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  • il y a 5 mois
Lors de l'émission l'Heure des Pros du 19/09, Philippe Dessertine, auteur de l'ouvrage «L'horizon des possibles», a été questionné sur sa manière de rembourser la dette. 

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Transcription
00:00Qu'est-ce qu'il faut faire en priorité pour retrouver des finances saines ?
00:04Voilà une question simple.
00:05Une question simple, je vous rappelle, 44 milliards par an, c'était le début.
00:08Donc là, a priori, on ne va pas le commencer.
00:10Qu'est-ce qu'il faut faire pour retrouver des finances saines ?
00:13Deux choses, en même temps, en même temps, c'est simultanément,
00:17deux choses simultanément qu'il va falloir faire.
00:20Un, remettre à plat toutes nos finances publiques.
00:23Ça ne veut pas dire qu'on fait une économie avec certains, on fait un impôt sur certains.
00:26Ça veut dire quoi, remettre à plat ?
00:27Ça veut dire que vous remettez à plat tous vos dépôts.
00:29Ça veut dire quoi ?
00:29Claire, l'État, les collectivités locales, l'hôpital, la santé.
00:34C'est les trois grands postes de dépense, si vous voulez, la fonction publique.
00:37Mais concrètement, ça veut dire quoi ?
00:38Parce qu'à l'APHP, il y a 40% d'administratifs.
00:41Donc ça veut dire que vous remettez...
00:42Donc vous remettez en cause qu'il y ait plus d'administratifs à l'APHP, c'est ça que ça veut dire ?
00:45Exactement, et partout.
00:46Et vous êtes en train de dire, le système ne fonctionne pas.
00:50D'accord, donc on vire les gens.
00:51C'est 1958.
00:53D'accord, donc on vire les gens.
00:54Par exemple, à l'APHP, je prends un exemple, parce qu'il faut toujours prendre un exemple.
00:56L'APHP, c'est le premier employeur de Paris, de France, de région, de la région parisienne.
01:01Premier.
01:01Il y a 40% d'administratifs.
01:04Il y a 40% d'administratifs, des gens qui ne voient jamais un médecin.
01:06Tout le monde est d'accord pour dire que c'est trop.
01:08Il y a trop d'administratifs.
01:09Donc qu'est-ce que vous faites de ces gens-là ?
01:10Donc quand vous avez un statut où ils ne peuvent pas être licenciés,
01:14vous notez que l'État, de plus en plus, va avoir des gens avec lesquels vous n'avez pas le statut public,
01:20justement, en disant, on sent bien que peut-être à des moments, il faudra changer.
01:24Et évidemment, vous allez dire, comment on va faire ?
01:26On va utiliser cette fonction publique.
01:28La fonction publique, c'est indispensable.
01:30C'est quelque chose de très important.
01:32N'oublions pas le deuxième volet, parce que là, vous voyez, on est à fond sur le premier.
01:35Je veux comprendre.
01:36Non, mais moi, si vous voulez comprendre, il faut avoir les deux volets.
01:39Donc là, vous m'avez coupé juste après le premier.
01:41Mais on est d'accord, on restructure.
01:43C'est l'intention 58.
01:44Moi, je dis toujours, si vous voulez, on a eu exactement cette situation en 1958.
01:48Oui, mais on avait de Gaulle.
01:49Non, mais il n'était pas là en 1958.
01:50On l'a appelé quand on a dit, en fait, on ne s'en sort pas.
01:52C'est-à-dire, vous étiez…
01:53Donc, si on remet à place les finances publiques, on comprend.
01:56Et vous restructurez tout.
01:58Et c'est quoi, le deuxième truc ?
01:59Le deuxième truc, c'est, vous dites, on crée de la richesse nouvelle.
02:02C'est-à-dire que l'élément absolument central, à mon sens,
02:05qui manquait absolument au discours de François Bayrou, par exemple,
02:09comme même à celui de Michel Barnier, c'est en disant, pourquoi on fait ça ?
02:12Non, non, le but, ce n'est pas avoir des bons ratios.
02:14Le but, ce n'est pas de dire à 3 %, parce que les gens disent, mais attends, qu'est-ce qu'on s'en fiche ?
02:18C'est dire, il faut concentrer notre effort sur une nouvelle création de valeur.
02:22C'est-à-dire, quand vous avez 3 300 milliards de dettes, ce qui est notre cas,
02:25vous n'avez pas d'autre espoir que de rééquilibrer le système en disant,
02:28il va falloir qu'on crée une valeur incroyable.
02:30Mais une valeur incroyable, ce n'est pas en vendant des chocolatines.
02:32C'est bien, enfin, c'est très bon, mais ça ne suffira pas.
02:35Alors, qu'est-ce qu'on fait pour créer de la valeur ?
02:36Vous avez un truc incroyable qui se passe aujourd'hui,
02:39cette chance inouïe que nous avons de sortir par le haut,
02:41c'est que vous avez une révolution scientifique,
02:44vous avez des choses incroyables qui se passent dans la science et dans l'économie,
02:48c'est là qu'il faut qu'on soit.
02:50Vous aviez une entreprise, il y a 10 ans, qui valait 10 milliards, qui s'appelait Renault.
02:53Vous aviez une entreprise, il y a 10 ans, qui valait 10 milliards,
02:56qui s'appelait Nvidia, une entreprise qu'on dit américaine,
02:59qui est en fait fortement taïwanaise.
03:01Renault, aujourd'hui, vaut 10 milliards.
03:03Nvidia, c'est l'entreprise qui vaut la plus chère du monde, elle vaut 4000 milliards.
03:07Si vous avez une dette de 3000 milliards avec Renault en face, vous avez toujours 10 milliards.
03:10Si vous aviez eu Nvidia, vous avez 4000 milliards, vous vous dites,
03:13en fait, ma dette relativement, en fait, c'est moins grave.
03:15Et vous savez le pire, c'est une nouvelle entreprise.
03:19Vous savez le pire, c'est que toutes ces entreprises qui valent de plus en plus cher,
03:22il y a plein d'Européens, il y a même des Français dedans.
03:24C'est-à-dire, notre problème, c'est que nous avons la capacité,
03:27c'est-à-dire, vous voyez, je vous dirais,
03:28il faut qu'on aille vers cette nouvelle création de valeur incroyable qui commence,
03:33mais malheureusement, on ne sait pas faire.
03:34Vous me direz, vous êtes gentil, mais ça va être compliqué.
03:36Mais c'est pour ça qu'il y a des choses, moi, je passe mon temps à dire,
03:38tout va bien en France, dans l'économie, avec les chefs d'entreprise.
03:42Et même au-delà, dans la science, dans la façon dont on pense, etc.
03:45Et c'est eux qu'il faut mettre en avant.
03:46Mais tu es dans un monde intellectuel, artistique, médiatique, etc.,
03:51qui t'explique qu'il faut faire des impôts.
03:53Donc, en fait, cette révolution libérale dans les esprits,
03:57dans les esprits, il faut la mener.
03:59Je me méfie même du terme libéral,
04:01parce que, par exemple, on n'est pas en économie libérale
04:02quand vous avez les grands États qui produisent de la monnaie n'importe comment.
04:05Nous, on a fait du quoi qu'il en coûte,
04:06mais là, vous êtes en train de changer le banquier central
04:08pour qu'il vous aimait de la monnaie.
04:09C'est-à-dire que vous n'êtes pas libéral, en fait.
04:11Vous êtes avec une logique,
04:12vous êtes en train d'essayer d'orienter une économie avec de la monnaie.
04:16Donc ça, on a vu déjà...
04:17On crée de la valeur dans le privé.
04:19On est d'accord, ce n'est pas le public qui crée de la valeur.
04:21D'ailleurs, même, c'est le principe, logiquement.
04:23Vous voyez, le public, ça doit être l'élément dans lequel on dit
04:25la question de la valeur...
04:26Expliquez ça aux gens de gauche.
04:28Expliquez ça aux gens de gauche.
04:29Non, mais gens de gauche, gens de droite.
04:31En France, je veux dire, il n'y a pas que...
04:33On est vraiment tous en train de dire
04:35« Ouais, mais alors, donc là, il n'y a plus d'argent public,
04:38il faut aller chercher de l'argent privé. »
04:39Vous avez, je crois, 86% des Français qui disent
04:41« Il faut taxer les très riches. »
04:42Parce que ça fait 1800 personnes.
04:44Évidemment, ça fait très très peu de monde.
04:46Donc on dit « Je suis d'accord. »
04:46On va taxer les 1800 parce que je n'en fais pas partie.
04:48Mais vous voyez, l'idée, c'est de dire
04:50« Il faut que tu ailles chercher l'argent privé,
04:53c'est-à-dire la création de richesses privées. »
04:55Mais l'intérêt, si tu vas la chercher
04:57et que tu l'injectes dans l'économie,
04:59c'est qu'elle va créer de la valeur.
05:00L'énorme danger, bien sûr,
05:02si vous commencez à capter de la taxe,
05:05c'est que l'État, effectivement, son boulot,
05:06ne sait pas créer de la valeur.
05:07Et même à la limite, quand on est dans un moment
05:09de grande rupture scientifique comme on connaît aujourd'hui,
05:14on est à un moment de rupture,
05:16un moment où en fait, vous ne pouvez pas avoir
05:18des financements publics là-dedans.
05:19Pourquoi ? Parce que vous allez avoir plein d'échecs.
05:22L'État ne peut pas supporter l'échec, c'est normal.
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