Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Faut-il rendre la loi plus ferme en cas d'agression d'un policier ?
00:03Évidemment, cette question se pose plus que jamais.
00:06Des policiers se sont mobilisés à la mi-journée devant le commissariat Tourcoing,
00:10où l'un d'entre eux a été passé à tabac la semaine dernière.
00:13On a vu ces vidéos extrêmement violentes diffusées sur les réseaux sociaux.
00:17Ces policiers sont en colère parce qu'ils dénoncent notamment la remise en liberté des agresseurs présumés.
00:24On rappelle quand même qu'il y avait 5 jeunes de 15 à 19 ans mis en examen,
00:28deux placés en détention provisoire, un mineur et un majeur de 19 ans,
00:31qui ont été libérés mercredi et placés sous contrôle judiciaire.
00:35Donc, ils ont des petites obligations de pointage.
00:38Mais enfin, ils sont tout à fait dehors.
00:40Alors, il y aura une nouvelle audience pour le majeur.
00:43Le parquet a fait appel concernant le majeur.
00:45Mais enfin, on découvre encore les limites, effectivement, de l'application de la loi.
00:50Oui, exactement.
00:51Alors après, il faut savoir que le principe, c'est de prendre la mesure la moins attentatoire aux libertés.
00:56Ça, c'est le principe.
00:57Le moins attentatoire aux libertés, c'est le contrôle judiciaire avec obligation, interdiction.
01:01Donc, pointer, ne pas se rendre dans certains lieux.
01:04Évidemment, pour les policiers, pour les victimes, c'est incompréhensible.
01:07Et on le comprend.
01:08Après, l'article 144 du Code de procédure pénale est assez strict.
01:12Il faut des conditions pour aller en détention provisoire.
01:14Alors, je ne vais pas toutes vous les citer.
01:15Mais notamment, conserver les preuves, les indices, empêcher des pressions sur les témoins, les familles.
01:19Et c'est l'exception, surtout.
01:21Oui, c'est l'exception.
01:22Le principe, c'est qu'on prend la mesure, c'est la moins attentatoire aux libertés.
01:26Et l'exception, c'est la détention provisoire.
01:27Donc, le juge des libertés, effectivement, peut être clément.
01:29Mais bon, il y a quand même des fois où il y a de la détention provisoire.
01:32Je ne connais pas le dossier avec assez de précision.
01:35Ça aurait pu être pertinent.
01:37Je pense qu'on peut le comprendre.
01:38Mais les policiers ne sont souvent pas assez défendus.
01:40De façon générale, les sanctions sont beaucoup trop clémentes.
01:42D'ailleurs, je vous propose d'en écouter un avant de vous donner la parole.
01:45Jules Torres, Fabien Van der Merlick, secrétaire général des syndicats Allianz Police.
01:51Il en a ras-le-bol, comme beaucoup de policiers.
01:53Écoutez.
01:54On est là, dans un premier temps, pour soutenir notre collègue.
01:56Sachez qu'on l'a vu quelques minutes avant de venir ici.
01:58Il ne va pas bien.
02:00Psychologiquement, c'est très compliqué pour lui.
02:01Il a peur pour lui.
02:02Il a peur pour sa famille.
02:03Il a peur pour ses enfants.
02:04Et c'est malheureusement ce que vivent beaucoup de collègues sur le terrain tous les jours.
02:07Parce qu'il faut savoir que vous en avez plus de 15 par jour qui sont agressés par des tiers,
02:12comme notre collègue aujourd'hui à Tourcoing.
02:13Donc, on est là pour les soutenir.
02:15Mais on est surtout là pour exprimer notre ras-le-bol, notre solidarité et notre écurement.
02:18C'est-à-dire qu'on a un garde des Sceaux aujourd'hui qui est plutôt en phase avec la vision d'Alliance,
02:23en demandant des peines minimales.
02:25Enfin, on les demande depuis 10 ans.
02:26Vous avez un monsieur Rotaillot, le ministre de l'Intérieur, qui lui demande de la fermeté.
02:29Donc, nous avons un binôme, même s'il est démissionnaire, qui a l'air plutôt en phase.
02:33Enfin, avec une sévérité, une fermeté, une réponse pénale digne de ce nom.
02:36Donc, il ne reste plus que M. Lecornu.
02:38Lui, il vient d'arriver.
02:39Donc, il va avoir un choix, le courage politique.
02:41Soit il l'aura, soit il n'en aura pas, comme peut-être beaucoup d'autres avant lui.
02:44Alors, bon courage à M. Lecornu, qui effectivement le disait,
02:47a envie de donner des gages au Parti Socialiste.
02:49Sauf que Jules Thorez, moi j'entendais Georges Fenech rappeler ce matin
02:53que lorsqu'il était d'ailleurs lui-même juge sous Nicolas Sarkozy,
02:58qui avait ses peines planchées,
03:00et bien il y avait des juges d'application des peines qui ne les appliquaient pas.
03:04Donc, est-ce que ça sert vraiment ?
03:07Ce qu'au met de dire, mon ami Georges Fenech,
03:09qui je crois est l'un des meilleurs observateurs sur les questions judiciaires,
03:12c'est que ces peines planchées, justement, elles étaient facultatives.
03:15Et évidemment, quand vous dites à des magistrats de gauche
03:17que les peines minimales sont facultatives,
03:20dans la plus grande majorité des cas,
03:22ils ne sont pas tous de gauche, mais certains le sont, effectivement.
03:25Mais quand je vous dis, des magistrats de gauche,
03:26quand on leur dit que c'est facultatif,
03:28bon, c'est facultatif, donc autrement dit,
03:30ils ne l'appliquent pas.
03:31Moi, je suis révolté par cette affaire,
03:33je trouve que c'est un scandale,
03:34et Sarah, très justement,
03:36Sarah Salmane a très justement décrit le droit.
03:39Moi, je pense que les Français, ils en auront le bol du droit.
03:42Quand on entend, par exemple,
03:43que ce qui est retenu,
03:45c'est la mesure, en tout cas la peine,
03:47la moins attentatoire aux libertés,
03:49moi, je suis désolé,
03:49quand on s'en prend un policier,
03:51quand on s'en prend un gendarme,
03:52quand on s'en prend un pompier,
03:53et bien c'est la mesure la plus attentatoire aux libertés
03:56qui devrait être requise.
03:57que quelqu'un qui s'en prend un policier,
03:59qui tabasse un policier,
04:01qui d'ailleurs ne sort pas son arme,
04:03parce qu'évidemment, il a peur de ce qui pourrait arriver,
04:05comme par exemple avec l'affaire Naël,
04:064 mois et demi de détention provisoire,
04:07souvenez-vous, avait pris le policier,
04:09et surtout, il avait été condamné
04:10par le président de la République lui-même,
04:12avant même le début d'un procès,
04:14et bien quand on s'en prend un policier,
04:15on dort en prison.
04:17Il y a de la détention provisoire,
04:18d'ailleurs, ces messieurs, je crois,
04:19Sarah Salmane n'ont pas fait de détention provisoire,
04:21mais ont été incarcérés de manière provisoire,
04:23ce qui est différent.
04:24Donc à un moment donné, on ne peut pas tolérer ça,
04:27que les 5 suspects sur les 5,
04:30en tout cas les 4 majeurs,
04:31ne dorment pas en prison,
04:33c'est un signal terrible,
04:35c'est un signal d'impunité qui est terrible,
04:37et encore une fois,
04:38quand est-ce que l'on va demander
04:40au juge des libertés de la détention,
04:42des comptes ?
04:43On fête malheureusement le triste anniversaire.
04:46On vous dira quand même,
04:46et là je parle souvent de contrôle,
04:47le maître Sarah Salmane,
04:49qui l'a appliqué malgré tout la loi.
04:52Oui, alors après, il y a quand même
04:53des interprétations possibles dans la loi,
04:55ce ne sont pas des machines.
04:56C'est vrai que ça doit être l'exception absolue.
04:57Après, quand on regarde,
04:58vous parliez du policier dans l'affaire Naël,
05:00il a été en détention provisoire,
05:02et là il va a priori devant une cour d'assises,
05:04sauf si l'appel va dans un autre sens.
05:06Donc ce n'est quand même pas rien,
05:07détention provisoire, cour d'assises,
05:09et d'être condamné socialement,
05:11c'est de croire de mesure.
05:13J'entendais une ancienne magistrate ce matin,
05:15magistrate honoraire,
05:16qui expliquait très tranquillement,
05:18alors c'était son point de vue,
05:20je ne sais pas, vous me direz,
05:21mais que l'individualité,
05:24un traitement différent,
05:26vous voyez, envers les policiers,
05:27ça serait censuré par le Conseil constitutionnel.
05:30Ah non, mais moi je suis quasiment sûre de ça.
05:33Ça me paraît évident que ce serait censuré
05:34au nom du principe d'individualisation des peines.
05:37Ça me paraît assez évident.
05:38Il y a beaucoup de choses
05:40que le Conseil constitutionnel a sanctionné.
05:42Pour la loi anti-casseurs de 2019,
05:44il avait sanctionné, me semble-t-il,
05:45l'article 3 de mémoire,
05:46je ne suis pas très sûre de l'article.
05:47Il y a beaucoup de choses
05:48que le Conseil constitutionnel détricote.
05:50D'ailleurs, à propos des casseurs,
05:51vous avez vu ce sondage,
05:52ces news JDD européens,
05:54faut-il durcir les sanctions
05:56contre les casseurs dans les manifestations ?
05:57Ça faisait évidemment référence
05:59à la manifestation d'hier,
06:00qui s'est relativement passée,
06:02mais enfin, il y a eu plus de 300 interpellations,
06:05390, c'est ça ?
06:0691% des interrogés disent
06:09oui, il faut durcir les sanctions,
06:11et 8% seulement qui disent non.
06:13Mais là encore,
06:15votre conducteur est très bon,
06:17chère Stéphanie,
06:18parce que c'est le même sujet.
06:20C'est le même sujet.
06:21C'est-à-dire qu'en fait,
06:22moi j'en ai marre qu'on nous dise
06:23que c'est les magistrats qui ont le pouvoir,
06:26j'en ai marre qu'on nous dise
06:27que c'est le gouvernement des juges
06:28par l'intermédiaire du Conseil constitutionnel.
06:30La loi anti-casseurs,
06:31souvenez-vous de 2019,
06:32elle a été censurée
06:33par le Conseil constitutionnel.
06:34Les Français sont à 90% favorables
06:36aux mesures qu'ils ont été censurés
06:38durcir la répression pénale
06:41contre ces casseurs.
06:4291% des Français y sont favorables.
06:44Donc à un moment donné,
06:45quand est-ce qu'on va arrêter
06:46de laisser faire ces juges
06:49qui font n'importe quoi ?
06:51Ils font ce qu'ils veulent
06:52et jamais ils ne rentrent de compte.
06:53Qui dans la société aujourd'hui,
06:55quelle profession,
06:56a le droit de ne jamais rendre de compte ?
06:57Les inspecteurs des impôts ?
06:59Les magistrats ?
07:00Une impuissance encore
07:01beaucoup plus dramatique
07:03et choquante,
07:05c'est celle
07:05dans l'affaire évidemment
07:07du meurtre
07:07de la jeune Philippine.
07:09On en parle dans quelques instants
07:10où là encore,
07:11le Conseil constitutionnel
07:13a censuré
07:14ce qu'il ne fallait certainement
07:15pas censurer.
07:16On en parle dans quelques instants.
07:17Sous-titrage Société Radio-Canada
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations