- il y a 5 mois
Nicolas Vaude, il ne vit que pour le théâtre et travaille chacun de ses rôles avec la précision d’un métronome. Il est à l’affiche à Paris dans « Une heure à t’attendre »
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-09-17##
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00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06L'acteur que vous êtes ne vit intensément que pour la scène et pour les mots.
00:10Chacun d'entre eux représente pour vous une note de musique,
00:13et pas seulement pour des raisons familiales.
00:15C'est peut-être pour cette raison que vous demeurez plus que jamais dans la note.
00:19Bonjour Nicolas Vaude.
00:20Bonjour Jacques.
00:21Alors, vous êtes à la fiche d'un spectacle qu'on va évoquer tout à l'heure,
00:24une heure à attendre, mais vous avez un parcours de comédien
00:28qui mérite d'être signalé dans les clés d'une vie,
00:30parce qu'il y a des dates importantes et beaucoup de choses
00:32dans cette passion du théâtre qui n'est pas venue tout de suite.
00:36Et on va l'évoquer, c'est le principe des clés d'une vie, à travers des dates clés.
00:39La première que j'ai trouvée vous concernant, c'est le 24 mai 1983,
00:44je crois que c'est votre première télé,
00:46la retransmission d'une pièce tournée au Théâtre Montancier,
00:50celui qui n'avait rien fait, le Duc d'Anguin.
00:54Oui, c'est une pièce de télémonier.
00:55C'est la première pièce que j'ai jouée.
00:59Et c'est votre première télé.
01:00Et c'est ma première télé.
01:01Alors, je ne savais même plus que ça avait été filmé avec Hervé Bellon.
01:05Oui.
01:06Et puis, beaucoup d'acteurs.
01:08Il y avait Georges Toussaint, il y avait...
01:11Oui, je me souviens très bien.
01:12C'était mon premier, vraiment, premier vrai rôle, le théâtre, professionnellement.
01:16Exactement.
01:16Avant, j'avais joué avec Nicolas Briançon et Éric Logérias, qui sont des très grands amis.
01:23On avait...
01:24Parfois, on allait jouer dans des villages l'été et on jouait au chapeau.
01:30Vous savez, Jean Villard disait qu'un acteur, avant 25 ans, il devait partir sur les routes
01:38et puis jouer.
01:40Nous, on avait joué.
01:42Voilà.
01:42Mais professionnellement, si j'ose dire, dans des conditions, vraiment, c'était le premier spectacle.
01:47Alors, cette pièce, c'était l'histoire de Napoléon qui, en 1874, a peur d'un attentat.
01:53Et donc, pour l'exemple, il fait fusiller le dernier des condés, le duc d'Anguin.
01:57Le duc d'Anguin, voilà.
01:58Alors, il se trouve que cette pièce a été tournée au Théâtre Montancier, Théâtre
02:01Montancier qui a été inauguré, je ne sais pas si vous le savez, le 18 novembre 1777,
02:07en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
02:10Je ne le savais pas.
02:12Moi, le disait, oui.
02:13Il se trouve qu'en plus, pourquoi Montancier ? Parce que Mademoiselle Montancier avait
02:17été remarquée par Marie-Antoinette quand elle était comédienne.
02:20Elle lui avait un jour servie sur scène une soupe aux choux.
02:23Oh, je ne savais pas.
02:24Voilà.
02:24C'est merveilleux.
02:24J'apprends des choses.
02:25Le Théâtre Montancier, pour moi, c'est...
02:28Vous savez, je faisais mes études à Versailles, je vivais au Chenet, je ne vivais pas à
02:32Versailles.
02:33Mais il y avait tous les ans un concours interscolaire, je le dis souvent, mais dans lequel ont participé
02:38Didier Long, Pedalides, Pascal Rocard, que vous recevez demain, beaucoup de gens, Muriel
02:46Mayette, et j'ai commencé comme ça, le théâtre, à 12 ans, jusqu'à 18 ans.
02:50En fait, vous avez commencé le théâtre parce que vous étiez au départ amoureux d'une
02:54jeune fille prénommée Sophie, je crois.
02:56Vous savez tout.
02:57Mais au début, je ne faisais que des rôles muets.
02:59Pourquoi ?
03:00Parce que je croyais que je n'étais pas...
03:02Enfin, j'étais trop timide.
03:03Et puis, à partir de 15 ans, 16 ans, j'ai commencé à accepter de parler un peu.
03:07J'ai joué la leçon d'Ionesco.
03:09Je jouais les vieux.
03:10Je jouais Arpagon, qui est un rêve.
03:13Je jouais en attendant Godot, des choses comme ça.
03:15Et voilà.
03:16Et puis, la Lune des Rois.
03:18Enfin, plein de choses différentes.
03:19Oui, effectivement, tout a commencé avec cet atelier théâtre.
03:23Parce que, finalement, vous avez joué, je crois, au départ, dans cet atelier théâtre,
03:27le chant de Maldoror.
03:28Oui.
03:29C'est-à-dire que j'avais une...
03:30Il y avait une animatrice qui était une comédienne, qui s'appelait Colette Aumont.
03:35Qui, un jour, m'a dit...
03:39Elle m'a donné un texte de Lothré-Aumont à apprendre.
03:42Et elle m'a dit...
03:43Cette fois, je voudrais que tu parles un peu.
03:45Elle m'a regardé.
03:46J'étais très, très étonné.
03:47Et j'ai eu un coup de foot pour ce texte.
03:49Et puis, ça a commencé comme ça, un peu, ouais.
03:52Les Chants de Maldoror, qui est un texte très connu.
03:54En fait, au départ, il a été publié à compte d'auteurs, en 1868.
03:59Tiens, comme Proust.
04:00Exactement.
04:00Et ce sont les surréalistes qui, petit à petit, l'ont fait connaître.
04:03Et c'est vrai que, j'en reviens à ce Théâtre Montancier,
04:06parce que ce Théâtre Montancier a été important dans votre vie,
04:09ce concours interscolaire, c'était quelque chose qui durait un mois,
04:12qui était totalement fou.
04:13C'était de la folie, c'était extraordinaire.
04:16Les troupes venaient de...
04:19Enfin, c'est de tout, de tout, de tout, de tout contrée.
04:22C'est-à-dire, même de toute France, même d'Allemagne, d'Angleterre, etc.
04:27C'était complètement dingue.
04:28Et on présentait 30 minutes d'une pièce.
04:30Et c'était une euphorie.
04:31Tout le monde venait.
04:32Enfin, c'était une fête, c'était extraordinaire.
04:35Et qu'est-ce que vous aviez présenté ?
04:36Moi, je vous dis, j'ai fait...
04:38Qu'est-ce que j'ai fait ?
04:40J'ai fait la leçon du UNESCO, j'ai fait En attendant Godot,
04:43j'ai fait La Vare, La Nuit des Rois,
04:48beaucoup de choses très, très, très différentes.
04:51Et, oui...
04:53À chaque fois, vous vous en remarquez ?
04:55Parce que vous aviez un talon qui passait.
04:57J'avais eu une mention d'interprétation,
04:58pour la leçon du UNESCO.
05:00Alors ça, c'était un truc de fou pour moi.
05:03C'était complètement...
05:05Et puis voilà, mais bon...
05:06Il donnait des mentions, des prix,
05:08des prix de l'A2 spectacle,
05:09des prix d'interprétation, des choses comme ça.
05:12Mais c'était surtout...
05:13C'était une grande chance de pouvoir être tous les jours,
05:17enfin, en tout cas, deux fois par semaine,
05:18dans ce théâtre, et puis d'arriver,
05:20puis on pouvait rentrer, on sortait comme on voulait.
05:22Enfin, c'était...
05:23Puis moi, j'étais complètement drogué au théâtre.
05:25Mais sous l'oeil de Marcel Tassancourt,
05:27qui était la directrice...
05:28Oui.
05:29Moi, je me souviens de cette vieille...
05:30Je ne la connaissais pas à ce moment-là.
05:31Non, on a travaillé avec le lycée.
05:34Oui.
05:34En fait, on ne l'a vu qu'une seule fois à la télévision.
05:37Elle a joué dans une pièce au théâtre ce soir,
05:39La Veuve Rusée de Golgony, en 79.
05:42Je ne savais pas du tout.
05:42C'est sa seule apparition à l'écran.
05:44Ce n'est pas vrai.
05:44Oui.
05:45Comme il dit.
05:46Alors, au départ, Nicolas Vaud,
05:48le théâtre, vous n'y pensiez pas ?
05:51Comment dire ?
05:54Non, mais j'ai été foudroyé par le théâtre, en fait,
05:57quand j'ai commencé à en faire.
05:58J'ai pensé qu'à ça, après.
05:59Je ne me suis jamais posé la question d'autre chose.
06:03Voilà.
06:04Mais vous n'aviez pas d'autres vocations ?
06:06Vos parents n'imaginaient pas une autre vocation ?
06:08Non, mais je n'osais pas dire à mes parents
06:09que je voulais faire du théâtre.
06:10En fait, il y a eu un petit accident avec cette Sophie,
06:13là, j'ai fait...
06:14Pardon de parler de moi, mais...
06:16J'ai fait cet atelier.
06:19Puis l'année d'après, comme j'avais eu très mauvaise note,
06:21je n'avais pas eu le droit d'aller refaire du théâtre.
06:23Et j'avais été voir mes camarades qui jouaient.
06:27Et ils jouaient, genre, à 18h.
06:30Et puis, en fait, le concours durait jusqu'à 23h, 20h.
06:34Et j'étais cloué sur mon siège.
06:36Et je ne pouvais pas aller les voir.
06:37Et je pleurais.
06:39Et je me disais, mais c'est ça que je veux faire.
06:41Et mes parents me cherchaient un peu partout.
06:43J'ai dit, je suis rentré, et ils m'ont engueulé.
06:45J'ai dit, moi, je sais ce que je veux faire maintenant.
06:47Et voilà.
06:48Puis après...
06:49C'est arrivé.
06:50C'est fait, voilà, une sorte de vocation complètement folle.
06:52Mais Nicolas Vaud, je crois que vous avez des enseignants artistiques
06:55qui n'ont rien à voir avec le théâtre.
06:57Écoutez.
06:57La Havanaise de Saint-Saëns par Jacques Thibault, votre grand-père.
07:09C'était mon arrière-grand-père.
07:10Je ne l'ai pas connu, je précise.
07:11Je ne suis pas du tout musicien.
07:13Je ne sais pas lire une note de musique.
07:15Mais c'était mon arrière-grand-père.
07:16C'était le grand-père de maman, en fait.
07:17Et c'était...
07:18Oui, c'était un génie du violon.
07:20Il a travaillé avec Pablo Casal et Alfred Cortot.
07:23Oui.
07:23Et il a fondé le prix Marguerite Long, Jacques Thibault,
07:26qui est quand même un prix très important.
07:28Bien sûr.
07:29Puis il a eu une...
07:29Mais j'ai été un peu bercé par son histoire, si j'ose dire, par la musique.
07:34Mais je ne...
07:36Comment dire ?
07:36J'aurais pu faire de la musique, mais...
07:39Je ne s'ai pas trouvé comme ça.
07:40C'était le théâtre.
07:41Voilà.
07:41Mais je crois que l'un de vos premiers chocs culturels, Nicolas Vaud,
07:44c'est quand même un récital de Sanson-François.
07:46Mais vous savez tout.
07:47Avec ma maman, ma mère m'avait emmené voir un récital de Sanson-François.
07:52Oui, c'était un immense choc.
07:53Un pianiste célèbre.
07:54Oui, génial.
07:55Et une chose très particulière,
07:57il a été le premier invité le 4 février 59
08:00d'une émission de télévision mythique
08:01qui était Discorama de Disglasère.
08:03Mais vous...
08:04C'est vrai.
08:07Qu'est-ce que j'apprends comme chose aujourd'hui ?
08:09Et puis le théâtre, il y a quand même une pièce qui vous a marqué,
08:12je crois, c'est La Tempête.
08:14Oui, alors c'est...
08:15Shakespeare.
08:17Oui, La Tempête et Hamlet.
08:20Hamlet, ouais, Shakespeare, de toute façon,
08:24m'a beaucoup marqué très vite, ouais.
08:25Et c'est vrai que vous avez décidé de prendre des cours de théâtre
08:28et c'est grâce à votre mère
08:29qui faisait de la reliure, je crois, en artisan.
08:32Oui, absolument.
08:33Que vous êtes entré dans un cours de théâtre chez Jean Darnel.
08:36Voilà, je suis arrivé au Théâtre de l'Atelier
08:38le même jour que Nicolas Vrivençon, d'ailleurs.
08:41Et j'ai fait ce cours pendant deux ans.
08:44Puis après, j'ai été à l'ENSAT, à la Re-Blanche,
08:47une école nationale où j'ai rencontré Pierre Castignard,
08:49Irène Jacob, beaucoup de gens,
08:52Marianne Médéros.
08:53Et puis après, j'ai eu la chance
08:54d'auditionner pour Cléron Barre,
09:01avec Jean-Pierre Marianne et Daniel Lebrun.
09:03On va en parler tout à l'heure.
09:04Mais ce qui est étonnant dans ce parcours,
09:05Jean Darnel, d'abord, il a commencé comme figurant,
09:08je ne sais pas si vous le savez,
09:08dans Les Visiteurs du Soir.
09:10Oui, ça je savais.
09:11Et donc, il est un page qui verse de l'eau
09:13sur les mains de Jules Berry.
09:14Oui.
09:14Il avait tellement peur, il tremblait tellement
09:16que l'eau était renversée.
09:17Voilà.
09:18Jules Berry, qui est un de mes dieux
09:20et un de mes modèles absolus.
09:22C'est grâce à...
09:23C'est un des acteurs dans les anciens,
09:25parce que maintenant, il y a des acteurs merveilleux.
09:26Patrick Pinault, Thierry Frémont,
09:31Nicolas Briand sont tellement d'acteurs
09:32que j'admire tellement.
09:33Mais, je veux dire,
09:35Jules Berry, c'est un des...
09:37C'est une de mes sources d'inspiration.
09:39J'étais fou de Jules Berry.
09:40C'était un comédien fabuleux.
09:42Fabuleux.
09:42Mais qui perdait tout ce qu'il gagnait aux courses
09:44ou à l'encasino.
09:45C'était terrible de ce côté-là.
09:46C'était un génie.
09:47Et quand il gagnait, il appelait ça le cercle.
09:49Quand il perdait, il appelait ça le tripot.
09:52Et puis, il y a un autre acteur qui vous a marqué
09:54à travers un film, Nicolas Vaude,
09:56qui a marqué votre jeunesse.
10:04Fonfon la tulipe avec Gérard Philippe.
10:06Et c'est vrai que ça aussi,
10:07ça a été important dans votre parcours.
10:10Ce sont les deux...
10:11Alors, vous avez bien trouvé.
10:13Je ne sais pas si vous avez trouvé ça.
10:15Gérard Philippe,
10:16par un mélange de fantaisie
10:18et de, évidemment,
10:20de lyrisme,
10:21mais aussi de fantaisie.
10:23et les deux ont en commun
10:26cette espèce de suprême fantaisie
10:28qui est une qualité
10:29rare et formidable pour les acteurs.
10:33Enfin, rare,
10:34qui a une qualité essentielle.
10:35Et non, non, mais c'est...
10:36Oui, oui,
10:37Fonfon la tulipe.
10:38Oui, c'est merveilleux.
10:39Oui, mais ça a marqué une génération.
10:41Oui, marqué.
10:41Mais moi, nous, on n'avait pas la télévision.
10:43Donc, c'était des films
10:44qu'on a vus
10:46pas tout de suite, quoi.
10:47Mes parents n'avaient pas la télévision.
10:48Et ce film a fait le tour du monde
10:49et c'est le premier film français
10:51qui a été doublé en chinois.
10:53Ça, je ne savais pas.
10:54C'était...
10:55C'était Gérard Philippe
10:56qui a été connu à l'étranger.
10:58Ça va être bien.
10:59Ça a été le début de votre parcours.
11:01Ah oui, ça doit être quelque chose.
11:03Ça a été le début de votre parcours,
11:04mais il y a eu une autre date importante
11:05dans votre parcours aussi
11:06qui est le 16 septembre 1986.
11:09On en parle dans quelques instants
11:11sur Sud Radio
11:11avec Nicolas Vaude.
11:12Sud Radio, les clés d'une vie.
11:15Jacques Pessis.
11:16Sud Radio, les clés d'une vie.
11:18Mon invité Nicolas Vaude.
11:20On a évoqué...
11:20Bonjour.
11:21Oh, bonjour.
11:22On a évoqué vos débuts.
11:24Effectivement, votre passion,
11:25votre folie du théâtre.
11:26Vous êtes au théâtre de l'œuvre
11:27dans Une heure à attendre.
11:29On en parlera tout à l'heure.
11:29Alors, c'est Une heure à t'attendre.
11:30Une heure à t'attendre.
11:31Une heure à t'attendre, oui.
11:32Non, mais bon, voilà.
11:33C'est Une heure à t'attendre
11:34de Sylvain Méniak.
11:35Exactement, qu'on va évoquer tout à l'heure.
11:36C'est sûr.
11:37Et que vous jouez avec Thierry Frémont
11:38tous les soirs
11:39et que vous avez créé à Avignon.
11:41Et là, il y a une date importante
11:42dans votre parcours que j'ai repérée.
11:44Le 16 septembre 1986.
11:46La première d'un spectacle
11:48avec quelqu'un dont vous allez bien sûr
11:49reconnaître la voix.
11:50Je me suis trompé sur mon destin, mon cher.
11:53Je ne suis pas un grand fauve,
11:54mais plutôt un animal de salon.
11:56Claire Embar, avec Jean-Pierre Marielle
11:58à la Comédie des Champs-Elysées.
12:00Et c'est vrai que ça a été
12:01le déclic de votre carrière, Nicolas.
12:03Ça a été le départ.
12:05C'est-à-dire qu'en fait, le déclic,
12:07j'ai beaucoup de choses à dire là-dessus.
12:08Parce que d'abord,
12:11le rôle était évidemment extraordinaire.
12:15C'était extraordinaire d'avoir la chance,
12:17si j'ose dire,
12:17de débuter avec un rôle comme ça.
12:19Parce que c'était le fils de Marielle
12:20avec l'oncle Vicomte
12:21et un rôle de Daniel,
12:23le fils de Daniel Lebrun
12:25et de Marielle.
12:27mais ils ont été
12:28des princes.
12:32Ils ont été absolument adorables avec moi.
12:34Mais mon père et ma mère de théâtre,
12:36si j'ose dire,
12:36ils m'ont accueilli.
12:38Et lui, c'est vraiment eux deux
12:40qui m'ont choisi,
12:41plus encore que Jacques Rony.
12:43Puisque quand j'ai passé l'audition,
12:44Jacques Rony n'était pas là.
12:46Et Jean-Pierre a beaucoup voulu
12:48que je le fasse
12:49parce que j'étais très grand.
12:50Et il m'a dit,
12:53après il m'a avoué
12:54quelque chose que je dis,
12:55il m'a dit
12:57tu as ri
12:59pendant la répétition,
13:01pendant l'audition
13:02et ça m'a beaucoup touché.
13:04Parce que j'ai ri.
13:06Et il m'a dit
13:07moi quand je débutais,
13:09j'avais des fous rires.
13:10Alors ça l'a...
13:11Et c'est drôle
13:12parce que ça nous a rapprochés.
13:13Parce que lui-même,
13:15c'était un acteur absolument génial.
13:17Vraiment, c'est peut-être l'acteur
13:18qui m'a le plus impressionné.
13:21En invention,
13:22en inventivité,
13:23en capacité de changer les rythmes,
13:26puis en gentillesse,
13:27en accueil,
13:27en gentillesse,
13:28en tournée,
13:29il invitait tout le monde.
13:30C'était vraiment un seigneur.
13:33Mais parfois,
13:34il se faisait rire lui-même.
13:37Parfois,
13:38il partait sur quelque chose,
13:39il changeait quelque chose
13:39et il se faisait rire lui-même.
13:41Mais vraiment,
13:42il se cueillait tout seul,
13:43comme on dit.
13:43Mais vraiment.
13:44Et c'était très touchant.
13:46Et d'ailleurs,
13:47ce qui se passe,
13:47c'est qu'au début,
13:48quand il a fait le conservatoire
13:49avec Jean Rochefort,
13:51les professeurs ont dit
13:51vous ferez des troisièmes rôles,
13:53peut-être des seconds rôles,
13:54pas plus.
13:55Ils se sont totalement trompés.
13:56Complètement.
13:57Mais j'ai une anecdote
13:58quand même avec Marielle.
14:00Jacques Rony,
14:01qui voyait que
14:02pendant les répétitions,
14:03je riais beaucoup
14:04parce qu'il me faisait énormément rire.
14:05Jacques m'a dit
14:06c'est pas possible,
14:06on ne peut pas continuer comme ça.
14:08Il ne faut pas que tu ris.
14:09Et il m'a passé un savon
14:10deux jours avant.
14:12Et j'avais trouvé une technique
14:14qui était de me mordre
14:15à l'intérieur des joues.
14:17Comme ça,
14:18je savais que je ne riais plus.
14:19Donc voilà.
14:20Je me faisais parfois très mal.
14:21Les premières représentations.
14:23Et il y a une représentation,
14:24peut-être la générale de presse,
14:26parce qu'avant,
14:26on faisait des générales de presse.
14:28Et il y avait Belmondo
14:29dans la salle.
14:30Et à un moment donné,
14:31Marielle devait me gifler.
14:32Il me giflait trois fois
14:33dans le spectacle
14:33parce que j'étais vraiment
14:34un fils impossible.
14:35Et il me giflait.
14:36et il m'a giflé
14:38très très fort.
14:40On devait faire semblant,
14:41mais pas sur celle-là.
14:43Et Belmondo s'est levé
14:45et il fait
14:45Oh !
14:47Et tout le monde,
14:48d'ailleurs,
14:49l'aiderait dans la salle.
14:49C'est un souvenir.
14:51Vous avez compris
14:52dès la fin de l'audition
14:53que vous étiez choisi
14:54parce que vous l'avez entendu
14:55au fond de la salle,
14:57Marielle.
14:57Oui, il a dit
14:58ça y est,
14:59on a trouvé mes enfants.
15:00C'est formidable.
15:01Il y a une chose
15:02qu'on ne sait pas beaucoup,
15:03c'est que l'un de ses premiers
15:04succès au théâtre
15:05de Marielle,
15:06c'est Hibernatus
15:07et le rôle du professeur
15:11qui est incarné
15:12par Michael Lonsdal
15:13à l'écran
15:13avec De Funès.
15:15Et De Funès
15:16dans la pièce
15:17avec Marielle
15:18était remplacée
15:18par Jean Paredes.
15:20Je ne savais pas.
15:20On a totalement oublié
15:21cette pièce.
15:23Alors, il se trouve
15:23que là,
15:24vous avez vécu
15:24deux années de bonheur
15:25avec ce père du théâtre
15:28qui a vraiment,
15:30qui vous a appris
15:31encore des choses
15:31car vous apprenez
15:32chaque jour,
15:33Nicolas Vaud.
15:33Mais on apprend
15:35chaque jour.
15:35J'apprends chaque jour
15:36avec Thierry.
15:37J'apprends chaque jour
15:38sur des choses
15:39qui sont,
15:40comment dire,
15:41si on décide
15:42de travailler
15:43et d'écouter
15:44les autres,
15:45on apprend
15:46tous les jours
15:46en jouant.
15:48Voilà.
15:48Mais c'était d'autant
15:49plus difficile
15:50pour vous
15:50qu'au départ,
15:51vous n'aviez pas d'agent,
15:52personne ne voulait
15:53s'occuper de vous.
15:54Mais vous savez tout.
15:55Personne ne voulait
15:55s'occuper de moi
15:56et quand je suis parti
15:57en tournée,
15:58Marielle m'a dit
16:00on va demander
16:01à France,
16:01France de Gant,
16:02de discuter
16:02le contrat de la tournée
16:03et puis,
16:05voilà,
16:05elle a discuté
16:06le contrat,
16:07très bien.
16:08Et puis,
16:09après,
16:09en rentrant de la tournée,
16:10j'ai été la voir
16:11pour la remercier.
16:12Je suis arrivé
16:12avec un bouquet de fleurs
16:13et elle m'a dit
16:13mais pourquoi tu me donnes
16:14un bouquet de fleurs
16:14maintenant,
16:14tu es chez nous.
16:15Voilà.
16:16Et je suis toujours
16:17chez eux.
16:18Je suis avec Pierrette,
16:18pas nous,
16:19toujours.
16:20Mais comment se fait-il
16:21que Nicolas Vaud,
16:21personne ne vous ait
16:23repéré,
16:23parce que tout le monde
16:24trouve un agent
16:25normalement.
16:25non,
16:26mais il y a eu des gens
16:27très,
16:28très,
16:28très,
16:28très gentils avec moi.
16:30Ce n'est pas ça,
16:30mais c'est que je ne sais pas.
16:33Non,
16:34je ne sais pas.
16:34Peut-être que ce n'était pas évident
16:36pour eux.
16:37Je ne sais pas.
16:37Vous étiez à part.
16:38Peut-être,
16:39je n'en sais rien.
16:40Vous savez,
16:40on a du mal à se rendre compte
16:42de soi.
16:43Et un auteur à part
16:44que vous avez joué aussi
16:45juste après
16:46ce spectacle
16:47avec Jean-Pierre Mariel,
16:48c'est Roland Dubillard.
16:50Avec
16:50Éric Le Gérias ?
16:52Les Diablogs.
16:52Ah bah ouais.
16:53Mis en scène
16:54par Nicolas Briançon.
16:55Exactement,
16:55la famille.
16:56Oui.
16:56Et c'était des sketchs absurdes
16:57qui avaient été au départ
16:58créés pour le cabaret
17:00qui sont devenus un spectacle.
17:01Et là non plus,
17:02ce n'était pas simple à jouer.
17:04Ça a été un...
17:06C'est marrant
17:06parce qu'on veut le reprendre
17:07avec Éric,
17:08on en rêve
17:09et on va le faire.
17:11Ça a été un souvenir magnifique.
17:13C'était magnifique.
17:14Parce que,
17:15mis en scène par Nicolas,
17:16c'était tout simple.
17:17C'était pour les baladants
17:17à Jeunet
17:18dans un petit théâtre.
17:20Et on s'est au poche
17:21et j'ai adoré faire ça.
17:24Voilà.
17:24Et vous avez rencontré Dubillard ?
17:26Je ne sais pas.
17:27Alors,
17:27j'ai rencontré Dubillard
17:28mais après.
17:29J'ai rencontré Dubillard
17:30grâce à Marie-Adam,
17:31fille de Brigitte Fosset
17:32qui est une actrice
17:33que j'aime beaucoup.
17:34Et on voulait jouer
17:35Naïf Zirondel.
17:36Et on avait rencontré
17:38Roland Dubillard
17:39à ce moment-là.
17:40Et j'ai rencontré
17:40en même temps
17:41Maria Machado
17:41qui est une amie maintenant.
17:45Et j'ai rencontré Dubillard
17:48après avoir fait
17:49Les Diablogs.
17:49Les Diablogs,
17:49on l'avait fait,
17:50on était très jeunes
17:51quand on avait fait
17:52Les Diablogs.
17:52On était quand même
17:5222, 23.
17:54J'avais 21 ans,
17:5522, je sortais
17:55de Cléron Barre,
17:5622, allez.
17:57Et c'était trop jeune
17:59pour jouer peut-être
17:59Les Diablogs.
18:01Maintenant,
18:02enfin je ne sais pas.
18:03En ce qui est clair,
18:04c'est qu'ensuite,
18:05Nicolas Vaud,
18:05vous avez commencé
18:06à jouer des classiques,
18:08Molière, Racine,
18:09Chekhov,
18:09fanouille,
18:10et que vous n'avez pratiquement
18:11joué au départ
18:15que des classiques.
18:16Vous étiez,
18:17c'était votre univers.
18:18Non,
18:18si je peux me permettre,
18:19j'ai joué une pièce
18:20de Vera Féder,
18:21mise en scène par Pinchna.
18:22C'était une création
18:23que j'ai beaucoup aimée
18:24avec Eric,
18:25justement.
18:25Je faisais un Robespierre
18:26d'aujourd'hui
18:27avec Eric Logaria
18:28chez Pinchna.
18:29Et puis,
18:29j'ai joué une pièce
18:30qui a été un four total,
18:32mais qui a un super souvenir
18:33avec Jean-Pierre Daroussin,
18:35mise en scène par Jean Bouchot
18:36au Théâtre Paris-Villette
18:37qui s'appelait
18:37Entrevue au Parloir
18:39de Fernand Seltz.
18:40J'avais fait
18:41quelques créations.
18:42Oui,
18:42mais vous avez compris
18:43à ce moment-là
18:44que l'important
18:45dans une pièce de théâtre,
18:46avant tout,
18:46c'était le texte
18:47et le respect du texte
18:48de l'auteur.
18:50Oui,
18:51oui,
18:51absolument.
18:52Et surtout,
18:54moi,
18:54vous savez,
18:55on est un peu pareil
18:55avec Briançon
18:57et Eric Logaria,
18:58c'est d'autres d'ailleurs,
18:59mais on n'est pas beaucoup.
19:00Enfin,
19:01comment dire,
19:01nous,
19:01on allait un peu tout voir.
19:02Nous,
19:02on allait voir,
19:03moi,
19:03j'allais voir Chéreau,
19:05Hamlet,
19:06j'allais voir Galabru,
19:08j'allais voir Peter Brook,
19:11le Mahabarata,
19:12j'allais voir du boulevard,
19:15j'allais tout voir
19:15sans,
19:16pour me faire un jugement,
19:18mais sans ornière.
19:21Et je trouve ça très important.
19:22C'est très anglais,
19:23d'ailleurs,
19:23comme attitude,
19:24si je peux me permettre.
19:24En France,
19:25on est un peu...
19:25C'est un peu différent.
19:27Et vous la citiez tout à l'heure,
19:28on va écouter sa voix.
19:29Vous devez beaucoup
19:30à cette grande romancière.
19:32J'aime les boîtes de nuit,
19:33j'aime les gens qui y sont,
19:34j'aime boire,
19:35j'aime danser,
19:35j'aime faire des bêtises,
19:36j'aime en dire.
19:38On reconnaît la voix entre mille
19:39de François Sagan,
19:40on voit un peu saccadé.
19:41Et c'est vrai que sa première pièce,
19:42Château en Suède,
19:43qui a été reprise un jour au théâtre
19:46au Saint-Georges,
19:47vous en avez été l'un des interprètes
19:49et ça vous a valu un Molière.
19:51Oui,
19:52j'ai eu le Molière
19:52de la révélation théâtrale
19:54pour Sébastien.
19:55Et j'ai bien connu François Sagan.
19:58C'est-à-dire ?
19:59Elle est venue voir la pièce à Angers,
20:02puisque c'est Briali qui produisait,
20:03mais en scène par Annie Blanchetoy
20:05avec Agnès Soral,
20:06Maman Prassino,
20:07des acteurs formidables,
20:07tout ça.
20:08Et elle est venue.
20:11Et puis elle s'est mise au premier rang
20:12et elle est arrivée
20:13et à la fin,
20:14elle a dit
20:15« Je ne savais pas,
20:16c'est pas mal la pièce,
20:17c'est pas mal. »
20:18C'est fin de vie.
20:19Elle parlait comme ça.
20:19Elle était très modeste
20:20et elle était très timide,
20:24maladivement timide.
20:25Et le jour de la première,
20:25c'était Yves Robert
20:27et Daniel Delamme
20:28qui adorablement produisaient.
20:30Et le jour de la première,
20:32elle s'est mise en coulisse,
20:33elle s'est mise en coulisse
20:33pour voir le sofa,
20:36pour écouter le spectacle.
20:38Ce qui était assez étonnant,
20:39c'est qu'elle était aussi
20:40très distraite,
20:40je ne sais pas si vous le savez.
20:41Elle perdait régulièrement ses clés
20:43et heureusement,
20:44elle avait un appartement
20:45dans le sixième rez-de-chaussée,
20:46elle entrait par la fenêtre.
20:48Ça je savais.
20:49C'est extraordinaire.
20:50Oui.
20:50C'était une femme
20:51absolument merveilleuse.
20:53Moi, j'adore son écriture,
20:54mais j'adorais déjà son écriture.
20:55très timide,
20:57très, très, très, très drôle,
20:58très pudique,
21:00d'une intelligence.
21:01Moi, je l'ai adorée.
21:03Adorée, cette femme.
21:04Et cette pièce,
21:05Château en Suède,
21:07vous avez repris le rôle
21:08créé par Claude Riche,
21:09avec qui vous avez joué aussi
21:10une autre pièce,
21:10L'Intrus.
21:11Oui.
21:11et ça a mis en scène
21:14par Christophe Lidon.
21:15Grand bonheur.
21:16Et c'est vrai que c'était,
21:17vous étiez un Ludion,
21:18et ça vous allait assez bien
21:19d'être un Ludion.
21:19Oui, je faisais le Diable.
21:21Enfin, on jouait le même rôle,
21:22mais j'avais beaucoup de scènes
21:24en Diable.
21:25Mais c'est un super souvenir
21:26mis en scène
21:27par Christophe Lidon
21:28dans ce théâtre sublime
21:29où j'avais démarré
21:30la commune des Champs-Elysées.
21:31Voilà, et qui a été
21:32votre refuge
21:33pendant des années.
21:35Autre date aussi importante,
21:36mais dans un univers
21:37très différent,
21:38c'est le 17 décembre 2008.
21:40A tout de suite
21:40sur Sud Radio
21:41avec Nicolas Vaud.
21:42Sud Radio,
21:43les clés d'une vie,
21:44Jacques Pessis.
21:45Sud Radio,
21:46les clés d'une vie,
21:47mon invité Nicolas Vaud.
21:48Nous parlerons tout à l'heure
21:49de ce spectacle
21:50Une heure à t'attendre
21:51qui est à l'affiche
21:52du théâtre de l'œuvre
21:53et il faut le voir
21:53de toute urgence.
21:55On en revient à votre parcours,
21:56on a évoqué vos débuts
21:57dans le théâtre,
21:58vos rôles cultes.
22:00Et le 17 décembre 2008
22:01est sorti un film
22:02qui a marqué votre carrière.
22:05What's your name ?
22:07Largo.
22:09Largo Wish.
22:10Et c'est vrai
22:11que le rôle du majordome
22:12de Largo Wish,
22:13Nicolas Vaud,
22:14c'est très différent
22:15de ce qu'on a eu précédemment
22:16mais ça a marqué
22:16votre carrière
22:17dans le monde entier.
22:18Oui,
22:18c'est le plus beau rôle
22:18que j'ai eu à jouer au cinéma.
22:20J'ai fait le 1 et le 2
22:22grâce à Jérôme Salle
22:23qui m'a choisi
22:23pour faire le majordome.
22:25Oui,
22:25le premier film
22:26a tellement bien marché
22:26et votre rôle
22:27qu'il a allongé le rôle.
22:28Il a agrandi,
22:29oui.
22:29Comment c'est...
22:30Oui ?
22:30J'ai adoré ce tournage,
22:32évidemment.
22:33Comment vous êtes arrivé
22:33là-dedans ?
22:35Oh,
22:35j'ai passé des essais
22:36et j'étais avec Tom Herr
22:39et j'étais l'un des premiers
22:40à passer des essais.
22:41Jérôme m'a dit
22:42mais de toute façon,
22:43c'est pas la peine
22:43qu'il m'a demandé
22:44de revenir
22:45pour travailler avec lui.
22:46Il m'a dit
22:47de toute façon,
22:47on était engagé
22:48et je vais même agrandir
22:50le personnage
22:51sur le deuxième
22:51tellement,
22:52voilà,
22:52il était très très content.
22:54J'ai adoré, moi.
22:55Vous connaissiez la BD,
22:56Nicolas Vaud ?
22:57Je connaissais la BD,
22:59je trouvais que les scènes
23:00de Gauthier
23:01étaient somptueuses,
23:02que le personnage
23:03était somptueusement écrit
23:05et c'est un cadeau
23:05pour un acteur.
23:06En plus,
23:06c'était en 35,
23:07c'était magique.
23:09Et puis Jérôme
23:09a été merveilleux.
23:11Voilà.
23:12Et au départ,
23:13Jean Van Namm a écrit
23:14cette BD
23:14parce qu'il avait eu
23:15du succès avec 13
23:16chez Darbo
23:17et depuis le rival,
23:18voulant lancer une série,
23:19il a demandé à Jean Van Namm
23:20est-ce que t'as pas une idée ?
23:21Il avait écrit six romans
23:23au Mercure de France
23:24qui l'a transformée
23:24en une série
23:25qui était l'Argo Winch.
23:26Voilà.
23:26Et ça a marché
23:27de façon extraordinaire
23:28et ça continue à marcher.
23:29Et ça continue à marcher.
23:30Alors,
23:30ça a quand même été
23:31un beau voyage
23:31que vous avez tourné,
23:32je crois,
23:33en Sicile,
23:33à Malte,
23:34à Hong Kong,
23:34à Macao.
23:35Alors,
23:35j'ai tourné à Hong Kong
23:37et en Thaïlande.
23:38J'ai plein de scènes
23:39à dos d'éléphant.
23:40Voilà.
23:41Mais ça,
23:41c'est extraordinaire
23:42comme épaisement.
23:43Oui.
23:44J'étais d'ailleurs
23:44le personnage
23:45qui avait le plus de scènes
23:46finalement,
23:47enfin,
23:47en dehors de Tom Herr
23:48qui jouait l'Argo,
23:50mais j'étais celui
23:51qui avait le plus de scènes.
23:52Voilà.
23:52Mais ça a été
23:52un bonheur,
23:54vraiment.
23:55C'est un très,
23:56très beau rôle.
23:56C'est la première fois
23:57que j'avais un rôle
23:57aussi important
23:58sur une durée.
23:59Ce qui est formidable
23:59au cinéma,
24:00c'est quand on a
24:00un rôle très,
24:01très long.
24:02Ça m'est arrivé
24:02avec Luciani,
24:04les Moissons de l'Océan,
24:05etc.
24:05et Vérac souvent.
24:06Mais une longueur,
24:07c'est très,
24:08très important.
24:09Très agréable.
24:10Et en plus,
24:11là,
24:11comme vous êtes du genre
24:12à travailler,
24:12vous n'étiez pas là
24:13pour admirer les paysages,
24:14mais pour travailler
24:15chaque texte à fond.
24:16Car comme au théâtre,
24:17vous travaillez
24:17chaque texte
24:18de votre personnage à fond.
24:20Oui.
24:21Oui, oui.
24:21Vraiment.
24:22Je ne peux pas dire
24:22le contraire.
24:23C'est-à-dire,
24:24il faut respecter
24:24le style,
24:25le verbe.
24:26Non, mais,
24:27c'est-à-dire que vous savez,
24:28au théâtre,
24:28le théâtre,
24:29il y a une musique,
24:30une écriture très précise.
24:32Le cinéma,
24:32c'est un peu le moment.
24:35On est un peu...
24:35Il y a la caméra,
24:37ce n'est pas le même métier,
24:38en fait.
24:38Moi, je trouve.
24:39Mais,
24:40oui,
24:42moi, je ne crois qu'au travail,
24:43de toute façon.
24:44Mais on joue de la même manière
24:46au cinéma qu'au théâtre.
24:48Même si la caméra est là,
24:49la différence n'est pas totale.
24:52Oui.
24:53C'est-à-dire que le cinéma,
24:54en résumé,
24:55pardon de se résumer idiot
24:56que tout le monde a déjà fait,
24:57mais le cinéma,
24:58c'est l'art du metteur en scène
24:59et le théâtre,
25:00c'est plus l'art de l'acteur,
25:01du metteur en scène aussi,
25:02mais de l'acteur quand même.
25:04Selon qu'on ait filmé comme ça,
25:05comme ça,
25:06ou comme ça,
25:06ou comme ça,
25:08même s'ils vous dites la même chose,
25:09Jacques,
25:09ça ne racontera pas la même chose
25:11en fonction de la place de la caméra
25:12et puis après,
25:14on est coupé ou pas coupé,
25:15voilà,
25:16c'est l'art du metteur en scène quand même,
25:18essentiellement.
25:19Et dans le deuxième film,
25:20il y a quand même Sharon Stone.
25:21Il y a Sharon Stone
25:22et Laurent Terzièf.
25:23Voilà,
25:23mais Sharon Stone,
25:24vous l'avez rencontrée ?
25:25Oui.
25:25Elle est absolument fascinante.
25:28Fascinante.
25:29Je l'ai rencontrée à Bruxelles
25:30parce que j'avais une journée
25:31où elle était.
25:32Mais,
25:33oui,
25:33non,
25:33non,
25:34mais cette façon,
25:35ça a été un bonheur absolu.
25:36Et Terzièf aussi.
25:37mais Jérôme Salle était très,
25:39très,
25:39très,
25:39très impressionné
25:41par Terzièf.
25:43Tout autant que par Sharon Stone.
25:45Je me souviens
25:45qu'il était vraiment
25:46au petit soin
25:46et très...
25:48Et puis,
25:48ton mère a été adorable.
25:50Enfin,
25:50ça,
25:50c'était très...
25:51Voilà.
25:51C'est vrai que Sharon Stone,
25:53au départ,
25:53elle ne devait pas jouer
25:54à Vasily Kinstin.
25:55En fait,
25:55c'était un rôle
25:56que Marie-Aleine Mingouet,
25:57Kim Basinger devaient jouer
25:59et elles ont refusé
26:00parce qu'elles craignaient
26:01que le caractère sulfureux
26:02du personnage
26:03nuise à leur carrière.
26:04Mais je ne savais pas du tout.
26:05Et c'est comme ça
26:06que Sharon Stone a débuté.
26:07Et d'ailleurs,
26:08dans le deuxième Jargo Winch,
26:11il y a une scène
26:11qui est une parodie
26:12de Vasily Kinstin.
26:13Oui.
26:14Elle est les genoux croisés,
26:16etc.
26:16Oui,
26:16oui.
26:17Et c'est vrai que...
26:19On reconnaît une star
26:21d'une personne,
26:23de quelqu'un d'autre,
26:24non ?
26:24Il y a quelque chose en plus.
26:25Il y a un charisme,
26:27un magnétisme,
26:28il y a...
26:29Oui.
26:29Un mystère, peut-être.
26:31C'est...
26:32C'est très particulier.
26:33C'est très particulier.
26:34Et Laurent Terzièf,
26:35c'est très différent
26:35parce que, bon,
26:36Laurent Terzièf,
26:37c'est un des plus grands comédiens
26:38et vous l'avez rencontré
26:39mais presque à la fin de sa vie.
26:41Je l'ai rencontré
26:42à la fin de sa vie
26:43mais j'ai eu la chance
26:43qu'il vienne me voir jouer
26:44dans la pièce de Zeller,
26:45L'Autre.
26:46Oui.
26:47Voilà.
26:47Et puis on a...
26:48Puis j'ai été le voir
26:50souvent au théâtre.
26:53J'étais très fasciné par lui.
26:55Mais pour en revenir un peu
26:56à ce que vous disiez,
26:57je pense que
26:58c'est des gens
26:59qui font rêver en fait.
27:00Je pense que c'est ça.
27:04C'est des gens,
27:04les grands acteurs.
27:05C'est des gens
27:06qui font rêver.
27:08Voilà.
27:08Comme Terzièf,
27:09comme Marielle,
27:11comme Rochefort,
27:11comme plein de gens
27:13mais qui font rêver.
27:14Oui, mais rêver,
27:15Nicolas Vaud,
27:16avec un immense travail
27:18qui ne se voit pas.
27:19Ah oui, je suis d'accord.
27:20C'est ce que vous faites aussi.
27:22Oh, je ne sais pas.
27:23Je ne sais pas si ça...
27:25J'espère que ça ne se voit pas.
27:26Oui, j'espère.
27:27Mais je ne crois qu'au travail.
27:28Oui, j'espère que ça ne se voit pas.
27:29Et la modestie ?
27:30Car Laurent Terzièf,
27:32quand le rôle lui a été proposé,
27:34ça l'a amusé.
27:35Mais il a dit,
27:36je ne sais pas
27:36si je serais à la hauteur
27:37du personnage.
27:40Oui, moi,
27:40je crois beaucoup à ça aussi.
27:42C'est-à-dire qu'on a toujours
27:43des doutes,
27:43on ne sait pas.
27:44Mais ce n'est pas
27:45la modestie fin.
27:46On se demande
27:47si c'est pour nous.
27:50Il y a toujours
27:50à un moment donné,
27:51on peut se demander
27:51si c'est pour nous.
27:52Ça vous arrive aussi
27:53ce genre de choses ?
27:53Tout le temps.
27:55Tout le temps,
27:56mais je ne le montre pas.
27:57Moi-même,
27:58je me dis,
27:58est-ce que c'est vraiment
27:59pour moi ?
28:00Voilà.
28:01Mais même chaque soir
28:02au théâtre,
28:03vous avez...
28:03C'est l'école de l'humilité,
28:05le théâtre.
28:07Parfois,
28:07c'est très drôle,
28:08parce que ça marche très bien
28:09un soir,
28:10le lendemain,
28:10ça marche très bien,
28:11on se dit,
28:11voilà,
28:12et puis tout d'un coup,
28:14ça marche beaucoup moins bien.
28:15C'est l'école de l'humilité,
28:16vraiment.
28:19C'est tous les jours
28:21reprendre le travail
28:22comme un pianiste
28:25ou un danseur
28:25qui peut faire un faux pas
28:28ou qui doit être
28:29très, comment dire,
28:30très vigilant
28:32et en même temps humble,
28:34parce que,
28:34de toute façon,
28:34c'est un personnage,
28:35de toute façon,
28:35c'est une langue,
28:36c'est le poète qu'on sert.
28:38On est là pour lui,
28:39c'est grâce à lui,
28:40c'est lui qui nous donne
28:41les mots,
28:41donc c'est lui
28:42qui nous donne la respiration,
28:43c'est lui qui nous donne
28:44la vie sur scène.
28:46Et un acteur,
28:47il est là pour...
28:48Bon, après,
28:48il s'amuse,
28:49il faut s'amuser,
28:49bien sûr,
28:50c'est du jeu.
28:51Oui, mais moralement,
28:52c'est difficile
28:53de tenir le choc
28:54avec les hauts
28:54et les bas.
28:57Oui,
28:57c'est un métier difficile,
28:58oui,
28:59très,
28:59mais il ne faut pas
29:00que les gens le sachent trop.
29:01Non, mais quand un soir
29:03se passe mal,
29:04qu'est-ce qui se passe ?
29:05Vous dormez la nuit
29:07ou vous arrivez...
29:08Je me dis,
29:11demain est un autre jour.
29:14Mais Laurent Terzièvre,
29:15j'en reviens à lui,
29:16parce qu'il y a une chose
29:16qui me scandalise,
29:17il y a quelques mois,
29:18sa sœur m'a appelé
29:19en disant,
29:20je voudrais publier ces livres,
29:21aucun éditeur n'en veut.
29:23On est vite oublié,
29:24finalement,
29:24dans cette vidéo.
29:28Oui,
29:29je crois qu'on est vite oublié.
29:30Donc,
29:31il faut tenir le choc ?
29:31Il faut rester très simple,
29:34très modeste
29:35et très humble.
29:37Il y a un rôle
29:37qui vous a marqué aussi,
29:39Nicolas Vaude,
29:40parce que ça a été,
29:41je pense,
29:41le personnage le plus intéressant
29:42de votre carrière,
29:43c'est le neveu de Rameau
29:44de Diderot.
29:45Oui,
29:46alors,
29:46j'ai joué 700 fois
29:48sur 20 ans.
29:49Au début,
29:50je ne voulais pas le jouer,
29:50moi.
29:51C'est grâce à Olivier Beaumont
29:53qui a...
29:53Parce que j'avais monté
29:54le mariage forcé
29:55avec Nicolas Marier,
29:56qui a eu...
29:56Et Olivier a dit,
29:58on devrait faire
29:58le neveu de Rameau.
29:59Mais bizarrement,
29:59moi, au départ,
30:00je ne voulais pas le faire.
30:01Pourquoi ?
30:02Parce que je pensais
30:03que j'étais trop jeune
30:04pour le jouer,
30:05etc.
30:05Puis ils m'ont beaucoup
30:06influencé.
30:08Puis après,
30:09ça a été un bonheur absolu.
30:11On l'a créé
30:11dans un atelier de cafés.
30:12Et puis on l'a joué
30:13beaucoup, beaucoup.
30:14Mais comment ça se fait ?
30:14Ça a été un personnage
30:15qui vous a marqué
30:16parce que le personnage,
30:18finalement,
30:18correspond à ce que vous êtes.
30:20Je ne sais pas.
30:22Je pense toujours
30:22qu'il y a un appui,
30:23comment dire,
30:25un appui personnel
30:26avec un rôle.
30:26Je pense que l'appui
30:27du neveu,
30:28pour moi,
30:29c'était un appui organique,
30:30si j'ose dire.
30:31Et l'appui,
30:31c'était beaucoup
30:32le musicien raté.
30:35C'est-à-dire que moi,
30:36je suis un fou de musique
30:37et je n'en ai pas fait.
30:38Enfin, bon, voilà.
30:40Mais il y a toujours
30:42un appui organique
30:43dans un personnage.
30:44Pour une heure
30:44à t'attendre,
30:45il y a des appuis
30:46dont je parlerai tout à l'heure.
30:48Mais on a des appuis secrets
30:49pour un rôle.
30:49Exactement.
30:51Mais là,
30:51vous avez dit un jour
30:52que c'était un des plus
30:52beaux personnages
30:53qu'on puisse incarner.
30:54Oui.
30:55Mais c'est parce que
30:56le texte de Diderot
30:57est un des plus beaux
30:58qu'il soit.
30:58Voilà.
30:59C'est une langue magnifique.
31:00Enfin, moi,
31:00je trouve que c'est...
31:01Voilà.
31:01Donc,
31:02ça part du texte toujours.
31:04Mais c'est un personnage génial,
31:06oui, bien sûr.
31:07Une palette de jeux
31:08extraordinaire, c'est...
31:11Mais en plus,
31:12c'est un homme
31:12qui vous correspond
31:13parce qu'il est libre
31:13et il défend la langue
31:15et il défend les mots.
31:16Oui, il est libre.
31:17C'est vrai que moi,
31:18j'ai une part de liberté.
31:20C'est-à-dire ?
31:22Une part de...
31:23Comment dire ?
31:24Il y a des acteurs
31:24qui sont souvent
31:25très concrets
31:26ou très concentrés.
31:27Je ne dis pas
31:27que je ne suis pas concentré,
31:28mais je peux m'évader.
31:32Alors, j'ai une part
31:33qui s'en va comme ça
31:34un peu parfois.
31:35Donc, ça me va bien.
31:36Et puis, il y a cette espèce
31:37de chose un peu brouillonne
31:38dans le personnage,
31:40de rupture aussi,
31:41parce que d'Hydro,
31:41il y a beaucoup de rupture.
31:43Donc, ça, ça me correspond.
31:44Il y a...
31:45Voilà.
31:45En plus, je crois que d'Hydro...
31:46Enfin, ça me correspondait
31:47parce que j'ai arrêté là.
31:48Oui, mais vous avez quand même
31:49joué ce rôle 700 fois.
31:51Et puis, surtout,
31:51c'était un homme
31:53qui avait une liberté totale
31:55à tel point qu'à l'époque,
31:57tout le monde portait une perruque
31:58et lui, il refusait
31:59de porter la perruque
32:00parce que c'était...
32:01ça ne correspondait pas...
32:02Oui, ça ne m'étonne pas.
32:03Je ne savais pas.
32:04Et ça ne m'étonne pas.
32:05Et quand il était obligé
32:06de porter la perruque,
32:07elle était ronde,
32:08il la portait de travers
32:08pour bien montrer
32:09qu'il ne voulait pas la porter.
32:10Oui, j'adore ça.
32:12Alors, il se trouve
32:12que cette histoire,
32:14ça vous a marqué
32:15et surtout,
32:16ce qui est extraordinaire,
32:17c'est que pendant 700 squares,
32:18vous ne vous êtes pas ennuyé.
32:19Non, jamais.
32:20Et ça, c'est l'ennui.
32:21L'ennui, pour vous,
32:22c'est terrible,
32:22Nicolas Vaud, au théâtre.
32:24Mais, comment dire...
32:26Moi, j'adore...
32:28C'est pour ça que j'adorerais
32:29qu'on joue une heure à tâton
32:30de très longtemps.
32:31Moi, j'adore...
32:32Je fais partie de ces directeurs
32:33qui adorent jouer
32:34un rôle très longtemps.
32:36Une pièce, surtout quand je l'aime,
32:37très longtemps.
32:38J'adore.
32:39Parce que je trouve
32:40qu'on arrive au bout d'un certain temps
32:41à une forme de liberté,
32:42mais pas seulement.
32:44Ça, ça, ça, ça.
32:46Mais, Chateau en Suède,
32:47j'avais joué très longtemps.
32:49Claremba aussi.
32:50J'espère que cette pièce,
32:50on la jouera très longtemps.
32:51Enfin, voilà.
32:53Mais, effectivement,
32:54en même temps,
32:55physiquement,
32:55ce n'est pas simple.
32:56On peut tenir le choc.
32:59Ben, c'est l'essence,
33:01la beauté de notre métier.
33:02Comme les danseurs qui...
33:04Oui, il y a une part physique.
33:06C'est ça qui est beau.
33:08Et lorsque il y a eu
33:09le tricentenaire de Diderot,
33:10vous avez repris la pièce
33:11et en même temps,
33:12vous avez joué...
33:13Vous avez mis en scène
33:13une autre pièce de Diderot,
33:14La Religieuse.
33:15J'ai mis en scène
33:16La Religieuse de Diderot
33:18avec une actrice
33:18parce que...
33:20que je trouve absolument merveilleuse.
33:22Elle s'appelle Christelle Reboule.
33:23Parce que...
33:24j'avais trouvé l'actrice
33:27pour ce texte
33:28qui était un des textes
33:30qui me touchait le plus
33:31de Diderot.
33:31Voilà.
33:32Alors, le film a été interdit,
33:33etc.
33:34Bon, bref.
33:34Et puis, on l'a...
33:35Mais on a fait...
33:36On est quand même...
33:36Enfin, le théâtre du Rallelay,
33:37d'ailleurs,
33:38et Benjamin Dumas
33:38et Benigny Dubois,
33:40qui sont les directeurs,
33:41sont les seuls
33:42à avoir fait un hommage Diderot.
33:44C'est fou, hein ?
33:44Ouais.
33:45Mais...
33:46Mais en même temps,
33:47vous jouez aussi bien Diderot
33:48que Florent Zeller.
33:49Parce que Zeller,
33:50c'est quelqu'un
33:51qui, dès sa première pièce,
33:53avait compris
33:53qu'il y avait un nouvel auteur.
33:55Là aussi,
33:55c'est de l'instinct.
33:56J'ai...
33:57Il avait écrit une pièce
33:58que Nicolas a montée,
34:00Le Manège,
34:01et puis,
34:02cette pièce
34:03devait être la première pièce
34:03de Florian.
34:05Et puis,
34:05Florian avait fait un...
34:07avait écrit des textes
34:08pour un festival de musique
34:09et quand j'ai lu le texte,
34:10j'ai dit à Florian,
34:11tu sais,
34:11si on lit cette pièce,
34:13elle se jouera avant
34:13encore Le Manège
34:14parce que c'est...
34:16Voilà.
34:16Et puis...
34:17Voilà.
34:18Et ça s'est fait comme ça.
34:21Ça a été une rencontre.
34:23C'était une langue aussi.
34:25Un auteur
34:25que j'ai beaucoup,
34:26beaucoup aimé.
34:27J'ai joué trois pièces de lui.
34:28Oui, mais justement,
34:29est-ce que vous aviez compris
34:30que c'était un auteur
34:31qui allait y voir ?
34:31Parce qu'au début,
34:32personne n'y croyait.
34:34Il avait vu le menteur
34:35que Nicolas avait mis en scène,
34:37Brianson,
34:37à Héberto.
34:38Et puis,
34:39on s'est rencontrés
34:40à ce moment-là.
34:42Et il m'a dit
34:42je vais écrire une pièce pour toi.
34:44Et puis voilà.
34:45C'est une chance.
34:47Bon, voilà.
34:47C'est une chance.
34:48Mais vous imaginez
34:48la carrière qu'il fait
34:49ou qu'il ferait ?
34:50Oui, oui, oui.
34:51Mais c'est...
34:52C'est...
34:53C'est...
34:55Oui, je suis un peu
34:56au départ de ça.
34:58Et bien...
34:59Vous pouvez mettre ça
35:00à votre crédit.
35:01Oui.
35:02Maintenant,
35:02on va évoquer cette pièce,
35:04effectivement,
35:04une heure à t'attendre.
35:05Mais on ne va pas attendre
35:06une heure.
35:06On va attendre quelques secondes
35:07avant de se retrouver
35:08avec Nicolas Vaud
35:10sur Sud Radio.
35:11Sud Radio,
35:12les clés d'une vie.
35:13Jacques Pessis.
35:14Sud Radio,
35:15les clés d'une vie.
35:16Mon invité,
35:16Nicolas Vaud.
35:17On a évoqué
35:18votre parcours
35:18de passion au théâtre
35:20et puis ce rôle
35:21de l'argo winch
35:22qui a aussi marqué
35:22votre carrière internationale.
35:24Et le 5 juillet 2025,
35:27il y a quelques semaines,
35:28première à Avignon
35:29de une heure à t'attendre
35:30au Théâtre du Chêne-Noir.
35:32Et là encore,
35:32c'est une nouvelle aventure
35:33avec Thierry Frémont,
35:35un spectacle
35:35avec deux comédiens
35:37qui travaillent au maximum.
35:39Alors,
35:40il y a toujours
35:40une alchimie très particulière
35:42avec Thierry
35:43que je n'essaie pas d'analyser,
35:44que je n'ai jamais essayé
35:45d'analyser
35:46parce qu'il ne faut pas l'analyser.
35:49Mais il y a quelque chose
35:50de très particulier
35:51qui se passe
35:51quand on est ensemble
35:52sur scène.
35:53je l'avais remarqué
35:53avec Inconnu à cette adresse,
35:55déjà mis en scène
35:56par Delphine de Malherbe
35:57parce qu'on avait fait
35:57des lectures au Théâtre Antoine
35:59et puis je l'avais remarqué
35:59avec une pièce
36:00d'Arnaud Bédouet
36:00que j'ai eu un bonheur fou
36:02à jouer
36:02avec Lisa Martineau
36:03et Anne Oiret
36:04qu'on avait jouée
36:05au Petit Théâtre de Paris.
36:06Et là,
36:08eh bien,
36:08Delphine de Malherbe,
36:10notre metteur en scène
36:11si délicate,
36:12voulait absolument
36:12nous réunir
36:13dans cette pièce
36:14de Sylvain
36:15qui est une merveille.
36:17Cette pièce,
36:18on va en parler,
36:18mais d'abord,
36:19ça commence à Avignon
36:19et Avignon,
36:20c'est un bon décès
36:21mais qui n'est pas facile
36:22à vivre.
36:25Moi,
36:26j'avais déjà fait Avignon,
36:28oui,
36:28mais ce n'est pas toujours évident
36:29parce qu'où ça passe,
36:31Avignon,
36:31ça va très vite,
36:33en fait.
36:34En un mois
36:35où les gens viennent
36:36ou ils ne viennent pas trop
36:37ou ils ne viennent pas du tout.
36:39Là,
36:39il se trouvait d'ailleurs
36:39que c'était un très bon
36:40Avignon,
36:41il faisait pas trop chaud.
36:43Au bout de...
36:44Sans nous vanter,
36:45le deuxième jour,
36:45c'était quasiment plein.
36:47Voilà.
36:47Par la bouche à oreille ?
36:49Par le bouche à oreille,
36:52par,
36:52je crois,
36:55il y a Béatrice Saint-Gelin
36:55qui m'a dit,
36:56c'est drôle
36:56parce que,
36:58vraiment,
36:59toi,
37:00tout de suite,
37:01ça fonctionne.
37:02Il y a quelque chose
37:03qui fait qu'on a envie
37:03d'y aller.
37:05Et puis,
37:07oui,
37:07le bouche à oreille,
37:08sans doute,
37:08je ne sais pas.
37:09On n'analyse pas tellement
37:11pourquoi tout d'un coup.
37:14Là,
37:14ça part très fort à Paris,
37:16mais on ne sait pas pourquoi.
37:17C'est lié à la pièce
37:19qui est géniale.
37:19Vous l'avez repris
37:20au théâtre de l'œuvre,
37:22du jeudi au samedi
37:23à 19h.
37:24Cette histoire,
37:25au départ,
37:25c'était un huis clos.
37:26Jeudi au dimanche.
37:26Du jeudi au dimanche.
37:27Pardon, Jacques.
37:28Vous avez raison
37:29de le préciser.
37:30Vous la reprenez,
37:31c'est un huis clos
37:32entre deux hommes
37:32qui ne se connaissent pas
37:34au départ
37:35et qui attendent quelqu'un.
37:37Voilà.
37:37Qu'est-ce que c'est ?
37:38C'est un homme,
37:40le mari que je joue,
37:42qui attend dans le noir
37:43l'amant de sa femme.
37:47Et il veut lui demander,
37:50en gros,
37:50de ne pas quitter sa femme
37:52parce qu'il trouve
37:53que sa femme est très heureuse
37:54comme ça.
37:56Ce qui est très surprenant.
37:57Mais après,
37:58il y a d'autres
37:58retournements de situation.
37:59En fait,
38:01il y a souvent
38:02le mari et l'amant,
38:03c'est le cocu
38:04que je joue
38:04et l'amant.
38:06On peut imaginer
38:07des choses plus,
38:08comment dire,
38:08ou de comédie
38:09ou plus dramatique.
38:11Et là,
38:11pas du tout.
38:13Ils vont finir par,
38:15d'abord,
38:15ils sont fous
38:16de cette femme.
38:17Ils vont beaucoup,
38:17beaucoup évoquer cette femme,
38:19beaucoup parler de cette femme
38:19et ils vont finir
38:20presque par devenir amis.
38:23Enfin,
38:23ils y sont,
38:24il y a une,
38:25c'est une pièce
38:26absolument magnifique
38:27avec un retournement
38:28de situation
38:28que je devais évidemment
38:29pas raconter.
38:30Il y a une pièce
38:31d'une scène
38:32de toute beauté
38:33à la fin de la pièce,
38:34un retournement
38:35de situation
38:36qui arrive,
38:38personne ne s'y attend.
38:40Voilà.
38:40Et ça,
38:41c'est fantastique.
38:42Le mari et le cocu,
38:43c'est effectivement
38:43la base du tableau de boulevard.
38:45Mais là,
38:45c'est tout à fait autre chose,
38:46ça n'a rien à voir.
38:47C'est une nouvelle forme
38:48de rapport
38:49avec cette femme
38:51qui n'est pas là,
38:52qui est l'arlésienne.
38:53Voilà.
38:53Et puis,
38:54dans le traitement
38:55fait par Sylvain Méniac,
38:58vous savez,
38:58il y a des petits feux d'artifice.
39:00C'est Michel Bouquet
39:00qui disait souvent
39:01que l'acteur
39:02devait activer
39:03des petits feux d'artifice
39:04dans une pièce.
39:06Et là,
39:06il y a plein de petits
39:07retournements de situation,
39:10plein de petites choses
39:10qui sont très,
39:11très surprenantes.
39:13Et c'est pour ça
39:14que c'est une pièce
39:15de texte.
39:16Et il y a beaucoup de silence,
39:17beaucoup de temps,
39:18etc.
39:19Et c'est vraiment
39:20une pièce
39:22où les mots
39:22sont théâtre.
39:24C'est-à-dire que
39:25c'est vraiment
39:25par le texte
39:27que...
39:27Et c'est là,
39:29justement,
39:29ce que vous aimez.
39:30Et à chaque fois,
39:31il faut apporter
39:32sa part de personnel,
39:32rentrer dans le personnage.
39:34Et ça,
39:34ça demande des mois
39:35quelquefois,
39:36Nicolas Vaud.
39:36Oui,
39:37ça demande...
39:38Mais,
39:39c'est-à-dire que
39:40j'ai avec moi,
39:42en face de moi,
39:43un acteur
39:43d'une telle justesse
39:44et d'une telle authenticité
39:45que...
39:47Comment dire ?
39:48Ça fait partie
39:48de ces acteurs avec...
39:49Enfin,
39:49les acteurs,
39:50il ne faut pas tricher
39:50de toute façon sur scène,
39:51mais c'est...
39:52Alors,
39:52avec Frémont,
39:53on ne peut vraiment pas.
39:54C'est-à-dire qu'il faut vraiment
39:55que ça soit très, très...
39:56Et ça,
39:56c'est fantastique.
39:59Et puis,
39:59non, non,
40:00tout c'est...
40:00Vous savez,
40:00il y a des...
40:01Quand ça veut,
40:02ça veut.
40:03Il y a des projets
40:04comme ça,
40:05qui marchent très, très bien.
40:06Et là,
40:06quand ça veut,
40:07ça veut.
40:08Tout est facile,
40:09tout se passe bien.
40:11On est invités
40:11chez Jacques Messy.
40:13En même temps,
40:15vous avez démarré
40:15cette pièce
40:16au théâtre de l'œuvre.
40:17Les temps sont difficiles
40:18pour le théâtre
40:18et ça,
40:18tout de suite,
40:19tout de suite,
40:20le duo a fonctionné.
40:21Oui, tout de suite.
40:23Voilà.
40:23Mais moi,
40:24c'est un des acteurs
40:25de ma génération
40:26que j'aime le plus.
40:27Voilà.
40:28Écoutez,
40:28je l'ai reçu
40:28dans les clés d'une vie,
40:29il a une présence,
40:31une force,
40:31mais qui ressemble
40:32un peu à la vôtre,
40:32vous êtes complémentaire.
40:34Il est,
40:34il est,
40:35il est,
40:36voilà,
40:36c'est,
40:36c'est,
40:37il est très,
40:38c'est un homme,
40:39c'est un acteur
40:39et un homme très touchant,
40:40très,
40:41c'est un acteur incroyable,
40:42incroyable.
40:43Les deux acteurs
40:43dans ces films.
40:44Et au cinéma aussi.
40:44Au cinéma.
40:45Pour le coup, lui,
40:45vraiment.
40:46Les deux acteurs
40:46ont une heure
40:47pour s'apprivoiser
40:48et ils sont très différents.
40:50L'un est rigoureux
40:51et l'autre
40:51est faussement vulnérable.
40:53Oui,
40:54ou le contraire.
40:55Voilà.
40:56Voilà.
40:57C'est-à-dire que
41:02petit à petit,
41:03il se désagrège,
41:04il s'étiole complètement,
41:05il est perdu, quoi.
41:06Voilà.
41:07La pièce parle aussi
41:09de quelque chose
41:09dont on ne parle pas beaucoup
41:10qui est le chagrin d'amour
41:11et qui est la tristesse amoureuse
41:13qui dure longtemps.
41:15Parfois,
41:16on vous demande
41:16d'aller vite quand même,
41:17de passer à autre chose.
41:19Et il y a des gens
41:19qui mettent du temps.
41:21Et ça parle aussi de ça,
41:22de ces choses un peu secrètes,
41:23de chagrin,
41:24de choses comme ça.
41:25Mais en même temps,
41:26c'est très drôle aussi.
41:27C'est très brillant quand même
41:28dans l'écriture.
41:29Oui,
41:29mais en même temps,
41:29le sujet est universel.
41:32C'est l'amour,
41:32c'est le plus beau sujet.
41:33C'est le couple
41:34et c'est la perception de l'autre
41:35qui est aussi quelque chose
41:36qui ne s'évoque pas souvent
41:37au théâtre,
41:38Nicolas Vaudon.
41:38Oui, je suis d'accord.
41:39D'ailleurs,
41:40mon personnage,
41:41il échafaud tout un plan,
41:42il veut absolument
41:43avoir quelque chose
41:44avec l'amant,
41:46obtenir quelque chose
41:47de l'amant.
41:48Et ce qui est intéressant,
41:49c'est qu'il y a des moments
41:50où il se dit
41:51est-ce que j'ai bien fait
41:51d'être là,
41:52est-ce que je ne devrais pas partir,
41:53etc.
41:53C'est-à-dire qu'ils sont
41:54pleins de doutes, quoi.
41:56Mais en même temps,
41:57jouer le doute comme ça,
41:58ça veut dire
41:58une préparation
41:59très méticuleuse.
42:01Comment vous avez fait
42:02cette fois-ci ?
42:02Parce qu'à chaque fois,
42:03vous travaillez vos textes,
42:04Nicolas Vaud,
42:05à l'extrême.
42:06Non, moi, vous savez,
42:07je pars toujours
42:07de la ponctuation,
42:09de la musique,
42:10de...
42:11J'essaie de...
42:12Oui, oui,
42:13je trouve que...
42:14Je trouve toujours
42:15que tout est dans le texte,
42:15en fait.
42:16Et puis, voilà.
42:17C'est pour ça aussi
42:18que le décor est très sobre.
42:20Oui,
42:21il est très beau,
42:22de Catherine Blival.
42:23C'est très, très beau
42:23ce qu'elle a fait.
42:24C'est...
42:25Il y a deux fauteuils.
42:27Oui, oui.
42:28Il est très bien éclairé
42:29par Stéphane Baquet.
42:31Et c'est un très beau décor.
42:33On dirait une boîte à cigares.
42:35Voilà, c'est très...
42:36Très beau.
42:37Il faut savoir que
42:37Sylvain Ménac,
42:38il a composé des musiques
42:39pour le théâtre.
42:39Oui.
42:40Et il a mis en scène
42:41plusieurs spectacles musicaux.
42:43Et Delphine de Malherbe,
42:44avant d'être auteur de théâtre,
42:46elle a écrit des portraits
42:47pour les journaux
42:48pendant 10 ans,
42:48ce qu'elle lui a appris
42:49à connaître le monde du théâtre
42:51et la perception des auteurs.
42:53Oui, oui.
42:54Et elle est très...
42:55Elle a cette sensibilité-là.
42:56Elle est très attentive
42:58aux acteurs.
42:59Alors, je crois que
43:01si on fait un match
43:02sur les pointilleux,
43:03Thierry Frémont et vous,
43:04Nicolas Vaud,
43:05vous êtes sur le même plan.
43:07Sur les pointilleux ?
43:08Sur le côté pointilleux
43:09de chaque mot,
43:09de chaque phrase,
43:10de chaque scène.
43:12C'est possible, je ne sais pas.
43:14Je n'ai pas l'impression parfois.
43:15En même temps, si, peut-être,
43:16mais...
43:17je crois que je suis plus lunaire
43:19que lui, quand même.
43:21Oui.
43:21Je crois.
43:22Quand il a joué le rôle
43:23de Francis Holm,
43:25le tueur...
43:25Oui.
43:26Je ne sais pas si je pourrais
43:27jouer ça.
43:27Il avait fait un pendant un an
43:29et il s'est préparé au rôle
43:30et il y avait des photos
43:31de Francis Holm dans sa...
43:32Non, moi, je ne suis pas du tout
43:33comme ça.
43:34C'est-à-dire ?
43:36Comment dire ?
43:37Moi, j'aime bien
43:37essayer de créer
43:38un personnage
43:39qui n'existe pas.
43:41Vous comprenez ?
43:41Oui.
43:41Au théâtre
43:43et même...
43:44Mais surtout au théâtre,
43:45j'aime bien...
43:46Je ne suis pas du tout
43:47un acteur qui va aller regarder...
43:49Mais c'est peut-être
43:50une erreur, d'ailleurs.
43:51Mais qui va faire un travail
43:52très sur Strasberg, etc.
43:54Moi, j'aime bien essayer
43:55de chercher quelqu'un
43:56qui n'existe pas, en fait.
43:57Oui.
43:58Je ne sais pas comment dire ça.
43:59Mais que ça soit vrai.
44:00Oui.
44:00Attention.
44:01Mais j'aime bien...
44:03Là, par exemple,
44:04pour moi, ce mari,
44:04ce Pierre, il n'existe pas.
44:06Enfin, comment dire ?
44:06Il est improbable.
44:08Il y a quelque chose d'irréel.
44:09Mais je le compose, quand même.
44:10Exactement.
44:11Je le compose.
44:12Je lui mets sa montre
44:14par-dessus son...
44:15Pas comme ça,
44:16mais plutôt sur la chemise.
44:18Je le...
44:18Oui.
44:19Mais c'est un long travail.
44:21C'est un travail
44:21qu'il faut faire dans le silence.
44:23Ah oui.
44:23Ah oui, ah oui.
44:24Ah non, mais moi, je ne peux pas...
44:25Là où on est pareil
44:26avec Thierry et d'autres acteurs,
44:28d'ailleurs, c'est que je travaille
44:28des heures et des heures et des heures.
44:30Je ne vois même pas le temps passer,
44:31mais des heures et des heures et des heures.
44:33Et je me réveille la nuit.
44:35Je me dis, mais je ne devrais pas...
44:36Enfin, on est beaucoup comme ça,
44:37mais je...
44:39C'est une obsession.
44:41Ça devient une obsession.
44:41Là, oui.
44:42Alors là, oui.
44:42Là, on est proche, là-dessus, avec Thierry.
44:44Et je crois que vous travaillez
44:45en secret deux heures de texte par jour
44:47depuis l'âge de 20 ans.
44:48Ça, c'est vrai.
44:49Qu'est-ce que m'atteint ?
44:50C'est-à-dire ?
44:52Vous savez, moi,
44:54j'ai été élevé au lait de récits
44:56de musiciens.
44:57Donc, ils travaillent tous les jours,
44:58tous les jours.
44:58Donc, je n'ai pas particulièrement
45:00le mérite.
45:01Mais non, non,
45:02c'est une habitude que j'ai prise.
45:04Alors, c'est des poésies,
45:06c'est des poésies que j'apprends
45:08pour moi, pour mon plaisir,
45:11ou d'autres textes,
45:12ou un texte que je joue en ce moment.
45:16Oui, oui, je fais ça.
45:17C'est une façon de faire travailler sa mémoire
45:18et d'aller vers des nouveaux univers,
45:20Nicolas Vaud ?
45:21C'est une façon de travailler sa mémoire,
45:22de s'amuser,
45:23oui, de travailler le tout, quoi.
45:26Tout.
45:27Le corps, tout.
45:28On oublie le travail du corps
45:30qui est passionnant pour un acteur.
45:31Oui, c'est essentiel.
45:32Ben oui.
45:33Et c'est essentiel,
45:34il faut en plus conserver cette forme physique
45:36pour être le soi,
45:37au meilleur de sa forme.
45:38Oui, mais c'est un bonheur
45:40de faire ça.
45:42Et je crois...
45:43Vraiment deux heures,
45:44je fais vraiment deux heures.
45:44Deux heures, et tous les jours.
45:45Et puis, vous arrivez aussi
45:46de marcher dans la rue
45:47en lisant,
45:49en disant du Marcel Proust.
45:51J'aime bien lire dans la rue.
45:54J'aimais bien maintenant,
45:55depuis que je me suis cassé la binette.
45:57Ah bon ?
45:57J'ai pas su...
45:58Oui.
45:59Pourquoi ?
45:59Parce que j'étais complètement
46:01absorbé dans mon bouquin.
46:03Et vous êtes tombé.
46:04Tombé.
46:04Et pourquoi lire dans la rue comme ça ?
46:06Ben parce que j'adore lire.
46:07Oui.
46:08Non, mais je...
46:09Voilà, c'est quand je suis obsédé
46:10un peu par un texte,
46:11mais je sais pas non plus...
46:13Je lis pas dans la rue quand je marche.
46:15Pas tout le temps.
46:16Non, mais vous avez un imperméable
46:18avec toujours un exemplaire
46:19de la pléade parfois dedans.
46:21Oui, ou un autre livre.
46:23Oui.
46:23Ben les grands manteaux,
46:24c'est pratique parce que d'abord
46:25ça permet un peu de se cacher
46:26et puis surtout ça permet aussi,
46:28on en parle pas assez,
46:29de mettre plein de livres
46:29ou plein de choses.
46:31Et Proust, vous aimez beaucoup.
46:32Vous avez une adoration pour Proust.
46:33J'adore.
46:35J'adore parce que je le trouve consolant.
46:39Bon, j'ai mis du temps,
46:41comme beaucoup,
46:41à rentrer dedans.
46:43Mais tiens, sur la Gowinch,
46:44parce qu'on avait beaucoup
46:45de jours de pause
46:46et donc j'avais emporté
46:47la recherche
46:49et puis je l'ai lu.
46:50Oh non, non, j'aime énormément.
46:51J'aime énormément lire, vous savez.
46:54J'aime maintenant aussi
46:55énormément Diderot
46:56et Dostoevsky.
46:57L'idiot, là, récemment,
46:59c'est lui dont je voulais parler,
47:01qui a été peut-être
47:02mon roman préféré.
47:03Je l'ai relu l'autre jour.
47:05Enfin, ça a été, voilà.
47:07Dostoevsky, Balzac,
47:09et puis d'autres,
47:10et puis l'écriture d'aujourd'hui aussi.
47:11Beaucoup d'auteurs d'aujourd'hui.
47:13Et ce que vous aimez aussi,
47:14c'est les moments qui précèdent
47:15le début d'un spectacle,
47:16Nicolas Vaud.
47:17Oui.
47:19J'aime beaucoup avant.
47:21Alors, j'aime beaucoup jouer,
47:22évidemment,
47:22mais j'aime beaucoup avant
47:23plus qu'après.
47:24C'est-à-dire ?
47:25Moi, j'aime beaucoup
47:27la préparation avant.
47:28Après, oui.
47:30Après, j'aime bien aussi
47:31rentrer chez moi incognito.
47:34Oui.
47:34Mais la préparation...
47:35J'aime aussi ça.
47:36J'aime bien faire la fête.
47:37On va faire aller dîner,
47:38etc.
47:38Mais j'aime bien aussi.
47:40Mais la préparation,
47:40c'est une des choses
47:41que je préfère dans mon métier.
47:42Il y a des rituels
47:44de la loge,
47:46des coulisses.
47:47Les rituels ne sont pas
47:48toujours les mêmes
47:49en fonction,
47:50ils sont différents
47:50en fonction des personnages.
47:52Je crois que vous ne pourriez
47:52pas vivre sans le théâtre.
47:54Non.
47:55Vous avez essayé
47:56quelquefois
47:56de vivre sans le théâtre ?
47:57Mais quand je ne joue pas,
48:01non, mais c'est bien aussi
48:02de faire des grandes pauses.
48:03Oui.
48:04J'ai des enfants,
48:05donc voilà,
48:05je m'occupe...
48:06C'est le grand bonheur
48:08de la vie aussi,
48:09mais c'est difficile
48:10de faire le théâtre.
48:12C'est magique.
48:13Et vous avez des rêves,
48:15je crois que vous rêvez
48:16de jouer
48:17la fosse suivante
48:18de Marivaux
48:19ou le conte
48:20dans le mariage
48:20de Figaro de Bourgogène.
48:21Alors j'avais dit ça
48:22à un moment donné,
48:23mais j'ai complètement
48:24changé d'optique.
48:25Ah bon ?
48:27Il y a...
48:29Ce que j'ai dit
48:30d'ailleurs l'autre jour,
48:31là,
48:32une heure à t'attendre,
48:33c'est un rôle
48:33qui m'est tombé du ciel.
48:35Frémont était sur l'affaire
48:36depuis très longtemps,
48:37le fantastique,
48:38Thierry Frémont.
48:40Mais moi,
48:40je suis arrivé
48:41un peu au dernier moment
48:42et je ne m'y attendais pas du tout.
48:44Et moi,
48:44j'aime bien maintenant
48:45ne pas m'y attendre
48:46et que le metteur en scène
48:48rêve sur quelque chose.
48:49Eh bien,
48:50une heure à t'attendre,
48:51je le précise,
48:52c'est au théâtre de l'œuvre à Paris.
48:53Voilà.
48:53Du jeudi à samedi
48:54à 19h
48:55et le dimanche à 18h.
48:57Non, 19h aussi, pardon Jacques.
48:5919h aussi,
48:59ça a changé aussi.
49:00Ah bah oui,
49:01c'est pas vous
49:02qui êtes responsable.
49:02Voilà, c'est...
49:03Ça a changé.
49:04Non, c'est tous les...
49:05C'est jeudi, vendredi,
49:06samedi, dimanche à 19h
49:08jusqu'au 5 octobre
49:09et plus
49:10si affinités
49:12qu'à mon avis,
49:15je ne sais pas
49:15où on va aller ailleurs
49:16mais je pense qu'il y aura une suite.
49:18Mais je suis certain
49:18qu'il y aura une suite
49:19parce que ce spectacle
49:20mérite avoir l'accueil
49:22qu'il reçoit chaque soir.
49:23C'était au théâtre de l'œuvre.
49:24Merci Nicolas.
49:25Merci à beaucoup.
49:26Ça a été un bonheur
49:26pour moi d'être là.
49:27Et réciproquement
49:28et continuez à vivre ainsi
49:29votre passion
49:30telle que vous la vivez.
49:31Et vous aussi.
49:32Merci.
49:33L'Église d'une vie
49:33c'est terminé pour aujourd'hui.
49:35On se retrouve bientôt.
49:35Restez fidèles
49:36à l'écoute de Sud Radio.
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