- il y a 4 mois
Elle appartient à la famille des maladies neurodégénératives, affecte surtout la mémoire de personnes âgées voire très âgées, mais pas seulement… La maladie d’Alzheimer touche près d’1 million de personnes en France et embarque dans la détresse qu’elle provoque les proches, la famille, le conjoint…Alors, où en sont la recherche et les traitements ? Où en est la législation pour accompagner les malades et leurs proches-aidants ? Et compte tenu du vieillissement, fait-on tout ce qu’il faut pour se préparer aux années à venir ? Rebecca Fitoussi et ses invités ouvrent le débat. Année de Production :
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00:00Souviens-toi, vivre avec la maladie d'Alzheimer de Charlotte-Marie, voilà un film saisissant qui au-delà de nous toucher, nous interroge.
00:09Cette maladie est-elle en train de dresser un mur que nous allons avoir beaucoup de mal à franchir ?
00:14Est-ce qu'on se mobilise à la hauteur des enjeux ? Voilà des questions que nous allons nous poser sur ce plateau avec nos invités.
00:20Elisabeth Douano, bienvenue. Vous êtes sénatrice union centriste de la Mayenne, rapporteure générale de la Commission des Affaires Sociales,
00:26vice-présidente de la Mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale.
00:31Colette Roumanoff, bienvenue. Vous êtes écrivain, metteur en scène, directrice de compagnie, auteur de Le Bonheur, plus fort que l'oubli.
00:38Et je précise que, dès ce week-end, se joue à l'Apollo Théâtre, plus fort que l'oubli.
00:42Il n'y a pas que la mémoire dans la vie, une comédie qui réinvente le quotidien patient aidant que vous avez écrit avec votre fille Valérie Roumanoff.
00:50Marie-Anne Monchamp, bienvenue à vous également, directrice générale de l'OSIRP, Organisme commun des Institutions de rente et de prévoyance.
00:57Vous avez été secrétaire d'État chargée des Solidarités et de la Cohésion sociale entre 2010 et 2012,
01:02secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées entre 2004 et 2005,
01:06et présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie.
01:10Geneviève Demour, bienvenue. Vous êtes vice-présidente du Bureau national de France Alzheimer,
01:14association de référence sur la maladie d'Alzheimer.
01:17Vous avez été médecin gériatre et présidente de France Alzheimer d'Ordogne,
01:21et personnellement touchée par la maladie d'Alzheimer dans votre famille.
01:24Ce film dit toute la détresse qui entoure les malades et les proches, et on va y venir,
01:29mais je voudrais d'abord faire un point chiffré avec vous toutes.
01:32Lorsqu'on fait quelques recherches, on trouve des données assez alarmantes.
01:36Elles ne sont pas très récentes, donc en plus elles ont potentiellement évolué.
01:40En 2014, selon Santé publique France, environ 900 000 personnes étaient atteintes de la maladie d'Alzheimer.
01:46La maladie touchait 23% de la population de plus de 80 ans.
01:50Est-ce qu'on est toujours dans ces proportions, Geneviève Demour ?
01:53Pas du tout. Les chiffres ont été revus à la hausse, malheureusement.
01:58Alors, effectivement, à cause de l'avancée en âge,
02:02et du fait que le vieillissement est un facteur de risque de la maladie,
02:07pas que le vieillissement, puisqu'il y a beaucoup de personnes âgées qui n'ont pas cette maladie,
02:12et 65 000 personnes de moins de 60 ans qui ont la maladie d'Alzheimer.
02:18On oublie toujours de dire ça.
02:20Actuellement, les chiffres sont de l'ordre de 1 400 000.
02:24Les derniers chiffres...
02:25En France ?
02:26En France, qui ont été révisés, ce qui fait 3 millions de personnes
02:30qui sont impactées par cette maladie, soit parce qu'elles sont malades,
02:34soit parce qu'elles sont les dents principales.
02:36Et 3 millions de personnes, c'est pas rien, quand même.
02:39Et selon l'OMS, chaque année, près de 10 millions de nouveaux cas de démence
02:42sont diagnostiqués dans le monde, et dans 60 à 70% des cas, il s'agit d'Alzheimer.
02:48Elisabeth Douano, on est face à un problème d'ampleur.
02:51Le mur est immense devant nous.
02:53Oui, il est d'ampleur, et on est tous touchés dans sa famille ou dans ses amis,
02:58et ça se rapproche plus on avance en âge, bien sûr.
03:02Et pour nous tous, c'est vraiment un grand sujet, le vieillissement.
03:08Alors, on parle de la maladie d'Alzheimer,
03:10mais vient de sortir la stratégie nationale sur les maladies neurodégénératives,
03:14et c'est là que l'on voit que ça touche vraiment beaucoup, beaucoup de familles.
03:18Parce qu'il n'y a pas qu'Alzheimer, il y a d'autres maladies neurodégénératives,
03:20et on y viendra à ce plan qui vient d'être annoncé,
03:22Colette Roumanoff, c'est un problème immense.
03:24Près de 3 millions de personnes concernées aujourd'hui en France,
03:26et vous avez été concernées.
03:28Oui, mais surtout, il y a la manière de prendre les choses.
03:30Moi, je ne suis pas médecin, je n'ai aucune association,
03:36contrairement à ce qu'on pourrait croire, je suis juste moi.
03:38Je parle, j'écris, je fais des conférences, je fais des pièces de théâtre.
03:42C'est la manière de prendre qu'il faudrait vraiment commencer à changer.
03:45Et ça commence à changer quand même un peu, mais pas vraiment suffisamment.
03:48C'est-à-dire la manière de prendre les choses ?
03:50Oui, par exemple, le film commence par des images tristes,
03:54par des gens à qui on pose des questions.
03:55Et moi, quand je vois quelqu'un qui a des amers à qui on pose des questions,
03:58moi, ça me fait mal, c'est comme si on met du sel sur la plaie.
04:01C'est des gens à qui on peut donner la parole,
04:04leur donner un espace de parole, mais leur poser des questions.
04:07Quelle âge vous avez ?
04:08C'est potentiellement les mettre en échec.
04:09Ce n'est pas potentiellement, c'est directement les mettre en échec.
04:12Je suis désolée, c'est directement.
04:14Donc, quand on met les gens en échec,
04:15n'importe qui, on vous met en échec, vous ne vous sentez pas bien.
04:18Des gens qui ont déjà perdu les repères extérieurs et intérieurs.
04:22Parce qu'il faut savoir qu'un malade Alzheimer
04:23perd ses repères à l'intérieur de son corps.
04:25Quelqu'un qui a déjà perdu ses repères, vous mettez en échec,
04:28franchement, vous le détruisez.
04:33Il y a souvent…
04:34C'est très intéressant ce que dit Colette Roumanoff,
04:36parce que, j'ai envie de dire,
04:38le problème qui nous est posé, il est double.
04:40C'est un problème de santé publique,
04:43c'est un problème de politique publique
04:44face au vieillissement de la population.
04:46Plus nous avançons en âge, plus la question
04:48des maladies neuroévolutives
04:51se posera, avec les conséquences que ça a
04:54sur notre système de sécurité sociale
04:56et sur notre réponse en protection sociale,
04:59et je pense en particulier à la branche autonomie.
05:01Mais en même temps et en parallèle,
05:04ce sont des histoires humaines.
05:06Et toute la difficulté
05:08et toute l'injonction qui nous est faite,
05:10c'est d'arriver à concilier
05:11des histoires humaines
05:13dans lesquelles nous devons développer
05:14des habiletés, des savoir-faire,
05:16en cessant peut-être de nous obséder
05:18sur ce qui nous dérange à nous,
05:21standard, et notamment la question
05:23de la mémoire, qui prend une place
05:24très importante dans les sociétés
05:26parce que c'est un standard de réussite,
05:29versus la situation de ces personnes
05:31qui évoluent, dont les habiletés changent,
05:34mais qu'il faut être capable d'accompagner.
05:36Et je crois qu'il faut avoir ce double regard,
05:38un regard évidemment statistique
05:40et responsable politiquement,
05:42et nécessairement médical,
05:43et ce regard, j'oserais dire humaniste,
05:46qui peut permettre de résoudre
05:49beaucoup de sujets
05:50et peut-être d'éviter l'amplification
05:52du problème médical et sociétal.
05:56Je suis tout à fait d'accord.
05:57Je crois que c'est une histoire
05:59de solidarité.
06:00Et effectivement, le mot de dépendance
06:02n'est pas un vilain mot.
06:04Quand je suis dépendant de l'autre,
06:05je suis solidaire de l'autre.
06:07Lorsque je suis autonome,
06:09je suis dans l'individualisme,
06:10c'est moi, mon problème, mes choix,
06:13ma vie, mon œuvre, mes choix.
06:15Et donc, je crois qu'il y a deux problèmes.
06:18Celui dont vous parlez
06:19et qui me paraît très important,
06:21c'est changer le regard
06:22d'une toute une société
06:23sur celui qui change,
06:26qui n'est plus tout à fait le même,
06:27mais pas tout à fait un autre,
06:29dirait Ricoeur,
06:30pour lui permettre encore, Ricoeur,
06:32une vie bonne dans des institutions justes.
06:35Une reconnaissance.
06:36Voilà.
06:37Et que cette différence,
06:39cette étrangeté,
06:40pouvoir lui faire sens,
06:42pouvoir lui donner du sens.
06:44Pour ça, il y a quelque chose
06:45de très simple,
06:46et je pense qu'on doit le partager.
06:48C'est une notion que j'ai développée
06:51qui s'appelle
06:51la présomption d'incompétence.
06:54C'est-à-dire qu'on est persuadé
06:56que ces personnes disent n'importe quoi,
06:59font n'importe quoi,
07:00que ça n'a aucun sens,
07:01qu'ils ne reconnaissent plus leurs proches,
07:04et que c'est terrible,
07:05et qu'il vaudrait mieux y mettre fin
07:07de manière précoce.
07:10Or, ces personnes-là,
07:12nous disent des choses,
07:14elles nous disent des choses
07:15avec les mots,
07:16et lorsqu'elles ne peuvent plus
07:17les dire avec les mots,
07:19elles le mettent en scène.
07:21C'est pour ça que le lien
07:22avec le théâtre me paraît si important,
07:24et qu'il faut que nous puissions,
07:27nous, les associations
07:28de personnes malades et de familles,
07:30nous puissions faire la promotion de ça,
07:33parce que je crois que c'est à ce moment-là
07:36que nous pourrons aussi peser
07:40sur la désaffection des personnels
07:42dans les EHPAD,
07:43dans les services à domicile,
07:45parce que si on leur dit
07:46que rien ne sert à rien,
07:48eh bien c'est très compliqué
07:49de s'investir dans son travail.
07:51Elisabeth Donneau,
07:51est-ce que vous pensez
07:52que les pouvoirs publics
07:52ont conscience de tout cela ?
07:53Vous parliez de ce plan,
07:54effectivement,
07:54qui a été annoncé il y a quelques jours,
07:56justement,
07:57par celle qui était alors encore
07:58ministre déléguée chargée
08:00de l'autonomie et du handicap,
08:01Charlotte Parmentier-Lecocq,
08:02elle a annoncé le lancement
08:03de la stratégie nationale 2025-2030
08:05dédiée aux maladies neurodégénératives.
08:0837 mesures concrètes, tout de même.
08:10Est-ce que tout cela est pris en compte ?
08:11Je voudrais d'abord dire
08:12que ce n'est pas d'hier
08:14que la France a pris,
08:17et vous le savez très bien,
08:18madame la ministre,
08:19c'est depuis 2004
08:20que les gouvernements successifs
08:23ont pris des mesures
08:25concernant cette maladie.
08:26Avec le plan Alzheimer.
08:27Le premier plan.
08:27Voilà, exactement.
08:28Le premier plan.
08:29Exactement, sous Jacques Chirac.
08:31Ce que je veux dire aussi,
08:32c'est que ce plan qui vient de sortir,
08:35le premier axe,
08:36c'est changer le regard.
08:38Et voyez, là, on vient de parler,
08:40on vient de parler
08:40de ce changement de regard
08:42pour aider la personne atteinte
08:44et aussi les aidants,
08:46la famille qui est autour
08:47et la société toute entière.
08:49Parce que je pense que c'est
08:49la société toute entière
08:51qu'il faut changer.
08:51et donc avoir, bien sûr,
08:55une autre philosophie,
08:56une autre éthique
08:57pour aborder ces questions
08:58qui sont très lourdes.
08:59Moi, quand j'ai vu ce documentaire,
09:00effectivement,
09:01j'ai été éperdument malheureuse.
09:04Éperdument.
09:04Éperdument malheureuse.
09:06Mais justement,
09:07il permet de se poser
09:08les questions qu'on se pose là,
09:09ici, dans cette émission,
09:11et puis de le diffuser
09:13plus largement.
09:14Et de voir comment
09:14on peut accompagner désormais,
09:17avec de nouvelles méthodes,
09:18un autre regard,
09:20mais aussi une nouvelle pratique,
09:22une nouvelle politique.
09:23Et c'est là qu'interviennent,
09:24évidemment,
09:25ceux qui sont en charge
09:26de la politique.
09:27Mais c'est au bout du reste,
09:30je dirais,
09:30parce que c'est la société
09:31dont il faut changer le regard.
09:32Mais moi, je ne peux pas
09:33m'empêcher, pardonnez-moi,
09:34avec ma casquette de journaliste,
09:35de m'interroger.
09:35Vous dites, depuis 2004,
09:37il y a des plans en France
09:38et pourtant, on a l'impression
09:39que le problème reste d'ampleur.
09:41Est-ce que ces plans
09:41sont finalement efficaces ?
09:42Il y a une efficacité
09:44de ces plans,
09:45n'en pas douter.
09:46Tout le monde le reconnaît.
09:47Avec des moyens.
09:47Et puis aussi,
09:50un investissement dans la recherche
09:51parce qu'on ne doit pas
09:53baisser les bras,
09:53on a besoin
09:54que les neurosciences
09:56et que la recherche scientifique
09:57nous éclairent
09:59sur l'origine
10:00de cette maladie
10:02et des maladies
10:03neurodégénératives
10:04en général.
10:05Vous pouvez dire
10:06neuroévolutive.
10:08Je le disais tout à l'heure,
10:09neuroévolutive.
10:10Je crois qu'il faut
10:11qu'on ait l'habitude.
10:12Changer les mots,
10:13changer les vocabulaire.
10:13À dessin,
10:15j'ai repris l'ancien terme
10:17parce que justement,
10:19c'est autour
10:19de ces préoccupations
10:20scientifiques
10:21qu'il faut s'orienter.
10:22Mais si vous regardez
10:23le film,
10:25enfin en regardant
10:26le film
10:26que nous venons de voir,
10:28on a plusieurs images
10:30très contrastées.
10:31Quand on regarde
10:32Jean et Marie-Lou,
10:34avec cet amour infini,
10:37cette attention
10:37et ce bonheur,
10:39malgré tout,
10:39malgré la complexité,
10:41on a une voix
10:42et c'est celle,
10:44chère Colette,
10:45de l'aidant,
10:46et j'oserais dire
10:47de l'aidant expert
10:49qui est capable
10:50d'accompagner.
10:50Et puis,
10:51on a d'autres images
10:51qui sont,
10:52alors là,
10:53sur le plan émotionnel,
10:54très redoutables.
10:56Cet homme avec Myriam
10:58qui est un malade jeune
11:00et qui,
11:01malgré tout son amour
11:02et tous ses efforts,
11:03est profondément déstabilisé
11:05par la maladie.
11:05Alors,
11:05vous faites ma transition,
11:06je vais vous donner la parole
11:07dans un instant,
11:07Colette Romanoff,
11:08parce qu'effectivement,
11:08ce documentaire nous fait entendre
11:09des témoignages très forts,
11:11très émouvants.
11:12Il nous expose
11:12à la détresse des proches.
11:14Je voudrais qu'on réécoute ensemble
11:15le mari de Myriam,
11:16justement.
11:18On m'a accordé
11:19un télétravail
11:21proche aidant.
11:25Donc,
11:25on m'accorde
11:26cinq jours
11:27de télétravail
11:28par semaine.
11:30Mais on va bien préciser,
11:31c'est exceptionnel
11:31et pour une durée
11:33de six mois.
11:36Donc,
11:36dans six mois,
11:37qu'est-ce que je fais ?
11:38Parce que la situation,
11:39vis-à-vis de mon épouse,
11:40elle ne va pas s'améliorer.
11:41C'est une maladie
11:42dégénérative.
11:45Ce n'est pas une maladie
11:46qu'on soigne.
11:47Donc,
11:48j'aurais encore
11:49cette épée de Damoclase
11:50dans six mois.
11:51Qu'est-ce qu'on fait ?
11:52Moi,
11:52ce que j'aimerais,
11:53c'est que ce statut
11:54de salarié proche aidant
11:56soit vraiment reconnu
11:57et qu'on mette en place
11:59des mesures
12:00spécifiques
12:01pour ces personnes-là.
12:05La maladie d'Alzheimer,
12:06c'est quoi ?
12:07Vous êtes en face
12:08d'une enfant.
12:12Est-ce que vous assuriez
12:13votre enfant tout seul ?
12:14Colette Roumanoff,
12:19est-ce que notre monde,
12:20notre société,
12:20est adaptée
12:21à ce qui se passe
12:22pour les proches aidants
12:23et pour les malades ?
12:24Pas du tout.
12:24Parce qu'en fait,
12:25la maladie d'Alzheimer,
12:26en soi,
12:27c'est une maladie
12:28qui va à l'envers
12:29de toutes les valeurs
12:30de notre société.
12:31Donc,
12:31c'est très dur
12:32pour quelqu'un d'aujourd'hui
12:33d'accepter ce genre de truc
12:35parce que,
12:36c'est justement,
12:37ce n'est pas la compétition,
12:38ce n'est pas l'individualité,
12:39ce n'est pas la réussite,
12:40ce n'est pas qu'un truc
12:41en même temps,
12:42c'est de prendre le temps.
12:44C'est tout l'inverse.
12:45Il faut savoir
12:46que chez les malades
12:47à l'Alzheimer
12:47qui sont dans un environnement
12:49sécurisé,
12:50il y a des qualités
12:51qui se développent
12:52et ça,
12:52personne n'en parle,
12:53même pas dans le film.
12:54Et on ne donne pas suffisamment,
12:56je trouve,
12:56la parole dans le film
12:57à celui qui est un patient,
12:59qui est un aidant expert
13:00parce qu'il explique.
13:02Elle a un emploi du temps
13:03très chargé,
13:05sa femme.
13:06Et ça,
13:06elle ne peut pas
13:07le faire toute seule
13:08parce qu'un patient
13:09à l'Alzheimer,
13:09il ne peut pas penser
13:10le temps,
13:10il ne peut pas se faire
13:12normalement.
13:12C'est à l'aidant
13:13de faire un emploi du temps.
13:14Lundi,
13:15on fait ça,
13:15mardi,
13:15on fait ça
13:16et à ce moment-là,
13:17la vie se déroule
13:18normalement.
13:19Il faut savoir
13:20normalement.
13:21Et ce n'est pas
13:22parce que quelqu'un
13:22ne se rappelle plus
13:23son adresse
13:24qu'il est très malheureux.
13:25Vous avez des tas
13:26de gens
13:26qui connaissent
13:27leur adresse
13:27et qui sont vraiment
13:28très malheureux.
13:29Ça n'a rien à voir.
13:30C'est très joli
13:31ce que vous dites
13:31et je crois que là,
13:32je vais prendre
13:33la casquette
13:33de l'association
13:34France Alzheimer
13:35que je défends
13:37puisque j'y suis
13:38comme vice-présidente
13:40et je crois
13:41que tout le monde,
13:41toutes les 102 associations
13:43en France
13:44et en Outre-mer
13:47sont de cet avis-là.
13:49Je crois
13:49qu'on ne peut pas
13:50faire face
13:50tout seul
13:51et que ce monsieur,
13:52effectivement,
13:54j'ai été bouleversée
13:55par le fait
13:57par ces loyautés-là,
13:58je vais y arriver
13:59et donnez-moi
14:01un statut
14:01de salarié.
14:04Mais les personnes
14:05malades,
14:06comme vous le dites
14:06très justement,
14:07elles ont besoin
14:08de continuer
14:08à avoir une vie sociale.
14:10Le conjoint
14:11a besoin
14:11de continuer
14:12à avoir sa vie
14:12professionnelle
14:13et sociale
14:14et je crois
14:15que c'est dans
14:15ces solidarités-là
14:16que nous,
14:17nous proposons
14:19chez France Alzheimer
14:19que ce soit
14:20la formation
14:21des aidants
14:22en EHPAD
14:23ou à domicile,
14:24que ce soit
14:25les groupes de parole,
14:26que ce soit...
14:26Un sujet psychologique
14:26ou pas ?
14:27Le soutien
14:27avec des psychologues
14:28mais bien évidemment
14:29et surtout
14:30les groupes
14:31qui s'appellent
14:32Vivre avec la maladie,
14:34qui réunissent
14:34des personnes
14:35en début de maladie,
14:37qui parlent
14:37de ce qui se passe
14:38dans leur tête,
14:39qui parlent
14:40de leur désir aussi,
14:42de la manière
14:43dont ils veulent
14:44qu'on les traite
14:45plus tard.
14:46Donc ça,
14:46c'est très important.
14:48Et un mot
14:48de ce statut salarié
14:49proche aidant,
14:50très concrètement,
14:51est-ce qu'il est facile
14:51à obtenir ?
14:52Déjà,
14:52il faut reconnaître
14:53que les pouvoirs publics
14:55et le législateur,
14:56a consacré
14:58le congé
15:00du proche aidant,
15:02ce qui est une avancée
15:03dans notre système
15:03de protection sociale,
15:04parce qu'il est important
15:06de libérer du temps
15:07pour que
15:08le proche
15:10puisse avoir
15:11auprès de la personne
15:12accompagnée
15:12la possibilité
15:14d'être disponible
15:16et d'être présent.
15:17Mais j'insiste
15:18beaucoup
15:19sur l'importance
15:19de la négociation sociale
15:21sur ces sujets.
15:21on a besoin
15:23de faire avancer
15:24nos dispositifs.
15:25Le congé,
15:25c'est utile
15:27et le fait
15:28qu'il soit solvabilisé
15:29est évidemment
15:30décisif.
15:31Mais il n'y a pas
15:31que ça.
15:32Et comme
15:33Geneviève vient
15:34de le dire,
15:35il y a une dimension
15:36très importante
15:37qui est le soutien
15:38de l'aidant.
15:41Et je pense
15:41que le soutien moral
15:43et le soutien
15:44organisationnel
15:45pour que
15:46le proche
15:49puisse continuer
15:51d'avoir une présence
15:51affective
15:52auprès
15:53de son proche
15:54accompagné
15:55et ne se transforme
15:56pas en un professionnel
15:58qu'il n'a pas à être.
16:00C'est magnifique
16:00ce que vous dites.
16:01Et en fait,
16:01c'est là-dessus
16:03qu'il faut que nous
16:03poussions encore les feux.
16:05Moi, je crois,
16:06c'est la vocation
16:07de l'organisme
16:08que je dirige
16:09qui est gouverné
16:11par les partenaires sociaux
16:12et qui est un
16:13puissant moteur
16:15du dialogue social.
16:15Mais je crois
16:16que la négociation sociale
16:17dans les entreprises
16:18doit permettre
16:19de compléter
16:20ce que le législateur
16:21a fait
16:22en aménageant
16:23les conditions
16:24de l'aide
16:25des proches.
16:26Elisabeth Douano,
16:26comment on peut l'améliorer
16:27ce statut de proche
16:28aidant ?
16:28On peut l'améliorer
16:30de toutes sortes de façons
16:31et j'y ai pensé
16:31après le documentaire
16:32mais surtout
16:34éviter l'isolement
16:35parce qu'on sent
16:36que cette personne
16:37qui se confie
16:38à la caméra
16:39en fait,
16:40elle se sent seule
16:41face à cet immense
16:43désespoir
16:44et on l'a dit,
16:47parler,
16:48partager
16:49avec d'autres aidants,
16:51partager avec
16:52des professionnels
16:53de la santé,
16:54partager,
16:55mais très largement
16:56parce que ça a été dit
16:57aussi dans le documentaire,
16:59les amis partent,
17:00les amis partent,
17:01mais on peut peut-être
17:02aussi retrouver
17:03d'autres amis
17:04et se confier.
17:06et donc pour ce qui est
17:09de l'aide publique,
17:10là ce plan stratégique
17:12il est extrêmement important
17:13parce qu'on y voit
17:14en termes de formation,
17:15en termes d'unités spécialisées,
17:17il est très ambitieux
17:18et surtout
17:19il y a un suivi
17:20qui est prévu,
17:21une évaluation
17:21de la politique publique
17:22et ça c'est
17:23extrêmement sérieux,
17:25c'est-à-dire
17:25qu'on va voir
17:25toutes les étapes
17:26si elles sont franchies
17:27petit à petit,
17:28alors elle est ambitieuse
17:28mais on va tous
17:29vers l'idéal,
17:30nous-mêmes politiques
17:31on a envie
17:32d'aller vers l'idéal,
17:33après on verra
17:35si on n'a pas atteint
17:35tout ce qu'il faut,
17:36on aura toujours
17:37des personnes
17:38qui nous diront
17:38mais oui mais vous
17:39ne m'avez pas
17:39suffisamment accompagné
17:40etc.
17:41Moi j'ai pensé
17:41à ce monsieur,
17:42c'est vrai que
17:43six mois
17:44c'est trop court
17:46surtout que là
17:47son épouse
17:47elle est atteinte
17:48très jeune
17:49de cette maladie
17:50et donc il faut
17:51imaginer des plateformes
17:52où des chefs d'entreprise
17:54des instituts
17:55des associations
17:56confient des tâches
17:57qui peuvent se faire
17:57à domicile
17:58et qui peuvent être rémunérées
17:59alors ce ne serait pas
18:00un salaire
18:01mais ce serait plutôt
18:02une mission à accomplir
18:03une tâche
18:04et il pourrait se servir
18:06sur cette plateforme
18:08je pense qu'il faut
18:09qu'on aille vers
18:09des nouvelles formules
18:11et ça ça ne plaira
18:12pas à certains
18:13ça ne pourra pas
18:14convenir à d'autres
18:15mais il faut encore inventer
18:16et le milieu associatif
18:17pour ça
18:18il est très très
18:20capable
18:21d'inventer
18:23maintenant les politiques
18:25il faut qu'ils accompagnent
18:26les associations
18:26pour alimenter notre discussion
18:28je voudrais vous faire part
18:28du témoignage
18:29d'une téléspectatrice
18:30puisque c'est un peu nouveau
18:30le public peut désormais
18:32participer à notre échange
18:33en nous envoyant des remarques
18:34des questions
18:35en amont de l'émission
18:36et j'ai retenu la question
18:37de Sophie
18:37de Maison Lafitte
18:38qui a attiré notre attention
18:40sa mère est atteinte
18:40de la maladie d'Alzheimer
18:41depuis quelques années
18:42et elle se demande
18:44comment elle doit réagir
18:45quand celle-ci
18:45fait une crise de démence
18:47doit-on entrer
18:48dans la démence
18:49ou au contraire
18:49contredire ses propos
18:50pour essayer de la faire
18:51revenir à la raison
18:52je ne sais pas comment agir
18:54pour que cela l'apaise
18:55sa maman a parfois l'impression
18:56qu'un homme veut rentrer
18:57dans sa chambre
18:58nous avons une étante experte
19:00qui peut peut-être nous donner
19:01qu'est-ce qu'il faut faire
19:03d'abord il faut supprimer
19:05le mot démence
19:06c'est un mot médical
19:07qui ne sert à rien
19:08et qui ne fait qu'aggraver
19:10les choses
19:10ça fait peur aux gens
19:11si on vous dit
19:12que votre mari
19:12ou votre mère est démente
19:13vous n'avez qu'une envie
19:14c'est de prendre la tangente
19:17donc il se passe quelque chose
19:19il se passe quelque chose
19:20elle a une réaction bizarre
19:22alors ça peut venir
19:23d'énormément de choses
19:24mais à tous les coups
19:26elle a été mise en échec
19:28elle a été maltraitée
19:29elle a été méprisée
19:30un regard suffit
19:31il y a quelque chose
19:32qu'elle n'a pas compris
19:33qu'elle ne s'est pas fait comprendre
19:35dans sa journée
19:35dans le passé
19:36dans les jours
19:36c'était hier
19:37c'était ce matin
19:38c'était tout à l'heure
19:39c'était un instant
19:39elle a peut-être une douleur
19:41vous savez
19:41parce que les gens
19:42perdent les repères intérieurs
19:43et ça c'est une chose
19:44que personne ne vous dit
19:45donc supposons
19:47qu'elle ait une rage dedans
19:48mais elle ne le sait pas
19:50donc elle ne peut pas dire
19:51mais par contre
19:51elle s'agite
19:52elle va s'énerver
19:53elle va dire
19:53je vois des gens
19:54enfin elle peut raconter
19:55n'importe quoi
19:55une crise de paranoïa
19:56quelque chose qui
19:57pas crise de paranoïa
19:58non vous n'aimez pas ce terme
19:59non pas
19:59il ne faut pas mettre
20:01tous ces mots
20:01qui n'ont rien à faire là-dedans
20:03cette maladie
20:04est une maladie
20:04de la gestion de l'information
20:06la personne ne peut pas
20:08gérer les informations
20:09qui lui arrivent
20:10parce que c'est compliqué
20:11parce qu'elle n'a pas les moyens
20:12donc elle va avoir
20:14des réactions
20:15que les gens ne vont pas comprendre
20:16mais qui ont toujours un sens
20:17donc le proche
20:18qu'est-ce qu'il doit faire ?
20:19et bien il doit d'abord
20:20s'il y a une crise
20:22et qu'elle a peur
20:23d'abord il faut qu'elle sorte
20:23de la pièce
20:24parce que ça
20:25il ne faut pas rester
20:26la personne malade
20:27ou la proche ?
20:28non la personne malade
20:29elle fait
20:29on ne va pas la sortir de la pièce
20:30elle est là
20:31c'est le proche qui sort
20:32sort de la pièce
20:34souffle, respire
20:36fait je ne sais pas quoi
20:37se chante une chanson
20:37se mange bientôt
20:38et il retourne
20:40pour voir comment ça se passe
20:41est-ce que c'est calmé ?
20:42maintenant
20:43si la personne n'arrive pas
20:45on peut la calmer
20:46parce qu'on trouve
20:47et ça c'est difficile
20:49pourquoi ça s'est passé
20:50et on ne le répare
20:51on ne trouve pas
20:52on détourne
20:53c'est-à-dire
20:54eh bien
20:54viens prendre un chocolat
20:56on sort dehors
20:57on va faire une promenade
20:58en bicyclette
20:58c'est concret
20:59que des choses concrètes
21:01mais c'est parce que la personne
21:02elle est dans le présent
21:03et elle réagit
21:04à tout ce qui est concret
21:05mais vous vous rendez compte
21:06que Sophie et sa maman
21:07ont la chance là
21:07d'avoir une réponse
21:08à leur question
21:09grâce à vous
21:10et ça veut dire
21:11que les proches sont perdus ?
21:13parce qu'on leur raconte
21:14beaucoup d'histoires
21:15et même des histoires fausses
21:16et je reviens quand même
21:17sur le film
21:18parce que ce monsieur
21:19qui est un vrai aidant expert
21:21il se fait attraper
21:22par un médecin
21:24qui lui sort
21:24la fameuse
21:25je ne sais pas quoi
21:27de la haute autorité de santé
21:29qui explique
21:30et c'est une fausseté totale
21:31que les aidants
21:33vont mourir
21:34avant de les aider
21:34ça c'est une bêtise
21:36sans mots
21:37et puis c'est extrêmement culpabilisant
21:39mais c'est pas ça
21:40mais c'est faux
21:40mais c'est faux
21:41et en plus
21:42mais c'est le but
21:43des associations
21:44comme France Alzheimer
21:45effectivement
21:46moi j'étais médecin
21:47pendant 40 ans
21:48mais pendant 40 ans
21:49dans mes consultations
21:51j'envoyais les personnes
21:53chez France Alzheimer
21:54on n'est jamais
21:55tout seul
21:56dans un coin
21:57et effectivement
21:58ce que je voulais
21:58je voulais rebondir aussi
22:00l'idée c'est de valider
22:02il y a d'abord
22:02la validation
22:03toujours
22:04tu as peur
22:05de quelque chose
22:05d'accord
22:06avec des mots
22:07tu veux dire
22:07ils sont dans un présent
22:10un présent éternel
22:12un présent continu
22:13où ils convoquent
22:15leur chair disparue
22:16et où le passé
22:17et le présent
22:18se mélangent
22:19un petit peu
22:19et donc vous avez
22:20tout à fait raison
22:21c'est peut-être
22:22un regard
22:23ou quelque chose
22:24qui les a perturbés
22:26mais à ce moment là
22:27il faut un
22:28anticiper
22:29et se dire toujours
22:30que ça a du sens
22:32quelque part
22:33elle veut nous dire
22:34quelque chose
22:35le documentaire
22:36il est difficile
22:38je crois qu'on peut
22:39se le dire
22:40mais il est remarquable
22:42en ce que je crois
22:44il illustre
22:45des déterminants
22:47qu'on doit bien appréhender
22:48il y a une image
22:50qui me revient
22:51c'est le test mémoire
22:53et la confrontation
22:55de ce jeune médecin
22:57je suppose
22:58avec ce monsieur
22:59plein d'élégance
23:01qui essaie de détourner
23:03habilement
23:04ses petites difficultés
23:06avec un sourire
23:07de bonne alloi
23:07il sourit beaucoup
23:08et son épouse
23:10qui elle
23:11s'effondre
23:13parce que
23:14en réalité
23:14on est en train
23:15de lui expliquer
23:16que quelque chose
23:17est terminé
23:18alors que
23:20si vous me permettez
23:21alors c'est peut-être
23:21une facilité
23:22mais quelque chose
23:23commence
23:23et je pense
23:27que si vous voulez
23:28on a besoin
23:29de ces médiations
23:31d'où l'importance
23:32des associations
23:33et en particulier
23:34TransAlzheimer
23:35qui fait un travail
23:36remarquable
23:36de votre témoignage
23:38Colette
23:39patient expert
23:40et naturellement
23:40des représentants
23:43de la nation
23:43mais ce que je veux dire
23:44c'est que si vous voulez
23:45il faut que notre société
23:46s'apprivoise
23:47à comprendre
23:48des choses compliquées
23:49et qui ne sont pas
23:50intuitives
23:50et c'est de cet ordre
23:53vous voyez
23:53l'enjeu est de cet ordre
23:54et très vite
23:54on a aussi envie
23:55de reprendre espoir
23:56en parlant traitement
23:57peut-être
23:57science
23:58recherche médicale
23:59et vous allez me dire
24:00ce que vous en pensez
24:00où est-ce qu'on en est
24:01de ce point de vue-là
24:02avant d'en parler avec vous
24:03je voudrais que l'on réécoute
24:04ce que nous dit
24:05le professeur Bruno Dubois
24:06dans ce film
24:06Jusque-là
24:08on a des médicaments
24:09symptomatiques
24:10c'est-à-dire
24:10qui traitent le symptôme
24:11comme
24:12quand vous avez mal à la dent
24:13vous prenez un anthalgique
24:17la carie
24:19aujourd'hui ici
24:20on s'intéresse
24:22à des médicaments
24:23qui traitent
24:24la carie elle-même
24:26c'est-à-dire
24:26qui traitent
24:26la maladie elle-même
24:28et ça c'est nouveau
24:29c'est ce qu'on appelle
24:30l'immunothérapie
24:31on a des médicaments
24:32qui nettoient
24:33en un an et demi
24:35de suivi
24:36d'essais thérapeutiques
24:37qui nettoient
24:39pratiquement 80%
24:40des lésions
24:40dans le cerveau des patients
24:42c'est très spectaculaire
24:43pour la première fois
24:45on commence
24:46à ralentir
24:47la progression
24:47de la maladie d'Alzheimer
24:48alors voilà un extrait
24:50qui donne beaucoup d'espoir
24:51non ?
24:52pas du tout
24:53Colette Romanov
24:53pourquoi ?
24:55pas du tout
24:56parce qu'avant
24:56il y avait des médicaments
24:57qui avaient de l'effet
24:58qui ont été supprimés
24:59on ne sait pas pourquoi
25:00moi je n'ai jamais compris
25:01pourquoi on avait supprimé
25:02la récepte par exemple
25:02ah oui
25:034 médicaments en 2018
25:05contre les symptômes
25:06de la maladie d'Alzheimer
25:07on en a supprimé
25:07mais c'est surtout
25:08que les médicaments
25:09qui nettoient le cerveau
25:10souvent ils nettoient
25:11le patient aussi
25:12je veux dire
25:12c'est son des médicaments
25:14extrêmement dangereux
25:14c'est une formule abrupte
25:16excusez-moi
25:16mais quand même
25:17il y a les nouveaux médicaments
25:19alors le lécambi
25:20qui arrivait sur le marché
25:21n'a pas eu
25:22malheureusement
25:23le remboursement
25:25par contre
25:26il y a d'autres médicaments
25:27qui sont des traitements
25:28une immunothérapie
25:29contre anti-aminoïdes
25:31qui sont à l'étude
25:33et effectivement
25:34lorsqu'ils sont prescrits
25:36de manière raisonnée
25:38c'est-à-dire
25:39à un stade
25:40extrêmement débutant
25:42de la maladie
25:42avant les premiers symptômes
25:45peut-être
25:45ce qui ouvre la voie
25:48à la détection
25:49et au diagnostic précoce
25:51par des voies
25:52par une prise de sang
25:53et je crois que ça
25:54on y travaille actuellement
25:56il va y avoir
25:57une révolution
25:58à ce moment-là
25:59c'est-à-dire
25:59on pourrait tous
26:00aller se faire dépister
26:01jusque-là
26:01ça n'était pas possible
26:03sur le plan éthique
26:04je fais partie
26:05du conseil éthique
26:06de France Alzheimer
26:06et aussi d'autres conseils éthiques
26:09on ne pouvait pas
26:11faire poser
26:13un diagnostic précoce
26:14dans la mesure
26:15où il n'y avait pas
26:15de traitement curatif
26:17à partir du moment
26:18où on va avoir
26:19un traitement
26:20on va pouvoir dire
26:22effectivement
26:23parce que vous avez
26:24une forme génétique
26:26parce que vous avez
26:27beaucoup de facteurs
26:28de risque
26:28effectivement
26:29vous êtes à risque
26:31de faire une maladie
26:33et donc
26:33on va suivre les choses
26:35et puis
26:36vous proposer
26:37des traitements
26:37mais le deuxième point
26:39c'est travailler
26:40sur la prévention
26:41de l'arrivée
26:42de cette maladie
26:43qui n'est pas
26:44inéluctable
26:45quand même
26:45Elisabeth Doineau
26:46Oui
26:47il y a 14 facteurs
26:48de risque
26:49qui sont répertoriés
26:50et justement
26:51on peut faire
26:52un diagnostic précoce
26:53et je pense que
26:55ça c'est une vraie voie
26:57d'action
26:58mais moi je pense aussi
27:00surtout à la recherche
27:01la recherche
27:03c'est extrêmement important
27:04parce que c'est là
27:05l'espoir
27:06parce que quand on connaît
27:07les chiffres
27:08on les a nommés
27:08en tout début d'émission
27:09et qu'on sait que ça va doubler
27:11en quelques années
27:12là c'est effrayant
27:13donc l'espoir
27:14c'est de mettre
27:14le paquet sur la recherche
27:16et de travailler
27:17pas seulement en France
27:17mais avec l'ensemble
27:19des pays européens
27:19voire le monde entier
27:20mais en tout cas
27:21confronter
27:22nos avancées
27:23dans la recherche
27:24et il y a un programme
27:25qui s'appelle
27:26Brain Health
27:27au niveau européen
27:28avec l'ensemble
27:29des données
27:30avec cette banque
27:31justement
27:32des données
27:33sur la maladie
27:34d'Alzheimer
27:34qui permettent
27:35justement
27:36de trouver
27:37des récurrences
27:39et de pouvoir
27:40aller plus loin
27:41aussi dans les soins
27:42qui sont apportés
27:43j'imagine avec
27:43l'intelligence artificielle
27:44par exemple
27:45possiblement
27:46il faudra bien
27:47l'utiliser
27:48à bon escient
27:49on le dit à chaque fois
27:50mais donc
27:51la recherche
27:52c'est vraiment
27:53important
27:54pour cet espoir
27:56mais moi
27:57j'en reviens toujours
27:58à ce regard porté
27:59sur la maladie
27:59ce regard
28:00cet accompagnement
28:02qui doit être
28:02tout le temps là
28:03alors on a tendance
28:04à l'isolement
28:05quand on est touché
28:07dans sa propre famille
28:08ou soi-même touché
28:09mais aujourd'hui
28:10le fait de parler
28:11de mieux en parler
28:12d'être encadré
28:14de mettre le véritable mot
28:16sur le comportement
28:17sur l'action à faire
28:18ça c'est aussi
28:19il me semble
28:20très très important
28:21parce que
28:22c'est très très dur
28:23on l'a bien vu
28:25et dans le documentaire
28:27il est utilisé des mots
28:29il y a des sentiments
28:31qui sont exprimés
28:32mais c'est justement
28:32comment on apprend
28:34à l'exprimer différemment
28:36et surtout
28:37à réaliser
28:38qu'on n'est pas seul
28:39on n'est pas seul
28:40et moi je voudrais
28:41dire surtout
28:43mon admiration
28:43envers les associations
28:44qui sont là
28:46dans tous nos départements
28:47on a justement
28:49la représentation associative
28:50et je voudrais dire aussi
28:51qu'il faut
28:53un maillage territorial
28:54parce qu'on peut
28:55toujours penser
28:55aux politiques
28:56le gouvernement
28:57les parlementaires
28:58mais il faut aussi
28:59parler des élus locaux
29:00parce que de plus en plus
29:02sur nos territoires
29:02on a des gens
29:03qui s'engagent
29:04autour de contrats locaux
29:05de santé
29:05et c'est dans ce cadre-là
29:06que vous allez venir
29:07Madame Romanoff
29:08dans très peu de temps
29:08en Mayenne
29:09je voudrais vous remercier
29:10infiniment
29:10et donc on parle
29:11autrement de la maladie
29:13et on partage
29:15des sentiments
29:16qu'on a plus ou moins
29:17vécu de façon proche
29:19et ça c'est essentiel
29:20vraiment essentiel
29:21ce qui est très important
29:23ce que vous dites
29:24est fondamental
29:25et ce que je crois
29:26la fausse piste
29:27serait d'opposer
29:29en quelque sorte
29:30le domaine
29:31de la recherche
29:32et le domaine
29:33de l'accompagnement
29:34il faut consacrer
29:36beaucoup d'énergie
29:37à la recherche
29:37et ne doutons pas
29:39qu'un jour
29:39on arrivera
29:40à élucider
29:41et à prévenir
29:43la survenance
29:45ou la gravité
29:46de pathologies
29:48neuroévolutives
29:49mais pendant ce temps-là
29:52il y a des personnes
29:54qui sont touchées
29:55par la maladie
29:56il y a des proches
29:57qui sont déstabilisés
30:00et si on parle
30:01de recherche
30:02je pense qu'on a besoin
30:03de recherche
30:03en sciences humaines
30:04aussi
30:05parce que la question
30:06de la relation
30:07à la maladie
30:08c'est aussi une question
30:09de recherche
30:10en sciences humaines
30:10et la représentation
30:12que nous avons
30:12de la maladie
30:13la représentation
30:14au fond
30:15de cette espèce
30:16de caractère atypique
30:18des comportements
30:19liés à la maladie
30:20doit absolument
30:22faire l'objet
30:22d'un véritable investissement
30:24pour rassurer les familles
30:26rassurer les personnes
30:28et tout simplement
30:29permettre aux professionnels
30:31qui accompagnent
30:31d'aller sur le bon registre
30:33et de proposer
30:34les accompagnements
30:35qui vont permettre
30:35au fond
30:36cette réciprocité
30:37et ces équilibres
30:38et je pense que
30:39dans une société apaisée
30:41si je peux utiliser
30:42ce registre
30:43qui ne me semble
30:44pas complètement
30:45inutile
30:46dans le contexte
30:48particulier
30:48que nous vivons
30:49cette forme
30:50de réconciliation
30:51et de médiation
30:52que rend possible
30:53le monde associatif
30:54et les associations
30:55très investies
30:56et naturellement
30:58les
30:58témoignages
31:00experts
31:01et les personnes
31:01elles-mêmes
31:02on arrive à créer
31:03une communauté
31:04de projets
31:05si je puis dire
31:06et de pratiques
31:07et de prises en soins
31:08exactement
31:09parce que
31:09quand vous parlez
31:10des sciences humaines
31:11moi je rebondis
31:12sur les conventions
31:14qu'on a passé
31:15avec la fédération française
31:16de tennis de table
31:17avec la fédération française
31:19des musicothérapeutes
31:20ce sont deux pratiques
31:21qui au-delà
31:22de la recherche scientifique
31:24sur la myloïde
31:25et tout ça
31:26nous donne à penser
31:29nous donne à voir
31:30que la pratique
31:31de la musicothérapie
31:33et je sais si
31:34chez France Alzheimer
31:35on est promoteur
31:36vraiment de la musicothérapie
31:37mais aussi
31:38du tennis de table
31:40et au-delà
31:41de la convivialité
31:43simplement
31:43c'est que la pratique
31:45du tennis de table
31:46par le travail
31:47sur la tension divisée
31:48sur l'équilibre
31:49sur voilà
31:50permet
31:51probablement
31:53de stabiliser
31:54les lésions
31:55et d'éviter
31:56l'aggravation
31:57parce que
31:58il y a une remobilisation
31:59des circuits associatifs
32:01autour des lésions
32:02et je crois
32:03qu'effectivement
32:04je finis par là
32:04c'est cette collaboration
32:06entre les familles
32:07les patients
32:09et les aidants experts
32:10moi j'aime beaucoup
32:11ce nom
32:11et puis
32:12la formation
32:14la formation spécifique
32:16des personnels
32:17à domicile
32:18et en institution
32:19et c'est vrai que
32:20alors là aussi
32:21l'institut de formation
32:22chez France Alzheimer
32:23donne des clés
32:25pour appréhender
32:26pour comprendre
32:27et donc pour
32:28limiter l'épuisement
32:30des professionnels
32:32qui est en premier
32:34lieu
32:34et je laisse
32:34le mot de la fin
32:35Colette Romanov
32:36et bien le ping-pong
32:38moi je dis ça depuis
32:39je ne sais plus
32:39combien de temps
32:40très très très très longtemps
32:41c'est vraiment
32:42un truc magnifique
32:43parce que
32:43ça reste rapide
32:44alors que tout le reste
32:46ralenti
32:46mais on ne sait pas pourquoi
32:47ça reste rapide
32:48c'est ça qui est étonnant
32:50et en plus
32:50c'est agréable
32:51d'échanger au ping-pong
32:53entre un aidant et un aidé
32:54je ne m'attendais pas à ça
32:55mais
32:55vous ne savez pas tout
32:58votre époux
32:59Colette
33:00était hyper douée
33:03dans cet exercice
33:04il était très bon au ping-pong
33:06il continuait de battre
33:07elle a une autre maladie
33:08l'art aussi
33:09l'art j'imagine que
33:10l'art
33:11mais tout
33:12tout est nourriture
33:13nous on a besoin
33:14pour vivre heureux
33:15d'être nourri
33:16de plein de choses
33:17alors ce qui est dommage
33:18avec la maladie d'Alzheimer
33:19souvent comme les gens
33:20même dans le film
33:21on voit des ampoules
33:22qui s'éteignent
33:23non ça ne s'éteint pas
33:24un malade ne s'éteint pas
33:26il diminue pas
33:27il est toujours là
33:28il est toujours entièrement là
33:30tant qu'il est vivant
33:31il est là
33:31donc tout ce qu'on dit
33:32s'éteint
33:33tout ce qu'on compte
33:34les manques
33:34ce n'est pas intéressant
33:35ce qui compte
33:36c'est tout ce qu'il peut faire
33:37et faire des choses nouvelles
33:38parce que les neurones miroirs
33:40sont très vivaces
33:41chez quelqu'un
33:42qui a cette maladie
33:42l'émotion
33:43l'émotivité
33:45est tout à fait
33:46la sensibilité
33:47aux émotions des autres
33:48elle est énorme
33:49aux émotions des autres
33:50et ça c'est une grande richesse
33:51c'est une richesse immense
33:53c'est une richesse immense
33:54donc c'est quelqu'un
33:55qui
33:55ce sont des gens
33:56qui peuvent avoir des relations
33:57extrêmement délicieuses
33:59avec leur entourage
34:00à condition évidemment
34:01qu'on ne leur tape pas
34:01sur la tête
34:02en leur disant
34:02t'es malade
34:03merveilleux
34:04vous nous avez fait changer
34:06de regard déjà
34:06dans cet échange
34:07déjà c'est bien
34:08merci à vous
34:09à tous les quatre
34:10d'avoir participé
34:11à cette émission
34:11merci à vous
34:12de nous avoir suivis
34:12comme chaque semaine
34:13émission et documentaire
34:14à retrouver en replay
34:15sur notre plateforme
34:17publicsena.fr
34:17et bien sûr
34:18vous pouvez donc
34:18participer désormais
34:20à cet échange
34:20en nous envoyant
34:21vos remarques
34:21vos questions
34:22sur nos réseaux sociaux
34:23la semaine prochaine
34:23on va parler de Javier Milei
34:25le président argentin
34:26autre sujet
34:27mais intéressant peut-être
34:28à très vite
34:29sur Public Sénat
34:29merci
34:29merci
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