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  • il y a 4 mois

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00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Joseph Messes-Escarron et Victor Hérault pour décrypter l'actualité.
00:08Actualité brûlante dans une heure et demie maintenant, Emmanuel Macron va reconnaître l'état de la Palestine,
00:13sachant que, comme on l'a décrypté avec Frédéric Ancel à l'instant, il n'y aura pas de conséquences directes,
00:18puisque probablement et même sûrement Donald Trump au Conseil de sécurité de l'ONU va s'opposer à cette reconnaissance.
00:24Et donc, se pose la question de l'efficacité de la diplomatie française à ce propos.
00:30Je vous propose d'écouter le ministre démissionnaire des Affaires étrangères.
00:33Démissionnaire, ça veut dire qu'il gère quand même les affaires courantes, Jean-Noël Barraud,
00:37sur le processus de reconnaissance et la réponse de l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka.
00:45La décision que le président de la République présentera cet après-midi à l'Assemblée Générale des Nations Unies
00:50est une décision symbolique, immédiate, politique, qui démontre l'attachement de la France à la solution à deux États.
00:56Mais sa mise en œuvre, l'établissement des relations diplomatiques, sera progressif
01:01et conditionné à un certain nombre d'éléments sur le terrain, et notamment la libération des États.
01:05Le président français nous tourne le dos, et tourne le dos à ce qui pourrait être vraiment des efforts de créer une situation de paix,
01:12parce que cette décision, au lieu d'aider à créer et à faire avancer la paix entre nous les Palestiniens,
01:16c'est exactement l'inverse.
01:17Ce n'est pas en essayant d'imposer cela d'une façon artificielle, pour des raisons peut-être de politique interne dans différents pays,
01:23que cela va changer les choses.
01:25Bon, on a l'huile et l'eau, et on a toujours la question de cette reconnaissance et de ce timing.
01:31C'est vrai que, quand il nous a dit, on en reparlera peut-être du timing, le timing...
01:36Le jour de Rochachana.
01:36Hein ? Voilà, merci.
01:37Le jour de Rochachana, oui.
01:38C'est le jour de Rochachana.
01:39La nouvelle enjuif.
01:40La nouvelle enjuif qui entame, pour ceux qui ne le savent pas,
01:44qui entame toute une série de fêtes juives tout au long de cette période qui commence maintenant.
01:50Qu'est-ce que...
01:50D'ailleurs, le 7 octobre s'inscrivait aussi précisément dans la fin de cette fête.
01:55Et surtout, voilà, on est à quelques jours du 7 octobre,
01:59et on est dans un discours de Jean-Noël Barraud qui est sur la solution à deux États.
02:05Mais comment est-ce que vous voulez faire une solution à deux États,
02:07alors que, pour l'instant, on a la reconnaissance d'un État dont le principal mouvement est,
02:15à date, moi je ne connais pas d'alternative politique au Hamas en Palestine,
02:20veut l'anéantissement de l'autre État,
02:23qui est censé donc coexister avec l'État,
02:25et que les conditions préalables, comme on l'a dit, comme on le répète,
02:29l'anéantissement de ce mouvement terroriste et la libération des otages n'est toujours pas réglé.
02:33Il y a un principe très simple dans la philosophie.
02:36C'est que, pour reconnaître un État, il faut d'abord qu'il y ait un État.
02:42La reconnaissance d'un État ne crée pas un État.
02:45On n'est pas dans la création d'un État.
02:48Il faut d'abord qu'il y ait un État.
02:50On donne souvent comme exemple, avec ce qui vient de se passer,
02:53puisque beaucoup de gens se sont plongés dans cette histoire,
02:56la Suisse a été un État pendant longtemps et n'est devenu membre de l'ONU qu'en 2002.
03:02Donc, vous pouvez être État avant,
03:05ce n'est pas forcément membre de l'ONU.
03:08Là, on est dans un cas de figure qui est baroque, si je puis dire,
03:12c'est qu'il n'y a pas d'État.
03:15Il n'y a pas d'État constitué.
03:17Et d'ailleurs, il n'est pas prêt de se constituer,
03:19puisque la dernière fois, et Frédéric Rancel l'a très justement rappelé,
03:22la dernière fois qu'il y avait pu y avoir l'embryon d'un État avec l'autorité palestinienne,
03:27les représentants de cet État de l'autorité palestinienne
03:31ont été défénestrés du haut des étages de Gaza
03:35par le Hamas lorsqu'il a gagné les élections.
03:37Tout le monde s'en souvient.
03:38Et les Palestiniens aussi de ces journalistes s'en souviennent très bien.
03:42Donc, on est là dans quelque chose de...
03:46On ne comprend pas très bien ce qui est en train de se passer.
03:48C'est-à-dire, c'est quoi la volonté ?
03:50Est-ce qu'il y a une vraie...
03:52Quel est le rapport avec l'humanitaire ?
03:53S'il y a un rapport avec l'humanitaire,
03:55sur l'humanitaire, il y aurait beaucoup de choses à dire.
03:57Là, vous faites référence à ce qui a été dit par Frédéric Rancel.
03:59Il y a beaucoup de choses à dire sur l'humanitaire,
04:01mais s'il y avait ça, il y aurait des moyens très simples,
04:04là pour le coup, de se dire,
04:06si on considère qu'il y a une catastrophe humanitaire.
04:07Mais ce n'est pas en proposant de créer un État,
04:11en disant, finalement, cet État, on va le créer en marchant.
04:15Je n'ai jamais vu un État créé en marchant.
04:18Jamais. Historiquement.
04:19Très franchement, je ne sais pas ce que ça veut dire.
04:21C'est un président de la République qui est disruptif
04:23et qui a créé en marchant aussi.
04:25Alors peut-être que ça marchera.
04:27Absolument, parce qu'il croit.
04:27Peut-être qu'il croit très sincèrement.
04:29Vous avez raison.
04:30Il croit par la magie de son verbe
04:32qu'il va y avoir un État palestinien.
04:33En tout cas, puisque vous parlez de l'humanitaire
04:37qui a été évoqué par Frédéric Rancel,
04:39une question qu'on n'a pas eu le temps d'aborder avec lui,
04:41mais est-ce que le président a un esprit d'escalier ?
04:44Est-ce qu'au moment du 7 octobre, souvenez-vous,
04:47il dit, on va créer cette coalition contre le Hamas ?
04:50Et puis finalement, cette coalition n'a pas vu le jour.
04:52Après, il s'est passé d'autres choses et on a oublié.
04:55Et puis après, Frédéric Rancel nous dit,
04:58mais vous comprenez, il y a cet aspect humanitaire
05:01dans la vente de Gaza qui a beaucoup touché le président.
05:04Et c'est la raison pour laquelle il a décidé
05:05de faire cette reconnaissance envers et contre tous,
05:08puisque je rappelle, selon un sondage IFOP,
05:1071% des Français sont contre la reconnaissance
05:12de cet État palestinien.
05:13Sans condition.
05:14Sans condition, préalable.
05:15Et est-ce que ce n'est pas l'effet du petit Eiland ?
05:19Souvenez-vous, Angela Merkel voit un petit enfant mort
05:24après avoir fait une traversée sur la plage de Bodrum.
05:29Et conséquence immédiate,
05:32elle fait venir un million de migrants,
05:35en partie immigration de travail, en Allemagne.
05:37Est-ce qu'il n'y a pas une corrélation,
05:39même si certaines personnes qui nous écoutent
05:41nous diront, mais ça n'a rien à voir, etc.
05:43Il y a quand même cette part d'émotion.
05:47Pour Angela Merkel, c'était très important.
05:48On sait que le président Macron est sensible.
05:51Est-ce que ce n'est pas sa sensibilité qui a parlé ?
05:53Oui, mais j'apporterai ce bémol.
05:55Si c'était le cas,
05:56évidemment on ne peut pas sonder l'âme d'Emmanuel Macron.
05:59Tout serait beaucoup plus simple.
06:00On commence à la sonder.
06:01Il y a des gens qui écrivent des livres sur lui
06:03et on commence à avoir un petit peu de littérature.
06:05Si c'était réellement l'émotif
06:07qui guidait Emmanuel Macron,
06:09il faudrait reconnaître qu'il n'est pas le seul à s'y soumettre.
06:11Parce qu'effectivement, il y a une bascule
06:13sinon mondiale, en tous les cas,
06:14de plusieurs pays très importants,
06:16notamment du Commonwealth,
06:17donc l'Australie, le Canada et le Royaume-Uni.
06:21Donc on rappelle quand même que le Royaume-Uni,
06:22là pour le coup, c'est une portée symbolique
06:24énormissime, puisque c'est le Royaume-Uni
06:26qui est le premier en 1917,
06:28avec la déclaration Balfour,
06:29décrète le droit pour les Juifs
06:32de s'installer en Palestine,
06:34d'avoir un foyer en Palestine.
06:35C'était un protectorat avant.
06:36Exactement, mais c'est le Royaume-Uni qui décrète ça.
06:38Et là, on se rend compte en 2025,
06:40effectivement, que le Royaume-Uni
06:41n'ont pas changé d'opposition,
06:43mais en tous les cas...
06:43On peut faire une émission sur le Royaume-Uni,
06:45si vous voulez,
06:46mais il y a une façon...
06:48Il n'y a pas qu'Emmanuel Macron
06:48qui prend cette décision.
06:48Les Anglais sont en majorité des Pilates,
06:51donc ils se lèvent les mains,
06:52et puis finalement, ils remettent...
06:54Exactement.
06:54Voilà.
06:55L'église au milieu du village,
06:56en disant, finalement,
06:57on va reconnaître la Palestine,
06:58finalement, ça va être leur problème,
07:00et puis on ne pourra pas nous le reprocher.
07:01Et l'histoire du protectorat
07:03et du Commonwealth.
07:03Bien sûr, mais ce n'est pas le sujet.
07:05Ce que je ne comprends pas au fond,
07:10c'est qu'en reconnaissant
07:11l'existence de l'État palestinien,
07:14on risque de perdre
07:15un interlocuteur diplomatique,
07:17on risque de brouiller
07:17nos relations diplomatiques
07:18avec Israël,
07:19c'est même assuré,
07:20et on ne crée pas
07:21de relations diplomatiques
07:22avec l'État palestinien,
07:22puisque l'autorité palestinienne
07:24n'a aucune autorité en Palestine,
07:25en réalité, effectivement,
07:26c'est le Hamas
07:27qui dirige l'État,
07:28le nouvel État reconnu.
07:29Donc là, je ne comprends pas
07:30cyniquement,
07:31en termes de relations diplomatiques,
07:32j'ai l'impression
07:32qu'on perd sur les deux plans.
07:33Et je ne vois pas l'intérêt...
07:35Et j'ajoute que s'il y avait
07:35des élections en Cisjordanie
07:38ou en Judée-Samaï,
07:39comme on voudra,
07:40Jusqu'à présent en Cisjordanie.
07:42En Cisjordanie,
07:43vraisemblablement,
07:44le Hamas les remporterait.
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