ici à Paris.
09:50Merci à vous.
09:51Merci à vous.
09:52Merci à vous, Marc-Olivier Fogiel.
Commentaires