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  • il y a 4 mois
L'éclairage économique d'Éric de Riedmatten sur un sujet d'actualité.

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Transcription
00:00Eric Doré, ce matin avec nous. Ça va Eric ?
00:02Oui, très bien.
00:03Vous nous dites ce matin que les patrons sont à bout, qu'ils n'en peuvent plus.
00:05C'est ce que vous avez retenu du discours du patronat hier lors de la grande réunion des entrepreneurs, ça s'appelle BIG.
00:11Oui, absolument. C'était donc à la Cœur Arena, à Paris, porte de Bercy.
00:16Alors, c'est vrai que les patrons, là, commencent aujourd'hui à en avoir assez.
00:19Ils veulent se faire entendre, ils ont presque l'impression d'adopter des habitudes syndicales,
00:26vous savez, de revendications, même descendre dans la rue, pourquoi pas ?
00:29Alors, bon, Patrick, M. Médef, pardon, M. le président Patrick Martin du MEDEF a dit hier que non,
00:36il n'irait pas dans la rue, il organiserait un grand rassemblement, un grand meeting.
00:40Voilà, c'est ce qu'il dit, mais on sent quand même que le ton devient très ferme.
00:44Et hier, lors de cette réunion des patrons, on a entendu des phrases comme
00:47« les théories anti-patrons sont extrêmement dangereuses ».
00:50« Non, nous ne sommes pas des assoiffés de dividendes. Heureusement qu'il y a des actionnaires,
00:55sinon l'entreprise n'existerait pas ». Et c'est vrai qu'ils ont raison.
00:58Nous, on le pense depuis longtemps, cela. Et ce cri d'alarme, est-ce qu'il va justement
01:02obtenir un écho positif ? Aujourd'hui, par exemple, le Premier ministre Sébastien Lecornu
01:09va recevoir les patrons en priorité à 14h30 à Matignon.
01:13Donc, ça veut dire que oui, il y a quelque chose d'important, d'urgent,
01:17notamment sur les 200 milliards d'aides. Vous savez qu'il y a cette polémique,
01:20il y a un rapport du Sénat qui a été fait par d'ailleurs un sénateur communiste.
01:24Donc, est-ce que tout ça est vraiment objectif ? Et on se dit, tiens, vraiment,
01:28est-ce que les entreprises abusent de toutes ces aides de l'État ?
01:31Écoutons le président de Dassault hier, qui inaugurait son usine près de Paris.
01:36Il a dit, de toute façon, on a des aides, oui, mais en France, on a tellement de taxes,
01:41on a tellement de prélèvements, 57% de prélèvements obligatoires,
01:45que c'est normal qu'on ait des aides pour subsister.
01:48Donc, à la limite, il vaudrait mieux alléger les charges de l'État.
01:53Et du coup, on pourra alléger les charges de l'État et réduire donc ses contributions.
01:58C'est un peu le raisonnement. C'est-à-dire qu'on vous donne d'un côté ce qu'on récupère de l'autre.
02:02– Le patron de la Banque publique d'investissement, la BPI, ne mâche pas ses mots non plus.
02:07– Oui, c'est Nicolas Dufour qui est le président de BPI, c'est un grand commis de l'État.
02:11C'est lui qui organise ce rassemblement des chefs d'entreprise.
02:14Et d'ailleurs, il a rappelé que la taxe Zuckmann, qui est un projet,
02:18c'est finalement de la haine du patron, c'est le retour du communisme.
02:22Et il donnait l'exemple la semaine dernière de la fortune de Bernard Arnault,
02:27le président du LVMH.
02:28Même si on lui piquait, il prenait l'expression, toute sa fortune,
02:32ça ne financerait que 10 mois d'assurance maladie.
02:34Je ne sais pas si vous imaginez.
02:35Et ça supprimerait 40 000 emplois.
02:37Voilà, donc on sent que le ton monte.
02:39Et en face de cette incompréhension, il y aura cette réunion aujourd'hui à Matignon.
02:43Voilà, et tous les syndicats de patrons, les organisations qui défendent les chefs d'entreprise,
02:47ceux qui créent des emplois et de l'activité en France, ne semblent pas d'accord ?
02:53Non, les titres des moyennes entreprises, donc PME, les toutes petites entreprises de proximité,
02:58elles préfèrent plutôt qu'on s'attaque aux cotisations sociales, aux charges,
03:02comme on dit, et moins à la fiscalité, parce que la fiscalité, elle est ce qu'elle est,
03:05même si c'est un problème.
03:07Mais par exemple, il y a une exception française,
03:09c'est qu'aujourd'hui, c'est votre salaire, notre salaire et le chef d'entreprise qui finance 100% de la protection sociale.
03:16Et ça, ce n'est pas normal, il n'y a pas d'autre exemple dans le monde.
03:19En France, c'est trop lourd.
03:20Et c'est pour ça que finalement, notre net, notre salaire net est aussi faible en France.
03:24Donc il y a d'autres pistes à explorer, ce que propose le président des PME, par exemple.
03:29Alors, créer une TVA sociale, augmenter la CSG, taxer davantage les dividendes en bourse.
03:35Voilà, les idées ne manquent pas.
03:36En tout cas, ce qu'ils veulent, c'est faire comprendre que l'entreprise,
03:39elle existe grâce au patron.
03:42Sans patron, sans entreprise, il n'y aurait pas d'économie.
03:45À moins de créer un système soviétique, mais on sait où ça nous mène.
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